L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 juillet 2017)

Confrérie de prière

LETTRE MENSUELLE AUX MEMBRES ET AMIS DE LA CONFRÉRIE ROYALE

25 JUILLET 2017

 

De la dignité

 

 

 

                                   Il est au Louvre, parmi tant de chefs-d'oeuvre, un tableau de Charles Le Brun, le portrait équestre du chancelier de France, Pierre Séguier, entouré par des valets. Le spectateur ne peut qu'être impressionné par l'atmosphère de grandeur tranquille et assurée se dégageant d'un tel tableau. Le chancelier de France, Garde des sceaux et ministre d'Etat qui, pendant quarante ans, assista les cardinaux de Richelieu et Mazarin dans l'administration du royaume, apparaît là dans toute sa dignité. Une dignité qui est double : à la fois celle liée à sa charge, indépendamment de l'homme qui la porte, et aussi celle liée à sa personnalité et à ses qualités propres. Ce sont de tels serviteurs de l'Etat qui contribuèrent à la grandeur de la France, en demeurant souvent dans l'ombre de géants comme le furent les deux cardinaux qui présidèrent à la destinée de la France dans leur fidélité au Roi.

 

                                   Sans doute ne sommes-nous plus habitués à être dirigés par de tels hommes, tout entiers donnés à leur tâche, soucieux de vérité et de bien plus que de leur propre image. Certains vont rétorquer que le chancelier soigne bien sa réputation puisqu'il se fait ainsi représenter caracolant, en de somptueux atours et servis par des domestiques stylés et déférents. Pourtant, ce qu'il lègue ainsi à son époque et à la postérité n'est point ce qu'il est ou ce qu'il était mais le respect dû à la charge au service du royaume. Le Brun - si reconnaissant envers le chancelier qui découvrit son talent, l'envoya à Rome puis lui obtint une place de valet du Roi avant que le peintre n'accédât à la plus haute responsabilité artistique à la Cour -, n'a jamais été servile. S'il campe ainsi son protecteur, qui fut aussi protecteur de l'Académie française et de l'Académie royale de peinture et de sculpture, son but est de nous donner une leçon politique : une dignité exceptionnelle ne peut être occupée que par un homme digne d'elle, hors du commun. Le vrai serviteur doit savoir tenir son rang, non point pour sa propre gloire mais pour l'honneur du monarque qu'il sert et du royaume pour lequel il se consacre. Ceux qui sont revêtus de dignités ecclésiastiques, civiles ou militaires ne doivent pas se pavaner comme des paons. Ils ne doivent pas non plus réduire le faste et la gloire attachés à leur charge sous peine, par fausse humilité, de réduire à néant la dignité incombant au poste qu'ils occupent et ainsi, de détruire l'autorité qui y est attachée. Un prince, un pontife, un maréchal, aussi indignes soient-ils à cause de leurs faiblesses humaines, doivent occuper pleinement et avec autorité leur position afin que chacun prenne conscience que la dignité dont ils héritent ne dépend pas d'eux mais de plus grand qu'eux. Le Roi lui-même, le Souverain Pontife ne sont que des serviteurs inutiles fléchissant la nuque devant le Très Haut.

 

                                   Trop souvent nous considérons que les dignités ne sont que vanités. Elles peuvent le devenir en effet, car l'homme se laisse prendre au piège, mais elles ne le sont pas dans leur essence. Dieu a créé une hiérarchie dans la nature et Il a donné des chefs à ses enfants. Notre Seigneur dit bien à ses disciples qu'ils ont raison de L'appeler Maître et Seigneur. Pourtant Il se présente dans le même temps comme le serviteur. Et s'Il n'accepte pas de n'être que le roi des Juifs, Il affirme bien devant Pilate qu'Il est Roi, ceci dans son dénuement le plus extrême. L'Ecce Homo, défiguré, est enveloppé de dignité, si bien que le centurion chargé de la mise en œuvre de son exécution, Le reconnaîtra à la fin comme Fils de Dieu. Si certains hommes, dans et hors de l'Eglise, ne rêvent que d'être couverts d'honneurs et de dignités afin de se contempler dans le miroir comme le jeune évêque de Stendhal dans Le Rouge et le Noir s'exerçant à donner la bénédiction la plus élégante qui puisse se trouver, d'autres revêtent des honneurs et des dignités identiques en sachant que la couronne, la tiare ou la mitre ne récompensent pas leurs propres mérites mais les rendent responsables devant Dieu et devant les hommes des actes qu'ils vont décider.

 

                                   Toute personne et toute dignité sont relatives par rapport à Dieu. Saint Thomas d'Aquin soulignait dans la Somme Théologique : « La dignité de la nature divine surpasse (excedit) toute dignité, et c’est bien en cela que le nom de personne convient avant tout à Dieu. » (I, q.29, a.3, ad.2). Nous voilà rappelés avec sagesse à beaucoup d'humilité. Toutes les dignités du monde, une fois désentortillées, ne révèlent qu'un minuscule berlingot, pour reprendre une belle image de Georges Bernanos. Il n'empêche que tout cet emballage est inévitable et nécessaire. Il faut toujours se méfier de ceux qui, exerçant le pouvoir, affichent constamment leur mépris des formes et affirment trop fort que le dépouillement est frère de la pauvreté évangélique. Le chancelier Séguier, mortier en tête, croix du Saint-Esprit sur la poitrine, protégé par un double parasol et chevauchant une haquenée, est plus simple que ces hypocrites qui abîment la charge qui leur est confiée en rognant sur l'appareil et sur l'apparat. La dignité ne repose pas plus dans l'absence de formes que dans leur enflure. Il est facile de reconnaître celui qui se prête au jeu pour sa gloire et celui qui accueille les dignités humaines pour ce qu'elles sont : des instruments efficaces de l'exercice de l'autorité, du prestige d'un pays et de la gloire d'un monarque légitime.

 

                                   Ceux qui confondent leur petite personne avec l'honneur qui leur échoit sont « baveux comme un pot à moutarde », selon la savoureuse expression rabelaisienne. Ils débordent de toute part de leur moi indigeste et envahissant. Il faut s'en garder, les regarder avec commisération, et passer son chemin. Notre confiance ne peut s'attacher à de tels êtres. En revanche, il suffit de contempler le portrait du chancelier Séguier pour se dire qu'il aurait été bon de servir un tel homme, serviteur de tels cardinaux, au service d'un tel Roi, tous craignant Dieu et sachant que tout est poussière et retourne à la poussière, sinon la charité qui, elle, ne passe pas. La dignité en tant que disposition de l'âme dépasse les dignités humaines. Comme l'écrivait Paul Claudel dans son Journal« dignité est un mot qui ne comporte pas de pluriel ». Voilà pourtant un homme qui s'y connaissait en distinctions mondaines, en récompenses et en titres, et qui en était friand. Il semble avoir été plus détaché qu'il ne le laissa supposer.

 

                                   Beaucoup de nos contemporains ignorent désormais ce que dignité signifie. Ils ne la reconnaissent point dans les autres car ils n'en vivent pas eux-mêmes. Ils préfèrent trahir, écraser, faire volte face, abandonner leurs convictions au gré des vents contraires. Une personne digne demeure constamment identique à ce qu'elle est vraiment. Elle ne se laisse pas influencer par les modes, les groupes de pression, les menaces. Elle traverse sans sourciller le torrent des temps mauvais. Rares sont les autorités civiles et religieuses qui sont aujourd'hui revêtues d'une telle parure de l'âme et de l'intelligence.

 

                                    Les êtres les plus simples, lorsqu'ils ne se laissent pas pourrir par l'adversité et les épreuves, sont capables d'une dignité que l'on ne peut rencontrer que chez les Saints les plus aguerris et les princes justement dignes de leur rang. Ils traversent l'existence en laissant derrière eux un sillage où miroitent les étoiles et où chantent les anges. Ces pauvres sont la clef de la porte du Paradis qui s'ouvre devant eux à grand fracas. Le chancelier Séguier qui nous regarde fixement du haut de sa monture rejoint alors les paysans partageant leur modeste pitance dans les tableaux des frères Le Nain. Une même présence habite tous ces regards. En fait, chacun tient son rang, l'occupe, fixé à sa tâche, désireux de remplir au mieux ce pour quoi il est fait. Pas de regard de travers et en coin pour lorgner sur ce que le voisin possède de plus ou en moins.

 

                                   Notre pays, béni par Dieu, aimé de la Sainte Vierge, n'est plus digne de sa vocation chrétienne. Il n'en demeure pas moins privilégié et il est toujours temps qu'il se réveille. Commençons par investir notre propre dignité personnelle, comme le fit le chancelier Séguier croqué par Le Brun. Ensuite nous pourrons contribuer à la dignité de notre royaume. Nous récoltons pour l'instant l'indignité nationale que nous méritons, incapables de nous tourner vers Dieu et de Lui remettre ce que nous recevons de Lui après l'avoir fait fructifier au centuple.

  

                                                        P. Jean-François Thomas, s.j.

 

 

24/07/2017
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« Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance... »

Ce dernier 14 juillet, à l'occasion de l'anniversaire du massacre des prêtres et des fidèles serviteurs de Dieu et du Roi le 14 juillet 1792 et les jours alentour dans le sud du Vivarais, le Cercle Légitimiste du Vivarais organisait une journée de commémoraison et de pèlerinage sur les lieux marqués par ces événements (cf. ici).
Voici le texte de l'homélie prononcée lors de la Sainte Messe de Requiem qui fut célébrée ce jour-là par Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale


 

Sermon 14 juillet 1

 

 

 

frise lys deuil

 

 

« Cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance... »

 

Chers Amis,

 

L’occasion de notre pèlerinage en ce jour ne diffère pas fondamentalement de celle qui nous réunit chaque 21 janvier. Au dernier pèlerinage au Puy, à l’Ascension, nous vous avons expliqué pourquoi « Le Roi et la France, c’est tout un ». Aujourd’hui, nous célébrons le martyre des membres de ce Corps mystique du Royaume que furent les ecclésiastiques, les aristocrates et les bons Français assassinés par les terroristes de l’époque ; le 21 janvier, tout est réuni dans la commémoraison du sacrifice de celui qui en est la tête. Que l’on s’attaque à la tête ou aux membres, c’est la même personne mystique (la France catholique et royale) que l’on outrage.

