L'Ami de la Religion et du Roi

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Lettre à la Confrérie


Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

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Confrérie Royale
Le Prieur

 

Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale
à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

                                                                                                                                                              

                     Dimanche soir 1er septembre 2019,
Anniversaire de la sainte mort du Grand Roi (+ 1er septembre 1715)

                

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles, membres de la Confrérie Royale,

 

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : ces paroles de notre Roi légitime, dans le message qu'il a publié le 17 août dernier (cf. > ici), sont un vif et énergique encouragement à tous ceux qui aiment vraiment la France et sa monarchie traditionnelle, à combattre avec un zèle toujours plus ardent les mensonges révolutionnaires et leurs conséquences actuelles.

Les membres de la Confrérie Royale doivent avoir à cœur de penser, d'agir, de vivre - chaque jour et à chaque instant du jour - comme des combattants.
Nos armes ne sont pas matérielles : nous ne sommes pas (du moins pas pour l'instant) appelés à brandir le glaive, la faux ou le fusil, pour nous engager dans un combat physique, mais nous sommes aujourd'hui mandatés en qualité de volontaires d'élite - puisque notre engagement dans la Confrérie a été une réponse libre, volontaire et généreuse à une sorte d'enrolement militaire - pour un combat incessant.
Nous ne sommes pas des soldats de salon, faits pour parader en costumes éblouissants, avec force plumes chatoyantes, fourragères rutilantes et brandebourgs dorés : nous sommes des chouans spirituels, toujours en éveil, toujours sur le qui vive, toujours prêts à en découdre, jamais disposés à nous ménager, qui ne craignent pas de déchirer leurs hardes et leur peau aux ronces des taillis dans lesquels ils sont embusqués pour être toujours prêts à fondre sur l'ennemi !

                

Il n'est pas inutile de rappeler les engagements qui ont été les nôtres lorsque, au cours de la Sainte Messe, et donc en union étroite avec le Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous sommes entrés dans la Confrérie Royale :                                                            

Engagements 

                                           

   Outre l’observance des Lois de Dieu, de l’Église et du Royaume, l’état de grâce et la tendance à la sainteté communs à tout fidèle catholique, les engagements particuliers que prend chaque confrère, et auxquels s'unissent les membres associés, sont les suivants :                      

                                      

- Pour les membres pléniers "voués" uniquement :

                                                    

- Pour les ecclésiastiques et religieux :
 o  l’utilisation pour la Cause de toutes les richesses liturgiques rappelées par l'Appel fondateur ; et pour les prêtres (voire tous, en leur for intérieur) : la mention du Roi au Canon et la postcommunion finale pour le Roi (voire juste après la Messe).             

                                              

- Pour tous :
   o la récitation du triple angélus quotidien (matin, midi et soir), auquel l’on ajoute l'oraison pour le Roi.
   o  la sanctification particulière du 25e jour de chaque mois, jour consacré de la Confrérie (redoubler de prières, travailler plus méticuleusement à sa sanctification, faire un petit pèlerinage ou une visite au Saint-Sacrement ou à un Saint, etc.).
   o  une réelle communion de prières et d’amitié spirituelle avec les autres membres, afin de réaliser le plus grand des Commandements, celui de la charité (« voyez comme ils s’aiment » disait-on des premiers Chrétiens), et le plus consolant des dogmes, celui de la communion des Saints.
   o  la prière pour l'élévation sur les autels de la Famille royale martyre de la Révolution, ainsi que toutes les vénérables figures du Royaume de France.
   le maintien et la restauration des fêtes et traditions françaises, ladécouverte de l'Ecole française de spiritualité, et toutes les bonnes oeuvres qui soutiennent la Cause, l'offrande de sacrifices, de chapelets et de Messes pro Rege et Francia, etc.

                                                      

Ces engagements sont exigeants.
Quotidiennement exigeants

Ces engagements ne sont pas pour nous faire "briller en société", ils ne nous portent ni à pérorer avec les mondains, ni à faire des courbettes avec les courtisans dégoulinants d'affectation.
En revanche cette exigence est véritablement épanouissante, stimulante et libératrice, parce qu'elle nous oblige à vivre surnaturellement, dépouillés des superficialités, constamment orientés vers des choses graves et essentielles, en stricte conformité avec les desseins de Dieu, manifestés au travers de nos grands saints et souverains : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, Clovis et Saint Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jeanne d'Arc, Louis XIII et Louis XIV, Sainte Marguerite-Marie et Madame Elisabeth, les innombrables martyrs de la révolution, Henri V... et tant d'autres qu'il n'est pas possible de nommer tous.

                                                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : Non seulement nous ne devons en rien relâcher nos exigences, mais nous devons chaque jour intensifier notre effort de prière, et intensifier nos offensives spirituelles contre les idéologies pernicieuses dénoncées par notre Roi, intensifier nos ripostes priantes contre les assauts répétés de l'enfer déchaîné, inspirateur de la révolution.

                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : contre les attaques multiformes de l'idéologie révolutionnaire, j'invite instamment tous les membres de la Confrérie Royale à recourir à l'intercession et au soutien des Saints Anges, et en particulier de Saint Michel archange, en récitant chaque jour - et même plusieurs fois par jour - à l'intention du Royaume de France, la prière "Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat... etc." ["Sancte Michael archangele, defende nos in proelio... etc."] composée par le pape Léon XIII pour être récitée à la fin de toutes les messes basses, ainsi que d'autres prières à Saint Michel destinées à contrer les manœuvres diaboliques qui se multiplient pour empêcher toute entreprise de restauration de la monarchie traditionnelle.
J'invite également tous les prêtres membres de la Confrérie Royale à utiliser fréquemment les exorcismes qu'il leur est licite de réciter, pour protéger notre Roi légitime et le Royaume des Lys.

             

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : C'est aussi pour cela, à fin de développer, affermir et intensifier l'indispensable vie intérieure des membres de la Confrérie Royale et des Légitimistes, que nous avons résolu de proposer de plus nombreuses récollections et journées de formation spirituelle.
Dès à présent, certaines propositions vous seront présentées ci-dessous.
Mais en outre, moi-même, en qualité de Prieur, et les prêtres membres de la Confrérie Royale, en fonction de leurs disponibilités, sommes également disposés à répondre aux appels des Légitimistes pour nous déplacer dans le Royaume et animer ces récollections ou conférences spirituelles que vous pourriez avoir l'initiative d'organiser : vous pouvez donc entrer en contact avec nous pour cela. 
                                       

Ainsi, devant me rendre à Paris au cours de l'automne qui vient, je propose aux Légitimistes de la capitale et de ses environs, membres ou amis de la Confrérie Royale, de réserver les dimanches 6 octobre et 24 novembre pour, chacun de ces dimanches, une journée de récollection (les programmes en seront diffusés très prochainement).

            

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : la formation et le développement spirituels ne peuvent se passer de l'approfondissement de la doctrine légitimiste et de l'étude.
Depuis ses origines, la Confrérie Royale entretient des liens étroits d'amitié et de collaboration avec l'Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). La Confrérie et l'UCLF sont deux mouvements indépendants, mais complémentaires. Il n'y a pas de confusion entre les deux, mais une étroite collaboration. Voilà pourquoi je veux, avec insistance, inviter les membres de la Confrérie Royale, s'ils n'en sont pas déjà membres, à rejoindre des cercles légitimistes d'étude et de travail.

Il en existe d'anciens, déjà bien rôdés, qu'il est aisé de rejoindre ; il en est de nouveaux qui viennent de se créer et qu'il faut renforcer ; et il y a des provinces où n'existent pas encore de cercles, mais où c'est peut-être à vous d'œuvrer pour qu'il en existe. Il n'est pas convenable que les membres de notre Confrérie aient des mentalités de "consommateurs" passifs : il est indispensable qu'ils soient des moteurs, des entraîneurs, des zélateurs !

                 

Que Notre-Dame du Bon Conseil vous guide et vous obtienne tous les dons du Très-Haut qui feront de vous de véritables Apôtres qui gagneront des cœurs, des intelligences, des volontés enthousiastes, des âmes et des esprits à la Légitimité que nous sommes fiers de servir.

                      

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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01/09/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 août 2019.

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale
pour le
25 août 2019

Fête de Saint Louis

 

Saint Louis, modèle de gouvernance pour notre temps ?

                                   

Alors que nous fêtons en ce jour le 749e anniversaire de la naissance au Ciel du saint roi Louis IX (1214-1270), ce qui annonce un beau jubilé pour l’année 2020, nous ne pouvons pas ne pas relire sa vie et son œuvre à la lumière de l’enseignement, et en particulier de la doctrine sociale de l’Église. En notre triste époque où la saine politique est galvaudée par les profiteurs de systèmes en tout genre, dont la seule foi est le profit et la seule loi l’orgueil du non serviam, l’exemple de saint Louis n’est pas un fantasme de réac ni un pieux rêve de bigote. Bien au contraire, l’actualité toujours permanente des saints se manifeste spécialement à travers la vie des saints laïcs qui ont su transmettre des exemples concrets de correspondance au quotidien avec l’enseignement pérenne de l’Église. Et si malheureusement, en ces temps de délire complet, de nombreux hommes d’Église se sont convertis à la démocratie et au républicanisme – o tempora, o mores ! – cette mode ne doit pas nous faire oublier que la monarchie chrétienne est le régime politique le plus analogue au gouvernement divin. Si Dieu était démocrate, Satan l’aurait renversé ! aurait pu dire M. de La Palice...

                                                  

Le « très chrétien » : la base religieuse du bon gouvernement

                                        

Louis IX est le modèle par excellence du « roi très chrétien ». Ce titre glorieux offert par les papes aux rois de France n’est pas juste une belle récompense. Elle implique des devoirs moraux et spirituels que, l’humanité pécheresse étant, un certain nombre de nos rois n’ont pas toujours été de fidèles observants. À l’âge d’or de la Chrétienté, ce beau XIIIe siècle, saint Louis incarne le « très chrétien », le prince qui, au jour du sacre de Reims, a reçu l’onction qui a fait de lui un personnage sacré, le lieutenant du Christ dans le beau pays de France, l’évêque du dehors chargé de protéger et de défendre les intérêts de la sainte religion. Les serments du sacre, pieusement et jalousement conservés jusqu’à celui de Charles X en 1825, insistent sur les devoirs graves qui incombaient au souverain.

                                                                          

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Figure 1. Saint Louis lavant les pieds des pauvres, miniature du maître du Cardinal de Bourbon, XVe siècle tirée du Livre des faiz Monseigneur saint Loys jadis roy de France, BNF.

                                                     

Tout au long de son règne, Louis IX fut parfaitement conscient de ses obligations et de sa responsabilité immense devant Dieu. Il avait aussi la certitude, une certitude renforcée par la grâce de la prière et des sacrements, qu’il ne pourrait exercer efficacement ses royales fonctions si Dieu n’était pas, dans sa vie personnelle et dans l’exercice de son autorité, le premier servi. Le roi de France est d’abord le serviteur de Dieu dans son royaume, où c’est le Christ qui règne avant tout. Saint Louis écoutait deux messes tous les matins, récitait quotidiennement de nombreuses prières, s’agenouillait 50 fois avant de se coucher et se soumettait aux plus sévères pénitences corporelles. Il nous rappelle pleinement, sept siècles plus tard, qu’une monarchie sans Dieu et qu’un souverain sans piété ne servent absolument à rien. Les monarchies du XXIe siècle, converties au diktat démocratique, nous le prouvent chaque jour...

