L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Lettre à la Confrérie


Lettre mensuelle - 25 janvier 2020

" Parce que tu es tiède,
Je suis prêt de te vomir de Ma bouche  !"

 

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 « A l'ange de l'église de Laodicée, écris : Voici ce que dit Amen, le témoin fidèle et véritable, qui est le principe des créatures de Dieu. Je sais tes œuvres : tu n'es ni froid ni chaud : plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! Mais parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni chaud, Je suis prêt de te vomir de Ma bouche. »

(Apocalypse III, 14-16)

                                                 

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

                                    

Malheur à moi si, comme ces "chiens muets - canes muti" dénoncés par l'oracle inspiré au prophète Isaïe (cf. Is. LVI, 10), je n' "aboie" pas afin de vous mettre en garde contre les dangers qui menacent de toutes parts !
Malheur à moi si je ne vous "secoue" pas pour vous empêcher de vous assoupir dans votre vie spirituelle !
Malheur à moi si je vous laisse dans un repos illusoire dont les conséquences seraient néfastes pour vos âmes, pour l'Eglise et pour la France !
                       

Souffrez donc que je vous admoneste et que, une fois encore, je vous engage avec quelque énergie à ne point vous laisser aller à la routine, à ne point vous contenter du ronron des habitudes, à ne point demeurer dans les ornières d'un pieux train-train, à raviver sans cesse en vos âmes l'ardeur, la flamme et le zèle, et à combattre sans merci la tiédeur !

                               

Et parce que une âme de feu bien plus avancée que moi dans les voies de la sainteté et de la direction spirituelle a fort judicieusement résumé ce qu'il convient de dire à ce sujet, je me contenterai de lui laisser aujourd'hui la parole.
Cette âme de feu, cet homme qui s'est avancé très loin dans les voies de la sainteté, ce prêtre qui fut un directeur spirituel extraordinaire, c'est l'abbé Henri Huvelin (1838-1910), connu en particulier pour avoir contribué à la conversion du Bienheureux Charles de Foucauld et d'Emile Littré. 

                               

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Le confessional de l'abbé Huvelin à l'église Saint-Augustin (Paris)

                                      

1) La plus grande des menaces : la tiédeur.

                                         

« La tiédeur... Bien petit mot pour la plus redoutable des menaces et pour un état particulièrement dangereux. (...)

La tiédeur est l'état de l'âme qui se laisse aller au péché véniel, à l'infidélité (...) mais qui néanmoins reste tranquille tout en résistant à Dieu.

Des âmes arrivent au confessionnal avec le poids de fautes très lourdes (...) mais elles ont la volonté de sortir de cette mauvaise voie. D'autres âmes ont, en apparence, moins à se reprocher. Aussi facilement que de l'eau, elles boivent ce qu'il leur plaît de nommer 'fautes vénielles'. A force de résister à la Grâce, celle-ci ne devient plus qu'un petit souffle imperceptible. Voilà justement l'état dangereux : celui dont on ne souffre pas !

                   

(...) L'âme tiède n'ira pas jusqu'au péché mortel, elle s'arrêtera ; mais elle se complaît dans les infidélités et demeure dans cet état parce que, avant tout, elle craint de se gêner.

Par petitesse, mauvaise volonté ou lâcheté, absence d'ambition ou d'idée de grandeur, elle s'habitue à sa médiocrité... Elle méprisera ou négligera ce qu'elle traite de 'petites choses', comme si elle se plaçait au-dessus d'elles ; mais ces choses 'petites' forment l'ensemble des mérites de la vie !

                                

(...) De telles âmes ne s'inquiètent pas. Elles voient le mal qu'elles n'ont pas commis, mais ignorent celui qu'elles font et se targuent de n'être jamais tombées dans la faute mortelle. Elles ne cherchent pas à sortir de leur dangereuse quiétude.
Leur acte de contrition est aussi machinal que leur confession. Elles n'ont aucun regret et ne prennent aucune résolution...

(...) Il y a là quelque chose d'infiniment douloureux. Je ne parle de ce mal qu'avec la plus profonde tristesse. »

                                                       

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

                                    

2) Les causes de la tiédeur :

                                

« La tiédeur provient de différentes causes :

... de la lâcheté d'une âme qui redoute plus l'effort et la peine que la déplaisance à Dieu.

... d'une disposition à se disperser. On vit hors de chez soi. On recherche de tristes ressources dans les choses, parce que la pensée de Dieu est pénible et que l'on veut y échapper.

(...) On recherche certaines familiarités, certaines conversations frivoles. On perd le goût de la piété, on évite les personnes pieuses. On traite de haut certains devoirs comme s'ils étaient à l'usage des enfants et non à celui d'une âme qui commence à grandir.

(...) En un mot, la tiédeur vient du besoin de s'affranchir de ce qui commence à ennuyer, d'un travail trop lourd... Oui, l'âme tiède fuit la gêne, essaie de se faire une vie plus facile.

(...) Elle s'enferme dans une existence sans gêne.

L'Evangile, ce n'est pas cela ! Dieu merci ! Le sentier est plus rude, mais aussi l'horizon plus étendu ! »

 

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

             

3) Débusquer sa propre tiédeur :

                                             

« La tiédeur se reconnaît facilement. J'entends tous les jours : 'Ma prière m'ennuie. Je ne la fais plus'. Voilà une âme tiède...

(...) Si Jésus passait (...) et disait : 'Que voulez-vous que Je fasse ?' Cette âme ne saurait que répondre. Au moment de prier elle subit l'ennuyeuse nécessité de la prière quotidienne et ne sait rien dire à Dieu. Voilà bien la tiédeur !

(...) Une âme me dirait : 'J'essaie, je me reprends à plusieurs fois... quand je renonce à prier je suis triste de n'avoir rien su, rien pu dire' ; alors ce ne serait plus de la tiédeur : le simple regret qui exprime une douleur serait le commencement d'une excellente prière !

(...) D'autres affirment : 'Je n'ai rien fait que de très petites fautes'. (...) Elles comptent pour rien les résistances à la Grâce et toute la multitude des fautes d'omission, l'absence de tout effort, de toute pensée... Elles oublient les petites émotions malsaines recherchées, l'entraînement des sens auquel elles ont obéi... les pensées auxquelles elles n'ont pas résisté.

Elles ont joué aux abords du mal et, parce qu'elles n'ont pas été jusqu'au bout, elles comptent pour rien ce qu'elles ont fait !

(...) Certaines vies ne comptent aucun acte bienveillant, salutaire ; aucune gêne de soi-même : ces âmes-là ignorent la bonté... et elles jugent n'avoir rien fait de répréhensible parce qu'elles n'ont pas fait directement un grand mal !

(...) Les âmes qui vivent de pensées futiles, d'entrainement, de laisser-aller, perdent tant d'occasions de faire le bien ! Elles refusent si souvent la Grâce de Dieu...

(...) Le seule moyen de les réveiller de cette torpeur sera la chute qui fait du bruit, entraînant tant de choses avec elles.
Dieu peut permettre cette chute humiliante pour réveiller l'âme qui s'endort, plutôt que de la laisser aller dans ses illusions. »

                               

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

                                        

                                            

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Bien chers Amis, ces remarques et conseils de l'abbé Huvelin, nous devons nous les appliquer loyalement à nous-mêmes, sans complaisance coupable : notre vie spirituelle en dépend, et de notre vie spirituelle dépend la qualité de notre engagement au service du Roi et de la France.

                                             

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Rendez-vous importants à ne pas manquer
tout au long de cette année 2020 :

                                  

1) Quotidiens : avec les trois angélus suivis de l'oraison pour le Roi ;
2) Mensuels : le 25 de chaque mois, journée spécialement offerte à l'intention du Roi ;
3) Annuels, avec cette année en particulier trois importants pèlerinages :
- les 16 & 17 mai à Domremy avec l'Ordre de Saint Remy (voir > ici) ;
- du 21 au 23 mai au Puy-en-Velay pour le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale ;
- les 26 & 27 septembre à Sainte-Anne d'Auray avec l'UCLF.


24/01/2020
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Vœux du Prieur de la Confrérie Royale pour l'an de grâce 2020

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Confrérie Royale
Le Prieur

                        

Vendredi 3 janvier 2020 ;
Fête de Sainte Geneviève, vierge ;
Premier vendredi du mois.

                                                                                      

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« Notre résolution : la contre-révolution ! »

             

Bien chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

                      

Il me semble particulièrement opportun de venir à vous en cette fête de Sainte Geneviève, dont la vie, la prière et l'œuvre furent d'une importance capitale pour le passage de la Gaule romaine, livrée aux envahisseurs (dont la plupart étaient hérétiques), à la France catholique.
Au moyen de ces quelques mots, je tiens en premier lieu à vous présenter mes vœux de bonne et surtout sainte année 2020 ; sachant que, du point de vue de notre humble - et néanmoins si importante - Confrérie, il importe, avant toute autre chose, que ce soit par notre vie spirituelle, notre ferveur, notre générosité et notre zèle que cette année soit bonne et sainte

 

Bien sûr, vous avez entendu dire que, au début de la nouvelle année, il faut prendre des "bonnes résolutions" (lesquelles, avouons-le, ne vont souvent pas beaucoup plus loin que la période des vœux !!!).
Je veux insister sur le fait qu'il n'est pas nécessaire d'en prendre beaucoup, mais qu'en définitive une seule est nécessaire : une seule qui, en étant renouvelée tous les matins au réveil, est capable de fédérer toutes les autres et de leur donner la cohérence et la force dont toutes les autres, dispersées, manquent bien souvent.

                            

Une seule résolution : la contre-révolution !
Notre résolution : la contre-révolution !

                   

Je l'ai dit, je le redis et je le redirai encore : la révolution a commencé dans le Ciel aux origines, par la révolte de Lucifer qui a entraîné après lui une multitude d'anges qui ont refusé à Dieu l'obéissance et le service qui Lui étaient dus ; elle s'est poursuivie par la désobéissance de nos premiers parents qui, à l'instigation de l'ange déchu, ont voulu "être comme des dieux" en se faisant eux-mêmes la norme du bien et du mal ; elle se perpétue tout au long de l'histoire de l'humanité par l'accumulation des refus d'obéissance à la Loi divine et des refus de coopération aux desseins divins ; elle s'incarne d'une manière toute particulière dans la révolution française qui substitue aux affirmations de la Sainte Ecriture qui fait de Dieu la source et le fondement de toute autorité terrestre - "Omnis potestas a Deo" (cf. Rom. XIII, 1) - le principe blasphématoire selon lequel "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément", avec sa conséquence logique : "La loi est l'expression de la volonté générale" (articles 3 et 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789).

 

 

La contre-révolution est d'abord spirituelle, et parce qu'elle est spirituelle elle défend les vérités de la Révélation (il n'y en a qu'une !), les vérités de la Sainte Ecriture et de la Tradition authentique de l'Eglise : voilà pourquoi la contre-révolution est nécessairement dogmatique.
Parce qu'elle est dogmatique, elle est logiquement liturgique puisque la liturgie est l'expression et la célébration de la Foi ("lex orandi, lex credendi"), et elle est tout aussi logiquement morale et donc sociale et politique. Tout se tient, tout est cohérent : à nous de nous montrer rigoureusement obéissants à cette cohérence.

                         

Je lis très souvent des messages, qui ne manquent certes ni d'enthousiasme ni de ferveur, souhaitant que notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, prenne rapidement les rênes du pouvoir (il en est même qui voudraient qu'il se présente aux élections !!!) ou fasse un "coup d'état", voire aille très prochainement à Reims pour y recevoir le Sacre. 
A lire ou entendre ceux qui professent ainsi leur légitimisme, il semble que dès que Louis XX sera sacré ou aux postes de commande, tout rentrera dans l'ordre en France, comme par un coup de baguette magique.