 

Me permettrez-vous de reprendre les paroles du pape Pie VI aux cardinaux réunis en consistoire à Rome, le 11 juin 1793, dix-huit ans jour pour jour après le sacre du roi Louis XVI ? En pleurant la mort du roi très-chrétien, et en s’élevant au-dessus des contingences dramatiques de cette seule année, le Souverain Pontife y inclut tous les autres martyrs dans une magnifique et courageuse analyse d’un mouvement né bien plus tôt. Ses paroles restent aujourd’hui d’une brûlante actualité.

 

« Dès le commencement de Notre Pontificat, prévoyant les exécrables manœuvres d’un parti si perfide, Nous-même annoncions le péril imminent qui menaçait l’Europe. […] Si l’on avait écouté Nos représentations et Nos avis, Nous n’aurions pas à gémir maintenant de cette vaste conjuration tramée contre les rois et contre les empires », « une conjuration impie ».

 

Car la mise à mort du roi et l’extermination en règle de ses loyaux sujets en pleine Révolution (appelée Perturbation par la sainte Liturgie) n’est pas « l’acte isolé d’un déséquilibré » selon l’expression aujourd’hui consacrée par la grosse presse, mais un attentat contre Dieu Lui-même, à chaque fois que la dignité d’un innocent est bafouée, et d’autant plus quand cet innocent défend l’économie divine et l’ordre chrétien, à la suite du premier contre-révolutionnaire : saint Michel.

 

« Ces hommes dépravés », « la portion la plus féroce de ce peuple », « tant de juges pervers et tant de manœuvres employées » ont éliminé tous les piliers, aussi humbles soient-ils, de cette construction magnifique de la Chrétienté en France, qui alliait Dieu et la France, le Trône et l’Autel, la nature et le surnaturel. Le roi fut sacrifié « non pour avoir commis un crime, mais parce qu’il était Roi, ce que l’on regardait comme le plus grand de tous les crimes », et ses sujets fidèles, parce qu’ils étaient de fidèles sujets, dénonçant, activement ou passivement, la tyrannie des serviteurs du premier Révolutionnaire, du père du mensonge, « celui qui est homicide depuis le commencement ».

 

« D’après cette suite ininterrompue d’impiétés qui ont pris leur origine en France, aux yeux de qui n’est-il pas démontré qu’il faut imputer à la haine de la religion les premières trames de ces complots qui troublent et ébranlent toute l’Europe ? Personne ne peut nier que la même cause n’ait amené la mort funeste de Louis XVI. […] Tout cela ne suffit-il pas pour qu’on puisse croire et soutenir, sans témérité, que Louis fut un martyr ? », et les héros que nous commémorons aujourd’hui, ses compagnons ?

 

« Tous les Français qui se montraient encore fidèles dans les différents ordres de l’État […] étaient aussitôt accablés de revers et voués à la mort. On s’est hâté de les massacrer indistinctement ; on a fait subir les traitements les plus barbares à un grand nombre d’ecclésiastiques, sous les bannières tricolores et au chant de La Marseillaise, que l’on veut nous vendre aujourd’hui pour drapeau et hymne nationaux ! On a égorgé des Évêques… Ceux que l’on persécutait avec moins de rigueur se voyaient arrachés de leurs foyers et relégués dans des pays étrangers, sans aucune distinction d’âge, de sexe, de condition par les ancêtres spirituels des prétendus antiracistes... On avait décrété que chacun était libre d’exercer la religion qu’il choisirait, comme si toutes les religions conduisaient au salut éternel ! Et cependant la seule religion catholique était proscrite, comme dans l’empire romain païen depuis Néron.

Or, l’Église enseigne que « la religion est la gardienne la plus sûre et le plus solide fondement des empires, puisqu’elle réprime également les abus d’autorité dans les puissances qui gouvernent, et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Et c’est pour cela que les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir et s’efforcent d’amener d’abord le renoncement à la foi catholique ».

 

« Seule, elle voyait couler le sang de ses disciples dans les places publiques, sur les grands chemins et dans leurs propres maisons. On eût dit qu’elle était devenue un crime capital. Ils ne pouvaient trouver aucune sûreté dans les États voisins où ils étaient venus chercher asile … Tel est le caractère constant des hérésies. Tel a toujours été, dès les premiers siècles de l’Église, l’esprit des hérétiques ». C’est hélas ce que, peu à peu, est en train de redécouvrir l’Europe.

 

Alors que, souvent sans connaître les horreurs qui en sont l’acte de naissance et – il faut bien l’avouer – la marque de fabrique, beaucoup de Français se réunissent aujourd’hui pour fêter la Révolution et le régime qui en est la fille aînée, il nous faut entendre résonner encore à nos oreilles, à deux cents ans de distance : « Vénérables Frères, comment Notre voix n’est-elle point étouffée dans ce moment par Nos larmes et par Nos sanglots ? » ; « N’est-ce pas plutôt par Nos gémissements que par Nos paroles, qu’il convient d’exprimer cette douleur […] devant […] le spectacle que l’on vit », entre autres, beaucoup d’autres, aux Vans en juillet 1792 ? 

 

Quand la Royauté très-chrétienne se fondait sous l’infusion baptismale de saint Remi aux fonts baptismaux de Reims, la Révolution commence, elle, dès le début par les assassinats : lorsque le gouverneur de la Bastille est décapité le 14 juillet 1789 avec ses soldats, il illustre malgré lui à merveille la coupable bêtise de tous les Chrétiens qui capitulent devant le mal au nom de prétendus bons sentiments : « Ne voyons pas le mal partout, faisons confiance aux ennemis de l’Église ! » et à ces patriotes qu’on a vu à la Messe… constitutionnelle, c’est-à-dire du culte schismatique d’État. Regardez donc ces loups, ils ont de si beaux pelages d’agneaux ! Cette attitude se renouvelle hélas face à tous les adversaires du nom chrétien : athéisme, laïcisme, islamisme. Et nos nouveaux Marquis de Launais finiront comme lui, après avoir par leur faute laissé ruiner toute la société, tout le bien commun…

 

« Il est impossible de ne pas être pénétré d’horreur quand on n’a point abjuré tout sentiment d’humanité ». Nous le savons, beaucoup, même chez les pieux Catholiques, ne sont aucunement « pénétrés d’horreur », justement parce qu’ils ont « abjuré tout sentiment d’humanité », de même pour les Français qui ne sont pas scandalisés par le « crime abominable » de l’avortement (selon les paroles du concile Vatican II lui-même, pourtant généralement abondamment cité), crime qui est, selon le pape François, « le mal absolu », affirmation elle aussi bien peu reprise par ses thuriféraires.

 

Après la récente mort de l’initiatrice officielle du massacre légal de masse des enfants dans le ventre de leur mère, plus petits sujets de l’ordre naturel divin, ne peut-on voir dans nos prétendues élites – il y a quarante ans comme lors de la dernière campagne électorale – les dignes successeurs de ces « ci-devant Chrétiens constitutionnels », qui pour ne pas paraître s’opposer à la Révolution en marche, donnent des gages à ses partisans les plus enragés en les dépassant dans l’horreur ? En allant jusqu’à s’indigner d’avoir pu être ne serait-ce que soupçonnés d’avoir été défenseurs de la vie ? En exhibant leur participation positive à chacun des votes étendant, législature après législature, le massacre ?

 

Alors que sous la Révolution, tout le monde avait peur, les Révolutionnaires les premiers, au sein d’un courant qu’ils ne maîtrisaient pas vraiment, de nos jours : combien se soucient vraiment des nouvelles victimes de la fille de la Révolution, toujours aussi avide de sang ? Combien de temps notre société endormie s’habituera-t-elle à certains massacres, par un silence criant, tandis que d’autres sont quant à eux très régulièrement sur les lèvres des journalistes et hommes de pouvoir ?

 

N’attirent-ils pas à chaque instant la colère du Ciel, tel le sang d’Abel ? Plus d’un avortement par seconde dans le monde ; un toutes les 11 secondes en France, soit 327 avortements depuis une heure, et 7800 ce soir. Lorsque Mère Teresa lançait au monde : « Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître », ne s’agit-il pas encore une fois d’« instaurer et restaurer sans cesse », selon le mot de saint Pie X aux évêques français, « la cité catholique, la civilisation chrétienne » qui seule promeut le vrai respect de la vie humaine, consacrée par l’Incarnation du Fils de Dieu ? La Sainte Église n’est-elle pas aujourd’hui (pas par tous ses membres, hélas) presque l’unique défenseur du caractère sacré de la vie humaine innocente ? Le seul obstacle aux actuelles politiques mondiales ?

 

« Quoique les prières funèbres puissent paraître superflues quand il s’agit [de] Chrétien[s] qu’on croit avoir mérité la palme du martyre, puisque saint Augustin dit que l’Église ne prie pas pour les martyrs, mais qu’elle se recommande plutôt à leurs prières », cette Messe de Requiem nous rappelle que la société est bien en deuil de la paix, à savoir la tranquillité de l’ordre, de l’ordre voulu par Dieu, mais qu’elle attend sa résurrection avec une ferme confiance, ce qui sera bientôt manifesté, nous l’espérons, par le passage de la couleur noire des ornements à la couleur rouge, le jour où Rome aura le courage d’appeler « saints » ceux que Pie VI appelait déjà « martyr[s] pour la foi ». La plus belle et importante sentence de l’allocution pontificale est celle-ci : « Qui pourra jamais douter que ce monarque (et j’ajoute : et tous ses compagnons, ainsi que leurs successeurs) n’ait été principalement immolé en haine de la Foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques ? », notamment aujourd’hui celui du respect de la vie de la conception à la mort naturelle.

 

Face aux paroles racistes d’un hymne célèbre, le pape Pie VI parle bien lui-même de (je cite) « l’effusion d’un sang si pur ». Et souvenons-nous que le roi-martyr s’était exclamé, et nos héros avec lui : « Je meurs innocent des crimes que l’on m’impute, et je prie afin que mon sang ne retombe pas sur la France ». Ses sujets ne disaient pas autre chose. Et nos petits martyrs de chaque seconde, ne les entendez-vous pas s’écrier la même chose, nouveaux fils de Rachel et saints Innocents de Bethléem, le crime invoqué étant pour eux la maladie ou la simple gêne d’un confort hédoniste et égoïste !

 

Ces paroles que je vous ai livrées, et qui en scandalisent sans doute plus d’un aujourd’hui, sont les paroles-mêmes du Souverain Pontife ayant affronté la Révolution. Quand bien même les lâches deviendraient majoritaires parmi les Catholiques, « serions-Nous obligés pour cela de changer de sentiment au sujet de [leur] martyre ? », demandait ce pape. « Non, sans doute, répondrons-nous avec lui, car si Nous avions eu pareil dessein, Nous en serions détournés […] par [leur] mort-même[…] en haine de la religion catholique ; de sorte qu’il paraît difficile que l’on puisse rien contester de la gloire de [leur] martyre ».