                                     

Les vertus royales : la justice

                                                   

La première vertu royale vécue par saint Louis, qui demeure pour certains une simple image d’Épinal, mais pour nous un modèle universel, est la justice. Le roi chrétien doit d’abord réaliser dans son royaume l’exercice de la justice, une justice à l’image de celle de Dieu, le justus judex, imprégnée d’équité et de miséricorde1. Le chêne de Vincennes n’est pas qu’un stéréotype médiéval : il représente la noblesse de la justice royale, sa légitimité aux yeux de Dieu et des hommes. Ce chêne devrait toujours en être le précieux symbole alors que nous constatons avec une consternation de plus en plus inquiétante l’état purulent de la justice dans nos pays jadis chrétiens et l’infecte compromission des magistrats avec les idéologies ambiantes. S’il jugeait les grands du Royaume coupables de crimes véritables, tel le puissant sire de Coucy qui avait fait pendre des étudiants accusés de braconnage dans ses forêts, saint Louis avait à cœur d’exercer lui-même les fonctions de premier juge du royaume, comme en son temps le roi Salomon.

                                                                    

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Figure 2. Georges Rouget, Saint Louis rendant la justice, 1826, huile sur toile, château de Versailles.

                                                        

Il savait qu’il lui fallait être, selon les serments du sacre, le défenseur des veuves, des orphelins et des pauvres ; qu’il avait le devoir de soulager les misères et les souffrances. Sa justice vivait avant tout de la charité. Il œuvra aussi à la réforme et à la modernisation des institutions judiciaires du pays, en créant par exemple le Parlement de Paris en 1254, encouragea la formation des légistes dans les universités et fit surveiller l’application de la justice par les baillis locaux. Saint Louis était pleinement conscient que le roi très chrétien devait donner l’exemple de la bonne justice pour que celle-ci fût exécutée par ses sujets. Oui, comme toujours, l’exemple vient d’en haut !

                                   

Les vertus royale : l’ordre

                                                      

Le roi très chrétien, gouvernant par la justice et la sagesse, doit être le garant de l’ordre du royaume que Dieu a placé entre ses mains. Cet ordre nécessite un respect de la hiérarchie établie par le Créateur, hiérarchie que le prince se devait de respecter et de conserver. Louis IX était loin d’être acquis aux bourrasques révolutionnaires ! Si l’ordre féodal n’était pas un gage de perfection sociale absolue, il était à cette époque un moyen d’équilibrer la société occidentale à condition que les droits et les devoirs de chacun soient respectés. Le monarque, à la tête de cette pyramide sociale et politique, devait veiller au maintien de ce juste équilibre, en dépit des faiblesses et des péchés des individus. Cet ordre social se manifestait aussi par le maintien de l’unité du royaume face à toute source de division, en particulier les hérésies. « Item que de bonne foi et de ma force et puissance, j’étudierai à exterminer et à chasser de ma terre et juridiction à mes sujets tous les hérétiques qui seront dénoncés et déclarés par l’Église. » Cet extrait des serments du sacre peut passer aujourd’hui pour brutal ou suranné. Mais il faut saisir la notion d’extermination de l’hérésie dans son contexte. Saint Louis fut confronté au catharisme, qui n’était pas, comme veulent nous le faire croire les amateurs de bizarreries en tout genre, un gentil Woodstock au cœur du Moyen Âge. Hérésie religieuse, le catharisme prônait aussi un bouleversement social, promouvant l’anarchie et la violence, ce qu’un prince ne pouvait tolérer dans son royaume. Certes, de nos jours, si la monarchie sacrée était rétablie, une telle promesse choquerait la quasi-totalité de nos contemporains et ne pourrait être réalistement exécutée, quand bien même le terme « extermination » s’applique d’abord une erreur doctrinale et non à un groupe d’humains, et quand bien même l’on bannirait toute forme de violence physique ou morale. Quoi qu’il en soit, le prince chrétien doit donner l’exemple personnel de cette « extermination » de l’erreur en osant affirmer haut et fort son refus de cautionner ce qui s’oppose à sa conscience de chrétien. Le roi Baudouin de Belgique nous en a montré l’exemple lors du vote de la loi sur l’infanticide en 19902. Saint Louis fut en son temps pleinement conscient de la nécessité de maintenir l’ordre voulu par Dieu dans le royaume, en garantissant notamment la liberté et la protection de l’Église.

                                      

Le roi « très chrétien », garant de la paix                              

                         

La paix a bon dos depuis 1789. On l’invoque sans cesse pour cacher les bassesses et les petits intérêts de politiques, de financiers, de groupes de pression en tout genre. Or, la paix du Christ ne peut se faire que par le règne du Christ, comme le rappelait avec force le pape Pie XI3. La véritable paix est celle voulue par Dieu ; ce n’est pas la paix telle que le monde la donne4 et qui n’aboutit qu’à une guerre perpétuelle, le combat de Satan contre la Vérité et contre l’homme créé à l’image et ressemblance de Dieu. La paix est « la tranquillité de l’ordre » enseignait saint Augustin5. Le maintien de la paix est l’une des premières promesses du sacre : « Je promets, au nom de Jésus Christ, au peuple chrétien, à mes sujets les choses qui s’ensuivent : premièrement qu'à notre pouvoir tout le peuple chrétien garde en tout temps à l’Église de Dieu vraie paix. » La véritable paix est le fruit de la collaboration permanente entre la royauté sacrée, le peuple chrétien et l’Église enseignante ; autrement dit la vraie paix est imprégnée de la foi chrétienne. Les guerres sociales et idéologiques que nos pays jadis chrétiens subissent sont le fruit de cette laïcisation à outrance qui fonde l’essentiel des décisions politiques depuis plus de 50 ans. Lorsque l’écologisme athée remplace le respect de la vie humaine de son commencement à son terme ici-bas, lorsque l’immigrationnisme forcené méprise l’ordre fondamental de la charité enseigné par la doctrine sociale de l’Église, lorsque la mondialisation gargantuesque écrase les libertés des nations, le retour aux valeurs chrétiennes s’avère absolument nécessaire pour retrouve l’ordre et donc la paix sociale dont l’humanité a tant besoin. Saint Louis était un homme de paix. Respecté de ses vassaux et de ses voisins, il a pu garantir la paix intérieure du royaume. On comprend dès lors que son règne fut marqué par une prospérité sans précédent du pays. Ce ne sont pas les recettes bidon et les coups de baguette magique de nos gouvernants actuels qui rétabliront une authentique prospérité ; car la vraie prospérité de la France, qui fit d’elle une vitrine exceptionnelle au fil de son histoire passée, lui vient de ses racines chrétiennes et de la fidélité à son identité et à sa culture, qui sont fondées dans le pacte de Reims.

                                            

Saint Louis, gardez-nous fidèles à notre foi !

Saint Louis, priez pour la France !

Saint Louis, protégez l’aîné de vos fils !

 

Mathias Balticensis

                   

Notes :

1 Nous lisons dans l’un des serments du sacre : « Item, que je commanderai et ordonnerai en tous jugements, équité et miséricorde. »

 

2 Je n’entrerai pas dans la polémique sur la question de « l’impossibilité de régner » qui fut invoquée pour contourner l’opposition du roi Baudouin.

 

3 Pie XI, Lettre encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

 

4 Cf. Jn XIV, 27.

 

5 S. Augustin, La Cité de Dieu, livre XIX, ch. XIII, § 1.

 


19/08/2019
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Préparation spirituelle au 15 août

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Le Prieur

                    

aux membres et amis
de la Confrérie Royale
au sujet de
la préparation spirituelle à la fête du 15 août

                                 

 

Vendredi 2 août 2019.

               

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles,
Membres et Amis de la Confrérie Royale,

« Ave, Regina cœlorum ! Ave, Domina angelorum ! »
En cette fête de Notre-Dame des Anges, nos cœurs éprouvent une joie filiale à saluer avec une tendre ferveur la Très Sainte Mère de Dieu et notre Mère, que nous nous préparons dès à présent à célébrer le 15 août, non seulement pour magnifier sa glorieuse Assomption, mais plus encore pour manifester avec une amoureuse solennité sa Royauté sur la France et renouveler de toute notre ardeur spirituelle le Vœu de Sa Majesté le Roi Louis XIII, de sainte mémoire.

                        

Je désire donc en ce jour vous rappeler avec insistance que, pour un catholique français, et à combien plus forte raison pour un membre de la Confrérie Royale, sauf empêchement grave, la participation à une procession du renouvellement du Vœu de Louis XIII, selon les formes officielles précisées en leur temps par NN.SS. les Cardinaux, archevêques et évêques du Royaume (cf. > ici), ne doit pas présenter de caractère facultatif : elle s'impose à nous comme un devoir spirituel majeur.

Il est également plus que louable de préparer cette fête, véritable "fête nationale" de notre France aimée, par une neuvaine du 6 au 14 août.

                        
Pour cette neuvaine, chacun d'entre vous est libre de choisir telle ou telle prière qui est davantage chère à sa piété, mais je vous encourage, en sus, de faire vôtre et de répéter de nombreuses fois tout au long du jour, cette invocation du pape Saint Pie X :

 

« Ô Marie, conçue sans péché, regardez la France,
priez pour la France, sauvez la France !
Plus la France est coupable, plus elle a besoin de votre intercession :
un mot à Jésus reposant dans vos bras, et la France est sauvée !
Ô Jésus, obéissant à Marie, sauvez la France ! »

 

A la prière, sachons généreusement joindre des pratiques quotidiennes de mortification et de pénitence, nous souvenant de la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ rappelant que certains démons ne se peuvent chasser que si le jeûne est associé à la prière.
Or qui peut nier que la France est aujourd'hui infestée par une multitude de démons ?
Nul n'est besoin de faire les listes interminables des diverses formes d'opposition à Dieu et de révolte contre Ses saintes lois qui navrent et détruisent le Royaume des Lys en ces temps malheureux !

                       
Les chrétiens d'Orient préparent la fête du 15 août par un véritable carême : quinze jours de jeûne et d'abstinence dont les austérités sont équivalentes à celles du grand carême de préparation à Pâques, "le carême de la Dormition de la Mère de Dieu".
Pourquoi les chrétiens d'Occident, les catholiques latins, les Français qui ont un authentique souci de progrès spirituel, les membres de la Confrérie Royale, manqueraient-ils cette occasion de lutter contre l'esprit des ténèbres et contre son action destructrice contre la France ? Pourquoi manqueraient-ils ce rendez-vous avec la grâce ?
Que chacun s'interroge et s'examine loyalement devant Dieu sur ce point, puis agisse selon ce que sa conscience lui inspirera de plus généreux, sans égard aux convenances mondaines, au laisser-aller général et à l'hédonisme triomphant en cette période estivale !

       

« Vos estis sal terrae ! » (Matth. V, 13).