Mais Louis XX n'est pas un "deus ex machina" ! Qui peut raisonnablement penser que la restauration royale - à laquelle nous aspirons ardemment et à laquelle nous nous efforçons de travailler selon toutes nos possibilités et forces - puisse devenir une réalité sans une conversion générale des intelligences polluées, sans une conversion générale des mœurs - privées et publiques -, sans une conversion générale des cœurs ? Qui peut raisonnablement penser que le Royaume de France, occupé par près de deux siècles de régimes impies, puisse être rétabli sans pénitence, sans les efforts longs et patients, sans les sacrifices généreux des sujets fidèles de Sa Majesté œuvrant chacun à leur place à gagner profondément à Dieu et au Roi les cœurs de ceux qu'il côtoie chaque jour ? Qui peut raisonnablement imaginer que notre Roi pourrait se maintenir et changer les choses, seul, en se plaçant à la tête d'un pays où la majorité des habitants n'en a rien à fiche de Dieu et de Ses commandements, où la majorité des habitants n'adore pas le vrai Dieu comme il convient, où la majorité des habitants ne va pas à la Messe le dimanche (et où le clergé lui-même participe à l'apostasie générale), où la majorité des habitants accepte le divorce, la contraception, l'avortement, les unions illégitimes et contre-nature, le concubinage et toutes les formes du libertinage ?

 

Il ne faut pas voir les choses à l'envers ! La restauration du Roi Très Chrétien au Royaume des Lys sera la conséquence et non la cause du retour des peuples de France à la foi catholique et à l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Or ce n'est pas au Roi à "faire le boulot" de la conversion de la France, mais à chacun d'entre nous (en commençant par notre propre amendement et notre propre conversion, laquelle est un travail qu'il faut recommencer et approfondir chaque jour).
C'est tout le sens de la phrase par laquelle Sa Majesté le Roi Henri V a résumé tout ceci : "Pour que la France soit sauvée, il faut que Dieu y rentre en Maître pour que je puisse régner en roi" !

           

Retenez d'ailleurs que cette année 2020 va marquer, entre autres, le bicentenaire de la naissance de Henri V, dit "comte de Chambord" (29 septembre 1820), le centenaire de la canonisation de Sainte Jeanne d'Arc (16 mai 1920), et le seizième centenaire de la naissance de Sainte Geneviève (420 - date supposée - à un jour inconnu).
Ce sont trois modèles de cohérence légitimiste absolue, trois modèles de parfaite cohérence dans la manière de recevoir les principes chrétiens et de les mettre en œuvre, trois modèles de cette cohérence que je vous souhaite, pleinement et en toute votre vie, à l'occasion de ces vœux ! 

                         

Très bonne et très cohérente année légitimiste !

     

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Et n'oubliez pas nos rendez-vous :
1) Quotidiens : avec les trois angélus suivis de l'oraison pour le Roi ;
2) Mensuels : le 25 de chaque mois ;
3) Annuels, avec cette année en particulier trois importants pèlerinages : les 16 & 17 mai à Domremy avec l'Ordre de Saint Remy ; du 21 au 23 mai au Puy pour le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale ; et les 26 & 27 septembre à Sainte-Anne d'Auray avec l'UCLF.


03/01/2020
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Lettre mensuelle - 25 décembre 2019

Lettre mensuelle
aux membres et amis de la Confrérie royale
pour le 25 décembre anno Domini 2019
 
Il y a cent ans... Le retour de la Messe de minuit
 
le 24 décembre 2019
en la vigile de la Nativité du Sauveur
 
Chers Amis,
 
 
 
Combien de temps pourrons-nous encore dire, un 24 décembre : « Noël arrive », alors que cette société néo-païenne achève sa « célébration » alors même qu’elle ne fait que commencer ?
 
Nos rues sont illuminées depuis fin octobre – de plus en plus avec des éclairages blafards voire de mauvais goût –, les rayonnages de cadeaux lancent leurs sirènes dans les magasins depuis des semaines, chocolats et bûches ont depuis belle lurette fait leur apparition dans nos pâtisseries, et voilà que déjà les galettes des Rois sont apparues, quand la fête de Noël n’est pas encore passée !
                                                       
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L’on fatigue jusqu’à satiété nos contemporains avec « Noël » et surtout les impersonnelles et inexistantes « fêtes de fin d’année » (qui n’existent pas plus que les fameuses et fumeuses « valeurs de la République »), et la fête de l’Incarnation est vidée de sa substance pour ne devenir qu’une orgie mondaine (mais encore souvent familiale… pour combien de temps ?), et célébrée non plus le 25 décembre, mais le 24 au soir, alors que ce temps est traditionnellement la vigile qui nous prépare dans le silence, la méditation et le jeûne… en tout cas l’abstinence.
 
Quel spectacle nous offre aujourd’hui la matinée du 25 décembre, si ce n’est celle (oserais-je renvoyer à la fin du Père Noël est une ordure – pardon, âmes sensibles ! – qui caractérise si bien en tout notre pauvre société ce jour-là ?) de rues désertes, où circule un camion d’éboueur ainsi qu’un engin de nettoyage de la voie publique maculée d’immondices et des reliques bien matérielles de cette société de consommation, les emballages des plaisirs assouvis, tandis que tout notre petit monde cuve sa soirée arrosée, et passera ensuite le reste des heures du 25 – quand on sera enfin sorti du lit – en pyjama ou, pour les plus courageux, en jogging ?
                 
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Dans l’hyperactivisme de notre époque, où les journaux télévisés font apparaître dans le bandeau inférieur défilant les actualités suivantes, gavant d’informations le pauvre téléspectateur, tout est mélangé afin d’empêcher l’homme de vivre vraiment l’instant et de le sanctifier. Comment ne pas adhérer pleinement à ce que disait Georges Bernanos de la civilisation moderne, « une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » ?
 
L’essentiel est totalement occulté, mais parce que tous les moyens qui nous y préparaient ont été non seulement négligés, mais contrés et remplacés par leur exact contraire.
 
L’une des grandes erreurs (bien manigancée, ne soyons pas dupes) de notre temps est bien, non seulement de refuser la pénitence, mais de se réjouir quand il n’est pas encore temps. Comment ne pas penser aux paroles de l’Ecclésiaste : « Une bonne réputation vaut mieux que le bon parfum, et le jour de la mort que le jour de la naissance. Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le cœur peut être content » (Eccl. VII, 1-4) et de saint Jacques : « Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera » (Jac. IV, 8-10)
 
Quel rabat-joie, cet abbé de Saint-Taurin ! Et pourtant… « Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés…[1] » (Eccl. VII, 5). « Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés » (Eccl. VII, 6), et une joie qui n’est pas préparée dans la pénitence donnera des fruits pourris, comme l’excès d’alcool conduit à un réveil avec la « gueule de bois ». Le terme est fort mais manifeste parfaitement ce que nous voulons faire comprendre, dans la lignée de l’analogie utilisée audacieusement par le Seigneur lorsqu’Il Se permet un « parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche » (Apoc. III, 16).
 
Mais il y a bien « un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser » (Eccl. III, 1-4).
 
« Eux » ne savent pas de quelle joie nous sommes animés, nous Catholiques, lorsque nous vivons les temps d’allégresse qui parsèment toute l’année liturgique. Tout est concentré dans ces paroles : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira : vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie » (Joan. XVI, 20-22).

 

S. Pie X enseigne dans son Catéchisme : « –A quoi devrait encore s’exercer souvent le Chrétien ? –[…] à la mortification chrétienne. –Qu’est-ce que se mortifier ? –Se mortifier, c’est sacrifier pour l’amour de Dieu, ce qui plaît et accepter ce qui déplaît au sens ou à l’amour-propre » (Catéchisme V, 8).
En plus d’être en Avent, d’avoir passé ses Quatre-Temps, nous sommes aujourd’hui en Vigile.
                    
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(Extrait du Petit catéchisme de S. Pie X)
 
Est-il permis de se rappeler le but du Temps qui se termine ce soir ?
                          
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Et à la question de savoir comment sanctifier le saint jour de Noël, le saint pontife de revenir sur la préparation de la journée-même !
                 

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Pâques par le Carême, Noël par l’Avent, le Dimanche par la semaine, la Vie éternelle par la vie terrestre : nous ne pouvons bien « vivre » un événement, tout instant présent que le Seigneur nous donne comme un trésor, qu’en l’ayant bien préparé. Et même si l’on nous rétorquera que notre tirade sur l’Avent arrive bien tard, et même si l’on confessera que l’on n’a pas assez bien utilisé ce Temps, nous incitons nos lecteurs à relire ce texte l’an prochain, et dès maintenant à prendre la résolution de mieux vivre non seulement le prochain Avent, en 2020, mais tous les temps de pénitence à venir, « afin que votre joie soit parfaite » (Joan. XVI, 24).
 
Comme le disait Notre-Seigneur: « A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n'avez pas pleuré » (Luc. VII, 31-32). Qui écoute encore les prescriptions (de pénitence comme de joie) de la Sainte Église, quand le clergé lui-même ne vit plus vraiment les temps liturgiques ? Même s’il y a Dieu merci une recrudescence des Ordinations traditionnelles aux samedis des Quatre-Temps comme le prévoit depuis toujours la sagesse ecclésiale, trop de clercs – y compris dans nos « bons milieux tradis » – n’imaginent nullement recevoir le poids des saints Ordres hors des solennités liturgiques et des ors de fête, quand l’esprit de l’Église invite plutôt à s’en revêtir lors de temps consacrés et pénitents. Quel Catholique vit vraiment Pâques et Noël (« Pascua de Resurreccion y Pascua de Navidad », disent nos voisins espagnols) aujourd’hui, alors que leurs préparations, si elles ont quelque peu subsisté, ne suivent aucunement les règles et l’esprit précis de la Sainte Église, précisément dans sa Liturgie dont nous sommes censés vivre ? Comment peut-on goûter (même physiquement, corporellement) la joie de Pâques, alors qu’il n’y a pas eu de privation auparavant, qui nous permet de vivre un contraste nécessaire ? (et aujourd’hui vanté par les magasines féminins… mais uniquement et bassement pour « garder la ligne »).
 
Et rappelant la mémoire de Son Précurseur honoré ces dernières semaines : « Jean Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie » (Luc. VII, 33-34). Quoi que dise l’Église, le « monde » et son Prince nous inviteront toujours à faire le contraire : le Corps mystique du Christ appelle-t-il à jeûner ? Lui, nous montrera les plaisirs. A nous purifier ? Il fera étalage d’impuretés. A nous humilier ? Il ne nous fera penser qu’à nous-mêmes. A penser au Dieu naissant ? Il inventera tout ce qui est possible pour nous le faire oublier, jusqu’à ces interdictions de crèches « dans l’espace public », selon la formule désormais consacrée.
 
Et qu’un régime anti-chrétien se comporte ainsi… mais notre Clergé ! Quand nos diocèses, nos congrégations, nos associations « bien cathos » organisent leur repas de Noël… avant Noël, l’on se dit : à quand le repas de Pâques le Vendredi-Saint ? –Mais vous comprenez, me rétorquera-t-on –, après le 24, tout le monde est en vacances, parti en famille… Et que n’organisez-vous pas votre repas de Noël, d’entreprise ou d’amitié, après le 25 ? Et même si la rentrée n’est que début janvier, ne pensez-vous pas que tout janvier est un temps consacré à honorer la Nativité et la Sainte Famille ? Le repas associatif de Noël, ce sera après le 25… et puis après, ce sera encore l’Épiphanie, dans la même joie du même grand mystère, selon des facettes et des tonalités différentes, comme le feu d’artifices de fêtes liturgiques après Pâques. Mais c’est que, voilà, après le 25, il est désormais impensable de continuer, de poursuivre la fête. C’était pourtant ce à quoi nous invitait la sainte Liturgie depuis des temps immémoriaux, jusqu’à ce que « la forme extraordinaire du rite romain » de 1962 ne saccage toutes nos chères Octaves, souvent millénaires ! L’on va célébrer « Noël » tout le mois qui le précède, mais c’est impensable les huit jours qu’il dure réellement et proprement !
 