 

Pour terminer, voici l’inégalable conclusion du discours papal aux princes de l’Église : « Ah ! France ! Ah ! France ! toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l’inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marches pas à la suite des autres nations, mais les précèdes toutes : que tu Nous es contraire aujourd’hui ! De quel esprit d’hostilité tu parais animée contre la véritable religion !

Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu’à présent ses persécuteurs les plus implacables ! […]

 

Ah ! encore une fois, France ! Tu demandais même auparavant un Roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fût pas catholique, et c’est précisément parce qu’il était catholique que tu viens de l’assassiner ! Ta rage contre ce monarque s’est montrée telle que son supplice même n’a pu ni l’assouvir, ni l’apaiser. […]

 

Ô jour de triomphe pour Louis XVI [et tous ses compagnons], à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de [leur] supplice ! Nous avons la confiance qu’il[s ont] heureusement échangé une couronne royale toujours fragile, et des lys qui se seraient flétris bientôt, contre cet autre diadème impérissable que les Anges ont tissé de lys immortels. […]

 

« Laissons donc, écrit avec douleur le Père commun, ce peuple révolté s’endurcir dans sa dépravation puisqu’elle a pour lui tant d’attraits, et espérons que le sang innocent de Louis crie en quelque sorte et intercède pour que la France reconnaisse et déteste son obstination à accumuler sur elle tant de crimes, et qu’elle se souvienne des châtiments effroyables qu’un Dieu juste, Vengeur des forfaits, a souvent infligés à des Peuples qui avaient commis des attentats beaucoup moins énormes.

Telles sont les réflexions que Nous avons jugées les plus propres à vous offrir quelques consolations dans un si horrible désastre ». Fin de citation.

 

Face en effet à tous les attentats contre la vie humaine innocente et tous les martyres niés, méprisés et oubliés, les Légitimistes seront toujours là pour entretenir la fidèle mémoire, honorant le sacrifice des uns, publiant le crime des autres, expiant pour ceux-là en vue de la restauration de l’ordre et du bien outragés, et de la conversion des bourreaux et de leurs complices en vue de leur éviter des peines éternelles. Comment ne pas penser aux paroles de N.S. : « Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront ! » (Luc. XIX, 40) ?

 

Les fidèles Catholiques français attachés à l’ordre très-chrétien de leur Patrie terrestre sont de ces pierres qui crient, et font honneur au nom français au milieu de notre époque bien trouble. Comme le rappelle souvent S.M. le Roi, il ne s’agit pas de nostalgie, mais de fidélité à Dieu en trois Personnes, à Son lieutenant sur terre, à ses fervents et bons sujets s’étant conduits en héros, en un mot à ces principes qui continuent d’inspirer toute notre conduite et chacune de nos actions.

 

Avec le premier pape, sur les écrits duquel je tombais hier, écrions-nous : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon Sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps! C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra, Lui Que vous aimez sans L'avoir vu, en Qui vous croyez sans Le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.

 

Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations […]. Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l'Evangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards » (I Petr. I, 3). Ainsi soit-il.

 

Sermon 14 juillet 2

 

 

frise lys deuil


19/07/2017
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 juin 2017)

Confrérie de prière

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie royale
25 juin 2017

 

         Chers Membres de la Confrérie Royale & Sympathisants,

 

 

 

Dans son admirable Discours sur l’histoire universelle, Bossuet enseigne au dauphin, fils de Louis XIV, que « Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les rois et les monarchies qu’Il élève ou qu’Il détruit. Mais l’ayant fait tant de fois dans ces grands empires [de l’Antiquité] dont nous venons de parler, Il nous montre par ces exemples fameux ce qu’Il fait dans tous les autres, et Il apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement, que c’est Lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il Lui plaît ; et secondement, qu’Il sait les faire servir, dans les temps et dans l’ordre qu’Il a résolu, aux desseins qu’Il a sur son peuple. C’est, Monseigneur, ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu’Il médite pour sa gloire dans toutes les occasions qu’Il leur en présente »[1].

Avec son regard d’aigle, le grand Évêque de Meaux voit dans l’histoire du genre humain la manifestation de la Providence divine, dans laquelle Dieu intervient pour faire triompher Son plan, et « la vraie science de l’histoire, écrit-il encore, est de remarquer dans chaque temps ces secrètes dispositions qui ont préparé les grands changements et les conjonctures importantes qui les ont fait arriver »[2].

 

Pourtant, il est intéressant de remarquer que dans l’histoire du peuple hébreu, la royauté fut instaurée pour un motif tout autre que celui de faire régner Dieu parmi « Son peuple » (Jér. 30, 22). Jusque-là, en effet, le Peuple de Dieu était gouverné par des prophètes, comme Moïse ou Samuel, ou encore par des juges que le Seigneur suscitait aux heures critiques de son histoire pour sauver Israël.

 

Ce type de recours à un intermédiaire royal ne correspond pas entièrement au plan originel de Dieu ; en effet, depuis toujours, Dieu souhaite instaurer avec chaque homme une relation directe permettant à ce dernier de recevoir lumière et force pour chaque jour. Ainsi Moïse s’exclamait-il : « Si seulement tout le peuple du Seigneur était composé de prophètes ! » (Nb 11, 29).

 

Le prophète Samuel oignant le roi David.

 

Cependant, les prophètes et les juges recevaient leurs instructions du Seigneur Lui-même et les transmettaient au peuple ; leur rôle était donc au service de l’autorité exercée par Dieu sur Son peuple. Avec la royauté, il en va autrement. L’instauration de la monarchie, ce « péché originel d’Israël » comme on l’a appelé [3], provient de la même cause que le péché originel de l’humanité : le mimétisme. Alors qu’Adam et Ève voulaient devenir « comme des dieux » (Gn 3, 5), les fils d’Israël veulent être « comme les autres nations ». Les anciens d’Israël dirent en effet au prophète Samuel : « Installe-nous un roi pour nous juger comme toutes les nations » (1 Sam. 8, 5). Dieu ne s’y trompe pas : cette volonté d’« être comme » est une manière de Le rejeter, Lui, car elle constitue une alternative trompeuse à l’« être par » Dieu ; c’est pourquoi le Seigneur déclare à Samuel en retour : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est Moi, afin que Je ne règne plus sur eux » (1 Sam. 8, 7).

 

Pour nous, c’est tout l’inverse : c’est pour faire régner Dieu que nous demandons un roi ! C’est pour ne pas suivre nos moutons contemporains englués dans la démocratie moderne que nous réclamons un roi ! « Da nobis regem », lisions-nous au bréviaire jeudi dernier [4] : Seigneur, donnez-nous ce roi qui nous permette de restaurer Vos droits sur la France, Votre fille bien ingrate ! Mais une fille indigne, quand bien même elle se prostituerait, demeurerait la fille de son père, et c’est cette filiation, souillée mais non pas désavouée, qu’il nous faut faire reconnaître aux yeux de tous.

 

Dans le récit de l’instauration de la royauté au sein d’Israël, nous voyons que le Seigneur, qui est assez puissant pour faire rejoindre les caprices de ses enfants gâtés à Son plan de Salut, non seulement va accorder le régime réclamé par Son peuple, mais va encore lui envoyer un roi « selon Son Cœur » (Actes 13, 22), en retirant la royauté à Saül pour la confier à David, le roi-prophète. Tel est, selon saint Paul, le témoignage que Dieu rendit au premier roi fidèle de Juda, et ce n’est pas un hasard si c’est de sa postérité que sortira le Messie. Quant à nous, nous fêtons d’ailleurs ces jours-ci le 1030e anniversaire du sacre et couronnement de Hugues Capet, fondateur de la dynastie d’où naîtra le successeur légitime de nos rois de France.

 

 

Couronnement du roi Hugues Capet (987)

 

 

En ce mois du Sacré-Cœur, c’est ce qu’il nous faut demander dans nos prières : que S.M. le roi de jure Louis XX puisse exercer sa royauté selon le Cœur de Dieu.

 

 

En 1689, lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ révéla Son Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque, Il lui fit cette demande importante : « Fais savoir au fils aîné de Mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à Mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église ». Mais Louis XIV ne fit pas droit à cette céleste requête et cent ans jour pour jour après le message du 17 juin 1689 resté sans réponse, le Tiers-État se proclamera Assemblée constituante et emportera la Monarchie française dans le sang et la terreur.

 

C’est donc par la consécration au Sacré-Cœur que nous viendra le salut de la France, tout comme Notre-Dame de Fatima nous assurait, il y a un siècle, que c’est par la consécration à son Cœur immaculé que la paix serait rendue au monde.

 

Avec ce charisme prophétique que leur insuffle bien souvent le Souverain Pontificat, les Papes, depuis plus d’un siècle, ont annoncé clairement les bienfaits que nous pourrions attendre d’une telle consécration au Cœur adorable de Jésus, « fruits nombreux et excellents, non seulement pour chacun en particulier, mais pour la société tout entière : religieuse, civile ou familiale » [5] – Notre-Seigneur lui-même a promis en effet à sainte Marguerite-Marie que « tous ceux qui honoreraient Son Cœur seraient comblés d’abondantes grâces célestes » ; mais encore les calamités qui s’abattraient sur nous si nous Le méprisions.

 

Mosaïque de la voûte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre édifiée en Vœu national (loi de 1873)

 

En élevant la fête du Sacré-Cœur que nous solennisons justement aujourd’hui au rang de double de première classe avec octave, le pape Pie XI incitait tous les Catholiques à faire « amende honorable à Notre-Seigneur, dans laquelle toutes nos fautes sont déplorées, et hommage est rendu aux droits violés de notre Roi et de Notre-Seigneur très aimant »[6].

 

 

Avant lui, le pape Léon XIII avait consacré le genre humain au Sacré-Cœur. Dans son encyclique Annum sacrum (1899), il expliquait : « Une telle consécration apporte aussi aux États l’espoir d’une situation meilleure, car cet acte de piété peut établir ou raffermir les liens qui unissent naturellement les affaires publiques à Dieu. (…) Il arrive fatalement que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants, de sorte qu’ils s’abandonnent à leurs passions et s’épuisent dans une licence excessive. De là, cette abondance de maux qui depuis longtemps sévissent sur le monde, et qui Nous obligent à demander le secours de Celui qui seul peut les écarter ».