J'ose une accomodation de l'avertissement évangélique et m'enhardis à vous dire de manière très particulière à vous, membres de la Confrérie Royale : "Vos estis sal Galliae : vous êtes le sel de la France ! Si ce sel que vous êtes s'affadit, vous n'êtes plus bon qu'à être jetés dehors et foulés aux pieds par les hommes !"

                          
Avec l'assurance de ma profonde et fervente union,
in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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01/08/2019
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Le Précieux Sang

Lettre mensuelle aux membres
et amis
de la Confrérie Royale

- 25 juillet 2019 -

                                       

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Neuvy-Saint-Sépulchre : reliquaire du Précieux Sang de Notre-Seigneur

                                                                                                           

Le Précieux Sang 

Gage de notre salut et de notre Rédemption

 

Lorsque l’on parle des reliques de la couronne d’épine, on devrait aussi dire que des reliques du Précieux Sang ont été rapportées par le Cardinal Eudes de Châteauroux qui accompagna Saint Louis dans ses voyages en Egypte et en Terre Sainte.

A son retour, en 1254, il rapportait une pierre du Saint Sépulcre et trois gouttes de sang du Christ. Il résidait en Italie car il fut évêque de Tusculum, aux environs de Rome (Frascati). C'est de là, en juillet 1257, qu'il envoya ses reliques en Berry : "Voulant honorer, dit-il, autant que nous le pouvons, notre terre d'origine et lui donner une sauvegarde inappréciable contre les ennemis visibles et invisibles.... Nous vous envoyons le Très Précieux Sang de Notre Sauveur par lequel nous avons été rachetés et lavés de nos fautes…." 

Ainsi ces reliques très précieuses, parmi tant d’autres, sont la preuve que la dévotion au Précieux Sang fut toujours présente.
Les âmes véritablement dévotes ont toujours voulues récupérer des reliques qui seront les preuves tangibles de la véracité de l’histoire et de notre Foi. Ainsi nous nous retrouverons avec pas moins de 5 endroits en Europe ou la dévotion au Précieux Sang de Notre-Seigneur sera très active, et encore de nos jours, comme par exemple à la Basilique du Saint-Sang à Bruges en Belgique.  

                                    

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Bruges : reliquaire du Saint Sang

                                                                               

Si cela commence avec un commentaire plutôt historique, parlons maintenant de cette dévotion en elle-même.

Comme toutes les autres reliques qui touchent au Christ, elles doivent, au-delà du côté « preuve », nous montrer et nous rappeler ce que ce Sang signifie : Notre Rédemption et le gage de notre Salut, ou même la preuve et le prix de l’amour de Dieu pour les hommes, pour chaque âme.

                                          

Dieu s’est fait homme et a voulu vivre parmi nous afin de montrer son amour pour nous mais aussi afin que nous écoutions de vive voix et suivions aussi le chemin du Salut, le chemin de la Vérité. La Vérité s’est révélée aux hommes et elle va devoir le « payer » par une mort affreuse précédée de la Passion qui semblera sans fin. 

                                                        

La mort de Jésus sur la Croix, fut permise par Dieu depuis toute éternité. Ce n’est pas un hasard des choses ou de l’histoire. La mort du Christ fut prévue et prophétisée. Et ainsi par sa mort et l’effusion de son très précieux sang, Il nous a racheté de nos péchés et de notre statut d’esclave du Mal. 

                                                        

Le Précieux Sang est notre chance, la preuve infinie de l’Amour de Dieu pour nous. 

Après le mois du Sacré-Cœur, le mois de juillet est traditionnellement consacré au Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la fête solennelle est célébrée le premier jour de ce mois.
Par cette fête, l'Eglise nous rappelle que c'est exclusivement par Lui, et non par le sang des taureaux et des boucs, que nous avons été rachetés. A chaque Saint Sacrifice de la Messe, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne cesse de répandre Son Précieux Sang purificateur sur le monde, appelant non la vengeance, mais la Miséricorde du Père.

                                                                     

Le sang fut depuis des siècles le symbole de la purification. Si Dieu demanda que l’on lui sacrifiât des animaux pour apaiser sa colère, ce fut dans tous les cas non pas seulement le sang en lui même mais l’acte du sacrifice qui faisait plier Dieu dans sa décision de se venger.

Mais sous la nouvelle Loi, le Sang du Christ, de Dieu Lui-même, fut la solution pour apaiser le coeur de Dieu et surtout racheter les âmes du mal dans lequel, depuis le péché originel, elles s’engouffrent quotidiennement. Une seule goutte de ce sang aurait pu suffire pour racheter le monde entier mais Jésus a voulu souffrir la Passion aussi pour nous montrer que nous aussi nous devrons souffrir pour montrer notre volonté de changement, et, de plus, que depuis la chute, bien que le Baptême efface la faute originelle, nous en subirions encore les suites : la peine et la douleur.

                                              

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Je laisse Saint Jean Chrysostome nous parler :

« Voulez-vous apprendre la vertu du sang du Christ ? Remontons à ce qui l’a figuré et rappelons-nous sa première image, en puisant aux récits de l’Écriture ancienne. C’était en Égypte, Dieu menaçait les Égyptiens d’une dixième plaie, il avait résolu de faire périr leurs premiers-nés, parce qu’ils retenaient son peuple premier-né. Mais afin que le peuple juif qu’il aimait ne risquât pas d’être frappé avec eux (car ils habitaient tous un même pays), le Seigneur lui indiqua un remède qui devait servir au discernement des Israélites et des Gentils. C’est un exemple admirable et propre à vous faire véritablement connaître la vertu du sang de Jésus-Christ. Les effets de la colère divine étaient attendus, et le messager de la mort allait de maison en maison. Que fait donc Moïse ? « Tuez, dit-il, un agneau d’un an, et de son sang, marquez vos portes ». Que dis-tu, Moïse ? Le sang d’un agneau peut-il donc préserver l’homme doué de raison ? Certainement, nous répond-il ; non parce que c’est du sang, mais parce que le sang du Seigneur y est représenté. » (Sermons)

                                               

Et saint Augustin dans le traité sur Saint Jean :

"L'Evangéliste a employé un mot soigneusement choisi. Il ne dit pas : il frappa son côté, ou, il le blessa, ou toute autre chose, mais : il ouvrit, pour nous dire que s'ouvrait d'une certaine manière la porte de vie d'où jaillirent les sacrements de l'Église, sans lesquels on n'entre pas dans la vie qui est la vraie Vie.

 Ce sang qui a été répandu, l'a été pour la rémission des péchés. Cette eau se mêle au breuvage du salut. Elle nous donne bain et boisson. C'est ce que d'avance annonçait l'ordre donné à Noé d'ouvrir, sur le côté de l'arche, une porte par où pussent passer les animaux qui devaient échapper au déluge, et qui préfiguraient l'Église. C'est en vue du même mystère que la première femme a été faite d'une des côtes de l'homme endormi, et qu'elle fut appelée vie et mère des vivants. C'est qu'elle était la figure d'un grand bien, avant le grand mal de la prévarication. Ici, nous voyons le second Adam, la tête inclinée, s'endormir sur la Croix, pour qu'une épouse lui soit formée par ce Sang et cette eau coulant de son côté, pendant son sommeil.

 O mort qui fait revivre les morts ! Quoi de plus pur que ce Sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ? »

 

Ainsi le Précieux Sang n’est pas une simple invention pieuse mais bien un objet réel de notre piété, de par le fait qu’il touche Dieu jusqu’au Coeur, sans jeu de mots. C’est l’objet du Salut et la raison de sa venue sur terre. Le plan de Dieu pour nous tous passe par la purification de l’âme et du coeur et le pardon des péchés et tout cela fut acquis au prix de son Sang. Alors lorsque nous assisterons à la Sainte Messe ou nous recevrons un Sacrement, n’oublions pas que cela fut institué par le Christ pour notre Salut par son divin Sang versé et qui fut le résultat de sa Passion et mort sur la Croix.

                            

 Abbé Hubert Stollsteiner.

                                        

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24/07/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 juin 2019.

De la conjuration sans fin

  

L'état présent du monde, de l'Eglise, de notre pays ne manque pas d'attrister nos cœurs et d'obscurcir nos esprits. Comment garder la tête froide, conserver l'espérance, faire grandir la foi lorsque tout semble s'écrouler par pans entiers dans le fracas des rumeurs et des mensonges ? La tentation est de se recroqueviller en de petites chapelles, de cultiver son quant-à-soi, d'entretenir son pessimisme, d'annoncer l'apocalypse tout en demeurant les bras ballants. Pour ne pas sombrer, il faut regarder en arrière, se souvenir de l'histoire, celles qu'ont écrite nos aïeux, pour le meilleur et pour le pire. Car, dans le passé, se trouve la racine du mal moderne. En comprendre les ressorts permet d'être moins désarmé, de repérer l'ennemi, d'échapper à ses stratagèmes et d'organiser la contre-attaque.

                                   

Notre Seigneur ne nous a jamais promis un parcours de santé. Il ne nous a pas annoncé le plaisir à chaque tournant du chemin. Bien au contraire, Il n'a cessé de nous avertir sur ce qui attendait le disciple fidèle : renoncement, croix, rejet, persécution, mort. Pas de quoi enthousiasmer les foules, pas même celles qui se disent aujourd'hui « catholiques » et pour lesquelles la foi se résume à un menu relativiste et personnalisé où la tolérance et le vivre-ensemble prennent plus de place que l'amour de la vérité et l'exercice héroïque de la charité. Il n'a jamais proclamé que la récompense serait donnée en ce monde, et si Il a bien déclaré que les puissances de l'enfer ne prévaudraient pas contre l'Eglise, Il n'a jamais sous-entendu que cette dernière serait couronnée de lauriers par le monde qui ne pouvait et qui ne peut que la haïr. Comme nous ne sommes pas des catholiques des âges d’or de l’Église et que nous ne connaissons pas encore de persécution sanglante, nous avons pris l’habitude de nous être installés confortablement dans une foi qui ne dérange guère, qui n’est souvent que la cerise sur le gâteau, ou, pire, la cinquième roue du carrosse. Le moindre effort nous coûte et le mot même de sacrifice nous épouvante et nous dégoûte. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien embourbés dans le monde. Un chrétien du XIIIème siècle serait bien surpris de nous découvrir car nous n’avons pas beaucoup de points communs avec lui. Y compris dans les milieux de la « tradition », les fidèles présentent souvent un vernis qu’ils confondent avec l’essence. Les structures sont faibles, la colonne vertébrale inexistante, tout l’édifice est fragilisé. A la moindre épreuve, voilà que tout s’écroule. Nous nous consumons aussi rapidement que l’étrange incendie de Notre-Dame a dévoré la cathédrale. Pourquoi donc sommes-nous si vulnérables alors que nous avons la prétention de confesser une foi identique à celle de nos pères ?