Mais c’est que par un « glissement », non de terrain mais de temps, Satan a réussi un coup de maître : la fête, c’est désormais la vigile, de même que le mal est devenu le bien… Toute ressemblance avec la tentation et le péché originel… etc. Quand vos chers commerçants vous lancent leur fameux « Joyeuses fêtes », ou mieux (pire) « Joyeuses fêtes de fin d’année », à quoi pensent-ils, sinon aux 24 et 31 décembre ? Si cette date ne représente rien (que S. Sylvestre Ier, le baptiste de saint Constantin, 1er empereur chrétien, me pardonne !), elle est en soi la nouvelle fête du rien de notre société de néant. Certes, minuit marquera le passage au nouvel An, mais alors, même dans une optique « laïciste », n’est-ce pas ce jour-même qu’il faut célébrer ? Et avec une vision proprement catholique, n’est-ce pas le jour octave de la Nativité ainsi que la Circoncision du Seigneur et fête mariale de par tous les textes de la liturgie ce jour-là, qu’il nous faut retrouver, le 1er janvier ? Trouvant en ce 8e jour de Noël la plénitude et complétude de notre joie « natale » en latin (de Noël) ?
 
Mais loin de cet esprit de l’Église, voici (ou « voilà-t’y pas », selon la mode « négative », abaissante et « allongeante » de notre temps) qu’un évêque français vient d’inviter la semaine passée les « seniors » d’une « EHPAD » à célébrer Noël, non pas à 17h, cela ne serait que trop commun…  mais le jeudi 19 décembre ! Non, vous ne rêvez pas !
                         
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Et admirez la liturgie de la Parole ! [2]
 
Sans doute le clergé est-il effectivement en congé le 25 décembre – bah oui, c’est férié ! – tandis que de « grandes surfaces » annoncent leurs portes ouvertes… Dieu ou Mammon, il faut choisir.
 
C’est bien la Messe de Noël (la couleur de la chasuble nous le confirme, en plus du commentaire F.B. de remerciement), célébrée la semaine des Quatre-Temps. A quand une fête de Pâques célébrée en février, parce qu’on envisage un voyage à la fin du Carême, ou tout simplement parce qu’on « a piscine » ?
 
« Il n’y a plus de sujet », a-t-on coutume de dire… Voici que dans la vigne du Seigneur, il n’y a plus de Liturgie, de sujet de liturgie, et en premier : ce sacro-saint Temps, qui marque et scande la Création, et nous voit mériter ou démériter.
 
Voilà pourquoi cette Restauration à laquelle nous travaillons, et qui passe par notre sanctification, nous y mêlerons de la cendre, et qu’avec le mot d’ordre de notre Confrérie, nous profiterons de tous les trésors de la sainte Liturgie que sont les processions pénitentielles, les jours de jeûne, les Messes de vigiles, quatre-temps et pénitence. A ce prix seulement, nous retrouverons la vraie joie des jours de fête liturgique. 

Mais beaucoup trop, quand un Dieu S'incarne, gisent...
 
Et c’est que je ne les entends que trop, ces fidèles tièdes et compromis qui nous expliquent avec amertume : « Oh vous comprenez, c’est dommage mais je ne pourrai pas assister à la Messe de minuit, parce que cette année encore, vient ma famille… ». Mais grand Dieu ! Quand mettront-ils en pratique ce qu’ils affirment professer ! Quand prendront-ils Dieu au sérieux et apprendront-ils enfin que « l’on ne se moque pas de Dieu » (Gal. VI, 7) ?
 
Mais cher Monsieur, chère Madame, il ne tient qu’à vous de changer cela, en prenant dès maintenant votre agenda 2020 et en réservant d’avance pour Dieu toutes les dates… qui ne sont consacrées qu’à Lui ! Noël, c’est en famille ? Noël, c’est d’abord à l’église ! Oui bien sûr, c’est une fête familiale, mais il ne nous est pas demandé d’être rassemblés en famille en la vigile de Noël, mais le jour-même : or, combien organisent encore des repas de famille le jour-même de Noël, qui dans l’esprit de notre époque, est déjà fané ?
 
Que veut donc vous avoir à cette date précise votre famille, votre cercle d’amis, alors qu’il se refuse à célébrer le fond et fonds de cette fête ? Si vos parents et camarades ne célèbrent pas le Seigneur qui vient, alors ils peuvent bien attendre… Leur matérialisme peut se donner libre cours un autre jour.
« L’Épiphanie, c’est la galette, et à la frangipane s’il vous plaît : c’est la tradition ! » : mais qu’a-t-on à défendre des coutumes – certes belles et honorables – quand on ne va même pas à la Messe le jour des Rois ?! 
                      
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Noël, c’est sans doute, pour beaucoup, la grasse matinée : mais alors après, comme nos fidèles et pieux ancêtres, avoir veillé la nuit du 24, être allé à pied (si possible dans la neige, bien abrité sous le grand manteau et avec une torche et un poêle) assister aux « trois messes basses » – je renvoie à Alphonse Daudet, pour en tirer la bonne leçon : on ne s’applique pas aux seules exigences formelles sans ensuite un long temps de purgatoire ! –, et seulement au retour, avoir commencé à satisfaire le ventre, en famille et heureux : ça, c’est Noël !
                      
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Edmond-J. Massicotte : Le retour de la messe de Minuit ; 1919... il y a tout juste cent ans !

 

         Parce que pour le commun des fidèles – que les religieux et chanoines me pardonnent : il y a certes les 1res Vêpres ! –, Noël est impensable chez un Chrétien à l’esprit chrétien, avant minuit ! Je renvoie à la fière rubrique liturgique traditionnelle. La Messe de minuit, que ce soit à 16h ou à 19h30, c’est non !!!
Alors à chacun d’entre nous de décider de changer les choses déjà dans sa propre vie, puisque c’est notre premier champ d’apostolat direct, notre première influence sur un petit bout du royaume de France. Et si l’on ne veut pas s’y résoudre, arrêtons de suite de rêver au sacre du Roi à Reims ! C’est par la christianisation de notre propre emploi du temps que commence la christianisation de notre pays ; par la restauration de la vie liturgique dans notre propre vie, que se réévangélise notre royaume ; par le vrai respect et l’application concrète des lois de Dieu, que se réédifie le royaume de France.
Et le 24 décembre 2020, c’est décidé, je mettrai Dieu en premier et organiserai une vraie fête de Noël, par une préparation lointaine de tout un Avent, immédiate d’une vraie Vigile, et d’un temps consacré à ma famille le 25 et les jours suivants, qu’après avoir salué le Dieu fait homme et hostie dans la Messe – que dis-je ? les (trois) Messes – auxquelles Dieu m’attend.
                            
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 Ainsi, Noël sera redevenu non seulement la naissance du petit Jésus, mais de notre chère Patrie, née cette nuit-là aux fonts baptismaux de Reims.
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +
                                  
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[1] « …Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés »…
[2] Sans parler du petit autel bien rempli et… « branché » !

24/12/2019
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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

 

Zelus domus tuæ comedit me !
(Ps. LXVIII, 10)

 

 

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Jésus chassant les marchands du temple, Le Guerchin (XVIIème s.)

 

 

 

            Chers Membres de la Confrérie royale,

 

 

            Le mois des dédicaces qui s’achève doit graver ces mots du Psalmiste sur le frontispice des temples vivants que nous sommes : Zelus domus tuæ comedit me !, « Le zèle de ta maison me dévore ! » (Ps. LXVIII, 10). Nous avons en effet célébré la dédicace – c’est-à-dire l’anniversaire de la consécration – de nos églises paroissiales le 6 novembre dernier, puis trois jours plus tard celle de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput : mère et maîtresse de toutes les églises de la Ville [Rome] et du monde » puisqu’il s’agit de la cathédrale du Pape ; enfin celle des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome le 18 novembre – celle du Vatican dans le même temps odieusement profanée d’ailleurs par le culte idolâtrique de la Pachamama.

 

     Au siècle où les églises de culte catholique se réduisent en poussière (20 églises incendiées en France rien qu’en 2018, sans compter la symbolique cathédrale Notre-Dame de Paris le Lundi-Saint dernier), ces cérémonies d’anniversaire prennent une dimension prophétique voire eschatologique. L’évêque de Fréjus-Toulon n’a pas craint de le dire le mois dernier à Rome : « Le dramatique incendie qui a ravagé et consumé il y a quelques mois la toiture de la cathédrale de Paris constitue un signe prémonitoire pour notre temps. Une Église en feu. Un avertissement »[1]. L’église et l’Église, en effet, c’est tout un : « Symbolisée par nos édifices matériels, l’Église est la véritable maison de la prière, le temple où réside la gloire [de Dieu], le siège de l’inaltérable vérité, le sanctuaire de l’éternelle charité », chante la Préface gallicane* de la Messe de la Dédicace.

 

            Le zèle de la maison de Dieu n’est pas que la défense de sa sainte Église, ni des édifices sacrés faits de pierre et de ciment. Il s’agit par extension de tout lieu où Dieu se plaît à habiter, donc d’une manière particulière de chaque personne humaine consacrée « temple du Saint-Esprit » (I Cor. VI, 19) par le saint baptême, lequel rassemble des « pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel », selon l’image qu’en donne saint Pierre (I Pi II, 5). D’où le noble combat pour le caractère sacré de toute vie humaine ; combat que seule l’Église catholique mène encore courageusement aujourd’hui.

 

          Mais c’est aussi une terre, un peuple, une nation : une terre sanctifiée par d’innombrables apparitions mariales et ayant enfanté tant de saints ; un peuple rendu grand par la confession d’une même foi dans le Christ ; une nation christianisée dans les eaux du baptême en même temps que son premier roi. Le « royaume de prédilection » de Dieu sur terre, c’est notre douce France : « La France est le Royaume de Dieu, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ », écrivait le pape Grégoire IX au roi saint Louis (1239).

 

     N’avons-nous pas à nous montrer les ardents défenseurs de notre cher pays ? À nous faire ses gardes du corps autant que de son âme ? Le bon Jésus s’excita de colère devant la profanation de la maison de son Père : resterons-nous inactifs face à la profanation biséculaire de notre royaume ? Dieu préfère les Croisés, aux "bras-croisés" ! Alors chassons les « marchands du temple » qui bradent notre pays et occupent illégitimement son parvis ! Notre-Seigneur n’a pas hésité à se montrer violent et implacable pour la défense de ce qui est sacré. La lignée de nos rois, sacralisée à la fois par l’onction sainte et par le « miracle capétien », n’aurait-elle pas droit à un même zèle de notre part, nous poussant à défendre ainsi la maison de nos pères et l’ordre sacré voulu par Dieu en France ?

 

       Sans doute y a-t-il beaucoup de disciples de Notre-Seigneur, mais il y a peu d’apôtres. Le disciple suit, l’apôtre poursuit : il fait croître dans le temps et l’espace le Royaume de Dieu inauguré par le Christ-Roi. Le disciple agit par amour, l’apôtre par zèle. Qu’est-ce que le zèle ? C’est un amour passionné qui donne tout et se donne tout entier ; le contraire radical de la tiédeur. C’est un engagement complet dans ce que l’on fait, en adéquation parfaite avec ce que l’on croit. Comme il n’y a pas de demi-dieu, il n’y a pas de saint à demi.

 

     L’on sait par expérience que le mal n’engage pas trop d’effort, tandis que le bien nécessite une tension toujours en éveil, une vigilance de tous les instants. C’est pourquoi l’apôtre le plus zélé insiste lui-même : « Il est bon d’être toujours zélés pour le bien… et pas seulement lorsque je suis présent parmi vous » (Gal. IV, 18), précise-t-il ! Et encore : «  Ayez du zèle et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur » (Rm XII, 11). Notre héroïne et sainte nationale − dont nous fêterons dans six mois le centenaire de sa canonisation − n’a-t-elle pas admirablement appliqué à la lettre ce triple commandement de S. Paul ?

 

       C’est d’ailleurs sainte Catherine d’Alexandrie que nous fêtons aujourd’hui qui, avec sainte Marguerite d’Antioche, a été, comme le révèlera saint Michel à sainte Jeanne d’Arc, « choisie par Dieu pour [la] conduire et [la] conseiller en tout ce qu[’elle] a à faire ». Les deux saintes l’assisteront depuis l’âge de 13 ans jusqu’à son procès, l’incitant à passer d’une « bonne chrétienne » à l’« Héroïne de la Patrie » que nous admirons tous, en contribuant de manière décisive à ses victoires militaires. N’étaient-elles pas toutes deux bien placées pour l’encourager à l’héroïsme, elles qui brillaient de l’éclat de la virginité autant que du zèle intrépide du martyre ?