 

 

Cet enseignement sera repris par le même Pie XI lorsqu’il instituera la fête liturgique du Christ Roi, afin d’exalter la royauté du Christ sur tout l’Univers et inciter les individus comme les États à proclamer leur soumission à Son règne d’amour, puisqu’Il veut régner par Son Sacré-Cœur. Ainsi écrivait-il dans son encyclique Quas primas : « À l’heure où les hommes et les États sans Dieu, devenus la proie des guerres qu’allument la haine et des discordes intestines, se précipitent à la ruine et à la mort, l’Église de Dieu, continuant à donner au genre humain l’aliment de la vie spirituelle, engendre et élève pour le Christ des générations successives de saints et de saintes ; le Christ, à son tour, ne cesse d’appeler à l’éternelle béatitude de Son royaume céleste ceux en qui Il a reconnu de très fidèles et obéissants sujets de Son royaume terrestre »[7].

 

Et plus loin : « Les États, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à Ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui L’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui L’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles ; car Sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs »[8].

 

Notre défense et promotion de la royauté, chers Amis, doit en conséquence se réaliser d’abord dans notre propre âme, selon la parole de Notre-Seigneur : « Tout royaume divisé contre lui-même court à sa ruine » (Lc 11, 17). Comment en effet pourrions-nous faire triompher la royauté du Christ dans la société si notre âme n’est pas maîtresse de nos passions, si le père ne commande pas au sein de la famille, si le roi ne règne pas sur ses sujets ? Qu’il me soit permis de vous rappeler notre engagement de sanctifier particulièrement, la grâce aidant, le 25 de chaque mois plus encore que les autres jours, dans le but d’offrir nos efforts, nos peines et nos sacrifices à toutes les intentions de la Confrérie royale. Ce mois-ci, la sainte Messe dominicale et la sainte Communion nous y aideront grandement !

 

Ici encore le pape Pie XI a des mots percutants : « Si enfin cette puissance embrasse la nature humaine tout entière, poursuit-il dans son encyclique, on doit évidemment conclure quaucune de nos facultés ne peut se soustraire à cette souveraineté. Il faut donc qu’Il [le Sacré-Cœur] règne sur nos intelligences : nous devons croire, avec une complète soumission, d’une adhésion ferme et constante, les vérités révélées et les enseignements du Christ. Il faut qu’Il règne sur nos volontés : nous devons observer les lois et les commandements de Dieu. Il faut qu’Il règne sur nos cœurs : nous devons sacrifier nos affections naturelles et aimer Dieu par-dessus toutes choses et nous attacher à Lui seul. Il faut qu’Il règne sur nos corps et sur nos membres : nous devons les faire servir d’instruments ou, pour emprunter le langage de l’Apôtre saint Paul, ‘‘d’armes de justice offertes à Dieu’’ (Rm 6, 13) pour entretenir la sainteté intérieure de nos âmes. (…) Ainsi nous récolterons les heureux fruits d’une vie conforme aux lois du royaume divin. Reconnus par le Christ pour de bons et fidèles serviteurs de Son royaume terrestre, nous participerons ensuite, avec Lui, à la félicité et à la gloire sans fin de Son royaume céleste »[9].

 

Voici tracés en quelques lignes notre programme de vie, en un mot notre mission, bien chers Membres ! Demandons à saint Jean-Baptiste, dont nous célébrions la Nativité hier, de faire de nous également des Précurseurs du Christ pour annoncer Son Royaume en travaillant ici-bas à l’établissement de Son règne d’amour par le rétablissement du « fils aîné de Son Sacré-Cœur » !

 

Le Chancelier +

 


[1] Bossuet, Discours sur l’histoire universelle (1681), à l’introduction.

[2] Ibid.

[3] Abbé Dominique Janthial, c.e., Devenir enfin soi-même – À la suite des grands hommes du Premier Testament (2016), d’où nous tirons cette analyse vétéro-testamentaire.

[4] 2ème leçon des matines du jeudi de la IIème semaine après la Pentecôte, tiré de 1 Sam. 8, 6.

[5] Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor sur la réparation que nous devons au Sacré-Cœur de Jésus (1928), § 7.

[6] Ibid., § 6.

[7] Encyclique Quas primas (1925), § 3.

[8] Ibid., § 21.

[9] Ibid., § 22.

 


24/06/2017
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Sermon du samedi 27 mai 2017 (Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy)

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SERMON DU SAMEDI 27 MAI 2017

par M. le grand-prieur de la Confrérie Royale
à la Messe votive du Coeur Immaculé de Marie
célébrée en la cathédrale-basilique du Puy
 
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Monsieur le Recteur,
Messieurs les Ecclésiastiques,
Monsieur le Président,
Chers Fidèles,
 
En ce centenaire des apparitions de l’auguste Mère de Dieu à Fatima au Portugal du 13 mai au 13 octobre 1917, notre pèlerinage pro Rege et Francia prend une dimension toute spéciale.
 
Si Fatima nous fait automatiquement penser à la Russie, il devrait également nous faire penser à la France. Car de quoi la Révolution bolchévique de 1917 est-elle la conséquence, si ce n’est de la Révolution de 1789, dont elle se réclame, comme d’ailleurs tous les totalitarismes du XXe siècle ? Et de quel événement la Révolution de 1789 est-elle elle-même la conséquence, si ce n’est – en partie, et quand on ouvre les yeux surnaturels – de l’absence de réponse à la demande, le 17 juin 1689, du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie, de voir « le Fils aîné de Son Sacré-Cœur » lui consacrer sa personne, sa famille, ses armées et son Royaume ?
 
Certes, les péchés s’étaient accumulés pendant tout le XVIIIe s., appelant la colère du Ciel. Et de même qu’en Adam, nous péchâmes tous, de même lorsque Lucifer cria son « non serviam » à la Face du Très-Haut, des myriades d’anges le suivirent-elles dans la révolte. Aussi la responsabilité d’un prince ne dédouane pas les autres de leur propre responsabilité dans le cours des événements. Et la conférence que nous avons eue ce matin avait pour but de nous garder de l’écueil du providentialisme et du millénarisme. Mais à l’école du cardinal Pie, ne sombrons pas non plus dans celui du naturalisme, qui voudrait faire abstraction des messages du Ciel dûment approuvés par l’autorité ecclésiastique compétente, d’autant plus quand il s’agit d’événements contemporains en relation directe avec les avertissements maternels, et qui sont, c’est le moins que l’on puisse dire, d’une actualité… brûlante.
 
Avec Jehanne, notre Patronne, sachons, en bons Catholiques, demeurer toujours dans le saint équilibre !
 
Le mercredi 17 juin 1789, donc, lorsque, par un coup d’éclat se voulant un coup d’État, des députés non mandatés pour cela se déclarèrent Assemblée nationale, s'arrogeant de fixer par écrit dans une Constitution écrite les futures règles de gouvernement et les attributions de chacun (roi, ministres, députés...) – ce qui contenait en germe toute la Révolution, alors que l’Église interdit de renverser l’autorité légitime – aucun ecclésiastique sans doute ne prêcha à la Messe du jour, ni les suivants, sur l’anniversaire important, le centenaire des apparitions de Paray. Et pourtant le prédicateur qui l’eût fait eût visé très juste, ce qui nous semble une évidence à deux siècles de distance.
 
Beaucoup de nos compatriotes diront peut-être que le rapport entre le message de Fatima et le roi de France n’est qu’indirect et bien lointain, ou de motif trop surnaturel… Nous n’aurons pas de mal à leur répondre de se pencher sérieusement sur les événements de Fatima, et ils ne tarderont pas à remarquer que le roi de France en question y a toute sa place.
 
Vous le savez sans doute, après le 13 octobre 1917, la Très Sainte Vierge Marie a continué de se manifester à Lucie devenue religieuse ; elle lui apparaissait même parfois avec Notre-Seigneur. En 1931, voici que le Ciel se plaignit d’un geste non accompli. En août, en effet, lors d'un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra, Notre-Seigneur dit à Sœur Lucie: « Ils n'ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s'en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».
 
Pourquoi Notre-Seigneur rappelle-t-il une omission 242 ans après ? Ne pouvait-Il à la limite prendre pour exemple un événement plus récent et concret, plus… « terre à terre » ? C’est que Dieu y voit là un événement majeur, ou au contraire un non-événement majeur, un manque coupable de réponse à la grâce divine. Et l’objet de notre Confrérie est bien de prier pour la fidélité du Prince aux grâces de sa mission en tant que vase d’élection.
 
Où a-t-il déjà été donné à un mortel d’être appelé, non seulement « Fils aîné de l’Église » – et par les Souverains Pontifes eux-mêmes – ce qui est déjà magnifique, mais « Fils aîné du Sacré-Cœur » ? Dans toute la majesté de sa sublime élévation, aucun Pontife Romain n’eut jamais un tel honneur !
 
Or, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus est l’incarnation-même du dogme de la royauté sociale du Christ. Aussi le manquement à la dévotion au Sacré-Cœur est-elle justement associée à un chamboulement de l’ordre social chrétien, dont le Très-Chrétien était par antonomase le représentant-né : l’Europe hébétée en fut le témoin.
 
Mais cet acte manqué de 1689, le Ciel ne s’en est visiblement pas fait une raison : le Seigneur attend toujours que le roi de France lui consacre son Royaume, puisqu’il concède une consécration tardive, celle de Louis XVI au Temple, mais alors qu’il était prisonnier. Et la Confrérie Royale porte cette intention au cœur-même de ses prières de chaque instant. Aussi bénirai-je après le sermon un monument de notre piété, gravant ainsi, non dans le marbre mais dans la fonte, une date au combien historique pour nous, signe des prédilections divines pour un homme, et de l’espérance qu’il donne à tout un royaume pour une prochaine consécration.
 
Car l’intention que nous portons aujourd’hui est bien au cœur du message de Notre-Dame, mais de manière plus discrète que la consécration de la Russie.
 
Si le Pape en effet ne consacre pas la Russie au Cœur Immaculé de Marie, n’est-il pas à craindre que Dieu ne frappe Son Église du même châtiment qu'il réserva en 1789 à la monarchie française ? Et qu’en laissant frapper le pasteur, les brebis ne se dispersent ?
 