                        

Nous sommes en grande partie des héritiers inconscients du contenu de l’héritage que nous avons reçu. Tout est pêle-mêle dans le coffret remis entre nos mains, le pire et le meilleur. Nous savons bien que lorsque ces deux-là sont mélangés, le pire finit toujours par l’emporter, d’autant plus que le monde environnant n’aide pas à résister, à réfléchir, à discerner. Alors nous pataugeons comme nous pouvons, esseulés et abandonnés que nous sommes, alors que le phare romain, qui avait brillé pendant deux millénaires, s’essouffle soudain et ne brille plus que par intermittence. Il nous faut comprendre de qui et de quoi nous sommes les héritiers pour pouvoir réagir comme il se doit. Il ne s’agit pas d’être grand clerc et de décortiquer l’histoire pour que la vérité saute aux yeux. Le poète Lamartine écrivait : « Toute civilisation qui ne vient pas de l’idée de Dieu est fausse. Toute civilisation qui n’aboutit pas à l’idée de Dieu est courte. Toute civilisation qui n’est pas pénétrée de l’idée de Dieu est froide et vide. La dernière expression d’une civilisation parfaite, c’est Dieu mieux vu, mieux adoré, mieux servi par les hommes. » Cette vision est certes un peu romantique et les termes mériteraient des éclaircissements et des précisions, mais l’intuition est juste. Depuis que la civilisation n’a plus Dieu comme assise, comme guide et comme but, elle erre et elle s’étiole. Encore faut-il qu’il s’agisse du vrai Dieu, celui révélé par le Christ, et non point une mauvaise et fausse copie, une singerie diabolique, comme les dieux adorés dans les fausses religions. Nous allons dire que nous adorons vraiment Dieu, celui de la Révélation. Cela est possible, mais nous devrions y regarder à deux fois car ce Dieu a été tellement défiguré depuis plusieurs siècles dans notre pays et sur le continent européen. Robespierre lui-même croyait en Dieu et lutta contre l’athéisme révolutionnaire. Mais quel Dieu ? Un mot ne suffit pas à établir la vérité. Si l’objet de l’intelligence est mauvais, le vocabulaire aura beau être pieux, l’ensemble ne sera pas simplement vide mais également néfaste et faux. Beaucoup de personnes parlent aujourd’hui de Dieu, y compris dans les loges maçonniques. Nous ne sommes pas à une époque de vide religieux, mais plutôt de trop-plein qui est du poison. Or, la confusion semée dans les esprits en ce qui concerne Dieu ne date pas d’hier. Elle est ancienne et, comme elle vient du diable, elle a tissé patiemment sa toile, durant des siècles, passant inaperçue très longtemps, puis s’imposant tout à fait. En fait, il existe une conjuration qui a pris racine dès la fin du Moyen Age et qui n’a cessé de prendre de l’embonpoint. Certaines saines réactions l’ont parfois réduite au silence quelque temps, la poussant à un régime amaigrissant, mais, rapidement elle a repris du poids dès que l’occasion s’en présentait. Cette conjuration est celle dirigée contre la religion catholique (pas d’abord le christianisme mais le catholicisme romain). Deux civilisations sont face à face : la catholique, et l’autre qui n’existe qu’en opposition avec la première et toujours sur les ruines de la première car elle est incapable de créer quoi que ce soit par elle-même. Le Malin ne peut rien inventer, rien produire, rien construire. Il singe et il parasite. La civilisation moderne a surgi et n’a survécu, grassement, que comme corps étranger s’incrustant dans un corps sain, la civilisation chrétienne (catholique uniquement, puisque toute l’Europe n’est ce qu’elle est que grâce au travail de l’Église, de ses moines, de ses théologiens, de ses artistes).

                                       

La fin dernière de l’homme est la félicité, comme l’a si bien décrit Bossuet dans ses Méditations sur l’Evangile. Ce bonheur ne se trouve qu’en Dieu, tel est le programme des Béatitudes. L’Église n’a jamais enseigné un autre message, jusqu’à ce qu’elle se laisse séduire par les sirènes de la civilisation moderne qui, elle, affirme que le bonheur est dans la jouissance personnelle. D’un côté, le mérite pour le salut éternel, de l’autre, le plaisir éphémère pour une satisfaction terrestre. Il faut choisir entre les deux. Le problème est que, surtout depuis la Renaissance, puis la secousse de l’hérésie protestante, et encore plus la Révolution fille des Lumières et de la franc-maçonnerie, le message est brouillé au sein de l’Église où tant se sont laissé tromper et ont décidé, d’abord avec le modernisme puis avec le concile Vatican II, de rendre hommage au monde et de déposer les armes. Ce furent les épousailles de la carpe et du lapin. Un tel couple est stérile et celui des deux qui est pur perd son innocence en se livrant à l’autre. Le Syllabus de Pie IX a parfaitement souligné ces aberrations et il est plus que jamais d’actualité car il dénonce les erreurs qui ont fructifié à notre époque. Le P. Pierre de Clorivière, jésuite de l’ancienne Compagnie survivant dans le tumulte de la Révolution, écrivait en 1794 dans ses Vues sur l’avenir : « Le grand effort de l’enfer, maintenant surtout, tend à séparer l’homme de Jésus-Christ, à le mettre dans l’inimitié de Jésus-Christ. Tous les biens que Dieu a faits à l’homme, c’est en vue de Jésus-Christ qu’Il les a faits. Jésus-Christ est le flambeau du monde. En s’écartant de Lui, les peuples, comme les individus, se replongent dans les ténèbres. Il en sera toujours ainsi. » Du trouble intellectuel causé par la querelle des universaux à la fin du Moyen-Age, à l’amour immodéré de l’antique et de l’homme à la Renaissance avec Pétrarque, Alberti, Erasme même, à l’hérésie de Luther et de Calvin, aux philosophes des Lumières, Rousseau aussi bien que Voltaire, à l’instauration des loges maçonniques, à la grande Révolution et aux petites qui vont suivre, tout se tient par un fil invisible au début, puis de plus en plus net : la haine du catholicisme et le souhait de le remplacer par une nouvelle religion, au départ encore chrétienne par certains aspects, puis totalement étrangère. Notre religion moderne, héritière de cette conspiration, est le moi, d’ailleurs souvent et de plus en plus indifférencié dans la masse, dans la nasse des moi qui s’additionnent, se confondent mais qui ont la prétention de se suffire à eux-mêmes, d’être maîtres de leur origine et de leur fin. Le bonheur n’est plus réduit qu’à une somme indéfinie, infinie de plaisirs médiocres ou franchement mauvais qui sont déclinés jusqu’à la nausée. L’homme moderne est riche et malheureux. Ce n’est même plus la civilisation moderne, qui comportait en elle des idées chrétiennes devenues débridées, mais une société post-contemporaine composée d’invertébrés déprimés parce que gavés.

                                        

 

Personne ne peut dire qu’il n’est pas, peu ou prou, tributaire de cette nouvelle manière d’être (ou de ne pas être). Nous sommes tous touchés par le poison ; le seul remède est une vigilance de chaque instant et une exigence envers soi-même qui ne laisse la porte ouverte aux influences pourries. Travail titanesque, héroïque ? Plus que cela : travail de la sainteté, c’est-à-dire l’abandon de sa volonté propre à l’oeuvre de la grâce. La seule richesse qui importe est l’homme intérieur. Tout le reste passe et ne laisse aucune trace. Quelle est notre priorité ? Celle de plaire au monde ou celle de vivre déjà de la vie éternelle ? Le choix demande des sacrifices. Le royaume des cieux n’est pas de ce monde, mais nous pouvons vivre ici-bas comme un préambule pour le royaume qui ne passe pas.

 

 

P.Jean-François Thomas s.j.

S. François Caracciolo

4 juin 2019

                             

 

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Le Greco : l'adoration du Saint Nom de Jésus

 


21/06/2019
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Lettre du 25 mai

Lettre du 25 mai
aux membres et amis
de la Confrérie royale
 

Notre-Dame,
de l’incendie inattendu
au relèvement espéré

 
 
Les images de la charpente en feu de la cathédrale-basilique Notre-Dame de Paris, en ce début de Semaine Sainte, restent gravées dans nos esprits. Un curé parisien nous confiait récemment que les prêtres de la capitale ne s’en sont toujours pas remis. C’est l’église paroissiale de nos Rois, Saint-Germain-l’Auxerrois, qui accueillera  ordinairement – en attendant la reconstruction – Mgr l’archevêque de Paris.
 
En 1846, Notre-Dame apparut à La Salette en pleurs. En 2019, elle se contemple en feu.
 
Beaucoup d’entre nous l’ont ressenti instinctivement, cet événement a valeur de signe, comme le soulignait avec beaucoup d’à-propos un évêque français. Et entendant la réaction émue, télédiffusée « en direct », de l’archiprêtre-recteur (que ne juge aucunement, n’ayant pas été à sa place) attendant de pouvoir au Paradis demander au Seigneur : « Pourquoi ?! », je repensais aux avertissements de Notre-Seigneur : « Comme Jésus s'en allait, en sortant du Temple, Ses disciples s'approchèrent pour Lui en faire remarquer les constructions. Mais Il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée » (Matth. XXIV, 1-2) et « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi ; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants » (Luc. XXIII, 28). Comme j’eusse souhaité que sur les images diffusées, l’on entendît un prêtre ou un évêque appeler enfin le monde à la conversion et à la pénitence, comme Notre-Dame ne cesse d’y appeler apparition après apparition ! Mais comme pour les inhumations, nos pasteurs semblent ne jamais savoir profiter des occasions pour ramener les âmes à l’essentiel, en la gravité des heures que nous vivons : « Au temps favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai secouru. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut » (II Cor. VI, 2).
 
Notre question, à nous Catholiques, ne doit pas être « Pourquoi ?! », mais « Jusqu’à quand ?! » (Is. VI, 11). Étant donné la gravité des offenses faites à Dieu, j’en viens même à m’étonner que nous ne subissions pas de plus rudes châtiments. Jusqu’à quand supporterez-vous, Seigneur, tant d’attaques contre Votre Nom, contre Votre Église, tant de trahisons au sein-même de Votre Église ? Usquequo Domine ? Réveillez-vous et vengez Votre Nom, mais en même temps, épargnez et convertissez Votre peuple !
*
Non signe de la « fin des temps », mais signe emblématique, résumé formidable de ce que vit non seulement la Sainte Église (l’une de ses ennemies l’a souligné), mais également la France et la société contemporaine tout entière, avec une édifice en feu à son sommet (ses élites ou prétendues telles), s’écroulant par endroits dans la nef des simples fidèles – et jusqu’à la flèche centrale majestueuse, porteuse de la Croix et de précieuses reliques, Dieu merci sauvées –, tandis que continue de se dresser une façade qui, sans recul, nous cacherait toute la misère intérieure devant laquelle les spectateurs ne pouvaient rester qu’effarés et impuissants. Car les scandales à la tête de l’État (des États) comme de l’Église sont à l’instar des démons : légion.
*
Abasourdis, oui, mais totalement impuissants ? Non, car ces Catholiques agenouillés spontanément pour réciter leur rosaire – la seule grande prière délivrée par le Ciel pour nous prémunir contre les maux matériels et spirituels de cette vie – sont l’honneur du bon sens réflexe des jeunes fidèles laïques du Christ de notre époque.
 