 

     « Zèle » rime avec « sel », qui en exprime la même réalité : du piquant, de la saveur, sans colorant mais avec conservateur ! « Vous êtes le sel de la terre » (Mt V, 13) : ne faisons pas mentir le Christ. Si le Chrétien s’affadit, qui rendra sa saveur au monde ? Et si le Français s’accommode de la situation de son pays, pourra-t-il lui rendre sa ferveur ? Les apôtres en firent eux-mêmes l’amère expérience en demeurant impuissants à chasser le démon d’un enfant possédé : « C’est à cause de votre incrédulité », leur répondit Jésus (Mt XVII, 20). Pensez-vous que la France puisse être libérée de ses démons autrement que par l’intensité de notre vie spirituelle ? « Cette sorte de démon ne s’expulse que par la prière et par le jeûne » (v. 21).

 

     Avons-nous une vie spirituelle affadie, mes amis ? Est-ce la foi seule qui nous sauvera, comme aiment à le croire les Protestants ? « De même que le corps sans âme est cadavre, répondait déjà l’apôtre S. Jacques, la foi sans les œuvres est morte » (Jc II, 26). Mais il suffisait à Luther de proclamer le texte sacré non-inspiré pour croire le contraire… Comme c’est pratique, la religion à la carte ! Non : il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour être sauvé. Il faut vivre en conformité avec sa foi, ce que les Papes ont appelé « la radicalité de l’Évangile » − se ferait-on traiter de fondamentaliste ! Imagine-t-on un sportif non-pratiquant ?

 

     Transposons dans la sphère temporelle : suffit-il d’adhérer au légitimisme pour être un digne sujet de son roi ? La règle est la même : agir en conformité avec nos convictions politiques. Le royaliste n’est pas un idéaliste ; c’est un réaliste qui a des idéaux. Ici saint Paul nous prévient : gare au « zèle sans intelligence » (Rm X, 2). C’est pourquoi il est fondamental de se former : le bien-agir suit le bien-penser. Qu’il nous soit permis ici de remercier tous les Cercles légitimistes de France qui s’évertuent à expliquer, à méditer et à diffuser la doctrine sociale de l’Église selon le génie français qu’a si merveilleusement incarnée sainte Jeanne d’Arc.

 

     Il nous faut être les apôtres de ce nouveau millénaire. C’est un combat de toute une vie, mais qu’on se rassure, la victoire est au bout de nos efforts : « Les apôtres ne combattent qu’en souffrant et ne triomphent qu’en mourant » disait saint François de Sales. Notre-Seigneur était consumé par sa mission, son message et son heure ultime. Il n’était pas partagé ; Il était consacré et entièrement donné. Il ne craignait pas ce que les gens pouvaient Lui faire, et encore moins dire de Lui. Jusqu’à la mort, Il ne s’est pas détourné de son appel, son seul but étant d’accomplir la volonté de son Père.

 

            Nous nous apprêtons à célébrer la belle fête de l’Immaculée Conception. Ce jour-là, en 1947, Notre-Dame de la Prière à L’Île-Bouchard demanda aux quatre jeunes voyantes de « beaucoup prier pour la France, en grand danger, et de faire des sacrifices »

 

              « Prier » et « faire » : voilà ici les deux mots d’ordre sans lesquels une restauration n’est pas possible, balayant ces deux fameuses hérésies qui sont chacune l’exclusion de l’autre : le providentialisme, d’une part, qui s’appuie sur le seul secours de Dieu sans y coopérer ; et l’activisme, d’autre part, qui ne s’appuie que sur ses propres forces, sans recourir à Dieu.

 

            Combien de royalistes nostalgiques et sûrement aussi neurasthéniques démissionnent (au sens propre de : refuser sa mission, car nous en avons tous une) en attendant passivement que Dieu nous envoie miraculeusement le « grand monarque » désiré ? Mais le Christ n’aura pour autre attitude que celle qu’Il montra au roi Hérode Antipas qui le priait d’exécuter un miracle par curiosité profane… At ipse nihil illi respondebat : « Mais Jésus ne lui répondit rien » (Lc XXIII, 9). Où il n’y a pas d’oreilles pour entendre, Jésus n’a pas de bouche pour parler. Et Dieu nous a laissé à travers les Lois fondamentales du royaume ses desiderata, notamment quant à la règle de succession. Qu’attendent donc les Providentialistes ? Un messie politique ? Le prince charmant descendant du ciel sur un cheval blanc ? Allons, le royaume de France n’est pas un conte de fées !

 

     Au nom « Royaliste » correspond la définition suivante : « Partisan du roi ». Partisan, donc celui qui prend parti, non celui qui s’accommode d’un syncrétisme (saint-crétinisme) politique. L’apôtre zélé envers Dieu et son Roi leur donne toute sa vie et tout son cœur en sacrifice vivant, et ne retient rien pour lui-même ni ses projets personnels.

 

            Voudrait-on se convaincre de la nécessité des temps ? La liturgie, comme toujours, arrive à point nommé pour galvaniser les troupes. Nous proclamions hier aux hommes de ce temps l’annonce prophétique de la fin des temps par l’évangile de ce XXIVe et dernier dimanche après la Pentecôte. Si vous ne vous sentiez pas concernés, le premier dimanche de l’Avent fêté dimanche prochain vous le répètera à nouveau ! La pédagogie est affaire de répétition…

 

     Lorsque l’on observe l’histoire de l’Église, et notamment des persécutions, lorsque l’on s’intéresse aux mystiques récents − Marthe Robin, par exemple −, lorsque l’on médite sur les mises en garde de Notre-Dame lors de ses dernières apparitions, et notamment à Fatima et à Akita au Japon, l’on se dit que nous ne faisons que commencer une période de tribulations.

 

     Il faut bien l’admettre : nous n’avons pas choisi notre époque. Le Bon Dieu, dans sa Sagesse et sa prescience providentielles, a jugé qu’il était bon que nous soyons placés là, hic et nunc, pour témoigner de notre fidélité et accomplir notre rôle. À choisir, vous opteriez sans doute davantage pour une période de paix et de prospérité, plutôt que pour cet affreux début de XXIe siècle. Les apôtres ne préférèrent-ils pas la lumineuse Transfiguration et le glorieux Dimanche des Rameaux au lamentable Vendredi-Saint ? Et pourtant, y eut-il meilleure occasion de manifester sa fidélité et son amour envers Dieu que ce jour-là ?

 

     Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, ayant pourtant quitté cette terre il y a trois siècles, avait compris que nous étions entrés dans les derniers temps. Dans sa « Prière embrasée », il observe avec désolation : « Votre divine Loi est transgressée, votre Évangile est abandonné, les torrents d’iniquité inondent toute la terre (…). Votre sanctuaire est profané et l’abomination est jusque dans le lieu saint ». Que dirait-il aujourd’hui ? Oui, nous sommes entrés dans un combat eschatologique, dans une lutte surnaturelle sans merci : ne pas le voir, c’est vivre dans le monde des Bisounours ! Et c’est donc passer à côté de notre mission, ce qui est une démission. Au début de la Révolution, certains de nos ancêtres n’avaient pas compris l’enjeu et s’enthousiasmaient de ces réformes…

 

     Plus Satan semble triompher dans sa rage et sa haine contre Dieu, entraînant de nombreuses âmes avec lui, et plus la victoire divine sera éclatante. Cette « victoire qui viendra par Marie » (Jean-Paul II), nous l’obtiendrons également par l’intermédiaire de saint Michel, en l’honneur duquel notre Prieur nous demande de réciter souvent la prière composée par Léon XIII[2]. Prince de la Milice céleste, l’armée des anges restés fidèles, il est le vainqueur de Lucifer, le chevalier zélé du Deus Sabaoth, le « Dieu des Armées » ; victorieux aussi de toutes les hérésies, de tout ce qui, comme la franc-maçonnerie, entretient une haine mortelle contre l’Église et la royauté

de droit divin.

 

     « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, nous prévient saint Paul, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. VI, 12). À combat spirituel, matériel proportionné : utilisons pour cela « les armes de dévotion massive » que sont les Sacrements, le jeûne et la prière, surtout la récitation du saint Rosaire.

 

     Dans un monde de ténèbres, il n’est pas difficile de briller… Je ne parle pas des Stars éphémères qui n’éblouissent que des aveugles, je veux parler des héros que nous sommes tous appelés à devenir. Le héros de ce monde n’est pas le jeune bodybuildé aux super-pouvoirs ; les véritables héros, ce sont les saints qui, dans leur faiblesse, font éclater la puissance de Dieu. Le monde et encore moins l’Église n’ont pas besoin de réformateurs mais de transformateurs que sont les saints[3] !

 

     Puisque, selon le dicton populaire, « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », en ce 25e jour du mois où nous redoublons de prières et d’offrandes à l’intention de S.M. Louis XX, enracinons-nous résolument sur le bois de la Croix, le seul qui nous fera porter de grands et beaux fruits. Que le feu sacré de la foi et de l’honneur nous dévore d’un ardent et pur amour comme on l’y trouve dans les cœurs unis de Jésus et de Marie, pour le zèle de l’œuvre de restauration que Dieu attend de nous. Alors, Notre-Seigneur pourra dire de la France comme de la fille de Jaïre : « Elle n’est pas morte, elle dort » (Mt IX, 24) !

 

R.P. Clément de Sainte-Thérèse

 

 


[1] Sermon de la Messe de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le 26 octobre 2019 : http://www.paixliturgique.com/aff_lettre.asp?LET_N_ID=2883.

* Au sens liturgique.

[3] Bernanos disait : « On ne réforme l’Église qu’en souffrant pour elle, on ne réforme l’Église visible qu’en souffrant pour l’Église invisible. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques ».


25/11/2019
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« Voici l'heure de la puissance des ténèbres »

« Voici l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b)

 

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale

- 25 octobre 2019 -

 

 

Chers Messieurs les Chanoines,

Mes Révérends et chers Pères,

Chers Messieurs les Abbés,

Chers Frères et Sœurs en notre Confrérie Royale,

Bien chers Amis,

 

Notre Sainte Eglise catholique romaine se trouve en ces jours-ci dans une période des plus difficiles et des plus critiques de sa longue histoire, cela est une évidence qui ne peut échapper à aucun observateur possédant un minimum d'intelligence, un minimum de capacité d'analyse objective, un minimum de foi...

Lorsque je parle de foi, je ne parle pas d'une croyance subjective aux contours plus ou moins flous, mais bien de l'adhésion, par une volonté libre et résolue, aux Vérités révélées par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et transmises par Sa Sainte Eglise, dans les enseignements authentiques que nous avons reçus par le canal des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des saints Docteurs, de la liturgie multiséculaire (« lex orandi, lex credendi »), et de tout le Magistère vraiment catholique...

En matière de foi, tout ce qui s'écarte de la Règle contenue dans la Tradition, tout ce qui introduit la plus minime remise en question de l'enseignement pérenne, tout ce qui suscite le moindre écart de la doctrine professée de façon continue pendant les siècles qui nous ont précédés, est à rejeter avec la plus vive énergie, à condamner avec la plus extrême rigueur.

 

Ce que j'énonce ici, vous le savez déjà bien sûr, et cependant il n'est jamais inutile de le redire avec force lorsque tout semble vaciller et lorsque certains pasteurs eux-mêmes, lors même qu'ils se trouvent aux postes les plus hauts de la hiérarchie ecclésiastique, semblent s'éloigner d'une manière impressionnante de la façon dont les vénérables prophètes au temps de l'ancienne Alliance, les Saints Apôtres de Notre-Seigneur, les saints évangélisateurs des nations, les valeureux martyrs et les saints Pontifes ont toujours agi, en combattant sans pitié et sans nul égard aux considérations humaines, les faux cultes, les idoles, les superstitions païennes, et ont toujours refusé la moindre compromission avec les prétendues religions non-chrétiennes.

