L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Lettre à la Confrérie


Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 février 2016)

Lettre mensuelle

aux membres et amis

de la Confrérie royale

pour le 25 février anno Domini 2017

 

Un sujet vertueux

 

« Lorsque la nostalgie est le seul mouvement qui guide l'esprit vers l'attachement à la monarchie, le regard est biaisé et la direction prise complètement erronée. Certains se mettront alors à rêver d'un roi pieux et vertueux pour résoudre les problèmes du temps, sans jamais se regarder eux-mêmes et se demander si œuvre de conversion n'est pas aussi nécessaire pour mériter un tel prince. La monarchie est un système complexe de relations entre un chef sacré par Dieu et des sujets mettant tout en œuvre pour être conformes, eux aussi -chacun à son degré- à cette élection surnaturelle. Il est possible que Dieu nous ait retiré, si violemment, le roi si vertueux Louis XVI, parce que nous ne correspondions plus à notre vocation éminente de sujets vertueux. Un pays n'a pas simplement besoin d'un souverain au-delà de tout reproche, il repose aussi sur des âmes qui doivent partager cette même et unique grâce. Ce n'est pas simplement la tête qui doit être fidèle aux promesses du baptême reçu par Clovis, mais tous les sujets de France et Navarre.

 

 

     A partir du moment où les Français ont voulu s'émanciper de cet appel commun à la sainteté, ils ont abandonné leur statut de sujets vertueux pour devenir des citoyens soucieux de leur liberté, pourtant très surveillée. La quête de la liberté, mal comprise, a remplacé celle de la vertu. Or les grands siècles chrétiens de notre histoire sont une lutte constante et individuelle pour grandir dans l'exercice des vertus, surtout les XII°-XIV° siècles et le XVII° siècle. Etre vertueux ne signifie pas être immaculé et sans péché, mais être un pécheur domptant sans cesse ses faiblesses avec la grâce de Dieu et dévoilant ainsi sa force. Lorsque tout un peuple, et pas simplement le prince, s'applique à cet exercice, le résultat est celui de la grandeur, même si les hommes demeurent toujours imparfaits.

     René Schwob, dans Ni grec ni juif, écrit : « La faiblesse qui se croit forte est impotente et vaine. La faiblesse qui se sachant telle, consent à son effacement, s'exalte d'autant. Dieu n'y résiste pas. Il s'y engouffre. Il la déborde. Il l'inonde, jusque dans ses souffrances, des grâces de la lumière et de l'indubitable joie. Il faut donc, sinon prêcher la faiblesse, la confesser et la vivre. » Telle est la véritable vertu de force, celle qui renverse des montagnes avec humilité.

      L'homme de 1789 a oublié cette vérité pour s'engouffrer dans l'orgueil bien vain d'une autonomie réclamée en tout domaine. L'homme du Moyen-Age et du Grand Siècle, beaucoup plus libre, ne l'était que par son obéissance au réel et son adhésion à son statut de sujet aimé de Dieu et protégé par le prince. L'important n'est pas de savoir si des chefs très chrétiens ont failli à leur mission, ce qui est inévitable humainement, mais de juger de la capacité d'un peuple à grandir dans la foi et la vertu car conscient de son élection particulière. Les scandales et les crimes politiques qui parsèment l'histoire de nos républiques successives montrent bien que sans le guide de la vertu évangélique, rien de bon ne peut être accompli. Les hommes d'aujourd'hui ne sont pas essentiellement plus pécheurs que leurs ancêtres, mais ils sont moins vertueux car naviguant à vue et sans boussole, ceci par refus conscient et volontaire.

     Certes, pour reprendre une expression de Claudel, « le combat spirituel est aussi   brutal que la bataille d'hommes », mais il fut un temps, celui du royaume terrestre de France, où les sujets étaient quotidiennement aidés dans cette lutte par la contemplation de ce à quoi ils étaient appelés. Ils savaient qu'ils pouvaient atteindre ce qui semblait être trop haut à première vue. Les habitants de Paris ou d'Amiens, passant chaque jour devant leur cathédrale, n'avaient pas à lever les yeux vers le ciel pour deviner les statues des vertus.

     Elles trônaient, comme des jeunes filles chastes et simples, à portée de main, et la poussière soulevée par l'activité incessante de la cité les enveloppait. Ces vertus sont en lutte avec les vices. Depuis Tertullien et son De Spectaculis, chaque baptisé connaissait la forme concrète de la lutte intérieure de l'homme dont parle sans cesse l'Evangile. Tertullien avait donné figure à ces vertus et à ces vices, et les artistes chrétiens mettront en images ce vers quoi un sujet fidèle devait tendre. Emile Mâle, dans L'Histoire de l'art religieux au XIII° siècle, souligne très justement : « Le christianisme n'a point apporté la paix au monde, mais la guerre ; l'âme est devenue un champ de bataille. L'harmonie que les anciens sages, dans    leur ignorance de la vraie nature de l'homme, avaient voulu faire régner en eux, n'est pas de ce monde : tant que nous vivons, les deux hommes qui sont en nous combattent. » L'homme de la révolution, déjà tout pétri des idées de Rousseau et persuadé que l'homme était naturellement bon, n'a plus besoin d'être un sujet vertueux constamment dans la mêlée de cette tension de sa conscience et de son âme. Il se déclare maître de lui-même et les pires catastrophes le guettent. Le poète antique Prudence, -au nom si providentiel-, avait pourtant, avant le christianisme, perçu et analysé ce combat dans sa Psychomachie qui inspirera aussi tant d'artistes, déjà dans les fresques des catacombes. Ainsi, au portail de la cathédrale de Strasbourg, nous pouvons contempler les vertus virginales qui achèvent à coup de lance les vices tombés à terre. Tous les grands sanctuaires présentent peu à peu, sur le verre ou dans la pierre, la bataille acharnée entre les vertus et les vices, ceci toujours dans le même ordre et avec une liste identique : la Foi et l'Idolâtrie, l'Espérance et le Désespoir, la Charité et l'Avarice, la Chasteté et la Luxure, la Prudence et la Folie, l'Humilité et l'Orgueil, la Force et la Lâcheté, la Patience et la Colère, la Douceur et la Dureté, la Concorde et la Discorde, l'Obéissance et la Rébellion, la Persévérance et l'Inconstance. Sans toujours un rapport direct avec la description des vertus et des vices dans les grandes oeuvres théologiques de saint Augustin, d'Isidore de Séville, de saint Thomas d'Aquin ou de Guillaume d'Auvergne, ces représentations, en statues ou en bas-reliefs, ont façonné la conscience morale des sujets vertueux pendant des générations.

 

 

     Aujourd'hui, même les âmes les plus pieuses ne portent qu'un regard distrait sur les œuvres léguées par nos pères dans la foi ou bien n'éprouvent qu'un intérêt esthétique, somme toute très superficiel. Si nous voulons retrouver notre vocation de sujets vertueux, nous devons renouer aussi avec les méthodes éprouvées au cours des temps pour grandir dans la vertu et gagner de plus en plus de batailles. Nous sommes loin du christianisme mou trop couramment prêché depuis que les chaires ont été désertées. Le sujet vertueux sait que l'Esprit Saint est prêt à fondre sur lui comme une cataracte de feu à chaque instant, d'où son souci de demeurer dans la disposition la moins indigne possible pour L'accueillir.

     N'attendons pas passivement une renaissance monarchique, grâce à un homme providentiel, qui nous serait accordée sans effort moral de notre part. La restauration, qui sera une renaissance, doit jaillir d'abord dans chaque cœur soucieux du bien, du beau et du vrai. Sinon la monarchie ne serait qu'un décor de théâtre, comme elle l’est d'ailleurs encore en certains pays. Si nous voulons que royaume de France ressuscite, il est nécessaire de devenir des sujets vertueux pour accueillir un prince qui sera fidèle aux mêmes commandements et exigences évangéliques. Tout le reste n'est que rêve politique inutile et condamné à l'échec. Ne nous lassons pas de contempler les vierges sages et les vierges folles aux portails des cathédrales et demandons-nous ce que nous mettons en œuvre pour aider les premières à vaincre les secondes.

 

 

P. Jean-François Thomas s.j.


24/02/2017
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 janvier 2017)

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Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie royale

pour le 25 janvier anno Domini 2017

 

 

Le Royaume est-il un paradis terrestre ?

Le meilleur n’est pas le parfait…

 

« Il était une fois, dans un royaume très lointain… » Tous les contes, pour ainsi dire, commencent de cette façon, et il n’y est question que de rois et de princesses. Pourquoi, d’instinct, l’univers de nos rêves se situe-t-il d’emblée dans un royaume ? Serait-ce la nostalgie d’un passé lointain et ancré dans la mémoire collective ?

 

« Dans un royaume lointain… » :

« Par cette formule familière, analyse un site internet[1]le narrateur situe d’emblée le récit dans un monde imaginaire où les repères spatio-temporels demeurent flous. Le merveilleux permet de donner une dimension universelle au récit et crée une distance rassurante entre l’enfant et les thèmes abordés. L’enfant peut alors apprivoiser ses peurs et se sentir moins seul, plus fort face à elles ».

 

La sagesse populaire nous transmet donc à sa façon l’idéal du gouvernement dans lequel l’enfant peut se construire : un royaume, parce qu’il est le plus naturel à l’homme. La République, à côté, est un système en pratique beaucoup plus artificiel et en théorie beaucoup moins idéal ! Vous ne trouverez donc pas de président ni de médiateur de la République dans nos belles histoires pour enfants… seulement dans les « histoires à dormir debout » que se fabriquent les adultes en perte d’innocence !

 

Mais tous les royaumes ne sont pas imaginaires, et ils sont ce que nous en faisons. Tout homme aspire au bonheur, mais peu en trouvent le chemin ; la plupart se jettent éperdument dans des bonheurs apparents et − il est vrai − séduisants, mais il n’est qu’à évaluer le moral ambiant de nos contemporains pour se rendre compte que les promesses matérialistes n’ont pas été à la hauteur.

 

Venons-en à cette assertion que nous prouve l’histoire des sociétés : tous les régimes désirant instaurer un paradis terrestre se transforment inévitablement en un véritable enfer. Les exemples historiques ne manquent pas : les goulags du communisme, les camps de concentration du national-socialisme, les persécutions religieuses de la République athée (IIIeme République en France, croisade des Cristeros au Mexique…) et toutes les révolutions « libératrices » (1789, 1830, 1848, 1870, 1917, 1968). L’idéalisme est du ressort des rêves, pas de l’action ; l’espoir fait vivre, l’idéalisme tue (au sens propre comme au figuré !).

 

 

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Les grilles dorées d’un paradis terrestre ?

 

Pourquoi tant d’échecs de ces si belles pensées et − quelquefois − bonnes intentions ? Parce que c’est oublier que depuis le péché originel, l’homme est une créature déchue, les portes du Paradis lui ont été fermées. Dès lors, le Paradis tient du domaine à la fois de la nostalgie d’un passé perdu, et à la fois de notre espérance chrétienne d’une promesse désirée, mais il ne sera jamais vécu ici-bas ! Le Christ nous a rouvert les portes et Il nous promet certes, comme au bon Larron, son Royaume, mais qui « n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36).

 

Alors pourquoi croire en un régime − osons le mot de nos contemporains – passéiste, du moins suranné ? Parce que tous les bonheurs sans Dieu que l’on nous promet se transforment toujours en déception. Seul Dieu peut nous apporter le vrai bonheur, puisqu’Il est le Bien absolu, et seul un régime en accord avec la loi de Dieu peut nous apporter une réelle prospérité, qui n’exclut toutefois pas les épreuves. Régime passéiste ? Pas tant que cela, puisque selon un sondage de 2013[2], 54 % des Français seraient favorables à un retour à une monarchie.

 

Les fortes paroles de S. Pie X sont toujours d’actualité :

« Non, Vénérables Frères − il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle, où chacun se pose en docteur et en législateur −, on ne bâtira pas la société autrement que Dieu l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo »[3]. Et Faoudel de poser la question[4] : « Quelle cité catholique non bâtie dans les nuées le saint pape évoque-t-il quand il s’adresse à notre pays, si ce n’est celle de notre monarchie traditionnelle ? ».

