L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Exhortations spirituelles


Exhortation spirituelle pour le 25 janvier 2016 :

Chers Membres et Affiliés de la Confrérie Royale,

 

Chaque 25ème jour du mois, plus encore que tous les autres jours, est le jour dont nous offrons toutes les actions, peines et sacrifices, prières et supplications, pour notre Roi et pour la France.

Le 25 janvier est la fête liturgique de la conversion de Saint Paul : comment alors ne pas penser spontanément à cette célèbre prophétie dans laquelle le Pape Saint Pie X a annoncé la conversion de la France, son retour à Dieu et à sa vocation particulière ?
Vous trouverez ci-dessous ce texte : qu'il entretienne notre ferveur et notre espérance !

 

Prions ! Prions ! Prions !

Avec nos prières, offrons de généreux sacrifices et des pénitences volontaires pour obtenir à la France les grâces de cette conversion : conversion absolument nécessaire pour le rétablissement stable de la Monarchie très chrétienne, pour la restauration pérenne du trône de Saint Louis...

 

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Hans Speeckaert : Saint Paul terrassé sur le chemin de Damas

 

« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux Fonts Baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation.
Les mérites de tant de ses Fils qui prêchent la vérité de l’Evangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l’ont scellée de leur sang, les prières de tant de Saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons dans la Gloire Céleste les frères bien-aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses Fils, qui, sans s’arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, et, par dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les Tabernacles répandent leur âme dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes Divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais, la Fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes.
Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répètera : « Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ? » . Et, sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même « . Et elle, tremblante, étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? ». Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille Aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre ».

 

Saint Pie X (allocution du 29 novembre 1911).

 

Prière de Saint Pie X pour la France :

 

« Ô Marie, conçue sans péché, regardez la France, priez pour la France, sauvez la France ! 
Plus la France est coupable, plus elle a besoin de votre intercession : un mot à Jésus reposant dans vos bras, et la France est sauvée !
Ô Jésus, obéissant à Marie, sauvez la France ! »

 

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24/01/2016
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Noël 2015.

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Baptême de Clovis
(cathédrale de Versailles)

 

La fête de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ est la source d'une très grande joie pour tout coeur chrétien, mais elle doit plus encore que dans les coeurs des autres fidèles susciter une ferveur, une action de grâces et un sursaut de supplications, dans les âmes des Français, des Légitimistes, et - au plus haut point - des membres et associés de la Confrérie Royale.

 

Car à la douce allégresse qui préside aux mystères que nous contemplons et adorons dans la Crèche, vient s'ajouter celle de la célébration d'une autre naissance, celle qui s'est opérée le 25 décembre de l'an 496 dans les fonts baptismaux de la cathédrale de Reims : la naissance de la France catholique et royale, par le baptême de Clovis 1er le grand.


Qu'adorons-nous à Noël ?
Le mystère de l'Incarnation du Verbe éternel de Dieu, seconde Personne de la Très Sainte Trinité, Sagesse incréée : "qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de coelis, et INCARNATUS EST de Spiritu Sancto ex Maria Virgine : et homo factus est !"

 

Que célébrons-nous dans le baptême de Clovis ?
Pas le baptême d'un homme seulement, fut-il roi, mais la conversion de tout un peuple et son adhésion à la foi révélée, à la foi trinitaire, à la foi de Nicée.
Sur les ruines de l'empire d'Occident, livré à l'invasion et à l'anarchie, divisé ethniquement (germains et gallo-romains) et religieusement (chrétiens, hérétiques ariens et païens), le baptême de Clovis va permettre l'unité de ce qui était jusqu'alors divisé : il n'y aura bientôt plus qu'un seul peuple et une seule foi, sous un unique sceptre.
Voilà pourquoi le baptême de Clovis est baptême de la France.
Voilà pourquoi de la fontaine baptismale de Reims naît la France, tout à la fois catholique et royale

 

Continuation sociale et politique du mystère de l'Incarnation, la royauté française, en sa quintessence mystique, ne pouvait que naître un jour de Noël.
Et il en fut bien ainsi.