De même, « l’aumônier des pompiers de Paris, l’abbé Fournier, ce héros du Bataclan et de la guerre en Afghanistan, après avoir sauvé la couronne d’épines, est retourné dans le brasier pour aller mettre les hosties contenues dans le tabernacle de l’autel dédié à saint Georges (celui qui terrasse le dragon) à l’abri et, avec elles, bénir la cathédrale en flammes. Les drones qui ont survolé Notre-Dame, pendant le sinistre, ont fait briller dans la nuit des ténèbres une croix rouge comme le sang, qui illuminait Paris. Le plan sur lequel est bâti la cathédrale est, à lui seul un témoignage de la foi des artistes anonymes qui nous légué un tel héritage » (F. Schwerer, source).
 
Dès le début de l’incendie, notre Roi intervint lui aussi aussitôt pour se dire « attristé et très ému de voir Notre Dame de Paris en proie aux flammes, le joyau de notre patrimoine, point de départ de toutes les routes de France », et s’exclamer, comme seul un Capétien peut encore se le permettre : « Sainte Geneviève, patronne de Paris, sauvez Notre-Dame et ses trésors ». Le fils de saint Louis pensait bien sûr à la Sainte Couronne d’Épines et à la tunique du bon roi, et le recours à l’intercession de l’amie de notre premier roi n’étonnera plus les Français, émerveillés et édifiés par la piété de leur Roi très-chrétien en chaque occasion, à tel point que les impies lui reprochent de ne venir en France que pour honorer son Dieu. Mais Henri V, le vénéré Comte de Chambord, baptisé en cette même cathédrale comme le rappelait opportunément le Cercle légitimiste de Normandie, ne nous enseignait-il pas qu’« Il faut pour que la France soit sauvée, que Dieu y rentre en maître pour que j'y puisse régner en roi » ? Louis est bien le digne successeur d’Henri. A l’endroit-même où la flèche s’est effondrée, que le baptême du 1er mai 1821 soit, pour son bicentenaire, le gage d’une conversion sincère de notre France et d’une restauration glorieuse et complète, des familles aux institutions en passant par les corps intermédiaires !
 
 
 
Dans son message pour le saint jour de Pâques, S.M. le Roi s’adressait ainsi à ses sujets :
 
« Mes chers compatriotes,
En ce jour où toute la Chrétienté célèbre dans la joie et l’Espérance la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment ne pas vous souhaiter une joyeuse et belle fête de Pâques !
La Semaine Sainte a pourtant commencé de manière terrible par le tragique incendie de Notre Dame de Paris qui nous a tous profondément bouleversés. Dieu merci, la cathédrale a survécu à ce déluge de feu et d’eau. Et ses principaux trésors ont été miraculeusement épargnés, en particulier la couronne d’épines, la tunique de Saint Louis, le maitre-autel de Louis XIV, les rosaces...et bien d’autres encore. Et si la charpente et la flèche se sont effondrées sous l’assaut violent des flammes, les murs eux ont tenu. 
Au-delà des signes et des symboles que nous pouvons y voir, c’est vraiment toute la France qui a tremblé saisie d’émotion pour ce joyau qui fait partie de notre Histoire, de notre patrimoine.
[…] Et que ce brutal événement nous soit une incitation à convertir nos cœurs, à les dépouiller du superficiel, à les ramener à l’essentiel. Que le Christ règne sur nos cœurs apaisés et que Notre-Dame qui est la Reine de France, protège le peuple de France qu’Elle affectionne tant ! »
 
Louis le Juste (13e du nom) parle encore en la personne de l’aîné de ses fils, lui le roi sacré et « évêque du dehors », qui se reconnaissait la mission de travailler à ce « que nous puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ».
               

Et Notre-Dame (l’édifice), qu’est-elle sinon le monument de la piété de nos rois envers Notre-Dame (la personne), seule Première Dame de France ? Plus précisément, elle est l’ex-voto du Vœu de Louis XIII, le grand roi ayant promis d’édifier un maître-autel en perpétuel hommage à sa consécration à l’auguste Mère de Dieu, et Louis-Dieudonné l’ayant (tel Salomon pour David) édifié, le père et le fils se faisant respectivement représenter à sa gauche et à sa droite. 
 
« Nous avons cru être obligés, écrivait Louis XIII, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée Croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces ».
 
Français, ne vous lassez pas de relire et redire ces lignes immortelles, gravées dans le marbre de Notre-Dame et dans chacun de nos cœurs : 
 
« A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets
la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, 
que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire
Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre ».
*
 
Les démons ne supportent pas ce lien unissant la France à la Bienheureuse Vierge Marie, mais ils ne pourront jamais rien faire contre lui ; la France n’a été consacrée que tard au Sacré-Cœur de Jésus, et par un Louis XVI prisonnier au Temple, ayant perdu le pouvoir ; mais l’acte en bon et due forme qu’est l’édit de Saint-Germain, signé le 10 février 1638 – et pour lequel avait été retenue cette année la date d’un pèlerinage jubilaire à Notre-Dame de Grâces à Cotignac –, lui, a non seulement eu pleine vigueur depuis le début, mais continue de l’avoir à travers les temps, les peuples de France retrouvant la joie de la fidélité aux processions du 15 août. Que la prochaine fête de l’Assomption de Notre-Dame (et de son entrée dans la gloire) nous voie donc redoubler de ferveur : de même que le Christ, en Son Ascension – fête que la Confrérie royale célèbre chaque année au Puy, auprès de la Reine de France –, entraîne après Lui tous les membres de Son Corps mystique au Ciel, de même le 15 août, c’est de manière particulière tout le Regnum Galliae, Regnum Mariae qui s’apprête à prendre son élan vers Dieu, en cette fête que Pie XI a consacrée comme fête patronale de la France, le 2 mars 1922, dans l’encyclique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam, par ces paroles : 
 
« Après avoir pris les conseils de Nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine préposés aux Rites, motu proprio, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité. 
De plus, écoutant les vœux pressants des évêques, du clergé et des fidèles des diocèses et des missions de la France, Nous déclarons avec la plus grande joie et établissons la Pucelle d’Orléans, admirée et vénérée spécialement par tous les Catholiques de France comme l’héroïne de la patrie, sainte Jeanne d’Arc, vierge, patronne en second de la France, choisie par le plein suffrage du peuple, et cela encore d’après Notre suprême autorité apostolique, concédant également tous les honneurs et privilèges que comporte selon le droit ce titre de seconde patronne », 
 
et nous commémorerons notre héroïne dans exactement une semaine au Puy (le 30 mai étant occupé cette année par la fête de l’Ascension du Seigneur, et le 31 par celle de la Royauté de Marie) ; 2019 est d’ailleurs le 590e anniversaire de la grande épopée de Jehanne, de Domrémy (janvier) à Reims (17 juillet).
 
Le pape de la fête du Christ Roi rappelle enfin que « Les Pontifes romains Nos prédécesseurs ont toujours, au cours, des siècles, comblé des marques particulières de leur paternelle affection la France, justement appelée la fille aînée de l’Eglise » ; et « il est certain, selon un ancien adage, que « le royaume de France » a été appelé le « royaume de Marie », et cela à juste titre ».
*
 
Les Ecclésiastiques à la mode ont voulu, depuis cinquante ans, pour se « rapprocher des fidèles » de la nef, « sortir le sacré » du sanctuaire pour le célébrer désormais au transept, le chœur laudis perennis (de la louange pérenne) perdant ainsi sa raison d’être en disparaissant liturgiquement. C’est malheureusement tout un bouleversement, tout un désordre qui s’est emparé de la sainte Liturgie, dans toutes nos églises, de la cathédrale de la capitale à la plus petite des chapelles de nos villages, au point de ne même plus respecter les « lieux sacrés » et la raison d’être de leur construction (cf. chaires, jubés, confessionnaux, stalles, maître-autel). Alors que seul le nouvel autel « d’art contemporain » a été détruit par l’effondrement de la flèche, les éboulements ont épargné au sanctuaire et au chœur : Piéta (Stabat Mater… la Mère se tenait debout), maître-autel, stalles des chanoines (mais non les deux orgues du chœur).
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Tous ont été marqués par cette Mère des Douleurs tenant dans ses bras Son Fils mort, au pied d’une Croix resplendissant à travers les ténèbres. Cela est le bel enseignement qui doit « nous parler » au milieu du drame qui s’est joué, il y a 2000 ans comme le 15 avril dernier, mais également à travers tous les scandales qui salissent dans les media le visage de notre Sainte Église, et dans la vie de tous les jours, les âmes, les esprits et les corps de nos contemporains.
 
« Quand les pompiers ont pu enfin entrer dans le fond de la nef, ils ont pu constater et montrer au monde entier que la grande croix dorée qui surmontait l’autel, la piéta, les statues de Notre-Dame n’avaient pas été abîmées. Notre Dame, toujours debout au pied de la croix. En découvrant ces images, l’artiste qui avait sculpté cette magnifique croix glorieuse, Marc Couturier, a été très étonné de la voir si brillante : C’est mystérieux, c’est très étrange ! Car elle n’est pas éclairée… cette lumière qui émane de la croix, c’est étonnant… Elle remplissait son devoir : resplendir dans la nuit et dans le chaos » (source).
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A l’opposé de l’immédiateté et des courts mandats affectionnés par le démocratisme, notre Prince voit loin et sait que « Paris ne s’est pas faite en un jour », que la France que nous connaissons a été laborieusement édifiée par plus d’un millénaire de sage gouvernement de nos rois.
 
« Que le peuple de France, conduit par les architectes des bâtiments de France et des monuments historiques, s’appuyant sur le professionnalisme exceptionnel de nos corps de métiers restaure à présent patiemment Notre-Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi et de sacrifice qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres ».
 
Car le successeur de nos Rois voit plus loin que ces occupants ne voyant pas plus loin que leur quinquennat (après eux – voire sous eux – le déluge !, et en l'occurrence : de feu, quand on fait la liste de toutes nos églises brûlées ces derniers temps) ; l’aîné des Capétiens va à l’essentiel, à ce que doit viser tout principe architectonique, tout prince, tout chef : l’ordre harmonieux de l’ensemble, le Bien commun, pour lequel se battent les derniers vrais défenseurs de la Chrétienté, de l’ordre temporel chrétien fidèle aux traditions légitimes, sous le drapeau immaculé et fleurdelysé de leur monarque : « Souhaitons que cette unité d’une nuit, restaurée quelques instants autour de ce qui constitue le départ de toutes les routes de France, de ce qui en est le cœur spirituel et culturel, puisse régner durablement, plus forte que les divisions qui nous minent trop souvent » et qui sont décidément une tare so frenchy... A Pellevoisin, notre Mère du Ciel s’était elle aussi penchée sur les défauts des fils de son Royaume de prédilection, en disant à Estelle Faguette : «Tu as bien le caractère du Français ; il veut tout savoir avant d'apprendre et tout comprendre avant de savoir » (9 septembre 1876).
 