 

Peut-on imaginer le saint prophète Elie invitant les prophètes de Baal à apporter dans l'enceinte du Temple de Jérusalem les grossières figures autour desquelles s'articulaient leurs indécents cultes de la fécondité et de la virilité ? Point du tout ! Après les avoir couverts de ridicule sur le mont Carmel, il en égorgea lui-même quatre-cent-cinquante. Cela lui valut certes la haine de l'impie Jézabel, mais lui mérita une élévation plus haute dans l'intimité du Dieu unique.

Peut-on imaginer les Saints Apôtres Pierre et Paul établissant, à Rome où ils fondaient l'Eglise, des espèces de « conseils œcuméniques » où ils auraient élaboré une charte du « vivre ensemble » avec les faux prêtres des idoles, acceptant toutes les débauches et les libidineuses pratiques contre-nature dans lesquelles se vautre habituellement le paganisme ? Point du tout ! Ils furent des plus énergiques pour enseigner que les chrétiens ne doivent pas « former d'attelage disparate avec les infidèles, parce qu'il n'y a rien de commun entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, et qu'il ne peut y avoir d'accord entre le Christ et Bélial, ni de commerce entre le fidèle et l'infidèle» (cf. 2 Cor. VI, 14-15). Ils ont prêché l'Evangile sans concession et ont inauguré la longue période des martyrs, qui aboutira à la victoire de Saint Constantin et à la conversion de tout l'Empire : « In hoc signo vinces ! ».

Peut-on imaginer Saint Martin, l'apôtre des Gaules, tolérant le culte des « arbres sacrés » et des sources vouées aux fausses divinités ? Point du tout ! Il fit triompher la Croix de Notre-Seigneur, unique Rédempteur des hommes, en portant énergiquement la cognée contre les arbres idolâtrés au risque d'y laisser sa propre vie. Et c'est ainsi que les campagnes de la Gaule romaine furent débarrassées des abominables superstitions païennes et embrassèrent la seule véritable religion du salut.

               

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s.jpg
               

Le saint prophète Elie

                     

Ces trois exemples sont plus que suffisants pour nous indiquer quelle conduite est celle qui est véritablement chrétienne, quelle est celle que les véritables chrétiens doivent faire leur en face du renouveau païen de notre époque, en face de cette recrudescence de l'idolâtrie des forces de la nature et de la « terre mère », en face de l'offensive des fausses religions, en face de la trahison et des scandaleuses compromissions de ceux qui abandonnent l'étendard de la sainte et glorieuse Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour se mettre à la remorque des idéologies et des modes du nouveau paganisme, et qui prônent l'abandon des saintes traditions catholiques et de la discipline ecclésiastique qui a fait la force et la sainteté de notre Eglise pendant des siècles.

Ceux qui prêchent l'accommodation du catholicisme et de ses authentiques et saintes traditions bi-millénaires à la « modernité », faite de néo-rousseauisme, de néo-paganisme, de néo-libéralisme des mœurs, bref ! d'affranchissement de tout ce qui nous est impérativement prescrit par le Décalogue, sont des faux prophètes, et lors même qu'ils portent une mitre sur la tête et couvrent leur trahison d'un vernis de bons sentiments humanitaires, ils ne sont rien moins que des apostats et des suppôts de Satan qui, à la suite de l'ange déchu déguisé en ange de lumière, entraînent les âmes vers l'enfer éternel.

 

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez la Royauté du Christ - « Opportet illum regnare ! »(1 Cor. XV, 25a) -, et vous voulez le retour du Roi légitime, lieu-tenant du Roi du Ciel, sur le trône des Lys. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez que cesse l'abomination de l'apostasie qui ravage notre Sainte Eglise. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale, nous sommes aujourd'hui à « l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b) : puissance des ténèbres qui menace de tout ensevelir dans son écœurante noirceur. Et vous avez souvent l'impression d'un raz-de-marée contre lequel nous ne pouvons pas faire grand chose.

 

Mais c'est bien justement parce que nous sommes à « l'heure de la puissance des ténèbres » qu'il nous faut, nous, plus que jamais, être témoins de l'indéfectible et invincible Lumière du Christ : « Qu'ainsi donc brille votre lumière devant les hommes » (Matth. V, 16a), quoi qu'il doive nous en coûter, sans quoi nous serons nous aussi les complices de l'apostasie générale.

Les chrétiens n'ont jamais été appelés à être les hommes de la demi-mesure et de la compromission, et aujourd'hui moins que jamais !

 

Point d'acceptation des fausses croyances, du paganisme, des pseudo religions non-chrétiennes : il n'y en a qu'une seule vraie ! Le premier précepte du décalogue nous l'impose.

Point de compromission avec l'esprit mondain et le respect humain : il faut défendre l'honneur de Dieu ! Le deuxième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de relâchement dans l'observance de nos devoirs religieux et de la sanctification du dimanche ! Le troisième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de tolérance envers tout ce qui porte atteinte à la vertu de chasteté : guerre sans pitié à toute forme d'impureté ! Les sixième et neuvième préceptes du décalogue nous l'imposent.

Point d'abandon d'une observance stricte, consciencieuse et énergique, de tous les commandements de Dieu et des préceptes traditionnels de la Sainte Eglise. On ne peut pas être un vrai chrétien autrement que dans une obéissance intégrale à la sainte loi de Dieu.

En dehors de cette obéissance, et quelles que soient nos protestations de fidélité au Christ-Roi et nos déclarations d'allégeance au Roi Très Chrétien, nous serons les complices de l'apostasie, les complices de la révolution, les complices de la puissance des ténèbres.

 

Que chacun s'examine donc avec toujours plus de vérité sur sa pratique des commandements de Dieu et de l'Eglise, et que chacun prenne en conséquence les résolutions qui s'imposent pour être chaque jour plus fidèle.

L'établissement du Règne de Dieu sur cette terre et le rétablissement du règne du Roi Très Chrétien, lieu-tenant du Roi du Ciel, dans le Royaume des Lys ne peut passer par d'autres voies.

A « l'heure de la puissance des ténèbres », opposons fermement par notre combat personnel et quotidien, le rayonnement de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ : cela ne peut se faire sans efforts, sans souffrances, sans renoncements, sans pénitence ni sacrifice, mais c'est la voie glorieuse, et l'unique voie du Salut !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Frère Maximilien Marie - Chapitre St Michel - solennelles - Copi - Copie.png


24/10/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 septembre 2019.

Saint Michel, défenseur de la royauté du Christ,
protecteur de la France,
priez pour nous !

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Le mois de septembre est traditionnellement consacré à la prière aux neuf chœurs des Esprits bienheureux, à leur contemplation et à leur imitation.

 

Les Anges et les Archanges, les séraphins et les chérubins, tous ces esprits de pur amour peuplent l’Histoire sainte, de la Genèse à l’Apocalypse comme la vie des Apôtres et des saints.

 

Faut-il rappeler que nous avons tous un de ces célestes esprits à nos côtés depuis le jour de notre création dans le sein de notre mère ? Un Ange nous garde et nous protège. Il veille sur chacun de nos pas. Il nous conseille. Il nous guide. Il nous appelle à nous ouvrir à la grâce des grâces, la venue de l’Esprit Saint en nos âmes qui nous rend participants de la divinité du Christ. Mais ces célestes Esprits ne sont pas seulement nos gardiens. La Tradition comme l’Ecriture Sainte nous enseignent que les nations aussi ont un gardien. L’Ange qui s’adressa aux petits enfants de Fatima ne s’est-il pas présenté comme l’Ange gardien du Portugal ?

               

Maria Joesph Chapel in Dayton Ohio. The stained glass windows were purchased from F. X. Zettler Co. in Munich - Copie.jpg

 

Depuis le jour de son baptême dans les fonts baptismaux de Reims, l’Archange Michel, Prince de toutes les milices angéliques, veille sur notre pays.

 

Depuis sa révélation au Mont Tombe et dans trois songes au saint Evêque d’Avranches, Aubert, le premier de ces célestes Esprits bienheureux veille sur notre pays et le trône de France qui lui sont consacrés.

 

Nos rois sont allés au Mont pour lui rendre hommage et lui offrir leurs prières pour que notre pays soit toujours le soutien de l’Eglise et sa « Fille aînée ».

 

Voilà pourquoi nos rois ont battu monnaie à son effigie, pour que Mammon ne prévale pas mais que toute action terrestre soit reportée à la plus grande gloire de Dieu sans que le démon ne lève la tête pour nous inoculer son poison.

 

Ils lui ont aussi consacré l’une de leurs plus belles décorations, l’ordre de Saint-Michel, dont le collier est composé de coquilles en souvenir de celles que portent les pèlerins du Mont.

                                 

L’Archange a su veiller sur notre pays. Du Ciel, il ne cesse de nous poser cette question qui, en hébreu, correspond au nom que nous lui donnons : Michel – Qui est comme Dieu ?

 

Dieu seul est Dieu et il n’en est pas d’autre. Il est notre Créateur, notre Rédempteur, Celui qui nous sanctifie et nous donne la vie. Il préside à nos destinées comme à celles de l’univers. Il est tout-puissant et rien ne Lui reste caché. Et dans sa majesté, bien qu’Il n’ait besoin ni de nous ni de rien de ce qu’Il a créé, Il condescend à nous aimer, nous qui le méritons si peu. Il nous aime au point de ne pas vouloir que nous nous comportions comme ses serviteurs mais comme ses amis.

 

Et que dire des merveilles accordées à notre pays, si gratifié, béni de tant de bénédictions, pourtant si oublieux d’une telle majesté, de tant de grâces, de cette élection depuis saint Remi, Clovis et sainte Clotilde ? Tant de saints ont vécu et œuvré en notre pays avec sa grâce et pour sa gloire. Tant de chapelles, d’églises et de cathédrales bâties en l’honneur de sa majesté. Tout cela pourtant, semble si loin, notre pays ayant renié son histoire comme son patrimoine, tout ce qui faisait son honneur et sa gloire.

                 

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Louis XI fondateur de l'Ordre de Saint Michel

                 

Parmi toutes ces grâces, la Sainte Trinité a choisi d’envoyer le premier de ses ministres angéliques pour nous défendre et nous garder. Saint Michel a défendu la France et son roi. Il a parlé au cœur d’une toute jeune femme de Lorraine. Il a su la guider, avec les saintes martyres Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie, jusqu’au gentil Dauphin, Charles VII, qui ne le lui rendit pas si bien. Jusque dans les geôles de Rouen, il visita celle qui sauva la France et permit sa donation au Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Car le Christ est Roi de France, son roi véritable. Et ce Roi vit à jamais. Il règne au travers de ses tenants-lieu qui, sacrés à Reims, prenaient l’engagement solennel de défendre le royaume, de garder et défendre la foi de l’Eglise, en étant au service des plus pauvres et des plus faibles. Mais combien de cœurs se fermèrent à la vérité et à la grâce… Lors du sacre de Louis XVI, n’entendit-on pas des paroles impies, dénigrant la cérémonie elle-même et ce, jusque dans la bouche de l’Evêque qui devait catéchiser, c’est-à-dire enseigner, le peuple de France, le peuple de Dieu, venu assister à une cérémonie sacrée si solennelle ?

                        

En juin, 1675, à une jeune visitandine, sainte Marguerite-Marie de Paray-le-Monial, le Roi des rois dévoilait les secrets de son Cœur blessé par nos péchés :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi ».

                   

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La tiédeur, le Seigneur la vomit. La sclérocardie dénoncée par Dieu à son prophète Ezéchiel, est la pire des maladies. Lentement mais surement, elle affadie l’âme. Son sel perd de ses vertus. Sa lumière tend à diminuer jusqu’à être mise sous le boisseau.