 

« L’utopie est mère de toutes les dictatures » a dit, horresco referens, Jacques Attali. Quant à nous, nous voulons être réalistes ; de cette adhérence au réel qui a valu à S. Thomas d’Aquin de devenir « le maître dans l’art de bien penser » (Paul VI[5]), ce réalisme qui nous fait savoir que l’homme ici-bas n’échappe pas et n’échappera jamais à la souffrance, malgré tous les charlatans qui lui vendent du rêve. Cette vérité nous est connue à la fois par l’expérience et par la Révélation, le rachat de l’homme déchu étant la raison-même de l’Incarnation de Dieu.

 

Saint Thomas en vient à s’interroger sur la notion de meilleur régime[6], c’est-à-dire celui le plus apte à conduire la multitude vers le Bien commun, qui est le maintien de l’unité et de la paix. Il défend alors avec des arguments percutants le système monarchique comme le plus naturel, à l’image de ce qu’est le Paradis de Dieu : un Royaume où Dieu commande seul[7]. Le monarque devient le dépositaire temporel de cette souveraineté divine.

 

Mais dire qu’un gouvernement est le meilleur ne veut pas dire pour autant qu’il est parfait : il est le plus raisonnable, le plus naturel, ce qui n’est déjà pas si mal. C’est lui qui est le plus ordonné au plan de Dieu, et là où il y a bon ordre, il y a paix[8]. Ce n’est pas le pied qui gouverne le corps mais le « chef » (le bien-nommé), c’est-à-dire la tête. De même, la société ne peut être gouvernée par la base : le peuple. La démocratie, en ce sens[9], est plus qu’une aberration : c’est une supercherie. Le Bx Pie IX a dit pour résumer : « Suffrage universel, mensonge universel ! »[10].

 

Un régime de bon sens et de bonne foi ne promet pas LE bonheur assuré aux habitants de la Cité, mais il promet de leur apporter son meilleur soutien. Notre-Seigneur n’est pas venu abolir la souffrance, mais lui donner un sens. « Je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir » (Mt 5, 17) nous annonce le Christ, et la souffrance est la loi de l’humanité : on ne trouvera personne qui ne fasse exception à cette règle, pas même Notre-Dame, la Virgo dolorosa comme nous la célébrons le 15 septembre : la Vierge des douleurs.

 

Toutes les sectes et les fausses religions vous promettront le contraire, du ventripotent Bouddha au non moins opulent (financièrement cette fois-ci) « révérend » Moon ; seul Jésus dépouillé, nu sur la Croix, nous apporte la vraie réponse, et la plus consolante aussi. Lui seul peut affirmer en toute vérité qu’Il est venu accomplir cette loi universelle de la souffrance, parce que chaque goutte versée l’a été pour chacun de nous.

 

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Le Bouddha bien-en-chair face au Dieu-fait-chair dépouillé : un saisissant contraste !

 

Le Royaume de Dieu est d’en haut, et nous sommes déjà constitués « héritiers [de ce] Royaume qu’Il a promis à ceux qui L’aiment » (Jc 2, 5) ; mais il commence déjà ici-bas. « Le règne de Dieu est déjà présent au milieu de nous » nous dit S. Paul (Rm 12, 8) et le Pater nous fait demander à Dieu l’avènement de son règne sur la terre comme au Ciel. Mais rassurez-vous, ô Hérodes modernes qui craignez pour vos trônes, l’admirable hymne des Vêpres de l’Épiphanie vous annonce : Non eripit mortalia, Qui regna dat cælestia : « Il ne retire pas les royaumes terrestres Celui qui nous donne le Royaume céleste » ! Le Christ-Roi ne vient prendre la place de personne, Il est déjà de droit le Roi des rois, que les Mages viennent proclamer en venant L’adorer dans la crèche.

 

Les primaires électorales nous renvoient la question du « candidat idéal », voire d’un Sauveur de la Nation qui nous relèvera du marasme et de la décadence ambiants dans lesquels nous sommes enlisés depuis si longtemps. Nous, nous vous disons en toute vérité : ce candidat n’existe pas, il n’y a pas de super-héros à espérer, mais la fonction idéale existe et s’incarne bien en un homme, qui n’a pas de super-pouvoirs mais qui est, par son sacre, revêtu de la grâce divine, onction qui s’écoulera sur tout le corps social que constituent les Français, à l’image de l’huile sainte répandue sur la tête d’Aaron, frère de Moïse et premier grand-prêtre d’Israël, et qui « coulait sur sa barbe et jusque sur les bords de ses vêtements » (Ps. 133, 2).

 

Cet écoulement « capital » (i.e. depuis la tête) de la grâce se vérifie dans la vie sacramentelle : le sacrement de baptême purifie ainsi l’âme tout entière lorsque l’eau coule sur le sommet du crâne du baptisé. Il se vérifie en outre dans les hiérarchies angéliques, dans lesquelles l’illumination des anges s’effectue de chœur en chœur, des supérieurs aux inférieurs, selon l’admirable sagesse de Dieu qui « a tout réglé avec ordre, poids et mesure » (Sg 11, 20). Dieu est cette fontaine inépuisable qui déverse ses grâces de haut en bas, selon la loi de la « pesanteur spirituelle », si l’on peut dire !

 

Revenons donc au bon sens, à la loi naturelle, à la raison éclairée ! Dieu nous donne un Chef, comme Il nous donne des parents que nous n’avons pas choisis. Mais attention : c’est un homme qu’Il nous désigne, pas un ange qu’Il nous envoie et encore moins Lui-même ! Voilà pourquoi nous disons que la mission divine s’incarne proprement en un homme, que nous pouvons appeler en toute vérité « providentiel » car sa destinée s’inscrit dans le plan de Dieu.

 

Vous connaissez peut-être des prêtres qui vous ont blessés ou scandalisés : cela est malheureusement possible parce que le prêtre demeure un homme avant tout ; son ordination sacerdotale ne l’a pas « angélisé » ! Le Roi que Dieu nous donne a sans doute ses défauts, il n’est sans doute pas expert dans tous les domaines (d’où la nécessité de bien s’entourer…) et le Sacre pour lequel nous prions tous les jours ne le rendra ni surhomme, ni prince charmant, ni gourou, ni Dieu sur terre, mais le lieu-tenant de Dieu, aidé et voulu par Lui pour maintenir les Français dans la vertu et les conduire vers le Bien. Si nous avions le Royaume parfait ici-bas, pourquoi espérerions-nous encore le Royaume à venir ?

 

Célébrant aujourd’hui la Conversion de S. Paul, comment ne pas rappeler ici la prophétique prière de S. Pie X[11] comparant la France à l’ex-persécuteur de Chrétiens ? « Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répètera : ‘‘Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ?’’. Et, sur sa réponse : ‘‘Qui es-tu, Seigneur ?’’, la voix répliquera : ‘‘Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même’’. Et elle, tremblante, étonnée, dira : ‘‘Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?’’. Et Lui : ‘‘Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Église, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre’’ ».

 

Chers Membres de la Confrérie, tout le programme d’action est contenu ici : celui de la France comme le nôtre !

 

Le Chancelier +

 



[3] Lettre sur le Sillon Notre charge apostolique du 25 août 1910.

[5] Lettre Lumen Ecclesiae (1974) § 1-2 et Allocution au Congrès sur S. Thomas d’Aquin à l’occasion du VIIcentenaire de sa mort, Doc.Cath. n° 1654 (1974) p. 456.

[6] Cf. son De Regno, inspiré de La Politique d’Aristote.

[7] « Toutes les patries ici-bas doivent être le signe de la Patrie céleste (…). Tout homme à naître dans ce monde aspire à s’épanouir au sein d’une société harmonieuse et unie, dès cette vie et dans l’autre. Il relève du gouvernement divin sur l’humanité et nul ne peut l’abroger. La patrie est d’institution divine » (Frère Luc-Marie Perrier, Patrie céleste et patries terrestres, revue Maîtrises Scouts d’Europe n° 182, p. 19).

[8] « La paix est la tranquillité de l’ordre », selon la définition qu’en donne S. Augustin (Bibliothèque augustinienne, chap. 37, p. 740). Il nous livre à l’occasion sa belle « charte de la Paix » : « La paix du corps, c’est l’agencement harmonieux de ses parties. La paix de l’âme sans raison, c’est le repos bien réglé de ses appétits. La paix de l’âme raisonnable, c’est l’accord bien ordonné de la pensée et de l’action. La paix de l’âme et du corps, c’est la vie et la santé bien ordonnées de l’être animé. La paix de l’homme mortel avec Dieu, c’est l’obéissance bien ordonnée dans la foi sous la loi éternelle. La paix des hommes, c’est leur concorde bien ordonnée. La paix de la maison, c’est la concorde bien ordonnée de ses habitants dans le commandement et l’obéissance. La paix de la cité, c’est la concorde bien ordonnée des citoyens dans le commandement et l’obéissance. La paix de la cité céleste, c'est la communauté parfaitement ordonnée et parfaitement harmonieuse dans la jouissance de Dieu et dans la jouissance mutuelle en Dieu. La paix de toutes choses, c’est la tranquillité de l’ordre. L’ordre, c’est la disposition des êtres égaux et inégaux, désignant à chacun la place qui lui convient ».

[9] Nous ne parlons pas ici de la conception antique de la démocratie, comme à Athènes, mais de la démocratie libérale.

[10] Discours aux pèlerins français du 5 mai 1874.

[11] Discours du 29 novembre 1911 lors d’un Consistoire.

 


26/01/2017
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 décembre 2016)

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Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie royale

pour le 25 décembre anno Domini 2016

 

 

le 24 décembre A.D. 2016

en la vigile de la Nativité du Sauveur

 

Chers Amis,

 

Dans le Saint Évangile, Notre-Seigneur

« ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d’eux, et leur dit : Je vous dis en vérité, que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Quiconque donc s’humiliera et se rendra petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux ; et quiconque reçoit en Mon Nom un enfant tel que je viens de dire, c’est Moi-même Qu’il reçoit. Si quelqu’un scandalise un de ces petits qui croient en Moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendît au cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le jetât au fond de la mer. Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! […] Prenez bien garde de ne mépriser aucun de ces petits : Je vous déclare que dans le ciel leurs anges voient sans cesse la face de Mon Père Qui est dans les cieux. […] Ainsi votre Père Qui est dans les cieux, ne veut pas qu’un seul de ces petits périsse. […] Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’unissent ensemble sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, elle leur sera accordée par Mon Père Qui est dans les cieux. Car en quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en Mon Nom, Je M’y trouve au milieu d’eux » (Matth. XVIII, 2-10, 14, 19-20[1]).

Alors que s’achève le temps liturgique de l’Avent et que Dieu Se montre aux hommes – et particulièrement à Sa Sainte Mère qui Le portait sans Le voir depuis la nuit bénie de l’Annonciation –, c’est d’une certaine manière le Christ Lui-même Qui applique Ses propres leçons, Lui « Qui est descendu du ciel » (Joann. III, 13), « ne retenant pas jalousement le rang qui L’égalait à Dieu », « Qui, ayant la forme et la nature de Dieu, n’a point cru que ce fût pour Lui une usurpation d’être égal à Dieu ; mais Il S’est anéanti Lui-même en prenant la forme et la nature de serviteur, en Se rendant semblable aux hommes, et étant reconnu pour homme par tout ce qui a paru de Lui au dehors. Il S’est rabaissé Lui-même » (Philipp. II, 6-8), pour Se faire – qui l’eût imaginé ?! – petit enfant, Fils de l’homme. 

 

 

C’est ce grand mystère de l’Incarnation que, depuis Bérulle, adore l’École française de spiritualité, pierre précieuse du « génie français » (saint Pie X).

« De nous-même nous devons faire élection et de tous côtés nous rendre au silence, à la séparation, à la soumission et docilité du Saint Enfant Jésus, Qui de Verbe Dieu S’est Lui-même, remarquons Lui-même, anéanti ; et de là, sur cette base, Il S’est laissé conduire en obéissance par tous les états de Sa vie jusqu’à la mort de la Croix et en Sa gloire […]. C’est donc, ma chère Sœur, par la grâce que nous trouvons en la Sainte Enfance qu’il nous faut laisser conduire selon tous les décrets de Dieu sur nous sans discernement »[2].
« C’est de la crèche que l’on tire le chemin de tous les mystères de la Croix et de la gloire ; il n’y a qu’un Jésus-Christ, mais c’est une grâce de L’entendre et d’être des premiers avec les saints pasteurs et les saints rois à reconnaître Sa grandeur en la plus grande bassesse »[3].