 

Et l'acharnement du démon contre la couronne des Lys, contre la royauté française de droit divin, n'est rien d'autre que la continuation de sa révolte des origines contre le mystère de l'Incarnation.
La révolution et toutes ses conséquences ne sont que l'écho du "Non serviam" de Lucifer.

 

Entre le "Vive le Christ qui est Roi des Francs !" de la loi salique et "le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation" de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, il y a une opposition absolument irréductible, une opposition éternelle, une opposition d'ordre surnaturel.
Ce sont les deux cités affrontées décrites par Saint Augustin. Ce sont les deux étendards dominant les deux armées opposées entre lesquels Saint Ignace de Loyola nous demande d'opérer un choix ferme et définitif.

 

La joie et la douceur qui entourent le mystère de la Nativité ne doivent ni ne peuvent nous faire oublier cette grave réalité : le "divin Enfançon" qui repose dans la Crèche "entre le boeuf et l'âne gris", entouré de doux agneaux, tandis que jouent les hautbois et résonnent les musettes, est aussi un chef de guerre ; Il vient pour livrer un combat à mort contre l'empire du mal ; le bois de la mangeoire qui Lui sert de berceau préfigure le bois de la Croix, et les langes qui L'emmaillotent annoncent les bandelettes et le linceul de Sa sépulture.

 

Membres et associés de la Confrérie Royale, engagés sous l'étendard victorieux de la Croix pour que la France, pénitente et dévouée, cessant de suivre les voies de la révolte luciférienne, se convertisse et revienne aux sources vives de sa vocation - pleinement catholique et royale - , plus spécialement encore en ce jour de Noël 2015, avec une conscience plus aigüe de nos engagements et de notre responsabilité spirituelle, intensifions notre prière généreuse et offrons notre communion sacramentelle à l'intention de celui qui incarne aujourd'hui les principes de la royauté sainte née dans les fonts baptismaux de Reims au jour où l'on célébre la naissance du Verbe fait chair : notre Roi Louis XX.

 

Lors même que nous ne voyons pas encore comment et quand cela se fera, nous oeuvrons de la sorte au rétablissement des desseins de Dieu sur ce Royaume des Lys en proie aux ténèbres, et nous travaillons à hâter la venue du jour où, dans l'unité catholique et royale retrouvée, la France, comme aux plus glorieuses heures de jadis, retrouvera son vieux cri d'allégresse : Noël ! Noël !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

 

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Louis XIV enfant renouvelant le voeu de Louis XIII
(Philippe de Champaigne)


23/12/2015
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25 novembre 2015 : à l'occasion de la fête de Sainte Catherine d'Alexandrie et du troisième mois d'existence de la Confrérie Royale

25 novembre : fête de Sainte Catherine d'Alexandrie.

 

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Sainte Jehanne d'Arc instruite par Saint Michel, Sainte Catherine d'Alexandrie et Sainte Marguerite
(vitrail de l'église de Marnes-la-Coquette)

 

Reléguée par les modernistes au rang de pieuse affabulation dénuée de toute vérité historique, Sainte Catherine d'Alexandrie, sainte vierge martyre fêtée ce 25 novembre, doit cependant être chère au coeur et à la piété de tous les Légitimistes, pour la place qu'elle a tenue auprès de Sainte Jehanne d'Arc et pour le rôle invisible qui fut le sien dans l'oeuvre, spirituelle autant que guerrière, confiée à la bergère de Donremy.

Ainsi que le résume Dom Prosper Guéranger : « On sait comment la Pucelle d'Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d'elles conseil et assistance durant sept années ; comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l'épée de la libératrice de la France ».

 

Quelles sont les raisons secrètes qui ont porté le Conseil divin à envoyer à cette pieuse jeune fille des marches de Lorraine la vaillante martyre d'Alexandrie pour qu'elle soit sa conseillère et son guide ? Il ne nous appartient pas de le savoir... pour le moment du moins ; lorsque nous serons au Ciel, alors cela nous sera révélé en pleine lumière.