De même qu’il n’est besoin d’être « complotiste » pour ne pas croire à l’accident (ravageant avec tant de rapidité une structure solide ayant traversé les siècles, à l’étonnement des architectes, salués par le Prince bien que soigneusement éloignés des plateaux…), de même nous savons que le « profit à tout prix » prépare depuis quelques années une restructuration de l’Île de la Cité. Prions et travaillons pour que le régime en place n’enlaidisse pas une fois de plus les joyaux de notre Histoire, ainsi que notre cadre de vie tout simplement ! Et souvenons-nous qu’un ministre de l’Intérieur a osé dire en présence de clercs que Notre-Dame n’était pas une cathédrale : elle risque de devenir le jouet de drôles de bienfaiteurs, pour comme le redoutent certains, devenir le signe de la 3e spoliation… N’est-ce pas en effet devenu une « tradition républicaine », se répétant tous les cent ans (1790, 1905, 2019) ? Les destructions régulières et transformations de nos églises, après avoir été volées par l’État et les communes, sont un scandale dont se rend malheureusement complice une partie de notre clergé. Dans trop de nos villages, nous voyons des paroissiens (heureusement non majoritaires mais malheureusement « aux postes ») se battre pour que l’église demeure fermée, favoriser les visites et orchestres la transformant en musée et salle de concert, se plaindre du retour au culte : que la cathédrale-basilique de la capitale ne devienne pas une salle « multicultuelle » comme dans les aéroports, ce qui est l’abomination de la désolation.
*
Me permettrez-vous pour conclure de paraphraser notre Souverain en élargissant sa prière à toutes nos provinces ?
 
Que le peuple de France, conduit par les architectes que furent, que sont et que seront nos Rois, s’appuyant sur le professionnalisme exceptionnel de nos Lois fondamentales et des « organismes brisés par la Révolution » (S. Pie X : encyclique Notre charge apostolique, 25 août 1910), restaure à présent patiemment le Royaume de Notre-Dame, en prenant le temps comme meilleur allié, pour lui rendre sa splendeur, dans l’esprit de Foi et de sacrifice qui était celui de ses bâtisseurs, nos ancêtres !
 
« En conséquence, Nous prions Dieu, auteur de tous les biens, que, par l’intercession de ces deux célestes patronnes, la Mère de Dieu élevée au ciel et sainte Jeanne d’Arc, vierge, ainsi que des autres saints patrons des lieux et titulaires des églises, tant des diocèses que des missions, la France catholique, ses espérances tendues vers la vraie liberté et son antique dignité, soit vraiment la fille première-née de l’Église romaine ; qu’elle échauffe, garde, développe par la pensée, l’action, l’amour, ses antiques et glorieuses traditions pour le bien de la religion et de la patrie » (Pie XI).
 
Et la Fille aînée-consort de l’Église Romaine ne retrouvera pleinement ce titre d’honneur que le jour où elle aura retrouvé son mystique époux, le Roi Très-Chrétien, le jour où celui-ci recevra à Reims l’anneau symbolisant cette union et l’alliance bimillénaire de Dieu et de la France.
 
Ô Notre-Dame, célébrée ce 24 mai comme Auxiliatrice, Secours des Chrétiens, venez à l’aide de vos enfants, aidez-les à reconstruire la Chrétienté – l’ordre social chrétien – et sa clef de voûte, la Royauté Très-Chrétienne.
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +

24/05/2019
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C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle.

Lettre mensuelle aux membres et sympathisants
de la Confrérie Royale

25 avril 2019

                                                                                              

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« C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle. » 

                                                                   

En ces jours où nous fêtons avec allégresse la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, je vous invite à remonter le temps pour se retrouver un peu moins de 2000 ans en arrière. Nous sommes sur le Golgotha, ou encore appelé « Lieu du Crâne ». C’est la neuvième heure, selon la façon de compter des juifs de cette époque, soit quinze heures pour nos horloges actuelles. Trois hommes pendent à des croix, selon le supplice terrible et déshonorant en vigueur dans l’Empire pour les criminels n’étant pas citoyens romains. Les suppliciés sont déjà morts. Au pied de la croix centrale se trouve un petit groupe de personnes qui pleurent, trois femmes et un jeune homme. Cette croix, c’est bien celle de Jésus de Nazareth, Celui qui avait fait tant de miracles, qui était considéré comme un prophète et même comme le Messie pour beaucoup de juifs. Quelques jours auparavant, une grande foule l’avait acclamé alors qu’Il entrait dans Jérusalem monté sur un âne, accomplissant parfaitement les Ecritures :

                                                            

Tressaille d'une grande joie, fille de Sion ! Pousse des cris d'allégresse, fille de Jérusalem ! Voici que ton Roi vient à toi; Il est juste, lui, et protégé de Dieu ; il est humble; monté sur un âne, et sur un poulain, petit d'une ânesse. (Zacharie 9, 9)

                                                      

Les juifs étaient dans l’admiration de ce Jésus au charisme tel qu’Il pouvait, simplement en le demandant, faire qu’un pêcheur laisse sa barque, son filet, et avec cela toute sa vie passée, pour le suivre et devenir son disciple. Ce Jésus qui parlait avec une autorité jamais connue auparavant, qui connaissait le sens profond des Ecritures, chassait les démons, rendait la vue aux aveugles ou encore guérissait les lépreux. Sa puissance était telle qu’Il était allé jusqu’à ressusciter un mort en la personne de son ami Lazare, en criant devant le tombeau où ce dernier était déjà depuis quatre jours : « Lazare, sors! » (Jean 11, 44). C’est d’ailleurs ce dernier miracle extraordinaire qui avait définitivement déterminé le Sanhédrin à mettre Jésus à mort. Car il faut le dire, Notre Seigneur gênait certaines personnes et était déroutant pour beaucoup. Bien sûr, ces principaux ennemis étaient les scribes et les pharisiens dont Il avait plusieurs fois dénoncé l’hypocrisie. Ceux-là avaient été scandalisés par certaines de Ses paroles, comme ce fameux passage de l’Evangile où Jésus donne une nouvelle interprétation à certains préceptes de la loi de Moïse. « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens […] Et moi, je vous dis » (Matthieu 5, 21-22). Comment cet homme osait parler ainsi ? Comment osait-Il se dire Fils de Dieu ? Ces juifs si attachés à la Loi et la transcendance absolue du Dieu unique ne pouvaient accepter que quelqu’un parle de la sorte.

                                                                

Même ses disciples avaient du mal à comprendre ce qu’était et voulait vraiment Jésus. Alors qu’Il était au sommet de sa gloire au moment de l’entrée à Jérusalem, voilà qu’Il avait des propos étranges :

                                                           

En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; Mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie, la perdra; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle. (Jean 12, 24-25)

                                                               

Pour les disciples et les juifs qui acclamaient notre Seigneur, tout était prêt pour restaurer le royaume de David avec Jésus comme roi. Mais ce n’était pas du tout ce chemin qu’allait emprunter notre Divin Maître. Et nous nous retrouvons donc quelques jours plus tard au pied de cette croix. Jésus est mort. Pour les disciples, tout est perdu. Ils sont déçus, abattus et dans la peur, cette peur qui a poussé Pierre à renier trois fois Celui qu’il aimait tant. Cette peur qui obligea les apôtres à rester enfermés durant trois jours.

                                                        

Crucifixion  -Durham St Margaret of Antioch  Crucifixion by Burlison and Grylls - Copie (2).jpg

 

                                                         

Il faut se figurer cet état des apôtres, fait de tristesse et d’espérances évanouies. Ne nous rappelle-t-il pas le notre face à l’état actuel de l’Eglise ou de la France ? Tout nous semble perdu, le monde a oublié Dieu, a oublié même ce qu’est l’homme au plus profond de lui-même. L’homme moderne court après des chimères que sont les divertissements et les plaisirs faciles. Il ne tient plus compte de l’héritage que lui ont légué ses ancêtres et pense qu’il peut lui-même définir tout ce qu’il est : sa religion, sa patrie, son sexe, etc. L’Eglise semble aller à sa perte, que ce soit par le nombre de ses fidèles en Occident ou par la décrépitude morale, doctrinale et liturgique dans laquelle elle semble plongée. Selon les mots de Benoît XVI « le navire a tant pris l’eau qu’il est sur le point de chavirer. » La France s’éloigne de jour en jour de ce qu’elle est ontologiquement, l’alliance entre les Francs et l’Eglise, continuée dans l’œuvre admirable des Capétiens qui ont construit patiemment un pays chrétien, puissant et heureux. Aujourd’hui, elle est plus que jamais déchirée dans les querelles partisanes, s’enfonce dans l’insécurité et la dépression, tandis que ses « élites » politiques continuent inlassablement de la vendre en pièces détachées, s’obstinant à renoncer à son essence chrétienne et royale en s’acharnant à alimenter la machine révolutionnaire mise en route en 1789.

                                                            

Le tableau est bien noir, en effet. L’espoir d’un relèvement prochain est plus que timide. Si beaucoup de Français voient qu’il y a de gros problèmes dans notre pays, peu en connaissent les raisons profondes. Et cela restera le cas, tant qu’ils ne se tourneront pas vers l’Espoir de tout relèvement : Jésus-Christ. Car, comme vous le savez, l’événement auquel nous avons assisté dans notre voyage dans le temps au début de cette lettre ne se termine pas ainsi. Trois jours après ce drame de la croix, au petit matin, sans trompette, sans grande manifestation, dans le silence, un linceul avait été déposé, une pierre avait été roulée, un tombeau s’était vidé. Jésus apparaissait à quelques femmes puis à ses apôtres, à quelques personnes choisies pour assister à l’événement central de l’histoire du monde. Qui de nous aurait procédé de la sorte ? C’est bien cela le problème de nos désespérances. « Tu n'as pas le sens des choses de Dieu, mais celui des choses des hommes » (Matthieu 16, 23) disait Jésus à saint Pierre. Combien de fois notre Divin Maître pourrait-il nous faire ce reproche ? Combien de fois réduisons-nous Dieu à notre façon de penser et à nos petits schémas ? « O profondeur inépuisable et de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! » dit saint Paul (Romains 11, 33). Pour sauver l’homme pécheur, condamné à la mort éternelle, Dieu choisit la croix et une résurrection silencieuse. Or, les hommes, et d’autant plus ceux d’aujourd’hui, ne veulent pas de la croix. Elle était un scandale pour les juifs, une folie pour les païens, elle est aujourd’hui à oublier, telle nombre des calvaires érigés par nos ancêtres devant lesquels tant de personnes passent dans l’indifférence la plus grande. Et les chrétiens n’en veulent plus non plus. Ils ne veulent plus de sacrifices, plus du Sacrifice. Ils n’ont pas compris que c’est sur ce Bois que naissent les bourgeons qui deviendront les fleurs de la résurrection. Il n’y a pas d’autre chemin :

                                               

« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera. »

(Matthieu 16, 24-25)

                                                     

Comme le grain de blé, nous devrons mourir pour porter du fruit : mourir à notre volonté propre, à la chair, au monde. C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle. Et cette résurrection, contrairement à la parousie, ne sera pas forcément teintée d’une gloire visible et spectaculaire. Elle se fera peut-être dans le silence d’un pâle matin de printemps, au moment où personne ne l’attendait et n’y était préparé. Car Ses pensées ne sont pas nos pensées, et nos voies ne sont pas Ses voies (Isaïe 55, 8).