 

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Et cette dévotion porte des fruits incontestables. En effet, comme nos ancêtres ont prié pour la naissance d’un Dauphin ! Louis-Dieudonné, quatorzième du nom, fut le fruit de la dévotion à la Sainte Enfance du Seigneur[4] : ne l’oublions pas en ce Temps de Noël qui commence, et ne soyons pas ingrats, mais reconnaissants à Dieu pour Ses grâces insignes et répétées : il n’y a pas de raison qu’elles nous manquent à l’avenir, si nous-mêmes sommes fidèles à ne pas manquer à la grâce.

 

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La consécration du 25e jour de chaque mois est une caractéristique de la dévotion à la Sainte Enfance. C’est d’ailleurs à cette date qu’apparaissait Notre-Dame du Rosaire aux Arroyos, en Argentine, de 1983 à 1990, comme l’évêque du lieu l’a reconnu le 22 mai dernier.

 

 

Il y a dix-neuf jours, à Nîmes, en recevant, lors d’une Messe votive de saint Michel à l’occasion du premier mardi du mois, le plus jeune membre de la Confrérie royale (8 ans et prénommé comme notre premier roi), c’était encore à la même réalisation du précepte évangélique que nous assistions, comme lorsque saint Luc, l’évangéliste de l’Enfance du Seigneur, expliquait que :

« étant venu à Nazareth, où Il avait été élevé, [Jésus] entra, selon Sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et Il Se leva pour lire. On Lui présenta le livre du prophète Isaïe ; et l’ayant ouvert, Il trouva l’endroit où ces paroles étaient écrites : L’Esprit du Seigneur S’est reposé sur Moi ; c’est pourquoi Il M’a consacré par Son onction : Il M’a envoyé pour prêcher l’Évangile aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont brisés sous leurs fers ; pour publier l’année favorable du Seigneur, et le jour où Il Se vengera de Ses ennemis. Ayant fermé le livre, Il le rendit au ministre, et S’assit. Tout le monde dans la synagogue avait les yeux arrêtés sur Lui. Et Il commença à leur dire : C’est aujourd’hui que cette Écriture que vous venez d’entendre est accomplie. Et tous Lui rendaient témoignage ; et dans l’étonnement où ils étaient des paroles pleines de grâce qui sortaient de Sa bouche, ils disaient : N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » (Luc. IV, 16-22).

         Attentifs au fait que Notre-Dame se manifeste comme par prédilection à de jeunes gens, sachons encourager autour de nous, voire en nos familles, l’engagement des enfants – avec l’accord de leurs parents jusqu’à leur majorité – pour la Couronne : la pureté et magnanimité de leurs prières sauront toucher le Cœur du divin Enfant Roi. N’est-ce pas justement à eux que s’adressait Notre-Dame de la Prière à L’Ile-Bouchard, en 1947 ?

 

Puissions-nous grâce à eux entendre prochainement notre souverain bien-aimé, le corps fraîchement oint, prononcer à Reims ces paroles de l’Écriture : « L’Esprit du Seigneur S’est reposé sur moi ; c’est pourquoi Il m’a consacré par Son onction : Il m’a envoyé pour prêcher la bonne nouvelle aux pauvres, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ; pour annoncer aux captifs leur délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour mettre en liberté ceux qui sont brisés sous leurs fers ; pour publier l’année favorable du Seigneur, et le jour où Il Se vengera de Ses ennemis » !

 

Chaque année, le beau Temps de l’Avent ravive en nous l’espérance de l’avènement du Lieu-tenant du Messie, selon le mot d’Aristote : « Qui peut le plus peut le moins »[5]. Si S’incarner n’a pas paru insensé à Dieu, en quoi la restauration de Son serviteur serait-elle impensable ? « Car rien n’est impossible à Dieu » (Luc. I, 37).

 

En ce Temps de la Nativité, pensons aux belles choses que nous verrons si nous savons travailler résolument à ce que Dieu attend de nous. Car notre « amour pour le Roi et la Couronne » est bien fondé surnaturellement sur Notre-Seigneur Jésus-Christ, et appuyé naturellement, philosophiquement, expérimentalement sur les bienfaits de ce régime qui a fait la France.

 

 

Si je vous dis « 1515 », vous me répondrez (normalement) « Marignan ». Du moins était-ce ce qu’apprenaient naguère les élèves. Et si je vous dis « 1520 », que me répondrez-vous ?

 

Non, ce n’est pas Luther et sa prétendue réforme ; lui, c’est 1517. Et comme le disait en début d’année le préfet de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi, « nous, les Catholiques, n’avons aucune raison de célébrer le 31 octobre 1517, la date qui marque le début de la [prétendue] Réforme et qui mena à la rupture du Christianisme occidental ».

 

Je ne vous parle pas là d’une année mais d’un anniversaire…

 

 

En ce grand jour de la Nativité du Sauveur a lieu la naissance de Sa fille aînée[6], la première nation chrétienne, disons-même très-chrétienne. Nous célébrons le 1520e anniversaire du baptême de Clovis. Ce fier guerrier païen a su retenir lui aussi la leçon de saint Remi et descendre au baptistère rémois, y dépouillant – fier Sicambre ! – vêtements et insignes afin de naître à nouveau par l’eau salutaire du baptême, « en la quinzième année de son règne » nous rapporte saint Grégoire de Tours, nous rappelant inévitablement l’évangile lu cet Avent[7], dans lequel commence la prédication de saint Jean-Baptiste, devant conduire au Baptême de Notre Seigneur, inaugurant Sa vie publique.

 

« XXXI. […] Il se rendit donc au milieu des siens, et, avant même qu’il eût pris la parole, la puissance de Dieu l’ayant devancé, tout le peuple s’écria en même temps : « Les dieux mortels nous les rejetons, pieux roi, et c’est Dieu immortel que prêche Rémi que nous sommes prêts à suivre ». Ces nouvelles sont portées au prélat qui, rempli d’une grande joie, fit préparer la piscine. Les rues sont ombragées de tentures de couleur, les églises ornées de courtines blanches ; le baptistère apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriférants brillent ; tout le temple du baptistère est imprégné d’une odeur divine et Dieu y comble les assistants d’une telle grâce qu’ils se croient transportés au milieu des parfums du paradis. Ce fut le roi, qui, le premier, demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine, pour effacer la maladie d’une vielle lèpre et pour effacer avec une eau fraîche les sordides taches anciennement acquises. Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes : « Dépose humblement tes colliers, ô Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». […] Ainsi donc, le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans Sa Trinité, fut baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés » (saint Grégoire de Tours, Historia Francorum, II, MGH. SS. RM, éd. B. Krusch, I, Hanovre, 1885, p. 91-93 ; éd. 1951, p. 75-78).

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« A la vue de ces feux qui rendent plus splendide encore la décoration de la maison de Dieu, nous exclamerons-nous avec dom Guéranger en rejoignant ce soir, au son des cloches, l’église pour la Messe de minuit, nous nous rappelons le mot de Clovis entrant le même jour, à cette même heure, dans la Basilique de Reims où il devait être régénéré : Mon Père, […] est-ce là le royaume que vous m’avez promis ? —Non, mon Fils, répondit l’apôtre des Francs, ce n’est que l’entrée du chemin qui doit t’y conduire » !

 

 

En outre, le Normand qui vous écrit peut-il passer sous silence le 950e anniversaire – nous ne verrons peut-être pas le millénaire… –, du couronnement, toujours en ce saint jour de Noël, du duc Guillaume le Conquérant comme roi d’Angleterre, en l’abbaye de Westminster ? Nous avions évoqué en octobre la fameuse bataille de Hastings. La portée de cet événement fut considérable en Europe. Alfred, archevêque d’York, couronna roi le duc de Normandie après avoir demandé aux Anglais s’ils le reconnaissaient pour roi, tandis qu’Odon, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume, le demandait aux Normands présents. Sous les voûtes du monastère, les cris de joie ayant dû paraître sauvages, les soldats normands se trouvant au-dehors crurent à une révolte et incendièrent les maisons alentour…

 

 

Tout en devant mater les révoltes locales, Guillaume réorganisa de façon impressionnante, avec l’appui de saint Grégoire VII notamment, le royaume britannique. Il fonda une société féodale exemplaire, mit en place des sheriffs chargés de maintenir l'ordre, et put, grâce à un gigantesque recensement nommé Domesday Book (1086), améliorer le rendement fiscal et les armées. L'Église bénéficia du renouveau en recevant pour archevêque de Canterbury, l'abbé Lanfranc, de Saint-Étienne de Caen. Une abbaye bénédictine fut construite sur le champ de bataille de Hastings. Notons que la devise de la monarchie anglaise actuelle, toujours en français, est due à Guillaume le Conquérant : « Dieu est mon droit ».

 

 

Son épouse Mathilde serait quant à elle solennellement couronnée reine d’Angleterre à Westminster à la Pentecôte 1068.

 

 

 

Enfin, dernière « naissance » que j’évoquerai aujourd’hui : celle, il y a 130 ans, de sainte Thérèse, par sa conversion à la sainteté.

 

Elle passait, à 13 ans et demi, de l’orgueil de l’enfance à la maturité de la petite voie d’Enfance spirituelle. Le pape Benoît XV la présentait ainsi :

« L’enfance spirituelle est formée de confiance en Dieu et d’un abandon aveugle entre Ses mains […]. Il n’est pas difficile de montrer les mérites de cette enfance spirituelle pour ce qu’elle exclut comme pour ce qu’elle suppose. Elle exclut en effet l’orgueilleuse idée de soi ; elle exclut la présomption d’atteindre par des moyens humains une fin surnaturelle ; elle exclut l’idée fausse que l’on se suffit à soi-même à l’heure du danger et de la tentation. Et par ailleurs, elle suppose une foi vive dans l’existence de Dieu ; elle suppose un hommage concret à Sa puissance et à Sa miséricorde ; elle suppose le recours confiant à la Providence de Celui Dont nous pouvons obtenir la grâce d’éviter tout mal et de parvenir à tout bien. […] Nous souhaitons que le secret de la sainteté de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus ne reste inconnu à personne »[8].

Aussi permettez-moi, malgré sa longueur (relative...), de le citer in extenso, en guise de conclusion, tant cette conversion de « la plus grande Sainte des temps modernes »[9] est admirable, ayant su, comme le demandait saint Jean Berchmans, faire les choses ordinaires de manière extraordinaire.

 

Thérèse racontera elle-même sa conversion, par obéissance, un an avant de mourir (en 1897), dans ses manuscrits autobiographiques :

 

« J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité... Je pleurais comme une Madeleine et lorsque je commençais à me consoler, je pleurais d'avoir pleuré... Il fallut que le Bon Dieu fasse un petit miracle pour me faire grandir en un moment et ce miracle Il le fit au jour inoubliable de Noël, en cette nuit lumineuse qui éclaire les délices de la Trinité Sainte, Jésus le doux petit Enfant d'une heure, changea la nuit de mon âme en torrents de lumière... En cette nuit où Il Se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de Ses armes et depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençais pour ainsi dire, 'une course de géant !...
Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus la grâce de sortir de l’enfance, en un mot la grâce de ma complète conversion. Nous revenions de la messe de minuit où j’avais eu le bonheur de recevoir le Dieu fort et puissant. En arrivant aux Buissonnets, je me réjouissais d’aller prendre mes souliers dans la cheminée, cet antique usage nous avait causé tant de joie pendant notre enfance que Céline [l’une de ses quatre sœurs, NDLR] voulait continuer de me traiter comme un bébé puisque j’étais la plus petite de la famille…
Papa aimait à voir mon bonheur, à entendre mes cris de joie en tirant chaque surprise des souliers enchantés, et la gaîté de mon Roi chéri augmentait beaucoup mon bonheur, mais Jésus voulant me montrer que je devais me défaire des défauts de l’enfance m’en retira aussi les innocentes joies, il permit que Papa fatigué de la messe de minuit éprouvât de l’ennui en voyant mes souliers dans la cheminée et qu’il dît ces paroles qui me percèrent le cœur : “Enfin, heureusement que c’est la dernière année !”
Je montais alors l’escalier pour aller défaire mon chapeau, Céline connaissant ma sensibilité et voyant des larmes briller dans mes yeux eut aussi bien envie d’en verser, car elle m’aimait beaucoup et comprenait mon chagrin : “Ô Thérèse ! me dit-elle, ne descends pas, cela te ferait trop de peine de regarder tout de suite dans tes souliers”. Mais Thérèse n’était plus la même, Jésus avait changé son cœur ! Refoulant mes larmes, je descendis rapidement l’escalier et comprimant les battements de mon cœur, je pris mes souliers et les posant devant Papa, je tirai joyeusement tous les objets, ayant l’air heureuse comme une reine. Papa riait, il était redevenu joyeux et Céline croyait rêver !... Heureusement c’était une douce réalité, la petite Thérèse avait retrouvé la force d’âme qu’elle avait perdue à 4 ans et demi et c’était pour toujours qu’elle devait la conserver !...
En cette nuit de lumière commença la troisième période de ma vie, la plus belle de toutes, la plus remplie des grâces du Ciel… En un instant l’ouvrage que je n’avais pu faire en dix ans, Jésus le fit Se contentant de ma bonne volonté qui jamais ne me fit défaut. […] Il fit de moi un pécheur d’âmes, je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs, désir que je n’avais [pas] senti aussi vivement… Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse ! ».