Mais les faits sont là, et ces faits nous devons les recevoir et en tirer les conséquences aussi pour nous aujourd'hui : Sainte Catherine d'Alexandrie, qui a été si impliquée dans la geste de Jehanne, ne peut pas - aujourd'hui - être indifférente au sort de la France, ne peut pas - en 2015 - être étrangère au salut de la France, ne peut pas - dans les actuelles heures dramatiques vécues par notre pays - être insensible à la cause de la Légitimité dynastique et politique du Royaume des Lys !
Car, il faut le dire et le redire souvent, Sainte Jehanne d'Arc est la sainte de la Légitimité : la première mission qui lui fut confiée, avant même que de prendre les armes, consistait à rassurer Charles VII sur le fait qu'il était bien le fils légitime du Roi Charles VI (contrairement aux allégations de sa propre mère) et qu'il était donc bien, de ce fait, l'héritier légitime du trône. Toute l'épopée militaire, toutes les victoires, tout le courage rendu aux loyaux sujets pour qu'ils reprennent la lutte, n'ont d'autre but : faire sacrer à Reims le seul et unique légitime héritier de la couronne de France.

Au soir de ce 25 novembre 2015, alors que notre Confrérie Royale vient d'achever son premier trimestre d'existence, recueillons-nous, chers Amis, chers Frères en Légitimité, auprès de Sainte Catherine d'Alexandrie, la "mégalomartyre" (c'est-à-dire la grande martyre) - ainsi que la nomment les liturgies d'Orient : souvenons-nous que c'est dans l'église dédiée à Sainte Catherine, près de l'autel, qu'il a été donné à Jehanne de retrouver l'épée sainte, marquée de cinq croix, que Charles Martel y avait ensevelie dans l'attente de sa mission future.

 

Splendide et forte leçon pour nous : s'il ne nous est pas demandé - pour le moment du moins - de combattre par le glaive pour le Royaume et pour le Roi légitime, il nous est toutefois bien demandé de mener un combat, et non des moindres.
Le glaive invincible qui doit nous armer porte lui aussi cinq marques sacrées : c'est le Christ crucifié avec Ses saintes Plaies. Ce glaive salutaire qui a déjà victorieusement repoussé tant d'assauts ennemis, nous est donné lorsque nous nous approchons de l'autel, où Notre-Seigneur Jésus-Christ renouvelle Son Saint Sacrifice, où Notre-Seigneur Jésus-Christ est présent dans le saint tabernacle...
Si le Christ n'est pas présent et vivant en nous par la grâce, augmentée et fortifiée par la sainte communion, nos combats sont voués à l'échec ; mais si Jésus est présent et vivant en nous, alors, dans les combats quotidiens (ceux de notre lutte contre le mal et le péché, ceux des petits sacrifices de chaque jour qu'il faut pratiquer avec générosité, ceux de la résistance à l'esprit du monde, et ceux de la difficile persévérance pour ne pas céder aux incessantes insinuations du découragement), alors oui, se vérifiera la magnifique affirmation de Jehanne : "Les hommes d'armes combattront et Dieu donnera la victoire !"

 

Dans le silence et la ferveur de notre coeur, chacun, en communion avec tous les membres et associés, renouvelons, entre les mains de Monseigneur Saint Michel, de Sainte Jehanne d'Arc, de Sainte Catherine d'Alexandrie et de Sainte Marguerite d'Antioche, nos résolutions et notre engagement dans cette Confrérie Royale, et soutenus par la prière et l'exemple des saints soyons plus que jamais forts dans le service spirituel qui est le nôtre : pour Dieu et pour le Roi !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

 

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Post-scriptum : Nous invitons ceux qui n'en auraient pas encore eu connaissance à lire avec la plus grande attention et à méditer le texte du discours que notre Prince a adressé à ses fidèles et à la France, ce 23 novembre 2015 (par exemple ici > Louis XX discours du 23/11/2015)


25/11/2015
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A propos du Synode

En ce XXe dimanche après la Pentecôte, S.Em.R. le cardinal Louis-Edouard Pie nous dit ce qu'il faut penser de l'actuel Synode des évêques sur la famille à Rome, et de cette ambiance de crise généralisée...