                                             

Abbé F. Sauvigny

                                                          

Jésus ressuscité -   Resurrection by Kempe  St Andrew West Wratting Cambridgeshire.jpg


24/04/2019
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Message du Prieur de la Confrérie Royale à l'occasion de la Semaine Sainte et des célébrations pascales :

On ne restaurera pas le Royaume des Lys par d'autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement ! 

 

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Message du Prieur de la Confrérie Royale

à l'occasion de
la Semaine Sainte et des célébrations pascales

 

Vendredi de la Passion 12 avril 2019,
Commémoraison solennelle de la Compassion de Bienheureuse Vierge Marie.

 

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles,
Membres et Amis de la Confrérie Royale,

                            

 

« La foi nous apprend, mes frères, et nous sommes fortement convaincus qu'un jour le Christ est mort pour nous : le Juste pour les pécheurs, le Maître pour des esclaves, le Libre pour des prisonniers, le Médecin pour ses malades, le Bienheureux pour les infortunés, le Riche pour les pauvres, pour les égarés Celui qui courait à leur recherche, le Rédempteur pour ceux qui s'étaient vendus, le Pasteur pour son troupeau, et, ce qui est plus admirable encore, le Créateur pour sa créature, ne perdant rien toutefois de ce qu'Il est éternellement, tout en donnant ce qu'Il S'est fait dans le temps ; invisible comme Dieu et visible comme homme, donnant la vie à cause de Sa puissance et acceptant la mort à cause de Sa faiblesse, immuable dans Sa divinité et passible dans Son humanité. Mais, comme s'exprime l'Apôtre : « S'Il a été livré pour nos péchés, Il est ressuscité pour notre justification » (Rom. IV, 25). Vous savez parfaitement que cela ne s'est accompli qu'une fois. Or, quoique toutes les voix de l'Écriture publient que cet événement ne s'est accompli qu'une fois, cette solennité le ramène, à des temps révolus, comme s'il avait lieu souvent. Toutefois il n'y a pas opposition entre la réalité et la solennité ; l'une ne dit pas vrai pour faire mentir l'autre, mais ce que l'une représente comme n'étant arrivé qu'une fois effectivement, l'autre le rappelle aux cœurs pieux pour le leur faire célébrer plusieurs fois » (Saint Augustin - sermon CCXX pour la veillée de Pâques au §1).

 

Nous allons une fois encore entrer dans la "grande Semaine", ainsi que l'appelaient nos pères dans la foi.
Nous voici aux portes de l'événement majeur de toute l'histoire de l'humanité.
Nous voici arrivés au point culminant de notre année liturgique.

Tant de choses ont été dites et écrites depuis près de deux-mille ans à ce sujet, que je n'ai nulle prétention à faire œuvre d'originalité en m'adressant à vous ce jour d'hui.

Mais s'il est une chose que je dois dire et redire inlassablement, c'est que c'est l'amour de notre divin Rédempteur que nous devons considérer en ces jours, auquel nous devons nous attacher, à travers lequel nous devons regarder toutes les réalités d'ici-bas, et au moyen duquel il nous faut juger de toutes choses : un amour pleinement surnaturel qui ne s'attache en rien à répondre aux prétentions et préventions de la nature, un amour pleinement surnaturel qui est ordonné aux seules réalités éternelles, un amour pleinement surnaturel qui ne se satisfait pas de demi-mesures, un amour pleinement surnaturel qui va jusqu'au bout de ses excès de compassion et de générosité, un amour pleinement surnaturel qui ne s'économise en rien, un amour pleinement surnaturel dont la Croix est à jamais le signe !

Que la générosité de Notre-Seigneur se donnant tout entier "usque ad mortem, mortem autem Crucis : jusqu'à la mort, et la mort de la Croix", soit l'unique point de référence - le modèle et la norme - de notre engagement dans cette Confrérie Royale

Car « [Le Christ] n’a pas annoncé pour la société future le règne d’une félicité idéale, d’où la souffrance serait bannie ; mais par Ses leçons et par Ses exemples, Il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix. Ce sont là des enseignements qu’on aurait tort d’appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu’un humanitarisme sans consistance et sans autorité » (Saint Pie X, encyclique "Notre charge apostolique" du 25 août 1910).
La restauration d'un ordre temporel accordé aux desseins providentiels de Dieu sur ce Royaume de France, accordé à la volonté divine qui a si merveilleusement œuvré à l'établissement de notre royauté chrétienne traditionnelle - cette royauté qui demeure malgré tout le modèle inégalé de toutes les royautés chrétiennes dans le monde entier -, nécessite toujours plus de générosité.

En effet, je ne cesse de le dire et vous me l'entendrez dire encore de nombreuses fois, on ne restaurera pas le Royaume des Lys par d'autres moyens que ceux que Dieu a utilisés pour son établissement, c'est-à-dire la conversion profonde des esprits, des mentalités, des cœurs et des mœurs, et par la collaboration active et généreuse de nombreux saints à la geste de Dieu.

Cette humble Confrérie est au service de cette restauration ; elle est au service du Règne de Dieu sur la terre ; elle œuvre autant qu'elle peut à la sanctification de ses membres pour qu'ils deviennent de fidèles instruments de la grâce divine pour le rétablissement d'un ordre social conforme à la Sainte Loi de Dieu, et cette sanctification ne peut se faire sans une union de plus en plus grande au divin Cœur de Notre-Seigneur, qui a été ouvert et révélé sur la Croix. 

Puisse donc la générosité de Jésus-Christ en Sa bienheureuse Passion, être l'exemple amoureusement suivi par tous les membres de cette Confrérie !
La joie de la Résurrection ne peut être qu'à ce prix, et la joie de la résurrection de la France catholique et royale pour laquelle nous sommes engagés dans un combat spirituel sans merci ne peut être elle-aussi qu'à ce prix.

 

A vous tous, mes très chers Amis"ma joie et ma couronne" (Phil. IV, 1) -,
je souhaite une bonne, belle, fervente et très généreuse Semaine Sainte
et de très joyeuses fêtes pascales !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Important :
Si vous n'êtes pas encore inscrit au Pèlerinage de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay,
il est important de le faire sans retard !
Voir > ici


12/04/2019
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 mars 2019)

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Saint Dismas : le héraut de la Royauté du Christ

 

Le 25 mars se célèbre une double Annonciation : premièrement l’annonce de l’avènement du Sauveur délivrée par l’archange Gabriel à la bienheureuse Vierge Marie, et secondement l’annonce par Notre-Seigneur de l’entrée en Paradis du bon larron. L’annonce du Salut universel, et l’annonce d’un Salut particulier. Trente-trois années séparent ces deux événements-clefs de l’histoire du Salut, lesquels réjouissent notre cœur parce qu’ils nous incitent ensemble à la confiance.

 

         C’est que, en effet, la Tradition nous rapporte que le Vendredi-Saint « tombait » cette année-là un 25 mars ; d’où le principe d’une année jubilaire au Puy-en-Velay lorsque le Vendredi-Saint coïncide avec la fête de l’Annonciation. Et c’est avec émotion que nous nous souvenons des grâces reçues lors du pèlerinage organisé par la Confrérie royale en 2016 − le premier d’une longue liste, s’il plaît à Dieu.

 

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Les yeux de Dismas s’ouvrent in extremis

 

Dismas est un bandit, le chef d’une troupe de malfaiteurs, que la justice des hommes a condamné à mort. Mais la justice de Dieu se fait « plus humaine » en quelque sorte, en faisant miséricorde aux pécheurs sincèrement repentis. Dans les premières heures au Golgotha ce Vendredi-Saint, Dismas n’est pourtant pas encore redevenu un enfant de chœur…

 

Notre-Seigneur, crucifié entre les deux malfrats en accomplissement de la prophétie d’Isaïe[1], est insulté par ceux qui assistent à la terrible scène. Même « ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient aussi », nous précise l’évangéliste S. Marc (XV, 31). Ces insultes qui jaillissent du cœur et des lèvres des passants et des soldats, voilà qu’elles vont encore empoisonner le cœur de l’autre larron, Gestas, et lui salir les lèvres. Car lui aussi fera chorus avec les ennemis du Christ. Loin d’avoir raison, il a « ses » raisons : condamné, il voudrait être libéré ; supplicié, il cherche désespérément la délivrance ; sur le point de mourir, il réclame obstinément la vie. Et Jésus ne s’était-il pas proclamé la Vie (cf. Jn XIV, 6) ?

 

Le drame qui se joue sous les yeux de tous se ramène à cette question : oui ou non, Jésus est-il celui qui a ouvert les yeux de l’aveugle-né, tiré Lazare de la tombe après quatre jours… ? Ayant accompli tant de miracles sur les autres, le moment n’est-il pas venu d’en faire un pour lui-même ? Si tout ce que l’on a raconté sur lui est exact, qu’attend-il alors pour « se tirer d’affaire », lui et ses compagnons d’infortune ? « Medice, cura te ipsum : médecin, guéris-toi toi-même ! » (Lc IV, 23) : n’est-ce pas un dicton cité de la bouche même de Notre-Seigneur ?

 

Au fond, Gestas réclame « les signe dans le ciel et les miracles sur la terre » (Ac II, 12), non pas tant pour croire, mais pour échapper à la mort qui s’abat sur lui. C’est un hurlement de bête fauve blessée et qui voudrait, avant l’assaut final, pouvoir au moins mordre et se venger. C’est pourquoi le mauvais larron redouble d’insultes envers l’Innocent. Loin de le déifier, il le défie : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et nous avec ! » (Lc XXIII, 39).

 

Pourtant, la grâce de Dieu agit même dans les terres les plus infertiles. Dismas, bien qu’il ait suivi jusque-là l’exemple de son triste camarade, se reprend bien vite. C’est qu’il a vu le visage du Christ, atrocement douloureux et pourtant majestueusement paisible et beau. Il entend Jésus pardonner à ses bourreaux. De son visage et de son attitude se dégage une majesté surhumaine.

 

Dismas réalise alors qu’il s’agit, non pas d’un vulgaire bandit de grand chemin, mais du Juste persécuté, du Serviteur de Dieu outragé, de l’innocente Victime. Malgré les injustices qu’a pu commettre Dismas jusqu’ici, un fond d’équité demeure en sa conscience, qui le presse de réparer le tort que souffre Jésus suite à la méchanceté des hommes. Alors, s’adressant à Gestas, il l’admoneste en protestant : « Tu n’as même pas crainte de Dieu, toi qui subis le même sort ! Pour nous, c’est justice : nous payons nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal ! » (Lc XXIII, 40-41).

 

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Le Titien : le Christ & le Bon Larron (XVIe s.)

 

Voici alors que le sursaut de droiture du bon larron est suivi d’un acte de foi qui s’exprime en une humble prière. Le respect de la justice et sa crainte de Dieu ont manifesté que Dismas demeurait une âme de bonne volonté. Comment alors la grâce ne pourrait-elle opérer en ce cœur bien disposé ? Aussi le brigand implore-t-il : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume ! » (Lc XXIII, 42).