 

 

Que la patronne « en second » de la France obtienne à nos âmes, en cette nuit merveilleuse, cette même grâce de la conversion totale à une sainteté résolue et à une résolue sainteté.

 

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« Et que la ferveur de [n]os prières contribue à protéger la France ! » en son 1520e anniversaire (S.M. T.-C. le roi Louis XX).

 

 

Pro Rege et Francia

Ad pristinum Regnum restituendum

 

Abbé Louis de Saint-Taurin +

Grand-Prieur

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[1] Traduction en 1667 par l’abbé Louis-Isaac Lemaistre, sieur de Sacy (1613-1684).

[2] Lettre 243 à Mère Élisabeth, prieure de Beaune, du 2 octobre 1645.

[3] Lettre 267 à Mère Élisabeth de l’Enfant-Jésus (Baillou), sous-prieure des Dominicaines de Paris, du 29 décembre 1645.

[4] Lettre du 17 juin 1689 de sainte Marguerite-Marie Alacoque : « Voici les paroles que j'entendis sur ce sujet : Fais savoir au Fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par la consécration à Mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et, par son entremise, de celui des grands de la terre ».

[5] Éthique à Nicomaque.

[6] Par association (« concomitance ») de l’antique titre du roi de France, puisque nous pourrions dire, en reprenant le mot de Jehanne : « Le Roi Très-Chrétien et la France, c’est tout un »…

[7] « L'an quinze du règne de l'empereur Tibère,... » (Luc. III, 1).

[8] Décret sur les vertus héroïques de Thérèse Martin, 14 août 1921.

[9] Citation de saint Pie X.


24/12/2016
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Pour qu'en cette France où le péché abonde la grâce de Dieu surabonde...

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Lettre mensuelle aux membres et sympathisants de la Confrérie

25 novembre 2016

 

Chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

 

« Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom. V, 20).

La désobéissance d'Adam a entraîné la chute du genre humain dans un abîme de misères, bien loin de l'état de grâce et de justice que le divin Créateur avait voulu pour lui.
Dès lors, pendant de longs siècles, la pauvre humanité va gémir dans l'inflation de ses péchés accumulés, incapable de se relever par elle-même, se traînant lamentablement dans la séparation et l'ignorance de Dieu...

Cependant, dans Sa miséricorde infinie, le Très-Haut n'a pas abandonné l'homme. Pour qu'il ne désespère pas, au moment même où tombe sur lui la sentence qui le châtie, lui est aussi donnée la promesse solennelle d'un Sauveur : car pour obvier à son incapacité, pour détruire son péché, et pour lui rendre la grâce, Dieu a conçu le dessein inouï de l'Incarnation et de la Rédemption par la Croix.  « Dieu a tant aimé le monde, qu'Il lui a donné Son Fils unique » (Johan. III, 16) ; « Et le Verbe S'est fait chair, et Il a habité parmi nous... et à tous ceux qui L'ont reçu, Il a donné le pouvoir d'être faits enfants de Dieu » (Johan. I, 14. 13).

Le saint temps de l'Avent dans lequel nous allons entrer nous permet de nous replonger spirituellement dans l'histoire du salut afin de mieux accueillir « Celui qui vient », afin de mieux accueillir Ses grâces, afin de mieux accueillir Son salut.

 

Le grand malheur - NOTRE très grand malheur - , c'est que nous savons déjà ces choses : pour la plupart d'entre nous, elles nous ont été enseignées depuis l'enfance ; nous les connaissons ; elles font partie de notre substrat de connaissances, nous y sommes habitués... et, bien souvent, nous ne voyons pas ce qu'il y a d'extraordinaire et de merveilleux dans ces mystères de notre salut par le Verbe de Dieu incarné et crucifié.

Trop souvent, notre connaissance de ces mystères inconcevables reste purement intellectuelle... et malheureusement stérile.

Le saint temps de l'Avent devrait – il faudrait que cela devienne dans les faits un DEVOIR spirituel, un impératif – nous permettre de rompre nos pieuses routines, de renouveler notre regard sur ces divins mystères par une contemplation et des approfondissements vraiment personnels, et de prendre un nouvel élan pour mieux aimer et servir le Roi du Ciel qui S'est fait le Fils de l'homme.

Ce qu'il nous faut, c'est retrouver un cœur semblable à celui du petit enfant qui, pour la première fois, entend parler de la faute d'Adam, qui vibre de tout son être navré de la chute à l'espérance des patriarches et des prophètes, et qui s'émerveille dans une gratitude éperdue devant la Crèche : « En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez, et ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux » (Matth. XVIII, 3).

 

Et si nous prenions les moyens, pendant ce saint temps de l'Avent, pour redevenir semblables aux petits enfants ?

De nombreux parents ou éducateurs catholiques invitent leurs enfants à préparer Noël par des efforts spirituels et des sacrifices, et il arrive qu'ils sont symbolisés par la progression des moutons vers la crèche : chaque enfant a « son mouton » et, au moment de la prière du soir, il a le droit d'avancer ce santon qui le représente proportionnellement aux efforts et sacrifices consentis dans la journée...

Mais pourquoi cela serait-il réservé aux enfants ?

 

Vous, membres de la Confrérie Royale, auxquels Notre-Seigneur fait l'obligation de vous convertir pour devenir comme les petits enfants si vous voulez vraiment entrer dans le Royaume des Cieux, pourquoi, à l'occasion de cette préparation spirituelle à Noël, ne reprendriez-vous pas à votre compte cette tradition qui n'est naïve qu'en apparence ?

Si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas avoir un santon-mouton à faire avancer vers la crèche, vous pouvez toujours néanmoins trouver quelque autre symbole concret (ne serait-ce qu'au moyen de petites croix cochées sur un calepin ad hoc) pour matérialiser votre progression vers « le Roi qui vient ».

Ce qui importe, ce qui compte, c'est qu'il n'y ait pas un seul jour de cet avent 2016 où vous ne fassiez un effort, où vous n'ayez la générosité d'au moins un sacrifice.

Car il est absolument illusoire et vain de vouloir s'approcher du Christ Sauveur sans efforts et sans sacrifices !

 

Ce qui est vrai pour la vie chrétienne authentique, l'est tout autant pour la cause royale : la restauration du Roi légitime sur le Trône de France ne se fera pas sans les sacrifices, généreux et nombreux, de ceux qui ne se contentent pas de « souhaiter » une vraie monarchie chrétienne, mais qui ont le désir d'un engagement concret pour que la France revienne dans les voies de la fidélité à Dieu et à son lieu-tenant en terre, le Roi Très Chrétien.

Pas un seul jour de cet avent où je ne doive offrir à Dieu au moins un sacrifice, en plus de mon devoir d'état et de mes obligations ordinaires, pour Monseigneur le Prince Louis de Bourbon et pour la France : un vrai sacrifice - c'est-à-dire un sacrifice qui coûte, un sacrifice qui mortifie ma nature toujours prompte à se ménager – généreusement présenté au Roi du Ciel, pour que le Roi de la terre reçoive toutes les grâces qui lui sont nécessaires en vue du rétablissement de l'Alliance qui fut scellée dans les fonts baptismaux de Reims en la nuit de Noël 496, et pour qu'en cette France où le péché abonde la grâce de Dieu surabonde.

 

Faites donc avancer vos petits moutons vers la crèche du Sauveur en leur donnant pour cela chaque jour - et même plusieurs fois par jour - de vrais efforts généreux, de vrais sacrifices, afin que le Prince que nous servons soit un Roi selon le cœur de Dieu, comme jadis le fut David, comparaison que nous pouvons nous autoriser puisque le pape Grégoire IX a déclaré que le Royaume de France était la tribu de Juda du Nouveau Testament.
Et qu'advienne sur nous et sur la France ce que le Très-Haut prophétisait par Ezéchiel : « Je sauverai Mon troupeau, et il ne sera plus en proie (…) Et Moi, le Seigneur, Je serai leur Dieu, et Mon serviteur David sera prince au milieu d'eux (…). Et Je ferai avec eux une alliance de paix (…). Et ils seront dans leur terre sans crainte ; et ils sauront que Je suis le Seigneur lorsque J'aurai brisé les chaînes de leur joug, et que Je les aurai arrachés de la main de ceux qui les tenaient sous leur empire. Et ils ne seront plus en proie aux nations, et les bêtes de la terre ne les dévoreront pas ; mais ils habiteront avec confiance sans aucune crainte. Et Je leur susciterai un germe renommé, ils ne seront plus détruits par la famine sur la terre, et ils ne porteront plus l'opprobre des nations. Et ils sauront que Moi, le Seigneur leur Dieu, Je suis avec eux, et qu'eux-mêmes sont Mon peuple (…). Mais vous, Mes troupeaux, les troupeaux de Mon pâturage, vous êtes des hommes, et Moi, Je suis le Seigneur votre Dieu, dit le Seigneur Dieu » (Ezech. XXXIV, 22... 31).

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

 

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24/11/2016
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 octobre 2016)

Confrérie de prière

Lettre mensuelle du 25 octobre 2016

 

Dieu, qui est le maître de l’Histoire, se plaît à nous montrer, pour ceux qui savent les voir et les interpréter, des signes de Sa présence parmi nous. L’homme, quant à lui, a besoin de ces encouragements divins pour le stimuler dans son zèle à défendre les droits de Dieu pour étendre, ici-bas, le Royaume de Dieu.

 

En ce jour du 25 octobre, deux anniversaires de sacre doivent nous rappeler le soin que Dieu a apporté au Royaume de France, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque classique : en 1131, le sacre de Louis VII, le héraut de la 2ème Croisade ; en 1722 : le sacre de Louis XV le Bien-Aimé.

 

Du reste, l’évocation de leur souvenir nous rappelle, à nous membres de la Confrérie Royale, notre mission « seconde » (mais non pas secondaire) qui est, après la Restauration de notre Roi légitime, de prier pour sa personne afin qu’il demeure toujours fidèle aux promesses du sacre et à la mission qui lui est dévolue. Dieu nous donne un Chef, nos prières doivent en faire un Saint. Chaque 25 du mois, chers Membres, ce sont tous nos efforts, nos joies et nos peines qu’il nous faut offrir à l’intention de cette noble cause, certains que « les âmes des justes gouvernent le monde » (Dom Guéranger).

 

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Autre événement historique devant ranimer notre amour de la France chrétienne : le 17ème centenaire cette année de la naissance de l’Apôtre des Gaules, saint Martin de Tours. Comme nous l’évoquions en présentant le programme de l’année 2016, l’« intrépide évangélisateur des campagnes de la Gaule romaine et initiateur de la vie monastique sur le sol de la future France (…) eut une influence non négligeable sur l’âme de Clovis »[1]. Nous étions alors invités à l’invoquer afin qu’il « nous soutienne et nous encourage dans notre devoir quotidien de prière et d’apostolat pour que la France se convertisse à nouveau et revienne au "Dieu de Clotilde" ».

 

À cette occasion, soyons nombreux à venir le supplier lors de notre Pèlerinage jubilaire à Tours le 11 novembre prochain ! La signature de l’Armistice de 1918 le jour de sa fête témoigne de l’aide céleste du saint évêque gaulois envers la terre qu’il évangélisa. « Je ne refuse pas le travail », disait-il encore au moment de rendre l’âme, extenué qu’il fut pourtant de ses labeurs apostoliques ; ce « travail », nous le lui demanderons encore le 11 novembre, car « la mission des saints ne se termine pas au Ciel » (sainte Thérèse de Lisieux).
 