 

Un grain de sable, une poussière, cela n’est rien. Pourtant, s’accumulant, ces petits riens viennent à boucher les sources vives de la vie divine. Du Cœur de Jésus transpercé par amour pour nous, à cause de nos péchés, ne cessent de jaillir les eaux vives du Baptême et de la Pénitence comme le Sang de la divine Eucharistie. Mais encore faut-il se disposer à bien les recevoir, avec le même amour, la même adoration, la même joie que Notre-Dame et tous les Saints ! Les Anges nous appellent à adorer, à nous convertir, à nous détourner du mal pour choisir le souverain Bien. Mais ils ont des oreilles et n’entendent pas, des yeux et ne voient pas. Quel malheur qu’une nuque si raide ! Quel malheur que de voir tout ce qui conduit à notre perte et ne pas avoir le courage de nous convertir ! Nos cœurs, nos âmes, notre pays étaient consacrés à Dieu et nous ne Lui avons répondu que par le mépris. La France ne passa pas de la monarchie et des ors de la royauté, des fastes d’une histoire si riche et sainte à 1789, la Terreur et la guillotine.

                                 

Lentement et sûrement le poison s’insinuait, depuis longtemps déjà. S’éloignant de la douce paternité divine et du Cœur embrasé d’amour de son Fils unique, la France s’affadissait. Le XIXe siècle, source de conversion pour tant de nos prédécesseurs et qui en fit un siècle de fondations et de missions, ce siècle fut aussi celui de tant d’apostasies.

 

1815, 1830, 1848, 1871… de révolutions en révolutions, jusqu’à la Commune, pour aboutir aux lois iniques de 1901-1905, le divorce entre la France et l’Eglise comme le reniement de son baptême semblent consommés.

 

L’apostasie ne cesse de grandir, de s’institutionnaliser, contaminant les cœurs et les âmes, s’attaquant aux enfants, corrompant la jeunesse, haïssant les plus fragiles, les malades, les mourants, les démunis. Plus rien n’est sacré, tout est profané : le mariage, la vie, jusqu’en sa conception et même la mort.

                

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La troupe envoyée dans les écoles pour enlever les crucifix...

                      

« France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?
Permettez-moi de vous demander : France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la Sagesse éternelle ?
Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Église dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père, Fils et Esprit. » (Jean-Paul II, 1er juin 1980 au Bourget).

 

Le Cœur du Christ est profondément blessé par sa fille bien-aimée. Son âme attend d’être consolée par un peu de notre foi. Ce n’est pas pour rien que la Providence a voulu dans sa bonté que le 16 octobre corresponde à deux fêtes de dédicace. La dédicace d’une église, sa consécration, équivaut à notre baptême. Ces deux solennités nous rappellent la consécration de notre pays et notre propre dédicace à la louange et à la gloire du Dieu unique et trois fois saint que notre pays a trahi et renié.

 

La première de ces fêtes est en l’honneur de l’Archange avec la dédicace de la basilique du Mont-Saint-Michel, qui a été célébrée le 16 octobre 709.

 

La seconde est en l’honneur du double mystère du Sacré-Cœur et du Christ-Roi de l’univers. La basilique de Montmartre – le Mont des martyrs – a été bâtie pour être un lieu d’adoration et de réparation pour la France et l’Eglise. Elle fut dédicacée le 16 octobre 1919 pour expier nos infidélités, nos régicides et nos apostasies sans nombre.

 

« France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples ». Hier, l’un des phares de l’Europe et de l’humanité ; aujourd’hui si infidèle, amnésique, révoltée et trop souvent révoltante. Bradant son patrimoine, sa langue, sa culture, sa grandeur. Oublieuse de ses saints, de ses grâces, de ses hommes illustres, penseurs, écrivains, scientifiques.

 

Le prix à payer pour retrouver ta splendeur, France ! sera ta conversion. Car voici le Cœur de Jésus grand ouvert, blessé d’amour, prêt à tout pardonner, à réparer tes péchés, pour te rétablir dans ta dignité première, te rendant aussi ta vocation auprès des peuples.

             

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La basilique du Vœu national au Sacré-Cœur de Jésus vers la fin du XIXe siècle

                 

Le 29 novembre 1911, le Pape saint Pie X, remettant la barrette aux nouveaux cardinaux français, leur adressait ses mots :

« Que vous dirai-je, maintenant, à vous, fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ?
Le peuple qui a fait alliance avec Dieu, aux fonts baptismaux de Reims, se repentira, et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de fils, qui prêchent la vérité de l'Évangile dans le monde presque entier, et dont beaucoup l'ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons, dans la gloire céleste, les frères bien-aimés de leur patrie ; la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans s'arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique... appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines.
Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra pas, la fille de tant de soupirs et de tant de larmes.
Un jour viendra, et Nous espérons qu'il n'est pas très éloigné, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste et entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante et étonnée, dira : «Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave tes souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. » Ainsi soit-il ! »

                

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Statue de l'archange Saint Michel au Mont Saint-Michel

                    

Qui est comme Dieu ? nous demande l’Archange.

A Dieu seul soit tout honneur et toute gloire.

A son Sacré Cœur, doux et humble pour notre humanité souffrante, la royauté sur tous les cœurs, sur tous les esprits.

 

Nous célébrerons solennellement les neuf chœurs des Esprits bienheureux dans quelques jours, le 29 septembre, et nous leur confierons notre pays. Puis tout au long du mois d’octobre qui commencera bientôt, nous ne cesserons d’implorer leur pitié et leur secours.

 

Le 2 octobre, nous demanderons à nos anges gardiens qu’ils nous protègent, nous conseillent et nous gardent.

 

Le 16 octobre, nous prierons S. Michel qu’il vienne terrasser le démon qui a odieusement pris la place de Dieu en cette terre bénie de France.

 

Le 24 octobre, nous nous tournerons vers l’archange saint Raphaël, pour que sa prière vienne guérir nos plaies, pour que nous prenions tous les moyens concrets pour rétablir la foi, la justice et la vérité dans notre pays si malade.

 

Les « Lumières » prétendaient chasser l’obscurantisme. Elles n’ont fait que précipiter notre pays dans les ténèbres proches de l’abîme.

                 

Que ces purs Esprits d’amour et de lumière nous guident vers le Cœur blessé de Jésus-Christ, seul capable de nous consoler et de nous sauver.

 

Que Dieu soit béni, en ses Anges et en ses Saints.

                 

Abbé Nicolas van der Maelen

                                    

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23/09/2019
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Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

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Confrérie Royale
Le Prieur

 

Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale
à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

                                                                                                                                                              

                     Dimanche soir 1er septembre 2019,
Anniversaire de la sainte mort du Grand Roi (+ 1er septembre 1715)

                

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles, membres de la Confrérie Royale,

 

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : ces paroles de notre Roi légitime, dans le message qu'il a publié le 17 août dernier (cf. > ici), sont un vif et énergique encouragement à tous ceux qui aiment vraiment la France et sa monarchie traditionnelle, à combattre avec un zèle toujours plus ardent les mensonges révolutionnaires et leurs conséquences actuelles.

Les membres de la Confrérie Royale doivent avoir à cœur de penser, d'agir, de vivre - chaque jour et à chaque instant du jour - comme des combattants.
Nos armes ne sont pas matérielles : nous ne sommes pas (du moins pas pour l'instant) appelés à brandir le glaive, la faux ou le fusil, pour nous engager dans un combat physique, mais nous sommes aujourd'hui mandatés en qualité de volontaires d'élite - puisque notre engagement dans la Confrérie a été une réponse libre, volontaire et généreuse à une sorte d'enrolement militaire - pour un combat incessant.
Nous ne sommes pas des soldats de salon, faits pour parader en costumes éblouissants, avec force plumes chatoyantes, fourragères rutilantes et brandebourgs dorés : nous sommes des chouans spirituels, toujours en éveil, toujours sur le qui vive, toujours prêts à en découdre, jamais disposés à nous ménager, qui ne craignent pas de déchirer leurs hardes et leur peau aux ronces des taillis dans lesquels ils sont embusqués pour être toujours prêts à fondre sur l'ennemi !

                

Il n'est pas inutile de rappeler les engagements qui ont été les nôtres lorsque, au cours de la Sainte Messe, et donc en union étroite avec le Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous sommes entrés dans la Confrérie Royale :                                                            

Engagements 

                                           

   Outre l’observance des Lois de Dieu, de l’Église et du Royaume, l’état de grâce et la tendance à la sainteté communs à tout fidèle catholique, les engagements particuliers que prend chaque confrère, et auxquels s'unissent les membres associés, sont les suivants :                      

                                      

- Pour les membres pléniers "voués" uniquement :

                                                    

- Pour les ecclésiastiques et religieux :
 o  l’utilisation pour la Cause de toutes les richesses liturgiques rappelées par l'Appel fondateur ; et pour les prêtres (voire tous, en leur for intérieur) : la mention du Roi au Canon et la postcommunion finale pour le Roi (voire juste après la Messe).             

                                              

- Pour tous :
   o la récitation du triple angélus quotidien (matin, midi et soir), auquel l’on ajoute l'oraison pour le Roi.
   o  la sanctification particulière du 25e jour de chaque mois, jour consacré de la Confrérie (redoubler de prières, travailler plus méticuleusement à sa sanctification, faire un petit pèlerinage ou une visite au Saint-Sacrement ou à un Saint, etc.).
   o  une réelle communion de prières et d’amitié spirituelle avec les autres membres, afin de réaliser le plus grand des Commandements, celui de la charité (« voyez comme ils s’aiment » disait-on des premiers Chrétiens), et le plus consolant des dogmes, celui de la communion des Saints.
   o  la prière pour l'élévation sur les autels de la Famille royale martyre de la Révolution, ainsi que toutes les vénérables figures du Royaume de France.
   le maintien et la restauration des fêtes et traditions françaises, ladécouverte de l'Ecole française de spiritualité, et toutes les bonnes oeuvres qui soutiennent la Cause, l'offrande de sacrifices, de chapelets et de Messes pro Rege et Francia, etc.

                                                      

Ces engagements sont exigeants.
Quotidiennement exigeants

Ces engagements ne sont pas pour nous faire "briller en société", ils ne nous portent ni à pérorer avec les mondains, ni à faire des courbettes avec les courtisans dégoulinants d'affectation.
En revanche cette exigence est véritablement épanouissante, stimulante et libératrice, parce qu'elle nous oblige à vivre surnaturellement, dépouillés des superficialités, constamment orientés vers des choses graves et essentielles, en stricte conformité avec les desseins de Dieu, manifestés au travers de nos grands saints et souverains : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, Clovis et Saint Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jeanne d'Arc, Louis XIII et Louis XIV, Sainte Marguerite-Marie et Madame Elisabeth, les innombrables martyrs de la révolution, Henri V... et tant d'autres qu'il n'est pas possible de nommer tous.

                                                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : Non seulement nous ne devons en rien relâcher nos exigences, mais nous devons chaque jour intensifier notre effort de prière, et intensifier nos offensives spirituelles contre les idéologies pernicieuses dénoncées par notre Roi, intensifier nos ripostes priantes contre les assauts répétés de l'enfer déchaîné, inspirateur de la révolution.

                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : contre les attaques multiformes de l'idéologie révolutionnaire, j'invite instamment tous les membres de la Confrérie Royale à recourir à l'intercession et au soutien des Saints Anges, et en particulier de Saint Michel archange, en récitant chaque jour - et même plusieurs fois par jour - à l'intention du Royaume de France, la prière "Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat... etc." ["Sancte Michael archangele, defende nos in proelio... etc."] composée par le pape Léon XIII pour être récitée à la fin de toutes les messes basses, ainsi que d'autres prières à Saint Michel destinées à contrer les manœuvres diaboliques qui se multiplient pour empêcher toute entreprise de restauration de la monarchie traditionnelle.
J'invite également tous les prêtres membres de la Confrérie Royale à utiliser fréquemment les exorcismes qu'il leur est licite de réciter, pour protéger notre Roi légitime et le Royaume des Lys.