 Card. Pie 2.jpgCardinal Pie.

 

L’Évangile d’il y a huit jours avait pour objet la promulgation des noces du Fils de Dieu et de la race humaine. La réalisation de ces noces sacrées est le but que Dieu se proposait dans la création du monde visible, le seul qu’il poursuive dans le gouvernement des sociétés. [...]
L’approche de la consommation des noces du Fils de Dieu coïncidera ici-bas avec un redoublement des fureurs de l’enfer pour perdre l’Épouse. Le dragon de l’Apocalypse, l’ancien serpent séducteur d’Ève, vomissant comme un fleuve sa bave immonde, déchaînera toutes les passions pour entraîner la vraie mère des vivants sous l’effort. Cependant il sera impuissant à souiller le pacte de l’alliance éternelle ; et, sans forces contre l’Église, il tournera sa rage contre les derniers fils de la nouvelle Ève, réservés pour l’honneur périlleux des luttes suprêmes qu’a décrites le prophète de Pathmos.
C’est alors surtout que les Chrétiens fidèles devront se souvenir des avis de l’Apôtre, et se conduire avec la circonspection qu’il recommande, mettant tous leurs soins à garder pure leur intelligence non moins que leur volonté, dans ces jours mauvais. Car la lumière n’aura point alors à subir seulement les assauts des fils de ténèbres étalant leurs perverses doctrines ; elle sera plus encore, peut-être, amoindrie et faussée par les défaillances des enfants de lumière eux-mêmes sur le terrain des principes, par les atermoiements, les transactions, l’humaine prudence des prétendus sages. Plusieurs sembleront ignorer pratiquement que l’Épouse de l’Homme-Dieu ne peut succomber sous le choc d’aucune force créée. S’ils se souviennent que le Christ s’est engagé à garder lui-même son Église jusqu’à la fin des siècles, ils n’en croiront pas moins faire merveille en apportant à la bonne cause le secours d’une politique dont les concessions ne seront pas toujours pesées suffisamment au poids du sanctuaire : sans songer que le Seigneur n’a point besoin, pour l’aider à tenir sa promesse, d’habiletés détournées ; sans se dire surtout que la coopération qu’il daigne accepter des siens, pour la défense des droits de l’Église, ne saurait consister dans l’amoindrissement ou la dissimulation des vérités qui font la force et la beauté de l’Épouse. Combien oublieront la maxime de saint Paul écrivant aux Romains que se conformer à ce siècle, chercher une adaptation impossible de l’Évangile avec un monde déchristianisé, n’est point le moyen d’arriver à discerner sûrement le bon, le meilleur, le parfait aux yeux du Seigneur ! Aussi sera-ce un grand et rare mérite, en bien des circonstances de ces temps malheureux, de comprendre seulement quelle est la volonté de Dieu, comme le dit notre Épître.
Veillez, dirait saint Jean, à ne point perdre le fruit de vos œuvres ; assurez-vous la pleine récompense qui n’est donnée qu’à la plénitude persévérante de la doctrine et de la foi. Au reste, alors comme toujours, selon la parole de l’Esprit-Saint, la simplicité des justes les conduira sûrement ; l’humilité leur donnera la Sagesse ; et, s’attachant uniquement à cette très noble compagne, ils seront vraiment sages par elle et sauront ce qui plaît au Seigneur. Ils comprendront qu’aspirant comme l’Église à l’union au Verbe éternel, pour eux comme pour l’Église la fidélité à l’Époux n’est autre chose que la fidélité à à la vérité ; car le Verbe, objet de leur commun amour, n’est autre en Dieu que le rayonnement de la vérité infinie. Leur unique soin sera donc toujours de se rapprocher du Bien-Aimé par une ressemblance plus grande avec lui, c’est-à-dire par une reproduction plus complète du vrai dans leurs paroles et leurs actes. Et en cela ils serviront la société comme elle doit l’être, mettant en pratique le conseil du Seigneur qui nous demande de chercher d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et de nous confier en lui pour le reste. Laissant à d’autres la recherche d’humaines et louvoyantes combinaisons, d’incertains compromis destinés, dans la pensée de leurs auteurs, à retarder de quelques semaines, de quelques mois peut-être, le flot montant de la révolution, ils comprendront différemment, pour eux, le conseil de racheter le temps que nous donne l’Apôtre.