Toutefois, après avoir répandu ses erreurs et ses crimes dans le monde entier, la Russie, comble de l’ironie, a, cent ans plus tard, bien changé. Sans brosser un portrait idyllique, ses églises se reconstruisent au rythme d’un millier par an (et jusqu’à Paris !), elle fut en première ligne pour la défense de la famille et des valeurs chrétiennes, et même dans la défense du Saint-Père outragé, en la si mouvementée Année du Sacerdoce ! Cela nous ne l’oublions pas. Notre cœur est également réconforté de voir cette année la Russie honorer officiellement saint Louis ; il l’est d’autant plus que son descendant y fut lui-même invité et daigna s’y rendre. Le terreau semble donc prêt : comme la sainte Mère de Dieu à Cana, hâtons les choses par nos prières opportunes !
 
Dans les années 1960, le successeur légitime des rois de France ajouta au sommet de ses armoiries le Cœur Immaculé de Marie contenant en son sein le Cœur Très-Sacré de Jésus, rayonnant tous deux de gloire. Les deux Cœurs sont irrémédiablement liés, et saint Jean Eudes ne parlait d’ailleurs que d’un même Cœur de Jésus et Marie.
 
Que demandait le Christ à Son Fils aîné ?
-Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France >C’est fait !
-Lui élever une Église nationale > C’est fait, à Montmartre, par des souscriptions de la France entière, c’est la basilique du Vœu national. Et la dauphin Louis avait érigé un autel à la chapelle de Versailles.
-Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain > C’est notre programme !
 
En tant que modestes représentants des peuples de France, nous nous permettons, ô Cœur sacré de Jésus et de Marie, de Vous consacrer dès maintenant notre Prince bien-aimé. Nous vous le présentons et confions, mais de grâce, « sauvez-le, et exaucez-nous en ce jour où nous Vous invoquons ».
 
Toutefois, afin de ne pas verser dans un mysticisme de mauvais aloi, n’attendons pas, benoîtement, tout des actes du Prince et du Pape, comme s’ils étaient les seuls intéressés : ils sont les premiers intéressés, mais pas les seuls : soyons, nous aussi déjà, fidèles à l’humble devoir d’état quotidien, demande essentielle de Notre-Dame, tant à Fatima qu’à Pellevoisin par exemple, où elle confiait à Estelle : « Si tu veux me servir, sois simple et que tes actions répondent à tes paroles » ; « Tu n’as pas perdu ton temps aujourd’hui ; tu as travaillé pour moi » (11 nov. 1876) ainsi, « Je serai invisiblement près de toi » (8 déc. 1876). Soyons courageux pour les sacrifices surérogatoires demandés par le Ciel, et auxquels se consacrèrent saint François et sainte Jacinthe le peu de temps qu’il leur resta à vivre. Et contrairement à ce que croit et enseigne le monde, ces deux pastoureaux ont sans doute eu une vie plus réussie que ceux qui brillent trop pour s’éteindre ensuite rapidement.
 
Notre-Dame – qui affirme « Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire » (5 nov. 1876) – a besoin de nous, pour la faire connaître (« Publie ma gloire » disait-elle déjà à Estelle) ainsi que pour publier son message : prier pour la conversion des pécheurs qui sinon se damneront. « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour prendre sur vous toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels il est offensé, et en intercession pour la conversion des pécheurs ? » (Mémoires de Sœur Lucie, I, p.162). Tel est l’objet de la dévotion des premiers samedis des mois. Et « ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle » (Eccli. XXIV, 31), était-dit dans l’épître.
 
La Confrérie royale, qui veut avoir une grande dévotion pour le Cœur Immaculé de Marie, auquel elle s’est consacrée en cette même cité l’an passé, a toutefois un objet moins étendu, plus spécifié : dans cette prière pour le prochain, elle consacre la sienne à la restauration en France de l’ordre social chrétien tel que voulu par Dieu, conscient que « de la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes » (Pie XII : Discours du 1er juin 1941).
 
Pour cela, nous prions pour la sanctification du Prince successeur de saint Louis, pour qu’il soit docile et fidèle aux grâces d’état qu’il reçoit immanquablement. Car nous ne demandons pas seulement un roi, mais un roi selon le Cœur de Dieu, le Cœur de Jésus, et donc de manière indissociable le Cœur de Marie.
 
Ou plutôt, nous ne le demandons pas, puisque les Lois fondamentales de France le désignent déjà. Nous prions pour sa manifestation, pour son élévation, et pour le plus sublime des sacramentaux de la Sainte Église, qui nécessite non seulement un Évêque comme célébrant mais sept autres comme assistants : je parle bien évidemment du Sacre, qu’en octobre dernier le prince appelait « la colonne vertébrale de la royauté ». Serait-ce insensé et trop demander, dans une basilique consacrée par les saints anges eux-mêmes ?!

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Tout à l’heure, à l’Offertoire si bien nommé, nous recevrons de nouveaux Vœux de consécration à la Couronne de France ; l’oraison de la Messe m’a d’ailleurs fait dire tout à l’heure : « Ô Dieu tout-puissant et éternel : faites que notre volonté vous soit toujours dévouée ; et que nous servions votre Majesté d’un cœur sincère » (collecte du dim. dans l’octave de l’Ascension).
 
Ô Notre-Dame, daignez accepter aujourd’hui, en ce sanctuaire où vous trônez comme Reine de France, l’hommage d’humbles fils du saint Royaume de France. D’un cœur magnanime et audacieux, permettez-nous de vous réserver, de vous offrir, de vous consacrer par ce pèlerinage et par cette Messe, à l’occasion du centenaire de votre manifestation capitale à Fatima : le prince Louis, aîné des fils de saint Louis et successeur de nos illustres monarques, tête du Corps du Royaume de France.
 
Et puisque du bienheureux Urbain II au Saint-Père actuel, en passant par Pie XI, les papes ont toujours reconnu qu’il était votre royaume, agréez en ce jour, Notre-Dame de France, le Roi Très-Chrétien, Fils aîné de l’Église et du Sacré-Cœur, comme Fils aîné de votre Cœur Immaculé, afin qu’il soit le premier chevalier de son triomphe promis et espéré.
 
« Pour être roi d’une cité, Jésus-Christ, en effet, selon le P. Calmel,demande d’abord la fidélité au droit naturel pris dans son ensemble et non pas seulement un hommage public aux ministres de sa religion et aux Sacrements de son Corps et de son Sang » (P. R-Th. Calmel o.p., op cit. p. 143).
 
Et puisqu’à Sœur Lucie, vous laissâtes entendre que le grand combat final, entre le serpent et vous, qui lui écrasez la tête, serait celui de la Famille, prenez également sous votre protection et patronage l’auguste Famille Royale :
–S.M. la Reine, Marie-Marguerite, qui a pour mission de vous représenter sur cette terre de France, et qui après vous, en est la seule première Dame et Souveraine ;
–et les Enfants de France :
–Madame, la princesse Eugénie de France, en son 10e anniversaire ;
–Mgr le Dauphin, Louis, et Mgr le duc de Berry, Alphonse,
nos Princes jumeaux, qui accompliront demain leurs sept années.
 
La Famille royale
 
Associons-y toute l’auguste Maison de France (dont le nom est déjà tout un symbole et programme…), puisque nous naissent régulièrement de nouveaux princes du sang. A l’exemple de sainte Jeanne d’Arc, prions pour leur sanctification, et leur fidélité aux principes qui « constituent » la France.
 
Que la tête des familles de France ainsi confiée à un si puissant patronage, toutes nos familles puissent réaliser ici-bas leur mission, dans l’imitation des vertus de la Sainte Famille de Nazareth, dans un ordre social chrétien restauré, dans une Cité catholique recouvrée, dans une Chrétienté renaissante. Comme le disait le Pasteur angélique, sacré évêque par Benoît XV à Rome, chose inouïe, alors même que la Sainte Mère de Dieu apparaissait au Portugal, « c’est tout un monde qu’il faut refaire depuis les fondations ; de sauvage, il faut le rendre humain ; d’humain, le rendre divin, c’est-à-dire selon le Cœur de Dieu » (Discours du 11 février 1952). Et comme le disait Louis XIII le Juste, comme nous l’avons lu avant-hier : « Les bonnes familles sont la condition nécessaire et suffisante d'un bon Royaume ». Voilà donc où le Christ Roi doit régner en premier, ainsi que Son Lieutenant.
 
Puisque nous avons traité hier du Corps mystique de la France, et en application du message de notre Mère à Fatima, permettez-moi de citer derechef l’auteur de la belle encyclique sur le Corps mystique du Christ, l’Église, Mystici Corporis (1943), à savoir le vénérable Pie XII – et il vous suffira de transposer à ce que les Pontifes romains ont toujours appelé le second pouvoir sur terre, à savoir le temporel : « Mystère redoutable, certes, et qu'on ne méditera jamais assez : le salut d'un grand nombre d'âmes dépend des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique de Jésus-Christ et du travail de collaboration que les Pasteurs et les fidèles, spécialement les pères et mères de famille, doivent apporter à notre divin Sauveur ».
 
Dans le Corps mystique de la France, la Confrérie Royale n’a pas d’autre mission que de demander « des prières et des mortifications volontaires, supportées à cette fin, des membres du Corps mystique » du Royaume, « spécialement les pères et mères de famille », pour la Couronne (notre famille) et le père des pères de famille, le chef des chefs de famille, bien conscients que par cet ordre voulu par Dieu et miraculeusement confirmé tout au long de notre histoire sainte, le plus possible de nos frères, de fils de France, trouveront facilitée la voie du Ciel, comme saint Grégoire le Grand le donnait en programme aux empereurs : « Le pouvoir a été donné d’en haut à mes seigneurs sur tous les hommes, pour aider ceux qui veulent faire le bien, pour ouvrir plus largement la voie qui mène au ciel, pour que le royaume terrestre soit au service du royaume des cieux » (Lettre à l’empereur Maurice et à son fils ThéodoreRegis. III. 61), ce qu’appliqua Louis XIII en son mémorable Vœu (je cite) : « Nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre Royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre Couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l’effort de tous ses ennemis, qu’[…] il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire ». Voilà notre Vœu, et la raison de notre présence à vos pieds.
 
Comme le précisait le P. Calmel, op : « C’est par amour des pauvres, c’est parce que les pauvres sont les premières victimes dans un monde où les autorités sociales, comme disait Le Play, sont étrangères à la religion chrétienne, c’est pour cela que la sainte Église s’adresse aux grandeurs terrestres pour les convertir, les rendre chrétiennes » (« Itinéraires » n° 67, p. 177), et dans le cas qui nous occupe, très-chrétiennes.
 