Ce sera pour nous un devoir de reconnaissance autant qu’un élan d’espérance, car Dieu ne peut rester indifférent devant la piété sincère de ses enfants. Nous serons alors entrés dans le mois des défunts, l’occasion pour nous de prier à l’intention de tous nos vaillants soldats tombés au champ d’honneur : une Absoute sera chantée à l’issue de la Messe du pèlerinage et les tombes de nos héros bénites, pour commémorer le centenaire de la Bataille de Verdun.
 
Plus encore que par l’Histoire, Dieu se révèle à nous par la sainte Liturgie. Dimanche prochain, nous célèbrerons la fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi. Cette fête, instituée en 1925 seulement, nous rappelle que le Roi Très-Chrétien n’est que le Lieutenant du Christ, qui est, selon la profonde expression de sainte Jeanne d’Arc, le véritable Roi de France. Le pape Pie XI (1922-1939) qui l’institua avait l’intuition que la paix du Christ ne s’établirait que par son règne : c’est d’ailleurs la devise qu’il prit et qui se veut son programme pontifical : Pax Christi in regno Christi.
 
Chrishall (Essex) église de la Ste Trinité
 
La royauté du Christ se veut d’abord une royauté d’amour, le règne de Son Cœur : voilà pourquoi l’Église demande à tous les prêtres de renouveler solennellement ce jour-là la Consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus. Pour cela, œuvrons dès aujourd’hui pour que le Christ règne dans nos propres cœurs, qu’Il règne ensuite dans nos familles et qu’Il règne enfin dans la société tout entière.
 
Travaillons docilement, ardemment, amoureusement à l’établissement du règne de Dieu par le rétablissement sur le trône du « Fils aîné de son Sacré-Cœur » (Notre-Seigneur à sainte Marguerite-Marie, à propos de Louis XIV) : c’est ainsi que, reconnus pour de bons et fidèles serviteurs de Son Royaume terrestre, nous aurons part ensuite à Son Royaume céleste !

Le Chancelier

24/10/2016
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 septembre 2016)

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Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie royale

pour le 25 septembre anno Domini 2016

 

le 25 septembre 2016

Solennité de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
et de la Sainte Face, Patronne « en second » de la France
ici déguisée en sainte Jeanne d’Arc
pour une récréation au Carmel.
 
Chers Amis,
 
Ce mois consacré aux saints Anges va présenter d’ici quelques jours à notre dévotion la grande fête de saint Michel Archange, PatronProtecteur et Ange gardien du saint Royaume de France. Afin de lui rendre dignement hommage (dans tous les sens du terme), il nous faudra donc répéter et approfondir ses différents titres, et je demande à nos chers membres de s’unir à l’Invito sacro lancé par le grand saint Pie X il y a une centaine d’années, en consacrant non seulement la fête de saint Michel et de tous les Anges à la prière fervente et intense pro Rege et Francia, pour l’Église et le monde, mais aussi les trois jours qui la précèdent, grâce à un Triduum de prières. Soyons également fidèles à réciter, tous (exigence du Pontife !), le petit exorcisme de saint Michel, lors des prières léonines après chaque Messe basse. Toute puissante est en effet l’aide de la Milice céleste face au monde des Ténèbres.

 

De notre écu

         Alors que notre petite union de prières vient de célébrer son premier anniversaire, je souhaiterais revenir sur notre blason, qui doit être pour chacun non seulement la bannière de ralliement (pardon pour le mot…), mais une fierté.
         Nous avons déjà pris le temps de vous en expliquer la signification : il serait peut-être bon que chacun se demande s’il l’a bien retenue…
         Mais le temps passant, nous découvrons petit à petit ce qu’entendaient nos saints anges gardiens en nous l’inspirant. Peu de temps après son adoption, je me rendis compte en effet qu’il était quasiment – bien qu’involontairement – semblable aux armes trônant sur la première page de la Gazette royale, organe de l’U.C.L.F., l’Union des Cercles Légitimistes de France, dont nous nous voulons très proches, et plus que cela : sur la même longueur d’onde. Comment cela avait-il pu nous échapper ? Ce fut donc une première joie pour nous.
En-tête de la Gazette royale.
 
Mais l’étude rapide des drapeaux et étendards de France nous a également appris que nous n’avions fait que relever… le drapeau français, du moins tel que le portaient nos ancêtres lors de la Guerre de Cent Ans.
 
La croix de saint Michel.
 
La croix de saint Georges.
 
Il s’agit en effet de l’étendard militaire de Charles VII, les Français ayant finalement abandonné la croix rouge sur fond blanc (d’abord confisquée aux Gallois, puis arborée par les Anglais), pour arborer la Croix de saint Michel, blanche sur fond bleu.
 
Durant l'été 1417, devant la menace des troupes anglaises d'Henri V qui combattaient avec la croix rouge, les habitants d'Orléans en état de prendre les armes reçurent l'ordre de porter une heuque (tunique) bleue marquée sur la poitrine d'une croix blanche (cf. Henri Baraude : Le siège d'Orléans et Jeanne d'Arc 1428-1429, 1906-07).
 
A la suite de saint Charlemagne, Charles VII de France consacrait à nouveau son royaume au grand Archange, dans le même élan de dévotion qui animait alors ses sujets. Nous qui voulons suivre l’héroïque Pucelle d’Orléans et « l’armée du sacre », ne nous réjouirions-nous pas de porter finalement, en plus de celui blanc fleurdelysé, le même étendard ?
 
 
         Tout le monde l’aura remarqué, cet étendard rappelle le drapeau du Québec. C’est qu’étant le modèle propre de la France, il a inspiré non seulement ses drapeaux (souvent militaires mais aussi marchands) avant la Révolution...
 
 
– et pour être complets, les régiments ci-dessous –

 
… mais également ceux de ses « filles » et fondations. Voici en effet les principales :

 
        
Il n’étonnera personne que le régiment des Gardes de l’âme du roi que nous voulons constituer, porte haut et fier le même « drapeau » que celui des Gardes françaises et du régiment du Roi !
 
Mais avant d’achever bientôt cette petite revue, n’oublions pas que les écus de cinq des six pairies ecclésiastiques du sacre y ressemblaient également:

 
Afin de recentrer enfin notre mission sur la « surnature », c’est avec émotion que la Confrérie rejoint par ses armes celles – les dernières mais non les moindres – de l’auguste sanctuaire où reposait entre les sacres la Sainte Ampoule, à savoir l’abbaye royale de Saint-Remi de Reims, dont le prieur apportait solennellement, à cheval et accompagné par les seigneurs-barons otages de la Sainte Ampoule, le Chrême venu du Ciel (et mêlé au Chrême épiscopal du Jeudi-Saint) jusqu’à la cathédrale de Reims, cathédrale où notre Roi va commémorer le samedi 8 octobre prochain le 12e centenaire du premier sacre rémois après l’onction de Clovis, à savoir celui de Louis Ier le Pieux, le 5 octobre 816. Familiarisé avec sa cathédrale, prions avec ardeur pour que notre Souverain s’y rende à nouveau prochainement, non pour une simple inauguration de plaque, mais pour recevoir les neuf onctions prévues liturgiquement afin de bénir son règne et poursuivre ainsi la glorieuse épopée de France et les « Gesta Dei per Francos ».
 
Armes de l’abbaye de Saint-Remi de Reims.
 
Nos membres sont aussi en effet les héritiers spirituels de l’Ordre de la Sainte Ampoule, et nos membres voués à la Couronne de France: comme ses nouveaux chevaliers-otages, attachés surnaturellement à la défense de la royauté de droit divin jusqu’au sang s’il le faut, mais à la différence près qu’ils ne sont pas autorisés à entrer à Notre-Dame de Reims avec leur destrier...
 
Alors merci, chers Anges, que nous célébrerons dimanche prochain, 2 octobre, pour vos inspirations qui sont toujours très sages, à l’image de votre Roi et notre Roi, le Christ Jésus, la Sagesse éternelle.
 
 

De la Confrérie

« C’est une fondation de prières que je fais pour moi en votre personne », déclarait Mgr de Quelen, archevêque de Paris, à son protégé l’abbé Eglée en 1839 en le nommant chanoine de sa cathédrale. Dans le même esprit, rappelons que cette petite Confrérie n’est rien d’autre qu’une fondation de prières pour notre Roi légitime, afin qu’il soit pleinement roi (et donc restauré…), selon le Cœur de Jésus, modèle de toute royauté.
 
Allons plus loin. En 1762, le maréchal-duc de Richelieu (horresco referens…) disait du régiment du Roi :
« Je ne fus pas longtemps sans être instruit du service que le régiment fait auprès du roi. Il est chargé de la garde extérieure de sa personne et toutes les avenues, grilles et portes sont gardées par des sentinelles françaises et suisses à qui l’on donne une consigne particulière, conformément à la tranquillité du château et à la sûreté du roi dont le commandement prend l’ordre tous les jours. Quant à la troupe, elle n’a de service que quand le roi sort. Alors elle est obligée de se trouver dans la cour royale, rangée en bataille sur trois rangs ouverts, la gauche appuyée à la cour de marbre et la droite à la grille d’entrée. Elle est sous les armes quand le roi passe devant elle, les officiers à la tête, et on attend sans s’écarter son retour pour se remettre sous les armes, après quoi on rentre au corps de garde, sans avoir d’autre service à faire » (B.N.F., Richelieu : Manuscrits français 14 185, Planelli de Maubec, Campagnes d’Allemagne et de Flandres (1760 à 1762), p. 162).
Le régiment spirituel que nous constituons se doit de prévenir, accompagner et raccompagner nos Princes (id est la Famille royale) partout, par la prière. Notre relève, le garde-à-vous, la présentation des armes, ont lieu trois fois par jour, à chaque angélus. Le 25 de chaque mois a lieu la revue générale des troupes : chaque soldat se doit d’avoir surnaturellement revêtu son meilleur costume, « la robe des noces » de la parabole évangélique.
 

De la grâce de notre premier anniversaire

Alors que le roi « constitutionnel » de Norvège s’est fendu d’un discours mondialiste et soumis aux invasions islamique et immorale de l’Europe (en louant tant les « migrants » que les invertis), S.M. Très-Chrétienne le Roi de France s’est quant à lui appliqué à délivrer à ses sujets, en la Saint-Louis, pour sa fête patronale et fête nationale du Royaume, une majestueuse déclaration, qui prouve à nos contemporains non seulement l’intérêt que le Prince porte à ses sujets, mais également sa capacité à gouverner un État (comme le souhaiteraient 40% de la population selon un récent sondage…), par sa hauteur de vue, loin de toute démagogie connaturelle au système républicain, par le primat accordé au spirituel et au surnaturel, reconnaissant judicieusement dans les maux religieux la principale cause et origine de la crise actuelle. Un roi qui rend à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. Nous savions le duc d’Anjou soucieux de la jeunesse de France : il comble une fois de plus ses vœux en manifestant tout l’attachement aux principes qui ont fait et font la France, sans toutefois demeurer nostalgique.
 
Ce que ne réalisent pas beaucoup de « conservateurs » – appelons-les ainsi – est que notre Roi n’a pas peur d’aller à contre-courant de la pensée dominante et du politiquement correct : en prince, et en prince chrétien – le premier d’ailleurs de la Chrétienté ! –, il parle à ses sujets un langage de vérité, car elle seule nous « rendra libres ».
 
Il avait déjà eu le courage, seul parmi les personnalités connues des Français, de prendre la défense du récent projet de loi espagnol – depuis abandonné par la droite parlementaire pourtant au pouvoir, en violation de ses promesses, qui s’en étonnera encore ? – limitant le « crime abominable » de l’avortement (selon les propres mots du dernier concile, ce que nous ne devons pas craindre de faire savoir aux beaux esprits ne voyant que par lui…).
 
Cette magnifique déclaration, historique, nous a heureusement surpris en ce début de jeudi 25 août. Pour la petite histoire, la nôtre, il s’agissait du 1er anniversaire de la Confrérie royale. Les esprits un tant soit peu spirituels (pardon pour la répétition) auraient tort de ne pas voir en cela un magnifique cadeau, une précieuse récompense pour une année de prières afin que Mgr le prince Louis, duc d’Anjou, aîné des Capétiens et roi légitime de France, soit « digne des promesses du Christ », fidèle à sa vocation et à sa haute, grande et si lourde mission. « La réponse du berger à la bergère », d’une certaine manière, qui ne peut que nous encourager à poursuivre et redoubler nos prières : si un prince peut avoir un tel langage, qu’en sera-t-il si les offrandes à son intention sont démultipliées !
 