L’Époux avait acheté le temps d’un grand prix, pour être employé par ses membres mystiques à la glorification du Très-Haut. Perdu parla multitude dévoyée dans la révolte et l’orgie, les âmes fidèles le rachèteront [le temps] en donnant une telle intensité aux actes de leur foi et de leur amour, que rien ne soit diminué, s’il se peut, jusqu’au dernier moment, du tribut qu’offrait chaque jour la terre à la Trinité souveraine. Contre la bête à la bouche insolente et pleine de blasphèmes, ils reprendront le cri de Michel contre Satan promoteur de la bête : Qui est comme Dieu !
L’Antiquité chrétienne appelait les dernières semaines du Cycle à son déclin : Semaines du saint Ange ; nous avons vu comment, dans un de ces Dimanches, elle chantait l’arrivée du grand Archange au secours du peuple de Dieu, ainsi que Daniel l’avait annoncé pour les derniers jours du monde. Quand donc commenceront les épreuves de la fin, lorsque l’exil dispersera les baptisés et que le glaive s’abattra sur leurs têtes aux applaudissements d’un monde prosterné devant la bête et son image, n’oublions point que nous avons un chef choisi par Dieu, acclamé par l’Église, pour nous conduire dans ces derniers combats où la défaite des Saints sera plus glorieuse que les triomphes de l’Église aux jours de sa domination sur le monde. Ce que Dieu alors, en effet, demandera des siens, ce ne sera plus ni le succès de la diplomatie, ni la victoire armée, mais la fidélité à sa vérité, à son Verbe : fidélité d’autant plus franche et plus entière, que la défection sera plus universelle autour de la petite troupe rangée sous la bannière de l’Archange. Proféré par une seule poitrine fidèle avec la vaillance de la foi et l’ardeur de l’amour en de telles circonstances, le cri de saint Michel, une fois déjà vainqueur des infernales légions, honorera plus Dieu que ne l’atteindront les ignobles blasphèmes des millions d’êtres dégradés sectateurs de la bête.
Pénétrons-nous de ces pensées que suggèrent les premières lignes de notre Épître ; comprenons également les autres instructions qu’elle renferme et qui, du reste, ne s’éloignent pas des premières. Pour ce Dimanche où se lisait autrefois l’Évangile des noces du Fils de l’homme et de l’appel à son divin banquet, la sainte Église remarque opportunément, dans l’Épître, combien l’ivresse et les délices des noces sacrées sont différentes des joies mondaines. La sérénité, la pureté, la paix du juste admis dans l’intimité divine, font en son âme un festin continuel dont la Sagesse est le mets savoureux et l’éternelle convive. Laissant le monde à ses mesquins et trop souvent honteux plaisirs, le Verbe et l’âme, qu’il a remplie de l’Esprit-Saint par un mode ineffable, s’unissent pour chanter le Père souverain dans un concert merveilleux, où l’action de grâces et la louange trouvent sans cesse un nouvel aliment. Le hideux spectacle qu’offrira la terre, quand ses habitants se porteront en foule au-devant de la prostituée siégeant sur la bête et leur offrant la coupe d’ignominie, n’empêchera point le ciel de se reposer délicieusement dans la contemplation de ces âmes fortunées. Car les convulsions du monde agonisant, les poursuites de la femme ivre du sang des martyrs, loin de troubler l’harmonie qui s’élève de l’âme unie au Verbe, ne feront que donner plus d’ampleur à ses notes divines, plus de suavité à ses accents humains.
« Qui donc, en effet, nous séparera de l’amour de Jésus-Christ ? Sera-ce la tribulation ou l’angoisse ? la faim ou la nudité ? les dangers, la persécution, le glaive ? Oui, sans doute, il est écrit qu’à cause de vous, tous les jours on nous met à mort, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie ! Mais en tout cela nous sommes vainqueurs, à cause de celui qui nous a aimés. Car je suis sûr que ni la mort, ni la vie, ni anges, ni principautés, ni vertus, ni choses présentes, ni choses futures, ni violence, ni rien de ce qui est dans les hauteurs, ni rien de ce qui est dans les abîmes, ni créature quelconque ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. »