             

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : C'est aussi pour cela, à fin de développer, affermir et intensifier l'indispensable vie intérieure des membres de la Confrérie Royale et des Légitimistes, que nous avons résolu de proposer de plus nombreuses récollections et journées de formation spirituelle.
Dès à présent, certaines propositions vous seront présentées ci-dessous.
Mais en outre, moi-même, en qualité de Prieur, et les prêtres membres de la Confrérie Royale, en fonction de leurs disponibilités, sommes également disposés à répondre aux appels des Légitimistes pour nous déplacer dans le Royaume et animer ces récollections ou conférences spirituelles que vous pourriez avoir l'initiative d'organiser : vous pouvez donc entrer en contact avec nous pour cela. 
                                       

Ainsi, devant me rendre à Paris au cours de l'automne qui vient, je propose aux Légitimistes de la capitale et de ses environs, membres ou amis de la Confrérie Royale, de réserver les dimanches 6 octobre et 24 novembre pour, chacun de ces dimanches, une journée de récollection (les programmes en seront diffusés très prochainement).

            

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : la formation et le développement spirituels ne peuvent se passer de l'approfondissement de la doctrine légitimiste et de l'étude.
Depuis ses origines, la Confrérie Royale entretient des liens étroits d'amitié et de collaboration avec l'Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). La Confrérie et l'UCLF sont deux mouvements indépendants, mais complémentaires. Il n'y a pas de confusion entre les deux, mais une étroite collaboration. Voilà pourquoi je veux, avec insistance, inviter les membres de la Confrérie Royale, s'ils n'en sont pas déjà membres, à rejoindre des cercles légitimistes d'étude et de travail.

Il en existe d'anciens, déjà bien rôdés, qu'il est aisé de rejoindre ; il en est de nouveaux qui viennent de se créer et qu'il faut renforcer ; et il y a des provinces où n'existent pas encore de cercles, mais où c'est peut-être à vous d'œuvrer pour qu'il en existe. Il n'est pas convenable que les membres de notre Confrérie aient des mentalités de "consommateurs" passifs : il est indispensable qu'ils soient des moteurs, des entraîneurs, des zélateurs !

                 

Que Notre-Dame du Bon Conseil vous guide et vous obtienne tous les dons du Très-Haut qui feront de vous de véritables Apôtres qui gagneront des cœurs, des intelligences, des volontés enthousiastes, des âmes et des esprits à la Légitimité que nous sommes fiers de servir.

                      

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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01/09/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 août 2019.

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale
pour le
25 août 2019

Fête de Saint Louis

 

Saint Louis, modèle de gouvernance pour notre temps ?

                                   

Alors que nous fêtons en ce jour le 749e anniversaire de la naissance au Ciel du saint roi Louis IX (1214-1270), ce qui annonce un beau jubilé pour l’année 2020, nous ne pouvons pas ne pas relire sa vie et son œuvre à la lumière de l’enseignement, et en particulier de la doctrine sociale de l’Église. En notre triste époque où la saine politique est galvaudée par les profiteurs de systèmes en tout genre, dont la seule foi est le profit et la seule loi l’orgueil du non serviam, l’exemple de saint Louis n’est pas un fantasme de réac ni un pieux rêve de bigote. Bien au contraire, l’actualité toujours permanente des saints se manifeste spécialement à travers la vie des saints laïcs qui ont su transmettre des exemples concrets de correspondance au quotidien avec l’enseignement pérenne de l’Église. Et si malheureusement, en ces temps de délire complet, de nombreux hommes d’Église se sont convertis à la démocratie et au républicanisme – o tempora, o mores ! – cette mode ne doit pas nous faire oublier que la monarchie chrétienne est le régime politique le plus analogue au gouvernement divin. Si Dieu était démocrate, Satan l’aurait renversé ! aurait pu dire M. de La Palice...

                                                  

Le « très chrétien » : la base religieuse du bon gouvernement

                                        

Louis IX est le modèle par excellence du « roi très chrétien ». Ce titre glorieux offert par les papes aux rois de France n’est pas juste une belle récompense. Elle implique des devoirs moraux et spirituels que, l’humanité pécheresse étant, un certain nombre de nos rois n’ont pas toujours été de fidèles observants. À l’âge d’or de la Chrétienté, ce beau XIIIe siècle, saint Louis incarne le « très chrétien », le prince qui, au jour du sacre de Reims, a reçu l’onction qui a fait de lui un personnage sacré, le lieutenant du Christ dans le beau pays de France, l’évêque du dehors chargé de protéger et de défendre les intérêts de la sainte religion. Les serments du sacre, pieusement et jalousement conservés jusqu’à celui de Charles X en 1825, insistent sur les devoirs graves qui incombaient au souverain.

                                                                          

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Figure 1. Saint Louis lavant les pieds des pauvres, miniature du maître du Cardinal de Bourbon, XVe siècle tirée du Livre des faiz Monseigneur saint Loys jadis roy de France, BNF.

                                                     

Tout au long de son règne, Louis IX fut parfaitement conscient de ses obligations et de sa responsabilité immense devant Dieu. Il avait aussi la certitude, une certitude renforcée par la grâce de la prière et des sacrements, qu’il ne pourrait exercer efficacement ses royales fonctions si Dieu n’était pas, dans sa vie personnelle et dans l’exercice de son autorité, le premier servi. Le roi de France est d’abord le serviteur de Dieu dans son royaume, où c’est le Christ qui règne avant tout. Saint Louis écoutait deux messes tous les matins, récitait quotidiennement de nombreuses prières, s’agenouillait 50 fois avant de se coucher et se soumettait aux plus sévères pénitences corporelles. Il nous rappelle pleinement, sept siècles plus tard, qu’une monarchie sans Dieu et qu’un souverain sans piété ne servent absolument à rien. Les monarchies du XXIe siècle, converties au diktat démocratique, nous le prouvent chaque jour...

                                     

Les vertus royales : la justice

                                                   

La première vertu royale vécue par saint Louis, qui demeure pour certains une simple image d’Épinal, mais pour nous un modèle universel, est la justice. Le roi chrétien doit d’abord réaliser dans son royaume l’exercice de la justice, une justice à l’image de celle de Dieu, le justus judex, imprégnée d’équité et de miséricorde1. Le chêne de Vincennes n’est pas qu’un stéréotype médiéval : il représente la noblesse de la justice royale, sa légitimité aux yeux de Dieu et des hommes. Ce chêne devrait toujours en être le précieux symbole alors que nous constatons avec une consternation de plus en plus inquiétante l’état purulent de la justice dans nos pays jadis chrétiens et l’infecte compromission des magistrats avec les idéologies ambiantes. S’il jugeait les grands du Royaume coupables de crimes véritables, tel le puissant sire de Coucy qui avait fait pendre des étudiants accusés de braconnage dans ses forêts, saint Louis avait à cœur d’exercer lui-même les fonctions de premier juge du royaume, comme en son temps le roi Salomon.

                                                                    

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Figure 2. Georges Rouget, Saint Louis rendant la justice, 1826, huile sur toile, château de Versailles.

                                                        

Il savait qu’il lui fallait être, selon les serments du sacre, le défenseur des veuves, des orphelins et des pauvres ; qu’il avait le devoir de soulager les misères et les souffrances. Sa justice vivait avant tout de la charité. Il œuvra aussi à la réforme et à la modernisation des institutions judiciaires du pays, en créant par exemple le Parlement de Paris en 1254, encouragea la formation des légistes dans les universités et fit surveiller l’application de la justice par les baillis locaux. Saint Louis était pleinement conscient que le roi très chrétien devait donner l’exemple de la bonne justice pour que celle-ci fût exécutée par ses sujets. Oui, comme toujours, l’exemple vient d’en haut !

                                   

Les vertus royale : l’ordre

                                                      

Le roi très chrétien, gouvernant par la justice et la sagesse, doit être le garant de l’ordre du royaume que Dieu a placé entre ses mains. Cet ordre nécessite un respect de la hiérarchie établie par le Créateur, hiérarchie que le prince se devait de respecter et de conserver. Louis IX était loin d’être acquis aux bourrasques révolutionnaires ! Si l’ordre féodal n’était pas un gage de perfection sociale absolue, il était à cette époque un moyen d’équilibrer la société occidentale à condition que les droits et les devoirs de chacun soient respectés. Le monarque, à la tête de cette pyramide sociale et politique, devait veiller au maintien de ce juste équilibre, en dépit des faiblesses et des péchés des individus. Cet ordre social se manifestait aussi par le maintien de l’unité du royaume face à toute source de division, en particulier les hérésies. « Item que de bonne foi et de ma force et puissance, j’étudierai à exterminer et à chasser de ma terre et juridiction à mes sujets tous les hérétiques qui seront dénoncés et déclarés par l’Église. » Cet extrait des serments du sacre peut passer aujourd’hui pour brutal ou suranné. Mais il faut saisir la notion d’extermination de l’hérésie dans son contexte. Saint Louis fut confronté au catharisme, qui n’était pas, comme veulent nous le faire croire les amateurs de bizarreries en tout genre, un gentil Woodstock au cœur du Moyen Âge. Hérésie religieuse, le catharisme prônait aussi un bouleversement social, promouvant l’anarchie et la violence, ce qu’un prince ne pouvait tolérer dans son royaume. Certes, de nos jours, si la monarchie sacrée était rétablie, une telle promesse choquerait la quasi-totalité de nos contemporains et ne pourrait être réalistement exécutée, quand bien même le terme « extermination » s’applique d’abord une erreur doctrinale et non à un groupe d’humains, et quand bien même l’on bannirait toute forme de violence physique ou morale. Quoi qu’il en soit, le prince chrétien doit donner l’exemple personnel de cette « extermination » de l’erreur en osant affirmer haut et fort son refus de cautionner ce qui s’oppose à sa conscience de chrétien. Le roi Baudouin de Belgique nous en a montré l’exemple lors du vote de la loi sur l’infanticide en 19902. Saint Louis fut en son temps pleinement conscient de la nécessité de maintenir l’ordre voulu par Dieu dans le royaume, en garantissant notamment la liberté et la protection de l’Église.

                                      

Le roi « très chrétien », garant de la paix                              

                         

La paix a bon dos depuis 1789. On l’invoque sans cesse pour cacher les bassesses et les petits intérêts de politiques, de financiers, de groupes de pression en tout genre. Or, la paix du Christ ne peut se faire que par le règne du Christ, comme le rappelait avec force le pape Pie XI3. La véritable paix est celle voulue par Dieu ; ce n’est pas la paix telle que le monde la donne4 et qui n’aboutit qu’à une guerre perpétuelle, le combat de Satan contre la Vérité et contre l’homme créé à l’image et ressemblance de Dieu. La paix est « la tranquillité de l’ordre » enseignait saint Augustin5. Le maintien de la paix est l’une des premières promesses du sacre : « Je promets, au nom de Jésus Christ, au peuple chrétien, à mes sujets les choses qui s’ensuivent : premièrement qu'à notre pouvoir tout le peuple chrétien garde en tout temps à l’Église de Dieu vraie paix. » La véritable paix est le fruit de la collaboration permanente entre la royauté sacrée, le peuple chrétien et l’Église enseignante ; autrement dit la vraie paix est imprégnée de la foi chrétienne. Les guerres sociales et idéologiques que nos pays jadis chrétiens subissent sont le fruit de cette laïcisation à outrance qui fonde l’essentiel des décisions politiques depuis plus de 50 ans. Lorsque l’écologisme athée remplace le respect de la vie humaine de son commencement à son terme ici-bas, lorsque l’immigrationnisme forcené méprise l’ordre fondamental de la charité enseigné par la doctrine sociale de l’Église, lorsque la mondialisation gargantuesque écrase les libertés des nations, le retour aux valeurs chrétiennes s’avère absolument nécessaire pour retrouve l’ordre et donc la paix sociale dont l’humanité a tant besoin. Saint Louis était un homme de paix. Respecté de ses vassaux et de ses voisins, il a pu garantir la paix intérieure du royaume. On comprend dès lors que son règne fut marqué par une prospérité sans précédent du pays. Ce ne sont pas les recettes bidon et les coups de baguette magique de nos gouvernants actuels qui rétabliront une authentique prospérité ; car la vraie prospérité de la France, qui fit d’elle une vitrine exceptionnelle au fil de son histoire passée, lui vient de ses racines chrétiennes et de la fidélité à son identité et à sa culture, qui sont fondées dans le pacte de Reims.