 
25 âmes, en ce premier anniversaire, étaient consacrées et vouées à la Couronne de France et à son salut. C’est modeste, mais c’est le nombre propre de notre société, qui sanctifie particulièrement le 25e jour de chaque mois, à l’instar de la dévotion à l’Enfant Jésus de Prague et des apparitions mariales en Argentine récemment reconnues par l’évêque du lieu.
 
Merci, Seigneur, pour ce premier anniversaire célébré en la Saint-Louis 2016 au maître-autel de l’antique paroisse de nos Rois (depuis les Valois au XIVe s.), en l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, le chœur orné de ses plus beaux tapis. Quelle émotion au chant du Te Deum concurrencé par l’écho de ses cloches, notamment Marie, bénie (« baptisée ») en 1527 ! L’Histoire ne dira donc pas qu’elle n’a sonné que la Saint-Barthélemy…
 
Choeur de S.-Germain-l'Auxerrois.
 

De l’actualité de la Confrérie

         Nous sommes en ce moment en train d’organiser notre prochain pèlerinage, qui aura lieu à Tours pour la Saint-Martin (11 novembre), à l’occasion du jubilé martinien commémorant le 17e centenaire de la naissance de l’Apôtre des Gaules (le bleu en fond derrière la croix de saint Michel rappelle d’ailleurs la chape bleue de saint Martin). Ce jour étant férié, vous devriez donc être nombreux à nous rejoindre en ce sanctuaire, honoré déjà par notre premier roi…
Saint Martin de Tours 316-2016
Jubilé martinien 316-2016.
 
         Autocollants et images sont en préparation : nous ferons prochainement l’annonce de leur impression, notamment une belle image de notre Roi avec au dos la prière liturgique pour lui. Puissent-ils se répandre comme une traînée de poudre !
 
         Signalons enfin qu’afin de rendre moins complexe la composition de la Confrérie, ont été retenues ces dénominations (plénier étant désormais réservé aux voués, car indiquant la plénitude de l’engagement au sein de la Confrérie par le Vœu de consécration à la Couronne de France) :
-      Sympathisants (abonnés aux lettres et messages) ;
-      Membres associés (non sujets de la Sainte Église)
> Peuvent signer « membre associé de la Confrérie royale » ;
-      Membres, ou « Membres simples » (tout Catholique)
> Peuvent signer « de la Confrérie royale » ;
-      Membres pléniers (Catholiques ayant fait le Vœu de consécration à la Couronne de France)
> Peut-être pourront-ils bientôt tamponner leur signature d’une petite couronne de France, manifestant leur consécration (à suivre…).
 
Enfin, que chaque membre fasse connaître autour de lui cette petite œuvre… tant de nos compatriotes ont au cœur la même espérance mais sans savoir que faire, tant ont des souffrances et contradictions qu’ils ne savent pas offrir.
 
A l’approche du saint mois du Rosaire – inauguré par le grand Apôtre des Francs saint Remi (le 1er octobre) – soyons fidèles à la demande réitérée de Notre-Dame, notamment à Fatima (nous vivons le centenaire de ses manifestations) de « réciter toujours le chapelet tous les jours », afin de reconstruire la Chrétienté et de la rendre victorieuse de tous ses ennemis.
 
« Durant longtemps, la mystique de la Patrie avait su remplacer l'amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu'en est-il actuellement ? », nous demandait notre Roi le 25 août dernier. A son appel, retrouvons et faisons retrouver l’amour du Roi et de la Couronne !
 
 
 
Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +
Prieur

25/09/2016
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2015 - 25 août - 2016 : Lettre à l'occasion du premier anniversaire de la Confrérie Royale

Lettre

aux membres et sympathisants de la

Confrérie Royale

à l'occasion de son premier anniversaire,

25 août 2016.

 

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Retrouver l’alliance entre autorité et liberté, décentraliser l’administration, gouverner en s’appuyant sur les vertus au lieu de flatter les passions, servir de manière désintéressée le bien commun et non servir les intérêts d'un parti : dans une lettre de 1869, Monseigneur le Comte de Chambord - de jure Sa Majesté le Roi Henri V - , exposait l'idéal politique traditionnel de la royauté française, qui est toujours aujourd'hui l'idéal et le but poursuivis par les Légitimistes.

 

Voici quelques passages de cette lettre particulièrement importants :

 

« Vous voulez la monarchie (...) ; vous avez reconnu qu’elle seule peut vous rendre, sous un gouvernement régulier et stable, cette sécurité de tous les droits, cette garantie de tous les intérêts, cet accord permanent d’une autorité forte et d’une sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur des nations ; ne vous livrez pas à des illusions qui, tôt ou tard, vous seraient fatales.

(…) La monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire, et consacrée par le temps, peut seule vous remettre en possession de ces précieux avantages...

(…) La France et la société tout entière sont menacées de nouvelles commotions ; (…) la monarchie héréditaire est l’unique port de salut où, après tant d’orages, la France pourra retrouver enfin le repos et le bonheur.

Poursuivre en dehors de cette monarchie la réalisation des réformes légitimes que demandent avec raison tant d’esprits éclairés, chercher la stabilité dans les combinaisons de l’arbitraire et du hasard, bannir le droit chrétien de la société, baser sur des expédients l’alliance féconde de l’autorité et de la liberté, c’est courir au-devant de déceptions certaines.

La France réclame à bon droit les garanties du gouvernement représentatif, honnêtement, loyalement pratiqué, avec toutes les libertés et tout le contrôle nécessaires. Elle désire une sage décentralisation administrative et une protection efficace contre les abus d’autorité.

Un gouvernement qui fait de l’honnêteté et de la probité politique la règle invariable de sa conduite, loin de redouter ces garanties et cette protection, doit, au contraire, les rechercher sans cesse.

Ceux qui envahissent le pouvoir sont impuissants à tenir les promesses dont ils leurrent les peuples, après chaque crise sociale, parce qu’ils sont condamnés à faire appel à leurs passions au lieu de s’appuyer sur leurs vertus. » (texte à retrouver en intégralité sur le site « Vive le Roy » > ici).

 

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Monseigneur le Comte de Chambord, de jure Sa Majesté le Roi Henri V

 

Pourquoi cité-je ce texte d'Henri V à l'occasion de cette lettre mensuelle aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale ?

 

A - Premièrement parce que chaque 24 août nous ramène la date anniversaire du rappel à Dieu, le 24 août 1883, de ce prince si profond et si éclairé qui eût pu tirer la France des ornières profondes dans lesquelles l'avaient enlisée les erreurs subséquentes à la grande révolution, s'il avait effectivement pu en tenir les rênes.
Cent-trente-trois ans plus tard, ses analyses et la justesse de ses vues ne se démentent pas, et c'est avec raison qu'à plusieurs reprises, dans ses allocutions et interventions de ces derniers mois, son successeur, Monseigneur le duc d'Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, y a fait référence.

 

B - Deuxièmement parce qu'à la veille de la fête de Saint Louis, il est bon de montrer la continuité et la permanence de la grande sagesse capétienne, exprimée par un programme politique qui n'a rien de compliqué, qui est parfaitement adapté à la condition des Français de tous les siècles – et donc parfaitement conforme aux besoins de notre temps, aux besoins de ce XXIe siècle - , qui établit un parfait équilibre entre les domaines spirituels et temporels : domaines spirituels et temporels qui ne peuvent s'opposer, mais qui, sans confusion ni mélange, doivent se soutenir et se conjuguer harmonieusement.
Ainsi, de Hugues Capet à Saint Louis, de Saint Louis à Louis XIV, de Louis XIV à Henri V, et de Henri V à Louis XX, est-ce toujours la même doctrine royale, pleinement catholique et française, qui constitue le programme politique de nos Souverains légitimes.

 

C - Troisièmement parce que la Confrérie Royale, si elle ne constitue pas un mouvement politique, n'en est cependant pas moins, dans le service de Dieu avec ses caractéristiques propres, au service d'une authentique action politique qui est en quelque sorte l'incarnation des desseins de Dieu sur la France.
En effet, notre Confrérie est
« un mouvement spirituel spécialement dédié à la prière pour le Prince, pour sa personne et pour la mission qui lui incombe » (cf. présentation de la confrérie sur la page d'accueil de « l'Ami de la Religion et du Roi » > ici).
Et quelle est la mission qui incombe, de par la volonté de la divine Providence, à notre Prince, sinon de maintenir, de témoigner et de rayonner l'esprit de la monarchie capétienne traditionnelle, et, s'il plaît à Dieu, de la rétablir en France ?

 

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- Vous voulez «  un gouvernement régulier et stable, (la) sécurité de tous les droits, (la) garantie de tous les intérêts, (l') accord permanent d’une autorité forte et d’une sage liberté, qui fondent et assurent le bonheur des nations »?

Avant toutes choses, priez, suppliez, offrez des sacrifices et de généreuses pénitences volontaires afin d'en obtenir du Ciel la grâce !

 

- Vous voulez « la monarchie véritable, la monarchie traditionnelle, appuyée sur le droit héréditaire, et consacrée par le temps, (qui) peut seule vous remettre en possession de ces précieux avantages » ?

Avant toutes choses, priez, suppliez, offrez des sacrifices et de généreuses pénitences volontaires afin d'en obtenir du Ciel la grâce !

 

- Vous voulez « l’unique port de salut où, après tant d’orages, la France pourra retrouver enfin le repos et le bonheur » ?

Avant toutes choses, priez, suppliez, offrez des sacrifices et de généreuses pénitences volontaires afin d'en obtenir du Ciel la grâce !

 

- Vous voulez que Louis XX se montre aujourd'hui et pour les jours à venir, en toutes circonstances, le digne successeur de Hugues Capet, de Saint Louis, de Louis XIV, d'Henri V et d'Alphonse II, son regretté père ?

Avant toutes choses, priez, suppliez, offrez des sacrifices et de généreuses pénitences volontaires afin de lui en obtenir du Ciel toutes les grâces !

 

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A l'occasion de ce 25 août 2016, premier anniversaire de la Confrérie Royale, que Saint Louis, et tous les saints de l'auguste Maison de France, nous soient en aide, avec Monseigneur Saint Michel et Notre-Dame des Lys !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

 

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24/08/2016
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En ces attentats...

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Lettre

aux membres et amis de la Confrérie royale

suite aux innombrables attentats en général,

et plus particulièrement à celui commis près de Rouen en ce jour

 
 
le mardi 26 juillet 2016
Fête de sainte Anne
 
 
 
Chers Amis,
 
         Pas un jour sans que l’on n’entende parler d’un attentat islamiste.
Nous savions que les événements s’accéléraient, mais pas que les attaques contre l’Église viendraient si tôt (de la part de l’islam, s’entend, car de la part des laïcistes, elles sont légion depuis belle lurette).
         Voici que non seulement les policiers ne sont plus en sécurité chez eux, ni les foules dans la rue : maintenant les prêtres sont assassinés à l’autel. En ce centenaire des apparitions de Fatima, les mises en garde de la Très Sainte Vierge prennent chaque jour une actualité plus manifeste. Les évêques tombés, les prêtres jonchant le sol : nous y voilà.
 
         L’incurie des élites politiques en premier lieu, qui se contentent de communiqués sur les réseaux sociaux (nous prévenant qu’il va falloir vivre avec !!!), de faire des visites sur les « lieux du crime »,  de donner lieu à des soupçons de recel de preuvesde renforcer leur soutien aux rebelles « modérés » et sanguinaires syriens (qui viennent de décapiter un enfant), d’étendre encore plus le « droit du sol », alors que le pays attend des réactions fortes et efficaces contre les causes de ces attentats. La complicité des media qui crient au « pas d’amalgame ». L’incurie des élites religieuses, qui ont également leur part de responsabilité, en faisant passer l’envahisseur pour l’incarnation de Dieu cherchant asile, et en travestissant le langage pourtant clair et non laxiste de l’Église sur la gestion de l’immigration !
 