12/10/2015
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Exhortation

« C’est le drame du salut : vous ne pouvez manquer de jouer votre rôle parce que comme dit Pascal, vous êtes embarqués. Votre vie vous a placés comme qui dirait dans un concert : vous avez à conduire votre voix, qui manquerait à toutes les autres si elle ne se faisait pas entendre ; vous êtes intégrés dans une harmonie qui, par vous, à chaque instant, se défait et se recompose. Tâchez de faire qu’elle soit plus juste aujourd’hui qu’hier. Il y a un mot de l’Ecclésiaste que Claudel aimait à répéter : Ne impedias musicam, n’empêchez pas la musique. Vous accomplirez le précepte plutôt par ce que vous serez que par ce que vous ferez » .

(André Charlier : Lettre aux capitaines, 8 janvier 1959).

La lecture de ce passage d’André Charlier, sur lequel je viens de tomber, ne peut que nous inciter à jouer notre humble rôle en ce monde, car le Seigneur compte sur toutes les bonnes volontés, selon leur génie et leurs facultés propres, ce qui nous renvoie à l’évangile des talents. Aussi ne manquez pas d’offrir à Dieu, pour l’intention qui nous est chère, l’humble et ordinaire devoir d'état quotidien. « L’âme d’une maison, comme celle d’un peuple, disait encore Charlier, est faite de beaucoup de fidélités silencieuses ». 

Sans doute connaissez-vous des personnes âgées ou souffrantes qui, sans avoir de boîte à lettres électronique, peuvent s’affilier à la Confrérie pour vivre de son esprit et participer à la communion de ses membres ; la Messe de vendredi dernier n’a fait que nous souder surnaturellement davantage ! N’oublions pas que l’apparition de Notre-Dame à l’Ile-Bouchard en 1947 fut due – et le salut de la France face à un coup d’État communiste du même coup – à la discrète habitude d’une petite vieillarde habituée à venir dire son chapelet à l’église, sans aucun doute à l’intention de la France.

En outre, le Frère Maximilien-Marie, Lully et moi-même avons pu chanter vendredi soir les Complies aux intentions de la Confrérie royale : quel meilleur moyen d’être écouté du Bon Dieu que de s’unir à la sainte Liturgie, à savoir la prière officielle de son Épouse, la Sainte Église ? Et y a-t-il partie de l’Office divin qui convienne mieux à la prière familiale que ces extraordinaires Complies, souvent proposées par nos Missels vespéraux comme prière du soir ? Le chant de cet office prédispose au repos de la nuit et constitue sans doute l’Heure la plus émouvante de la journée.

 

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Ne impediamus musicam. Par nos talents propres, jouons tous dans cette Confrérie – cette nouvelle « Armée du Sacre » (ou « Chorale du Sacre » si vous préférez, C'est tout un !) – notre rôle, de notre instrument, voix ou arme propre, n’enfouissons aucun de nos talents, et soyons bien ce que nous sommes - Clercs et laïques s'unissant una voce, corde et anima -, afin qu’aux yeux du Ciel, cette petite œuvre joue le plus beau morceau possible et contribue à sauver la France par la restauration de son Roi légitime.

Abbé L. de Saint-Taurin +


16/09/2015
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