                                            

Saint Louis, gardez-nous fidèles à notre foi !

Saint Louis, priez pour la France !

Saint Louis, protégez l’aîné de vos fils !

 

Mathias Balticensis

                   

Notes :

1 Nous lisons dans l’un des serments du sacre : « Item, que je commanderai et ordonnerai en tous jugements, équité et miséricorde. »

 

2 Je n’entrerai pas dans la polémique sur la question de « l’impossibilité de régner » qui fut invoquée pour contourner l’opposition du roi Baudouin.

 

3 Pie XI, Lettre encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

 

4 Cf. Jn XIV, 27.

 

5 S. Augustin, La Cité de Dieu, livre XIX, ch. XIII, § 1.

 


19/08/2019
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Préparation spirituelle au 15 août

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Le Prieur

                    

aux membres et amis
de la Confrérie Royale
au sujet de
la préparation spirituelle à la fête du 15 août

                                 

 

Vendredi 2 août 2019.

               

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles,
Membres et Amis de la Confrérie Royale,

« Ave, Regina cœlorum ! Ave, Domina angelorum ! »
En cette fête de Notre-Dame des Anges, nos cœurs éprouvent une joie filiale à saluer avec une tendre ferveur la Très Sainte Mère de Dieu et notre Mère, que nous nous préparons dès à présent à célébrer le 15 août, non seulement pour magnifier sa glorieuse Assomption, mais plus encore pour manifester avec une amoureuse solennité sa Royauté sur la France et renouveler de toute notre ardeur spirituelle le Vœu de Sa Majesté le Roi Louis XIII, de sainte mémoire.

                        

Je désire donc en ce jour vous rappeler avec insistance que, pour un catholique français, et à combien plus forte raison pour un membre de la Confrérie Royale, sauf empêchement grave, la participation à une procession du renouvellement du Vœu de Louis XIII, selon les formes officielles précisées en leur temps par NN.SS. les Cardinaux, archevêques et évêques du Royaume (cf. > ici), ne doit pas présenter de caractère facultatif : elle s'impose à nous comme un devoir spirituel majeur.

Il est également plus que louable de préparer cette fête, véritable "fête nationale" de notre France aimée, par une neuvaine du 6 au 14 août.

                        
Pour cette neuvaine, chacun d'entre vous est libre de choisir telle ou telle prière qui est davantage chère à sa piété, mais je vous encourage, en sus, de faire vôtre et de répéter de nombreuses fois tout au long du jour, cette invocation du pape Saint Pie X :

 

« Ô Marie, conçue sans péché, regardez la France,
priez pour la France, sauvez la France !
Plus la France est coupable, plus elle a besoin de votre intercession :
un mot à Jésus reposant dans vos bras, et la France est sauvée !
Ô Jésus, obéissant à Marie, sauvez la France ! »

 

A la prière, sachons généreusement joindre des pratiques quotidiennes de mortification et de pénitence, nous souvenant de la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ rappelant que certains démons ne se peuvent chasser que si le jeûne est associé à la prière.
Or qui peut nier que la France est aujourd'hui infestée par une multitude de démons ?
Nul n'est besoin de faire les listes interminables des diverses formes d'opposition à Dieu et de révolte contre Ses saintes lois qui navrent et détruisent le Royaume des Lys en ces temps malheureux !

                       
Les chrétiens d'Orient préparent la fête du 15 août par un véritable carême : quinze jours de jeûne et d'abstinence dont les austérités sont équivalentes à celles du grand carême de préparation à Pâques, "le carême de la Dormition de la Mère de Dieu".
Pourquoi les chrétiens d'Occident, les catholiques latins, les Français qui ont un authentique souci de progrès spirituel, les membres de la Confrérie Royale, manqueraient-ils cette occasion de lutter contre l'esprit des ténèbres et contre son action destructrice contre la France ? Pourquoi manqueraient-ils ce rendez-vous avec la grâce ?
Que chacun s'interroge et s'examine loyalement devant Dieu sur ce point, puis agisse selon ce que sa conscience lui inspirera de plus généreux, sans égard aux convenances mondaines, au laisser-aller général et à l'hédonisme triomphant en cette période estivale !

       

« Vos estis sal terrae ! » (Matth. V, 13).

J'ose une accomodation de l'avertissement évangélique et m'enhardis à vous dire de manière très particulière à vous, membres de la Confrérie Royale : "Vos estis sal Galliae : vous êtes le sel de la France ! Si ce sel que vous êtes s'affadit, vous n'êtes plus bon qu'à être jetés dehors et foulés aux pieds par les hommes !"

                          
Avec l'assurance de ma profonde et fervente union,
in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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01/08/2019
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Le Précieux Sang

Lettre mensuelle aux membres
et amis
de la Confrérie Royale

- 25 juillet 2019 -

                                       

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Neuvy-Saint-Sépulchre : reliquaire du Précieux Sang de Notre-Seigneur

                                                                                                           

Le Précieux Sang 

Gage de notre salut et de notre Rédemption

 

Lorsque l’on parle des reliques de la couronne d’épine, on devrait aussi dire que des reliques du Précieux Sang ont été rapportées par le Cardinal Eudes de Châteauroux qui accompagna Saint Louis dans ses voyages en Egypte et en Terre Sainte.

A son retour, en 1254, il rapportait une pierre du Saint Sépulcre et trois gouttes de sang du Christ. Il résidait en Italie car il fut évêque de Tusculum, aux environs de Rome (Frascati). C'est de là, en juillet 1257, qu'il envoya ses reliques en Berry : "Voulant honorer, dit-il, autant que nous le pouvons, notre terre d'origine et lui donner une sauvegarde inappréciable contre les ennemis visibles et invisibles.... Nous vous envoyons le Très Précieux Sang de Notre Sauveur par lequel nous avons été rachetés et lavés de nos fautes…." 

Ainsi ces reliques très précieuses, parmi tant d’autres, sont la preuve que la dévotion au Précieux Sang fut toujours présente.
Les âmes véritablement dévotes ont toujours voulues récupérer des reliques qui seront les preuves tangibles de la véracité de l’histoire et de notre Foi. Ainsi nous nous retrouverons avec pas moins de 5 endroits en Europe ou la dévotion au Précieux Sang de Notre-Seigneur sera très active, et encore de nos jours, comme par exemple à la Basilique du Saint-Sang à Bruges en Belgique.  

                                    

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Bruges : reliquaire du Saint Sang

                                                                               

Si cela commence avec un commentaire plutôt historique, parlons maintenant de cette dévotion en elle-même.

Comme toutes les autres reliques qui touchent au Christ, elles doivent, au-delà du côté « preuve », nous montrer et nous rappeler ce que ce Sang signifie : Notre Rédemption et le gage de notre Salut, ou même la preuve et le prix de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chaque âme.

                                          

Dieu s’est fait homme et a voulu vivre parmi nous afin de montrer son amour pour nous mais aussi afin que nous écoutions de vive voix et suivions aussi le chemin du Salut, le chemin de la Vérité. La Vérité s’est révélée aux hommes et elle va devoir le « payer » par une mort affreuse précédée de la Passion qui semblera sans fin. 

                                                        

La mort de Jésus sur la Croix, fut permise par Dieu depuis toute éternité. Ce n’est pas un hasard des choses ou de l’histoire. La mort du Christ fut prévue et prophétisée. Et ainsi par sa mort et l’effusion de son très précieux sang, Il nous a racheté de nos péchés et de notre statut d’esclave du Mal. 

                                                        

Le Précieux Sang est notre chance, la preuve infinie de l’Amour de Dieu pour nous. 

Après le mois du Sacré-Cœur, le mois de juillet est traditionnellement consacré au Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la fête solennelle est célébrée le premier jour de ce mois.
Par cette fête, l'Eglise nous rappelle que c'est exclusivement par Lui, et non par le sang des taureaux et des boucs, que nous avons été rachetés. A chaque Saint Sacrifice de la Messe, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne cesse de répandre Son Précieux Sang purificateur sur le monde, appelant non la vengeance, mais la Miséricorde du Père.

                                                                     

Le sang fut depuis des siècles le symbole de la purification. Si Dieu demanda que l’on lui sacrifiât des animaux pour apaiser sa colère, ce fut dans tous les cas non pas seulement le sang en lui même mais l’acte du sacrifice qui faisait plier Dieu dans sa décision de se venger.

Mais sous la nouvelle Loi, le Sang du Christ, de Dieu Lui-même, fut la solution pour apaiser le coeur de Dieu et surtout racheter les âmes du mal dans lequel, depuis le péché originel, elles s’engouffrent quotidiennement. Une seule goutte de ce sang aurait pu suffire pour racheter le monde entier mais Jésus a voulu souffrir la Passion aussi pour nous montrer que nous aussi nous devrons souffrir pour montrer notre volonté de changement, et, de plus, que depuis la chute, bien que le Baptême efface la faute originelle, nous en subirions encore les suites : la peine et la douleur.

                                              

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Je laisse Saint Jean Chrysostome nous parler :

« Voulez-vous apprendre la vertu du sang du Christ ? Remontons à ce qui l’a figuré et rappelons-nous sa première image, en puisant aux récits de l’Écriture ancienne. C’était en Égypte, Dieu menaçait les Égyptiens d’une dixième plaie, il avait résolu de faire périr leurs premiers-nés, parce qu’ils retenaient son peuple premier-né. Mais afin que le peuple juif qu’il aimait ne risquât pas d’être frappé avec eux (car ils habitaient tous un même pays), le Seigneur lui indiqua un remède qui devait servir au discernement des Israélites et des Gentils. C’est un exemple admirable et propre à vous faire véritablement connaître la vertu du sang de Jésus-Christ. Les effets de la colère divine étaient attendus, et le messager de la mort allait de maison en maison. Que fait donc Moïse ? « Tuez, dit-il, un agneau d’un an, et de son sang, marquez vos portes ». Que dis-tu, Moïse ? Le sang d’un agneau peut-il donc préserver l’homme doué de raison ? Certainement, nous répond-il ; non parce que c’est du sang, mais parce que le sang du Seigneur y est représenté. » (Sermons)

                                               

Et saint Augustin dans le traité sur Saint Jean :

"L'Evangéliste a employé un mot soigneusement choisi. Il ne dit pas : il frappa son côté, ou, il le blessa, ou toute autre chose, mais : il ouvrit, pour nous dire que s'ouvrait d'une certaine manière la porte de vie d'où jaillirent les sacrements de l'Église, sans lesquels on n'entre pas dans la vie qui est la vraie Vie.

 Ce sang qui a été répandu, l'a été pour la rémission des péchés. Cette eau se mêle au breuvage du salut. Elle nous donne bain et boisson. C'est ce que d'avance annonçait l'ordre donné à Noé d'ouvrir, sur le côté de l'arche, une porte par où pussent passer les animaux qui devaient échapper au déluge, et qui préfiguraient l'Église. C'est en vue du même mystère que la première femme a été faite d'une des côtes de l'homme endormi, et qu'elle fut appelée vie et mère des vivants. C'est qu'elle était la figure d'un grand bien, avant le grand mal de la prévarication. Ici, nous voyons le second Adam, la tête inclinée, s'endormir sur la Croix, pour qu'une épouse lui soit formée par ce Sang et cette eau coulant de son côté, pendant son sommeil.

 O mort qui fait revivre les morts ! Quoi de plus pur que ce Sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ? »

 

Ainsi le Précieux Sang n’est pas une simple invention pieuse mais bien un objet réel de notre piété, de par le fait qu’il touche Dieu jusqu’au Coeur, sans jeu de mots. C’est l’objet du Salut et la raison de sa venue sur terre. Le plan de Dieu pour nous tous passe par la purification de l’âme et du coeur et le pardon des péchés et tout cela fut acquis au prix de son Sang. Alors lorsque nous assisterons à la Sainte Messe ou nous recevrons un Sacrement, n’oublions pas que cela fut institué par le Christ pour notre Salut par son divin Sang versé et qui fut le résultat de sa Passion et mort sur la Croix.

                            

 Abbé Hubert Stollsteiner.

                                        

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24/07/2019
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