La consécration royale et solennelle de la France au Sacré-Cœur n’a pas été faite. Mais la consécration royale et solennelle de la France à Notre-Dame a bien été faite, elle, en 1638. Aussi ne doit-on pas désespérer car nous appartenons bien à la Très Sainte Mère de Dieu, et elle ne peut se désintéresser d’un Royaume qui lui appartient officiellement, qui est désormais sien. C’est donc par elle qu’il nous faut passer pour rejoindre son Fils.
 
Auguste Marie, sainte Mère de Dieu, sauvez le Roi et la France !
Notre-Dame de France, régnez sur nous !
Cœur Immaculé de Marie, hâtez vos triomphes ! Ainsi soit-il.
 
 

31/05/2017
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Homélie du vendredi 26 mai 2017 (Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy)

HOMÉLIE DU VENDREDI 26 MAI 2017

par M. le chancelier de la Confrérie Royale
à la Messe de saint Philippe de Néri
célébrée au grand-séminaire du Puy
 
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            Monsieur le Grand-Prieur,
            Messieurs les Abbés,
            Mes Frères,
Chers Membres & Sympathisants de la Confrérie Royale,
 
« La joie, écrit Dom Guéranger dans son Année liturgiqueest le caractère principal du Temps pascal : joie surnaturelle, motivée à la fois par le triomphe si éclatant de Notre-Seigneur et par le sentiment de notre heureuse délivrance des liens de la mort. Or, ce sentiment de l’allégresse intérieure a régné d’une manière caractéristique dans le grand serviteur de Dieu que nous honorons aujourd’hui : S. Philippe Néri, « l’Apôtre de la joie » selon le peuple romain ; et c’est bien d’un tel homme, dont le cœur fut toujours dans la jubilation et dans l’enthousiasme des choses divines, que l’on peut dire, avec la sainte Écriture,que le cœur du juste est comme un festin continuel (Pv 15, 15). Un de ses derniers disciples, l’illustre Père Faber, fidèle aux doctrines de son maître, enseigne que la bonne humeur est l’un des principaux moyens d’avancement dans la perfection chrétienne ».
 
Nul doute, chers Amis, que c’est cette même allégresse rayonnante et cette sainte amitié qui nous réunit, à l’intérieur de cette petite (mais qui s’agrandit de pèlerinage en pèlerinage !) cette petite Confrérie Royale. La joie est conquérante : puisse-t-elle, en prenant sa source en Dieu, nous obtenir la victoire de la Cause qui nous rassemble aujourd’hui encore !
 
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            Cette Cause, c’est S. Paul lui-même, qui nous la livre dans sa première épître à Timothée (2, 1-2) : « Je vous exhorte, mes frères, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces pour les rois et ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté ». Quoi de mieux alors qu’un pèlerinage pour répondre à cette demande pressante de l’Apôtre, et qui plus est aux pieds de la Vierge Marie, en ce mois qui lui est consacré, au Puy-en-Velay, où se sont déjà pressés tant de nos ancêtres afin de prier eux aussi pour leur Souverain ?
 
            La prière que nous formulons aujourd’hui est double : le retour du roi, et la sanctification du roi. Les thomistes savent en effet que l’agere sequitur esse : notre agir dépend de notre être. Le sage accomplit des actes sages ; le pécheur, lui, accomplit des œuvres de péché (cf. 1 Jn 3, 8). D’où la nécessité de demander non seulement le retour du Roi en France (puisque le Roi, nous l’avons déjà : les lois fondamentales du Royaume nous le désignent !), mais le retour d’un saint Monarque, tout comme ce soir, lors du Salut du Saint Sacrement, nous demanderons à Dieu de nous donner « des prêtres, de saints prêtres, de nombreux et saints prêtres » : à quoi bon obtenir des prêtres, si c’est pour qu’ils soient scandaleux ? À quoi bon le retour d’un roi s’il s’en montrait indigne ?
 
            C’est ce que nous rappelait hier la Lettre mensuelle[1]de la Confrérie Royale : « Les rois sont des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts. (…) Mais la Royauté française, par ses vertus intrinsèques, et par les grâces de prédilection divine, porte à la sainteté ses titulaires et ses peuples. La Chrétienté autrefois était admirative des qualités de la lignée royale française, supérieures et plus constantes d’ailleurs que dans beaucoup de royaumes ».
 
Le Roi, c’est le Rex : a recte agenda, celui qui agit droitement. S’il gouverne avec piété, justice et miséricorde, il mérite alors d’être appelé « roi », et s’il manque à ses devoirs, ce n’est plus un roi mais un tyran[2]. L’épître de cette Messe nous rappelle l’importance de vivre de la sagesse : « J’ai demandé l’intelligence et elle me fut donnée. J’ai prié, et l’Esprit de Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée à la puissance et aux dignités. J’ai estimé qu’auprès d’elle les richesses n’étaient rien et que les pierres précieuses étaient sans valeur (…) ; elle est pour les hommes une richesse inépuisable. Ceux qui viennent y puiser acquièrent ces dons de la science qui leur ouvrent l’amitié de Dieu » (Sg 7, 7-14).
 
            Cela nous rappelle l’épisode du roi Salomon. Dieu, pour le remercier de sa fidélité à ses Commandements, lui offrit de le récompenser en lui accordant ce qu’il désirait le plus. Celui-ci, dans un rayon de lumière surnaturelle, vit le prix des choses célestes et dédaigna les choses temporelles pour ne réclamer que la Sagesse : « Accordez à votre serviteur un cœur intelligent pour juger votre peuple, pour discerner le bien du mal » (1 Reg 3, 9) ; « Cette demande plut au Seigneur, et Dieu lui dit : puisque tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes de l’intelligence pour exercer la justice, voici : j’agirai selon ta parole, je te donnerai un cœur sage et intelligent […] ; je te donnerai en outre ce que tu n’as pas demandé : des richesses et de la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton pareil » (10-13).
 
L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, mariage et intérieur
 
            C’est ce que nous devons demander pour notre Souverain bien-aimé : la sagesse. Le saint Curé d’Ars disait que « le plus grand cadeau que Dieu pouvait faire à une paroisse, c’était de lui envoyer un saint prêtre ». N’est-ce pas le plus grand cadeau que Dieu puisse faire à tout un pays, de lui envoyer un saint roi ? Nos prières, si elles sont ardentes autant que confiantes, ont tout pouvoir sur le Cœur de Dieu.
 
Un épisode de la vie de S. Philippe Néri, « l’un des plus beaux fruits de la fécondité de l’Église au XVIème siècle » (selon la formule encore de Dom Guéranger), nous montre les conversions qu’obtiennent les prières d’un Saint. S. Philippe a bien compris que c’est en touchant la tête qu’on atteint tout le reste du corps ; c’est en s’attachant à la conversion d’un roi que l’on travaille à la sanctification de tout un peuple. Le 25 juillet 1593, le roi Henri IV abjure solennellement le protestantisme en la basilique Saint-Denis. Cependant, sa conversion semble douteuse à certains (vous connaissez le mot qu’on lui prête : « Paris vaut bien une Messe » !), à certains et non des moindres, et en premier desquels le Saint-Père lui-même, trop persuadé que l’ambition du trône déterminait son abjuration. Tandis que le Pape doutait de sa sincérité, S. Philippe, lui, fut rapidement convaincu de l’authenticité intérieure de la conversion du monarque jadis huguenot.
 
Ce n’est que deux ans plus tard, en 1595, que l’affaire de la confirmation de l’abjuration du roi Henri IV sera portée devant la Cour de Rome. L’enjeu était grave : la France restera-t-elle catholique ? C’est la question que l’on se pose à Rome avec anxiété depuis le commencement des Guerres de Religion. S. Philippe va alors jouer un rôle décisif, grâce à son crédit auprès du Saint-Siège, dans la reconnaissance de la conversion de Henri de Navarre qui s’était écrié : « Je désire [par là] donner la paix à tous mes sujets et le repos à mon âme ».
 
L’intuition de S. Philippe concernant la grâce de la conversion, c’était que « seules les personnes peuvent être touchées et converties cœur après cœur, librement, dans le contact et l’influence personnelle. La société ne peut s’améliorer que par cette voie »[3]. Il réussit alors à convaincre le rude Clément VIII de recevoir son abjuration, qui ne l’accordera que le 17 septembre 1595, deux ans après la même reconnaissance par les évêques français, cette fois, passant outre le mécontentement de l’Espagne. Le roi converti n’oubliera jamais, lit-on dans sa Vie par Corsini, « qu’il fut par ce saint homme puissamment aidé à recouvrer la grâce dont l’hérésie l’avait tenu éloigné ».
 
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            Le thème de ce pèlerinage nous fait mieux entrevoir le lien intime, plus encore : l’identité entre le roi et la nation : « L’État, c’est moi » pouvait dire avec raison Louis XIV le Grand. C’est ce lien, précisément, que va briser la Révolution de 1789 en opposant ce qui devrait être uni. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6). La Révolution, œuvre démoniaque, va séparer ce que Dieu avait uni, en dressant la nation contre son roi.
 
            Nos efforts ont pour but d’œuvrer à renouer cette alliance rompue entre la nation et son roi. Pour le moment, nous sommes un peu comme les convives des noces de notre Évangile (Lc 12, 35-40) : nous attendons le retour de notre Maître. « Heureux ces serviteurs que le Maître trouvera éveillés à son arrivée », nous garantit le Christ, car ils recevront leur récompense. Tenons donc notre lampe allumée pour veiller et éviter de tomber dans la somnolence qui guette tous nos concitoyens. Ravivons notre flamme par une charité ardente entre nous et une prière incessante qui se consume auprès de Dieu. Dans 10 jours, nous fêterons la fête de la Pentecôte : que le Saint-Esprit nous apporte force et consolation dans notre mission ! Qu’« il nous embrase nous aussi, comme le prêtre le demandera dans un instant dans la Secrète, de ce feu dont il a admirablement pénétré le cœur » de S. Philippe Néri !
Ainsi soit-il.

[2] Cf. la XIVème université de Renaissance catholique Le patriotisme est-il un péché ? (2016).
[3] Abbé Bombardier, Le rôle de S. Philippe Néri & de l’Oratoire de Rome dans l’absolution donnée à Henri IV (2003).

30/05/2017
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 mai 2017)

Lettre mensuelle
aux membres et sympathisants de la

Confrérie Royale

pour le 25 mai anno Domini 2017

 

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Le 25 mai 2017,
en l'Ascension du Seigneur.