Quand éclata la Révolution, les élites étaient également corrompues. Mais que nos ancêtres, à part de notables exceptions, voire quelques provinces de France comme la Vendée surtout, ne se sont-ils servis davantage de tous les moyens surnaturels que l’Église leur enseignait ? Sans parler bien évidemment des moyens naturels…
 
         Combien se moquent de notre Confrérie et de son objet : pensez donc ! « Prier pour le Roi ?! N’y a-t-il pas plus important ni plus sérieux ? ». Je leur renvoie la question : êtes-vous donc si satisfaits de la marche du monde que vous voulez vous enfoncer toujours plus dans l’anarchie ou la dictature ? Le terrorisme et l’irénisme ?
         Oui, « à la France, il faut un roi », mais pas n’importe lequel : le roi, celui que Dieu indique par les Lois fondamentales du Royaume et qu’espère tout Français bien né… et réveillé ! Nous avons de plus la grâce d’avoir un roi légitime bien conscient et au fait de la situation actuelle.
         Nous avons besoin, nous Français, du premier Prince de la Chrétienté, du Fils aîné du Sacré-Cœur, du garant des libertés de ses peuples, du Défenseur attitré de la Sainte Église Romaine, des Chrétiens d’Orient… et des Chrétiens d’Occident !
Nous avons instamment besoin, et demandons d’autant plus vivement, que le Christ règne véritablement dans les cœurs, dans les intelligences, dans les lois, dans les écoles, dans les cours et dans les tribunaux.
 
         Seigneur, au niveau politique, tout peut changer très rapidement. Nous ne Vous demandons pas seulement la restauration du Roi Très-Chrétien : nous Vous demandons la conversion des pécheurs – et tout d’abord des Catholiques eux-mêmes. Nous Vous demandons la conversion des cœurs, des intelligences de nos compatriotes. Nous Vous demandons un zèle – éclairé par la raison et nourri par la foi – pour ceux qui devront entourer le Roi, pour nos soldats et leurs chefs, pour tous nos compatriotes : toute une Civilisation chrétienne est à reconstruire et à assurer, saint Pie X nous l’affirmait il y a à peine cent ans.
        
         Que faire concrètement ? Chacun doit s’interroger et agir, selon sa place dans l’Église et le Royaume, selon sa dignité, ses capacités.
         En premier : ouvrir les yeux et comprendre la situation objectivement et de manière réaliste. Cela est fondamental : sainte Jeanne avait bien conscience des raisons de la « grande pitié au Royaume de France », et ses contemporains souffraient aussi.
          Ensuite, savoir les analyser avec un regard surnaturel, et avoir sous le regard l’histoire générale du salut, de l’Église et de la France.
      Et, nous souvenant des multiples mises en garde et conseils de Notre-Dame au cours des nombreuses et connues manifestations de son amour miséricordieux pour ses enfants, se mettre enfin à la prière.
         A la prière personnelle, plus assidue ; au chapelet, si possible familial. Prions le chapelet de la Divine Miséricorde, chaque jour à 15h. Il est gravement coupable de ne pas se mettre à prier assidûment pour la France… et le Roi ; unissons-y les âmes pures des enfants, et rendons-nous nous-mêmes agréables à Dieu par l’état de grâce, surtout si nous en sommes éloignés par des vices ou des « situations irrégulières ».
 
          Aujourd’hui, à cause de l’incurie très coupable de nos « gouvernants » et aux péchés publics des nations (sans parler de nos propres péchés personnels), les châtiments sont une évidence pour tous, du moins dans leurs réalisations ; beaucoup de sots, hélas, n’en comprendront pas les vraies causes.
         Nous pouvons être pris en otages, blessés, torturés, égorgés à n’importe quel instant, n’importe où, par ceux que les media du régime appellent « déséquilibrés, forcenés, radicalisés ». L’un de nos confrères de Rouen – M. l’abbé Jacques Hamel, prêtre de 86 ans – et plusieurs de ses fidèles viennent d’en faire l’amère expérience : requiescant in pace.
          A tout instant, il nous faut, grâce à une hauteur de vue et en sachant que l’heure est grave (les Français vont-ils enfin le comprendre ?), nous comporter comme nous souhaiterions le faire si nous pouvions préparer notre mort.Les circonstances sont indépendantes de notre volonté, pas notre réaction ! Si dimanche prochain, un mahométan-en-cohérence-avec-le-Coran fait irruption dans notre église, dans notre maison, dans le magasin où nous nous trouverons : sachons redire ces paroles : Seigneur sauvez la France, sauvez le Roi ! Par ces paroles, vous ne vous réfugiez pas dans un rêve hors sujet – comme tant nous le répètent sans aucun esprit surnaturel – : vous portez à Dieu l’intérêt des âmes des millions de nos frères, des Français, des Catholiques et de ceux qui depuis cinquante ans ne connaissent plus Dieu ; afin que la volonté du Seigneur s’accomplisse, que Son règne arrive vite, et que la France renoue avec sa mission de fille de Dieu, sans quoi saint Remi ne nous a pas caché les malédictions qui s’ensuivraient.
             Je ne vous appelle pas, mes Frères, à la seule prière : en réfléchissant à ce qui peut nous arriver demain, vous vous préparez aussi à agir héroïquement contre les terroristes : un homme averti en vaut deux. Apprenez également à ne pas donner votre confiance à ceux qui la trahissent. Qui osera encore parler d’« état de droit » ? Le régime vacille incontestablement.
 
            A chaque instant, nous pouvons comparaître devant Dieu et répondre de notre vie : le sachant, il n’y a pas à paniquer mais à vivre enfin en conformité avec notre foi : en état de grâce, dans la piété et le zèle pour Dieu, dans la pratique des vertus et l’intelligence de la réalité. Ainsi, Dieu régnera dans la société entière, enfin paisible.
           Les Saints ont été confrontés aux irruptions du mal, au mystère de l’iniquité : au lieu de blasphémer le saint Nom de Dieu, voyons – avec notre raison et notre foi – comment nous préparer à être, si Dieu le veut, Ses témoins.
 
         En ce jour, la consécration à la Couronne de France et à son salut, à laquelle plusieurs parmi nous se sont engagés par vœu, prend tout son sens. Puissent les indécis le comprendre, et les pusillanimes, y trouver une vraie force.
         A l’instar des grands prophètes et patriarches de l’Ancien Testament, de nos rois et pontifes de l’histoire de France : soyons les Saints que le Seigneur attend de nous, dans cette période troublée et décisive. Combien parmi les premiers Disciples se rendirent compte, le Vendredi Saint, qu’ils avaient affaire à l’événement majeur de l’Histoire du monde, et que leurs actes (courageux ou lâches) seraient éternellement publiés ? Que cela nous serve de salutaire leçon !
 
         Nous célébrions hier la fête de saint Jacques Matamoros : que ce grand apôtre, l’un des trois privilégiés de Notre-Seigneur, le Patron de la Reconquista en Espagne, intercède pour notre Europe, avec saint Louis et saint Charlemagne, aux pieds de la Majesté divine.
           Que sainte Anne, grand-mère du Messie, nous Le rende favorable.
         En ce mois du Très-Précieux Sang, que le Seigneur nous fasse bénéficier de toute la virtus qu’Il contenait. Et comme le demandait le Roi martyr, Louis XVI : que son sang et celui des Français ne retombe pas sur nous, mais soit enfin pour nous semence de conversion, de paix et prospérité.
 
Répétons ces jours-ci la prière des intercesseurs, chantée par l’Église aux époques de calamités :
         Parce Domine, parce populo Tuo. Ne in aeternum irascaris nobis.
Pie Jesu Domine, dona eis requiem sempiternam.
            (Seigneur, épargnez Votre peuple ; ne Vous irritez pas contre nous pour l’éternité. Miséricordieux Seigneur Jésus, donnez-leur le repos éternel)
 
           Contre tout espoir, Jonas appela à la conversion Ninive – aujourd’hui Mossoul, l’une des premières villes occupées par l’État islamique –, et cette cité païenne se convertit. Serons-nous moins forts que Jonas ? Les Français, moins réceptifs que les Ninivites ?
           L’archevêque de cette ville nous l’avait pourtant prédit il y a deux ans : ce qui nous arrive vous arrivera bientôt, en Occident.
            Voici ce que saint Paul nous prêchait, il y a une semaine, juste après l’attentat de Nice (9e dimanche après la Pentecôte, même liturgie que celle du sacre de Charles VII en 1429…) : « Toutes ces choses leur sont arrivées en figure, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes arrivés à la fin des temps. Ainsi donc que celui qui croit être debout prenne garde de tomber. Aucune tentation ne vous est survenue, qui n’ait été humaine ; et Dieu, Qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, avec la tentation, Il ménagera aussi une heureuse issue en vous donnant le pouvoir de la supporter » (I Cor. X).
 
           Souvenons-nous de la grâce la plus importante à demander : celle de la persévérance finale (il est si facile et humain de tomber et de manquer à sa mission !).
            Prions les uns pour les autres.
Et surtout : faisons dire des Messes pro Rege et Francia ! Il vous reste quand même encore plusieurs dizaines de milliers de prêtres pour cela. Le saint sacrifice de la Messe demeure la prière et l’acte le plus efficace, comme le rappelait notamment le saint Padre Pio.
 
Que revive le saint Royaume de France ! Vive le Roi !
Et que vivent pour l’éternité les victimes de l’islam et du laïcisme.
 
Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +

26/07/2016
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 juillet 2016)

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Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie royale

pour le 25 juillet anno Domini 2016

 
 
 
le lundi 25 juillet 2016
Fête de saint Jacques le Majeur
 
 
 
Chers Amis,
 
Nous avons déjà eu l’occasion, au pèlerinage qui nous a rassemblés début juin aux pieds de Notre-Dame de France, de dire combien les événements s’étaient précipités, à la fin de la Guerre de Cent ans. En effet, en l’an de grâce 1429, en lequel tombait le Jubilé du Puy, Jehanne rencontra son « gentil Dauphin » le 25 février. Un mois plus tard jour pour jour, sa mère, ses frères et plusieurs de ses compagnons la représentaient au sanctuaire du Puy pour demander à Notre-Dame la libération de la France. Un peu plus d’un mois plus tard, le 8 mai, elle délivrait Orléans des Anglois. Le 21 juin, le « roi de Bourges » lui remettait son royaume, qu’elle offrait au Christ et que Celui-Ci confiait à Charles, Son lieutenant : triple donation qui souligne la royauté du Christ sur la France, et la commende qu’en a l’aîné des Capétiens. Le 17 juillet enfin, Regnault de Chartres, archevêque de Reims, sacrait en sa cathédrale retrouvée Charles VII roi de France. La tradition veut qu’un sacre soit célébré non seulement un dimanche, mais si possible un jour de fête. L’on ne voulut pas attendre, et le grand événement fut réalisé le 9e dimanche après la Pentecôte, comme le dimanche 17 juillet dernier, qui en était le 587anniversaire. Moins de cinq mois séparent donc chez Jehanne son audience de Chinon, du sacre du roi de France, sommet de sa mission.
 
Sans nous élever à sa hauteur, mais heureux de se faufiler dans son sillage, à la suite de sa sainteté, de sa pureté, de son audace et de sa fidélité, cette petite œuvre de la Confrérie royale approche de son premier anniversaire (nous y reviendrons bientôt), et nous ne doutons pas que, malgré notre indignité et petitesse, tel David face à Goliath, nous accomplirons de grandes choses, « selon que nous aurons cru », espéré et aimé. D’autant plus que les événements semblent se précipiter à notre époque aussi, et que les châtiments sont bel et bien commencés : souvenons-nous que nous avons commencé le centenaire des apparitions de saint Michel (1916) puis de Notre-Dame du Mont-Carmel (1917) à Fatima…
 
Je vous l’ai dit au Puy : les membres de la Confrérie royale s’engagent à être les « gardes de l’âme » du Roi de France, s’engageant à prier pour lui, notamment au triple angélus quotidien, auquel nous devons être fidèles… et si possible ponctuels, la sonnerie des cloches ayant une valeur exorciste indéniable, comme l’indiquent des inscriptions sur quelques cloches de nos églises. L’installation de sonneries automatiques, bien que moins nobles que les manuelles, a toutefois ce grand avantage de faire donner de la voix aux clochers des églises abandonnées. Et quelle plus grande pitié pour un prêtre catholique que de constater que les cloches de l’angélus n’attirent plus guère l’attention des Catholiques – ecclésiastiques inclus –, qui poursuivent leurs occupations sans même les remarquer, ou au mieux remarquant : « Ah, il est midi ! ».
 
Ce moyen audio-mnémotechnique doit nous rappeler, membres de la Confrérie, à notre devoir quotidien, selon le vœu de Louis XI, et faire unir nos voix à celles des anges, comme véhiculées par l’écho des cloches bénies, portant ainsi au loin les bénédictions du Ciel, et chassant puissamment les démons, selon la prière royale demandant que le Roi « l’emporte sur ses ennemis » (« hostes superare »).
 