 

En ce jour de l'Ascension du Seigneur, rappelons-nous cette autre Ascension de l'an de grâce 1643, 14 mai cette année-là, où s'endormit dans la paix du Seigneur son serviteur le Roi Très-Chrétien Louis, XIIIème du nom, par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre.

 

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Saint Vincent de Paul assistant Louis XIII dans sa dernière agonie
(vitrail de l'église Saint-Séverin, à Paris - détail)

 

  1. Le serviteur de Dieu Louis XIII le Juste.

 

Celui-ci eut un règne difficile, mais glorieux, où il montra les qualités d'un Roi Très-Chrétien.

 

Foi. Louis le Juste eut une foi sans faille, conscient des devoirs tenus de son sacre et de la nécessité de se sanctifier pour le salut de ses peuples, et refusant que les moines d'Argenteuil exposassent la Sainte Tunique exprès pour lui, disant : « La foi me suffit. »

 

Espérance. Il eut une espérance vraiment surnaturelle, vivant sans cesse avec l'idée qu'il rendrait compte à Dieu de son gouvernement, disant : « Dieu ne m'a fait Roi que pour lui obéir et donner l'exemple » ; et disant en mourant : « Je suis ravi d'aller à Dieu. »

 

Charité. Il eut une charité profonde, cherchant le bien naturel et surnaturel de ses sujets, étant pacifique par sa longue patience envers les huguenots et les grands malgré leurs insoumissions et envers les ennemis extérieurs malgré leurs provocations, pardonnant miséricordieusement à ses sujets rebelles repentants, ne sévissant qu'envers les plus coupables, et ne voulant obtenir la conversion des huguenots que de la persuasion, sans faiblesse ni contrainte.

 

Prudence. Il agit toujours avec une grande prudence, vertu du chef, n'entrant en guerre que contraint par les rébellions des huguenots et des grands, ou par l'attaque de ses alliés par les ennemis extérieurs (n'entrant dans la guerre de Trente Ans que pour défendre l'archevêque et prince-électeur de Trèves, fait prisonnier par l'Infante gouvernante des Pays-Bas), et, malgré l'exemple de ses ennemis catholiques qui s'alliaient aux protestants anglais, allemands ou français contre lui, n'acceptant des protestants parmi ses alliés qu'après les assurances des théologiens et en imposant des conditions en faveur de la Religion catholique.

 

Justice. Il agit toujours avec une vraie justice, vertu royale, rendant la justice à ses sujets, rendant la paix à son Royaume, s'attachant à n'entrer en guerre que pour des causes justes (la défense du Royaume, de ses alliés et de la Religion), et disant : « On m'enlèvera plutôt mon sceptre et ma couronne que le titre de Juste qui m'est plus cher que tout. »

 

Religion. Il agit avec une sincère religion, tenant à faire respecter les droits de Dieu (qu'il rétablit en Béarn et à La Rochelle, entrant dans la ville précédé du Saint-Sacrement et accompagné de pains), protégeant l'Eglise et favorisant les réformes voulues par le concile de Trente, favorisant les missions extérieures et les missions de conversion des protestants, commençant la lutte contre le jansénisme, composant de la musique religieuse, rendant de larges grâces à Dieu pour sa protection et ses victoires, consacrant solennellement son Royaume à la Vierge de l'Assomption, revêtu du saint Scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel, consacré lui-même à Notre-Dame du Puy qui lui avait donné « de grandes grâces ».

 

Force. Il agit toujours avec une constante force, renversant à quinze ans un ministre ambitieux qui le tenait en tutelle et en mépris, accomplissant tous ses devoirs publics malgré une très mauvaise santé continuelle, maintenant un grand ministre utile à l'Eglise et au Royaume malgré les ennemis de celui-ci, gouvernant personnellement sans se laisser imposer par la forte personnalité de son ministre, étant à la tête de ses armées à la guerre, maintenant l'édit sur les duels malgré toutes les pressions mais pour protéger sa noblesse contre cette mauvaise habitude.

 

Tempérance. Il agit toujours avec une tempérance assumée, résistant à toutes les tentations qu'une cour propose trop souvent, vivant une vie austère dont le seul plaisir était la chasse, se sacrifiant pour le bien de ses sujets.

 

Ecrits. Ses lettres, édits et ordonnances protégèrent l'Eglise, la famille, les mœurs, disant : « Les bonnes familles sont la condition nécessaire et suffisante d'un bon Royaume. » Et sa déclaration de consécration de la France à Notre-Dame est un véritable petit traité de la Médiation universelle de Marie.

 

Miracles. Sans parler des guérisons des écrouelles (même d'Espagnols venus en France à l'occasion de son mariage à l'occasion de son mariage avec l'Infante Anne), miracles dus non à sa sainteté personnelle, mais à son sacre de Roi de France, il guérit miraculeusement une jeune fille muette en lui imposant les mains pendant le siège de La Rochelle, ce qui provoqua la conversion du duc de la Trémoille, jusque-là calviniste. Et sur son lit de mort il prophétisa au Prince de Condé la victoire de Rocroy, qui sera gagnée par le fils de celui-ci le Duc d'Enghien quelques jours après sa mort.

 

Réputation de sainteté. Saint Vincent de Paul, qui l'assista sur sa demande à sa mort, écrivit ensuite : « Depuis que je suis sur la terre, je n'ai vu mourir personne plus chrétiennement. » Sa réputation de sainteté était telle que Monseigneur Harscouët, évêque de Chartres au XXème siècle, fit les démarches introductives d'un procès en béatification. L'on a parlé d'un second saint Louis.

 

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(vitrail de l'église de Rocheservières, en Vendée)

 

  1. Appel à la sainteté.

 

Ce qui précède est l'esquisse de tous les dossiers de ce qui pourrait être un procès en canonisation du Roi Louis XIII.

 

Assurément la fidélité à un supérieur, en particulier à un Roi, ne se fonde pas sur ses qualités ni sur sa sainteté. La fidélité royale repose sur la légitimité divine et humaine de la Royauté française et sur les vertus naturelles et surnaturelles de ses institutions. On n'obéit pas un supérieur parce qu'il est saint, mais parce qu'il nous a été donné par Dieu. Les Rois sont des hommes, avec leurs qualités et leurs défauts, et nous ne devons pas passer notre temps à voir la paille de leur œil en oubliant la poutre du nôtre.

Mais la Royauté française, par ses vertus intrinsèques et par les grâces de prédilection divine, porte à la sainteté ses titulaires et par eux ses peuples. La Chrétienté autrefois était admirative des qualités de la lignée royale française (supérieures et plus constantes que dans beaucoup de royaumes).

Depuis Clovis, si l'on compte les Rois qui ont reçu la canonisation, la mise au martyrologe romain, un culte local liturgique ou non liturgique, un début de procès de canonisation, la mort en bas âge après le baptême, ou tout simplement la mort en odeur de sainteté ou de grandes vertus chrétiennes, l'on arrive aux deux tiers environ des Rois de France ; tous les autres ont été des chrétiens plus ou moins pécheurs, mais tous de bons chrétiens, protégeant la Religion, veillant au bien commun, et rendant la justice à leurs peuples, vertu dont l'absence aux dires de Louis XV, pouvait damner un Roi ; et certains ont accompli leur rôle jusqu'au sacrifice suprême.

Comme le disait un prédicateur en 1795 à la mort de Louis XVII, « ô vous tous amis du sceptre et du catholicisme, faites en sorte de ne pas ramper dans la fange, lorsque vous le voyez élevé à une si haute sublimité ». C'est un appel à notre sainteté et pour cela à notre sanctification pour Dieu, pour nous, et pour obtenir des grâces pour le Roi, la Famille Royale et le Royaume.

 

Depuis 1789 et 1830, nos Princes remplissent leurs devoirs avec plus ou moins de bonheur, mais toujours avec fidélité (ce qui n'est pas toujours le cas de toutes les monarchies subsistantes ou renversées). Sommes-nous, quant à nous, fidèles à nos devoirs envers eux ? Nous efforçons-nous, à la suite du serviteur de Dieu le Roi Louis XIII le Juste et de nos Rois, de croître dans la sainteté par la vie de prière, par le bon accomplissement de notre devoir d'état là où Dieu nous a placés dans la société, et en répandant avec zèle et discernement la fidélité au Roi légitime ? Pensons à prier pour le Roi de France (il y a diverses indulgences accordées par les Papes pour cela) ? La Confrérie Royale en est un moyen providentiel.

 

Le jeune Louis XIV voyait dans la Royauté les délices de pouvoir répandre le bien sur ses sujets, Louis XVI à la veille de mourir voyait le poids redoutable de la Royauté. Les deux sont vrais. Mais si être Roi gouvernant le Royaume comporte beaucoup de devoirs, accompagnés de nombreux pouvoirs pour ce faire, en revanche être Roi de droit comporte presque autant de devoirs au moins moraux, sans presque aucun pouvoir : c'est un « métier » des plus ingrats et des plus difficiles.

Autrefois le Roi pouvait récompenser ses sujets méritants ; maintenant qu'il est sans pouvoir, servons-le par fidélité : si le Roi ne peut nous en récompenser, Dieu le fera à notre mort dans le ciel.

 

Louis XX est fidèle à ses devoirs, sur les traces de ses prédécesseurs et de son vénéré Père Alphonse II, qui s'est manifestement sanctifié par son devoir d'état royal accompli jusqu'à l'héroïsme. C'est une lourde tâche, qui a besoin de nos prières pour l'aider. Peut-il compter sur elles ?

 

Autrefois tous les couvents, toutes les paroisses, tous les sujets priaient pour le Roi ; maintenant que nous sommes moins nombreux à le faire, prions pour lui davantage (la prière n'empêche pas l'action mais la fonde).

La conversion des Français, notre conversion, est la condition nécessaire d'une Restauration stable. Henri V disait : « Il faut, pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en Maître pour que j'y puisse régner en Roi. » Dieu est-il le Maître en notre âme ? Et sommes-nous prêts à vraiment servir le Roi ? Commençons donc par notre conversion, et prions pour le Roi, la Reine, le Dauphin, la Famille Royale et le Royaume. Alors notre action pourra être efficace ici-bas, et notre salut assuré au ciel.

 

« Seigneur, sauvez le Roi. Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons » (prière pour le Roi tirée du Psaume XIX, 10).