Gardes de l’âme du Roi, nous n’en avons pas moins le devoir d’unir à nos prières l’intention de toute la Famille royale.
 
S.M. la Reine vient – comment ne pas s’en réjouir du fond du cœur ? – de prononcer son engagement solennel en l’Ordre souverain de Malte (qui a 903 ans), comme Dame grand-croix d’honneur et de dévotion, le 26 juin dernier à Versailles, et dont voici le texte :
« Avec l’aide de Dieu, […] je m’engage à avoir une conduite chrétienne exemplaire dans ma vie privée et publique, conformément aux devoirs de mon état, et à contribuer ainsi à perpétuer la tradition de l’ordre [de Malte]. Je m’engage à consacrer, autant que je le pourrai, mon activité au service de l’Association Française et à coopérer effectivement à ses œuvres caritatives, hospitalières et sociales ».
Soucieux de la sanctification et de l’exemplarité de notre gracieuse Reine, sachons nous en réjouir et prier pour sa fidélité à ses promesses.
 
Une place toute particulière doit être donnée dans nos prières à l’héritier présomptif de la Couronne, Monseigneur le Dauphin, Louis de France. Celui qui sera un jour, si Dieu le veut, « Louis XXI », doit apprendre dès maintenant son « sacerdoce royal », recevoir les enseignements nécessaires et s’habituer à correspondre à la grâce dans les petites choses, afin d’en être digne également dans les grandes. Qu’il apprenne à être juste et pieux, noble et généreux : cela ne lui « tombera pas dessus » du jour au lendemain !
 
Pourquoi, selon la recommandation de saint François de Sales d’utiliser toutes nos facultés au service de Dieu, ne pas utiliser notre imagination pour nous représenter la future Dauphine, bien pieuse, charitable et studieuse, peut-être dans le pensionnat d’une école hors-contrat, et prier pour sa sanctification dès maintenant, et un heureux mariage un jour, à l’heure où l’institution de la famille est la proie principale des démons et de leurs auxiliaires humains ?
 
Nos petits princes, Madame, la princesse Eugénie de France, et Monseigneur le prince Alphonse, ne doivent pas être en reste : de même que certains courtisans avaient jadis droit aux Grandes voire Petites Entrées à Versailles, un confrère a un « droit de visite spirituelle » pour chaque membre de la Famille royale. Ne manquez donc pas d’user de ce « privilège des Entrées » pour offrir tel Ave Maria, tel petit sacrifice pour la sanctification de tous et chacun des membres de cette Famille à la tête de toutes nos familles de France et de Navarre.
 
 
Quinze d’entre nous ont déjà pris depuis juin l’engagement du Vœu de consécration à la Couronne de France et à son salut : ces offrandes solennelles vont se poursuivre cet été : après Le Puy le 18 juillet (en l’octave de la Dédicace de N.-D. du Puy, et anniversaire de la Dédicace de S. Michel d’Aiguilhe), à Angers – au cœur du duché d’honneur de nos Souverains ! – le 31 juillet, Paris le 25 août et autres lieux où vous nous appellerez pour être témoins de votre pacte personnel, réactualisation, autant qu’il est en nous, du Pacte qui scella l’alliance de Dieu et de la France aux Fonts baptismaux de Reims.
 
Le Vœu n’est pas nécessaire en soi pour s’engager à prier pour le Roi : alors unissez-vous à cette société de prières, et faites-la connaître !Combien de personnes âgées ou esseulées qui ne savent pas la richesse que peut avoir des souffrances ou simplement des prières offertes au Ciel, pour une intention bien précise, qui redonne du baume au cœur à tout Français bien né :pro Rege et Francia ? Nous préparons pour cela des fascicules de présentation, ainsi que des autocollants, en attendant les épinglettes…
 
Chers Ecclésiastiques, ne manquez pas de vous engager, puisque de même que les missionnaires visent d’abord la conversion des rois, afin d’obtenir plus facilement celle de leurs sujets, de même l’exemple des Chefs spirituels de la Chrétienté ne peut qu’entraîner les âmes de bonne volonté, en un monde où les élites – quelles qu’elles soient – sont souvent bien piteuses, pour ne pas dire davantage. L’orientation de la liturgie et des prêtres à l’autel nous marque qu’il nous faut conduire le troupeau du « saint Royaume de France » vers le Royaume des Cieux, sur la montagne sainte de l’Alliance, prêchant par l’exemple et le zèle.
 
Le secret de la sanctification réside dans le fait de considérer tout ce que l’on fait comme sacré : tout pour Dieu et le Roi, afin que règne socialement et totalement le Christ, Sauveur et Rédempteur de nos âmes, Qui nous a créés pour le bonheur : pour la fidélité ici-bas, et la félicité Là-Haut. Allons donc assurément, Dieu le veut !
 
Pro Rege et Francia
Ad pristinum Regnum restituendum
 

 

Abbé Louis de Saint-Taurin X

24/07/2016
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Bâtisseurs de cathédrale - lettre mensuelle aux membres de la Confrérie Royale, 25 juin 2016.

Permettez-moi, chers Amis, membres et sympathisants de la Confrérie Royale, de m'adresser à vous aujourd'hui en vous rapportant un pieux exemple qui me fut donné à moi-même par l'un de mes conseillers spirituels lorsque j'étais novice... (cela ne date donc pas d'hier !!!).

 

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On raconte que, au temps où, selon la fameuse expression du moine Raoul le chauve (Rodulfus Glaber) « le monde (…) se revêtait d'un blanc manteau d'églises », un roi pieux et zélé pour la gloire du Très-Haut vint visiter le chantier de la cathédrale dont il avait ordonné la reconstruction.

S'approchant des tailleurs de pierre, il demanda ce qu'il faisait à l'un d'eux qui, l'oeil éteint, lui répondit dans un soupir : « Oh ! Je ne fais finalement rien d'autre que casser des pierres. Je les casse certes selon une certaine technique qui va faire que le résultat apparaîtra ouvré, mais ce n'est pourtant rien d'autre que cela : je casse des pierres... »

Le roi ne dit mot et s'en fut vers un deuxième auquel il posa la même question. L'homme lui déclara, l'oeil dur et la mâchoire crispée : « Pour être honnête avec votre Majesté, je dois dire que je suis en train de trimer pour gagner mon pain et celui de ma famille... »

Arrivant à un troisième, le roi l'interrogea de la même manière : « Que fais-tu ? » Et ce tailleur de pierre-là, levant vers son souverain un regard qui semblait avoir pris à la flamme des cierges l'intensité de leur ferveur, répondit d'une voix émue : « Sire, je construis pour Dieu une cathédrale... »

 

Ces trois tailleurs de pierre étaient en train d'accomplir le même travail : ils préparaient des tronçons de colonne, absolument identiques en apparence, qui devraient ensuite être assemblés ; mais un seul avait su donner aux gestes pénibles et répétitifs de ce travail la plénitude de sa dimension et sa valeur spirituelle, confinant à l'éternité.

Il était pourtant bien évident que lui aussi ne faisait apparemment rien d'autre que « casser des pierres selon une certaine technique », que lui aussi avait à gagner son pain et celui de sa famille ; mais au-delà du voile des perceptions immédiates et des impressions trop terrestres, son âme vivait intensément de la réalité spirituelle à laquelle ces gestes pénibles et répétitifs, ce travail assurant sa subsistance et celle des siens, étaient ordonnés : l'édification du Temple terrestre où pourrait se déployer le culte de Dieu par la liturgie de l'Eglise, anticipation et figure de la liturgie céleste.

 

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Membres de la Confrérie Royale, conscients qu'il n'y aura pas de restauration monarchique authentique sans restauration spirituelle, nous sommes des « travailleurs de l'ombre » : il ne nous appartient pas de briller aux yeux du monde, nous ne briguons pas les honneurs terrestres, nous n'avons pas d'autre ambition que d'oeuvrer – dans notre humble mesure - au renouveau du Royaume de France dans toute la plénitude de sa vocation, en pleine conformité avec les Lois Fondamentales que la divine Providence a voulues pour lui.

Membres de la Confrérie Royale, nous sommes de petits tailleurs de pierre sur le chantier de construction d'un édifice spirituel qui doit rendre une grande gloire à Dieu et contribuer à ce qu'Il soit davantage connu et aimé : la restauration de la monarchie capétienne traditionnelle.

Membres de la Confrérie Royale, nous voyons au-delà des apparences et des contingences terrestres ; et nous avons conscience que tous les petits gestes du quotidien, toutes nos pauvres mais ferventes prières formulées dans la foi et l'espérance, tous les sacrifices offerts en secret et déposés dans le divin Coeur de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la médiation de notre très douce Dame Marie et des Saints de France, nos intercesseurs, peuvent devenir des pierres de taille entrant dans la reconstruction de la cathédrale royale.

 

Il nous faut pour cela sans cesse, chaque jour et à chaque heure du jour, surnaturaliser notre regard : faire tout ce que nous avons à faire - et le bien faire - avec la flamme intérieure et la ferveur d'amour qui nous font affirmer : je ne casse pas des cailloux, je ne gagne pas simplement mon pain, mais je construis la cathédrale !

 

Point de lassitude, point de routine, point de ronronnement assoupi dans la récitation de nos trois angélus quotidiens augmentés de l'oraison pour le Roi !

Point de lassitude, point de routine, point de ronronnement assoupi dans l'offrande enthousiaste de la journée du 25 de chaque mois.

Point de lassitude, point de routine, point de ronronnement assoupi dans tout ce qui peut apporter un petit plus dans ce combat spirituel pour lequel nous nous sommes engagés, afin que Monseigneur le duc d'Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX, reçoive toutes les grâces qui lui sont nécessaires et se montre pleinement réceptif aux inspirations célestes.

 

Cela est d'autant plus nécessaire et plus urgent que les temps que nous vivons pourraient voir survenir des bouleversements humains (ou inhumains) déterminants.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur

 

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Brèves :

 

  1. Le pèlerinage légitimiste des 4 et 5 juin derniers au Puy-en-Velay a été un très beau moment de ferveur et de grâces. Les textes de la causerie spirituelle et des homélies ont déjà été publiés dans ce blogue (voir les précédentes publications). Nous vous invitons à ne pas en rester à une lecture superficielle mais à les relire et à les approfondir, à les méditer.

    Le Président du Cercle Légitimiste du Vivarais a rédigé un compte-rendu détaillé de ce pèlerinage pour « la Gazette Royale », bulletin trimestriel de l'UCLF, que nous pourrons aussi publier dans ces pages, pour mémoire, mais cela reste un peu anecdotique en comparaison des grâces spirituelles certaines qu'il est souvent difficile de publier mais dont nous recevons les échos : nous avons voulu - pour que tous en rendent grâces à Dieu - publier le témoignage de cette guérison inexpliquée d'un glaucome (cf. supra), mais il faut aussi avoir conscience qu'il y a eu des grâces spirituelles profondes qui sont peut-être bien plus merveilleuses...

     

  2. Nous sommes particulièrement heureux des engagements officiels dans la Confrérie Royale, par la consécration à la Couronne de France, prononcés à l'offertoire de la Sainte Messe du samedi lors de ce pèlerinage jubilaire ; nous savons que d'autres personnes – qui ne pouvaient être présentes au Puy-en-Velay - aspirent de toute leur âme à ce vœu. Nous réfléchissons aux moyens qui peuvent être mis en œuvre dans les prochains mois pour répondre aux attentes de ces « postulants » que nous remercions de leur patience et qui, dès à présents, peuvent bien évidemment vivre cet engagement dans le secret de leur cœur.

     

  3. Beaucoup de participants souhaitent ardemment voir se reproduire de semblables pèlerinages, particulièrement propres à entretenir l'espérance légitimiste et à fortifier les âmes dans leurs engagements spirituels... Le prochain jubilé du Puy aura lieu dans... 141 ans !!!
    Aussi, sans attendre cette échéance, est-il tout-à-fait envisageable, avec l'aide des membres et sympathisants de notre Confrérie Royale, d'organiser des rassemblements spirituels - même modestes - en telle ou telle autre province du Royaume, en fonction des opportunités fournies par les anniversaires liés à notre histoire spirituelle et royale.
    C'est aussi à vous de nous faire part de vos suggestions et de nous signaler les événements qui pourraient se prêter à ces manifestations de la Confrérie Royale. Nous ne pouvons bien sûr promettre que nous répondrons à tout, mais nous vous assurons qu'en fonction de nos propres limites et disponibilités nous étudierons chaque proposition...

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24/06/2016
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