 

Abbé Gabriel Equin +

 

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Philippe de Champaigne : Louis XIII couronné par la Victoire


24/05/2017
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Programme du pèlerinage annuel au Puy-en-Velay

PROGRAMME DU PELERINAGE ANNUEL
de la
CONFRERIE ROYALE

Pour le Roy et pour la France


au
PUY-EN-VELAY

les 26 & 27 mai 2017

 

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Merci à tous les membres et sympathisants
de la Confrérie Royale
qui ne peuvent être présents
de s'y unir par la prière
 
Vendredi 26 mai 2017 :
 
Midi : Rassemblement au grand-séminaire
12 h 30 : Déjeuner
& Visite de la cathédrale
16 h : Conférence de Monsieur le Grand Prieur de la Confrérie Royale
17 h 45 : Sainte Messe de Saint Philippe de Néri
19 h 15 : Dîner
20 h 30 ou 45 : Adoration du Très Saint Sacrement
 
Samedi 27 mai 2017 :
 
7 h : Messes basses des prêtres présents
8h : Petit-déjeuner
9h : Conférence du secrétaire de la Confrérie Royale
10 h 30 : Procession vers la cathédrale suivie de la
Sainte Messe du Coeur Immaculé de Marie
& entrées dans la Confrérie Royale
12 h 30 : Déjeuner et conclusion du pèlerinage.

 

 
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20/05/2017
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Neuvaine préparatoire au Pèlerinage du Puy (17-26 mai A.D. 2017)

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Neuvaine préparatoire au pèlerinage au Puy

(du 17 au 25 mai)

 

Pèlerinage au Puy

 

Veni Creator à réciter chaque jour.

 

 


17/05/2017
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"Appelez tout le peuple et montrons-lui son Roi !"

Lettre Mensuelle aux membres de la Confrérie Royale

25 avril 2017

43ème anniversaire de la naissance de notre Roi

 

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"Appelez tout le peuple et montrons-lui son Roi !"

 

Mardi 25 avril 2017,
43ème anniversaire de la naissance de S.M.T.C. le Roi Louis XX.

 

Au milieu des singuliers égarements de ce monde, au milieu des singuliers égarements d'une grande partie des catholiques, au milieu des singuliers égarements des Français, au milieu des singuliers égarements d'un bon nombre de ceux qui se disent royalistes, il incombe au petit troupeau des membres de la Confrérie Royale d'être "différents" et d'être plus que jamais "forts et fidèles".

 

Différents !

 

 

- Dans ce monde, dans cette Eglise, dans cette France, dans ce microcosme royaliste, la grande majorité des personnes ne réfléchit plus, n'est plus capable de penser et d'agir par soi-même, n'est plus en mesure de poser un raisonnement solide et cohérent, n'a plus la capacité d'énoncer des connaissances et une argumentation consistantes, capables d'entraîner l'adhésion de l'esprit, de l'âme et du coeur de ses interlocuteurs autrement qu'en s'adressant à leur sentimentalité ou à leurs passions.

En face de cela, il est plus que jamais nécessaire et urgent que chacun des membres et sympathisants de cette Confrérie Royale ait le souci constant de se former, d'étudier la doctrine royale légitimiste autant que la doctrine catholique, d'approfondir sans cesse ses connaissances historiques et les principes de la Royauté capétienne traditionnelle.
Sans cela, on aura beau arborer des fleurs de lys à sa boutonnière, on aura beau crier à tout bout de champ : "Vive le Roy ! Vive Louis XX !", on aura beau courir ici ou là avec des drapeaux et des bannières : on ne sera pas solide et on court le risque d'être entraîné dans des voies sans issue.

 

- Dans ce monde, dans cette Eglise, dans cette France, dans ce microcosme royaliste, la grande majorité des personnes ne prie plus, ne prie pas assez, prie mal... 

En face de cela, il est plus que jamais nécessaire et urgent que chacun des membres et sympathisants de cette Confrérie Royale ait le souci constant de prier mieux et davantage, ne se contente pas de réciter de "pieuses formules" - aussi belles et aussi longues soient elles - , mais plutôt que de "dire des prières" à intervalles réguliers avec plus ou moins d'attention, d'être prière à tout instant et à chaque instant, en toutes ses activités, par une union du coeur et une offrande d'intention qui embrasse, anime et vivifie toute sa vie.
Sans cela, on aura beau arborer des fleurs de lys à sa boutonnière, on aura beau crier à tout bout de champ : "Vive le Roy ! Vive Louis XX !", on aura beau courir ici ou là avec des drapeaux et des bannières : on ne sera que dans l'agitation superficielle et le sel s'affadira jusqu'à n'être plus bon qu'à être jeté dehors et piétiné...

 

- Dans ce monde, dans cette Eglise, dans cette France, dans ce microcosme royaliste, la grande majorité des personnes ne fait plus pénitence et répugne aux sacrifices... 

En face de cela, il est plus que jamais nécessaire et urgent que chacun des membres et sympathisants de cette Confrérie Royale ait le souci constant de l'expiation, de la pénitence, de la réparation et de l'union à la Croix salvatrice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ne se contente pas d'être "en règle" par rapport aux observances légales du carême et des quelques rares pratiques pénitentielles qui subsistent officiellement, mais soit plus zélé et ingénieux pour offrir chaque jour et plusieurs fois par jour des sacrifices généreux offerts pour la conversion et le salut de la France, pour la personne auguste de notre Souverain légitime, pour la pleine et entière restauration de la Royauté des Lys.
Sans cela, on aura beau arborer des fleurs de lys à sa boutonnière, on aura beau crier à tout bout de champ : "Vive le Roy ! Vive Louis XX !", on aura beau courir ici ou là avec des drapeaux et des bannières : on encourra la terrible sentence tombée des lèvres de Notre-Seigneur Jésus-Christ "si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous de la même manière !" (cf. Luc XIII, 1-5)...

 

Sans une formation plus profonde et plus solide, sans une prière plus intense et plus constante, sans des sacrifices plus généreux et plus nombreux, nous ne serons jamais "différents" de la masse des hommes superficielle et creuse, nous ne pourrons jamais être "forts et fidèles", nous ne passerons jamais que pour de doux dingues aux yeux de nos contemporains pénétrés des faux principes et des illusions républicains, nous ne travaillerons jamais efficacement à la restauration monarchique que nous prétendons espérer !

 

Forts et fidèles !

 

- La force est une vertu ; la vertu n'a pas grand' chose à voir avec le bon point rose attribué à des bambins de maternelle qui n'ont pas fait de bruit et ne se sont pas agités pendant un quart d'heure. La vertu est une espèce de muscle spirituel et moral, que, comme les sportifs, l'on a entraîné et développé.

On n'est pas un légitimiste fort sans un entraînement assidu, et souvent pénible. On n'est pas un légitimiste fort, sans faire d'effort, sans des heures de "musculation", sans des heures de "course" ou des heures de "punching ball" qui mettent en sueur et qui font mal parfois !

- La fidélité ne consiste pas - ou du moins pas seulement - à se souvenir et à organiser des commémorations des hauts faits et de la gloire de la France et des souverains de jadis. La fidélité est une rigueur, une ascèse que l'on exerce aujourd'hui, au jour le jour, et elle exige une cohérence de tous les instants à tous les principes de pensée et d'action qui ont animé la monarchie traditionnelle depuis Clovis jusqu'à la funeste révolution.

 

"Appelez tout le peuple et montrons-lui son Roi !"

 

A la scène 7 de l'acte 5 d' "Athalie", le sublime Jean Racine a écrit :

« Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi :
Qu’il lui vienne en ses mains renouveler sa foi.
Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance,
De Jacob avec Dieu confirmer l’alliance,
Et saintement confus de nos égarements,
Nous rengager à lui par de nouveaux serments. »

 

 

J'aime à actualiser ces vers en y remplaçant le nom de Jacob par celui de Clovis, et à ainsi transposer dans nos temps si misérables le drame biblique merveilleusement mis en scène par Racine :

« Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi :
Qu’il lui vienne en ses mains renouveler sa foi.
Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance,
De Clovis avec Dieu confirmer l’alliance,
Et saintement confus de nos égarements,
Nous rengager à lui par de nouveaux serments. »

 

- Légitimistes, membres et sympathisants de la Confrérie Royale, nous avons pour devoir, pour impérieux devoir, de montrer le Roi légitime au peuple abusé et égaré : le montrer pas seulement par nos - belles et nécessaires certes - fleurs de lys et bannières, pas seulement par les portraits du Prince Louis mis à l'honneur dans nos maisons, pas seulement par notre présence aux diverses manifestations légitimistes organisées çà et là en telles circonstances ponctuelles. Nous devons le montrer par toute notre vie, à travers la cohérence catholique et française, à travers la différence, à travers la force et la fidélité, exprimées par chacun de nos jours et par chacun des instants de chacun de nos jours.

- Légitimistes, membres et sympathisants de la Confrérie Royalenous avons pour devoir, pour impérieux devoir, d'être au bord du chemin de nos contemporains des balises, des poteaux indicateurs qui montrent la route et qui guident le peuple abusé et égaré vers son Roi légitime, et qui le préparent à revenir vers lui et à lui renouveler les serments d'hommage et de fidélité de jadis : c'est ainsi que nous oeuvrerons au renouvellement de l'alliance sainte conclue dans les fonts baptismaux de Reims aux origines de la France ; c'est ainsi que nous combattrons tous les poisons et toutes les funestes conséquences de la révolution impie ; c'est ainsi que, fidèles et aimants sujets, nous pouvons offrir à notre Souverain légitime et bien-aimé le plus beau de tous les cadeaux d'anniversaire.

« Appelez tout le peuple, et montrons−lui son Roi :
Qu’il lui vienne en ses mains renouveler sa foi.
Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance,
De Clovis avec Dieu confirmer l’alliance,
Et saintement confus de nos égarements,
Nous rengager à lui par de nouveaux serments. »

 

Ainsi soit-il !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

 

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24/04/2017
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Jeudi Saint

 
Fête du Sacerdoce catholique
 
En ce Jeudi Saint,
"Jour de l'Amour" selon sainte Thérèse,
la Confrérie Royale
est heureuse de souhaiter une
Très sainte Fête du Sacerdoce
à tout le Clergé de France 
et du monde :
aux Evêques et aux Prêtres,
aux Diacres et aux Sous-Diacres,
aux Acolytes, Exorcistes, Lecteurs & Portiers.
 
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Mon Dieu donnez-nous des prêtres,
Mon Dieu donnez-nous de saints prêtres,
Mon Dieu donnez-nous beaucoup de saints prêtres,
Et rendez-nous dociles à leur enseignement !
 
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"Quel immense trésor qu'un prêtre vraiment bon partout où il se trouve !"
S. Pie X

13/04/2017
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