 

Remarquons-le d’abord : il appelle le Christ par son nom, il lui dit : « Jésus », et en même temps il le proclame Seigneur, en évoquant son Royaume. Or, nous dira S. Paul, « Nul ne peut dire ‘‘Jésus est le Seigneur’’ si ce n’est par le Saint-Esprit » (I Cor. XII, 3). Animé et conduit par l’Esprit de Dieu, il est donc déjà devenu fils de Dieu (cf. Rm VIII, 14), et par conséquent héritier du Royaume, cohéritier du Christ. « Souffrant avec celui-ci, il sera glorifié avec lui » (Rm VIII, 17). Aussi, lorsque tout à l’heure, Jésus lui dira qu’il sera avec lui en Paradis, le Sauveur ne fera que confirmer la justification qui vient de s’opérer en l’âme du bon larron. La grâce, certes, a prévenu celui-ci, mais en lui elle n’a pas été vaine ; il l’a acceptée et s’est laissé transformer par elle.

 

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Sa foi a vu ce que ses yeux de chair n’avaient pas voulu voir durant sa vie

 

Le larron dit encore : « Souviens-toi de moi… ». Il ne réclame pas une place de choix, un privilège, un bonheur, mais seulement une pensée du Christ, un souvenir, une fidélité, une intercession ; il se satisferait d’un strapontin malcommode, même tout au fond du Paradis, pourvu qu’il y soit admis. Comme le publicain qui n’osait pas lever les yeux et se frappait la poitrine, il implore seulement de ne pas tomber dans l’oubli du Roi des Cieux : « Selon ta miséricorde, souviens-toi de moi ! » demandait déjà le Psalmiste (Ps. XXIV, 71). Dismas ne désire ni plus, ni moins. « N’oublie pas cette âme pour toujours, Seigneur », supplie l’Église sur le cercueil d’un Chrétien. Le bon larron emploie le même langage. Il connaît sa misère profonde, sa perversité foncière : il n’est pas digne d’obtenir plus, une simple pensée de pitié de la part de Jésus glorifié lui suffit.

 

« Quand tu seras dans ton royaume ». Peu avant, devant Pilate, Jésus a déclaré : « Tu l’as dit, je suis Roi. Mais mon royaume n’est pas de ce monde » (Jn XVIII, 36-37). Le procurateur, pourtant si avisé en politique humaine, n’a rien compris à cette affirmation émise par la Sagesse incarnée. Les soldats romains se sont moqué du titre revendiqué par Jésus et ont tourné en dérision le « roi des juifs » qu’ils ont recouvert d’une fausse pourpre comme manteau royal, d’un roseau en guise de sceptre, et d’une couronne d’épines à la place d’un diadème. Et sur la croix du Sauveur, ils ont placé un écriteau qui se veut outrageant à la fois pour les juifs et pour leur prétendu monarque.

 

Or, quand tous se rient de ce roi démuni, un seul, en toute honnêteté, confesse loyalement la souveraineté du Rédempteur, le tire sacré du « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Ap. XIX, 16). Celui-ci, assurément, ne siège pas encore sur un trône de gloire, mais sur le bois d’une ignominieuse croix. Mais déjà a été donnée au larron l’intelligence de l’au-delà du Calvaire : la Passion et la mort du Christ ne sont pour Jésus, en effet, qu’une étape vers la Résurrection et la gloire éternelle. Per Crucem ad Lucem : la Croix conduit à la lumière.

 

Dismas ignore la nature de ce royaume, mais il a confiance. D’autres ont vu des prodiges du Christ ; lui n’a eu en spectacle que les insultes et les tourments. Et cependant, au-delà de ce voile, il aperçoit la réalité du règne du Sauveur. « Nous espérions qu’il serait le rédempteur d’Israël » soupireront les disciples d’Emmaüs (Lc XXIV, 21). Saint Augustin les admonestera : « Cet espoir que vous avez perdu, ce larron l’a découvert et c’est la Croix qui est son école et là, le Maître a instruit le brigand. Le gibet où Il pend devient pour lui la chaire où Il enseigne » (sermon 234).

 

Et pendant que le bon larron proclame la divinité du Christ, où sont passés les Apôtres ? Où est leur valeureux chef qui s’exclamait la veille au soir : « Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas ! » (Mt XXVI, 35) ? Et cependant, il leur était si bon de demeurer auprès de Notre-Seigneur lorsqu’il leur montrait sa divinité au jour de la Transfiguration ! Son humanité défigurée est-elle un spectacle si effrayant pour qu’ils aient tous pris la fuite, hormis saint Jean ?

 

Il est si aisé de demander d’accompagner Jésus dans la gloire, comme le fait la mère des fils de Zébédée réclamant pour ses enfants : « Ordonne que mes deux fils que voici soient assis, dans ton royaume, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche » (Mt XX, 21). La réponse du Christ tient en ces termes : « Qu’ils boivent d’abord le calice auquel je dois boire ! Avant d’être assis à mes côtés, qu’ils soient cloués avec moi… » Oui, il nous est bon d’être avec Notre-Seigneur lorsque tout va bien, mais savons-nous demeurer à ses côtés dans les souffrances ?

 

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Le doux regard du Christ ne peut laisser indifférent : il pénètre notre âme

 

« Aujourd’hui, tu seras avec moi en Paradis… » : voilà la promesse en retour. « Aujourd’hui, s’écriait magnifiquement Bossuet, quelle promptitude ! Avec moi, quelle compagnie ! Au Paradis : quelle béatitude ! ». Notre-Seigneur lui attribue la même récompense qu’il avait promise à ses Apôtres : « Vous, vous êtes ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; et moi je vous attribue la royauté comme mon Père me l’a attribuée, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Lc XXII, 28-30).

 

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, demande Notre-Seigneur, et le reste vous sera donné par surcroît » (Mt VI, 32). Pourtant, ce n’est pas « d’abord » que le bon larron a cherché ce Royaume, mais in fine. C’est l’« ouvrier de la onzième heure » de la parabole (cf. Mt XX, 1-16), lequel sera payé le même prix que ceux qui ont souffert le poids du jour et la chaleur du soleil…

 

Cette attitude nous révèle ce grand principe si réconfortant que, dans notre vie spirituelle, « il n’est jamais trop tard » ! « Celui-là a tout volé, commente avec humour S. Augustin, même son Ciel ! » Tenez, le grand Augustin justement : sainte Monique n’a-t-elle pas supplié avec tant de larmes la conversion de son fils qui tardait à s’opérer ?

 

Ces conversions subites, tant dans nos saints Évangiles que dans toute l’histoire de l’Église, nous incitent à demander avec plus de ferveur la conversion de la France, devenue infidèle à sa mission. Le grand Pape S. Pie X n’avait-il pas prophétisé son relèvement ? « Comme Saül, elle se relèvera en découvrant qu’elle persécutait Jésus » ; et à sa question : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse », le Christ répondra : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l’Église, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la terre »[2].

 

Les deux larrons symbolisent ainsi les « deux France » : la persécutrice, la fille de Satan, la mère du laïcisme… et la pénitente, la fille de l’Église, le « phare des nations » (Jean-Paul II). Pour nous aussi le royaume de France est méconnaissable, défiguré. En voyant le triste état dans lequel elle gémit, aurons-nous autant de foi que Dismas pour entrevoir la gloire du royaume à travers les traits douloureux du supplice ?

 

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On peut voir en la basilique romaine Sainte-Croix-de-Jérusalem la traverse de la croix de Dismas (debout à gauche)

 

Le XXe siècle est le siècle qui a proclamé les deux plus grands titres de gloire de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère : l’institution de la fête liturgique du Christ Roi de l’Univers (1925), et la définition du dogme de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie (1950). Quand la France jouira-t-elle à son tour de son titre de gloire ? Les temps ne sont-ils pas enfin venus de lui rendre son roi légitime ? Comme nous le chanterons bientôt aux Rameaux : « Portes, ouvrez-vous, que le roi de gloire fasse son entrée ! » (Ps. XXIV, 7).

 

Chers membres et amis de la Confrérie Royale, à nos yeux aussi le royaume de France est souillé et semble anéanti. Mais le Vendredi-Saint ne nous enseigne-t-il pas que c’est lorsque tout semble perdu que tout est restauré ? Alors redoublons d’efforts pendant ce Carême, ranimons notre Vœu de consécration, dans lequel nous puisons une force persévérante pour offrir nos sacrifices, nos peines et nos actions à cette noble et belle intention de la restauration aussi bien que de la sanctification de l’Aîné des Bourbons. Méditons sans cesse cet axiome selon lequel « la force des méchants vient de la faiblesse des justes ».

 

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Dieu le Père donnant et bénissant les armes de France (Détail des Heures de Bedford, 1415)

 

En célébrant aujourd’hui la fête de l’Annonciation, nous revivons cet instant crucial où, dans un silence profond, toute l’humanité est suspendue aux lèvres de la jeune Vierge : Marie prononcera-t-elle ce Fiat libérateur ?

 

« Quand tout s’écroule, écrivait Dom Gérard du Barroux, il est bon de revenir à l’essentiel ; et l’essentiel, n’est-ce pas l’irruption de Dieu dans notre monde tel qu’il est ? Car au temps d’Hérode, le monde n’était guère différent du nôtre : la nature humaine ne change pas ; la maladie du péché ne change pas non plus. » En répondant oui, « Marie fonde l’Incarnation, Marie fonde l’Église, Marie fonde le Paradis. ‘‘Ecce ancilla – Fiat’’ : parole de servante, timide et auguste, qui fit trembler l’empire de Satan, parole apparentée au premier Fiat de la Création qui, comme elle, marque un commencement absolu. Parole inaugurale d’un univers plus parfait que l’ancien, redite par des milliers de bouches, qui fait de nous, en Marie, les coopérateurs de Dieu. »[3]

 

Par notre engagement solennel de réciter, trois fois par jour, la belle prière de l’Angélus qui nous remémore cet événement décisif et résume tout notre Credo, nous implorons de la Reine de France sa protection pour que, « sous une si puissante Patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu’il jouisse longuement d’une bonne paix ; que Dieu soit servi et révéré si saintement que nous […] puissions arriver à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés » (Vœu de Louis XIII, 1638).

 

Ô bon larron, vous qui avez humblement accueilli dans votre âme ce regard sanctifiant de Jésus sur la Croix et avez été l’annonciateur de l’avènement de son Royaume, priez pour que la France reconnaisse le Christ comme son Roi, et en appelle à son « lieutenant sur la terre » (sainte Jeanne d’Arc) pour la rediriger dans les voies du Salut. C’est toute la foule des saints français qui supplie : « Ô Jésus, souvenez-vous de la France lorsque vous entrerez en votre Paradis ! ».

 

R.P. Clément de Sainte-Thérèse +

 

 

[1] Cf. Mc XV, 27-28 : « Ils crucifièrent avec lui deux voleurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Ainsi fut accomplie l’Écriture qui dit : ‘‘Il a été mis au rang des scélérats’’ (Is. 53, 12) ».

[2] Allocution du 29 novembre 1911.

[3] Dom Gérard, Benedictus, t. 1, Paris, éd. Ste-Madeleine, 2008, pp. 359-361.


24/03/2019
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"Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses vices et ses concupiscences" (Gal. V, 24).

- 25 février 2019 -

 

Lettre mensuelle aux membres et amis
de la Confrérie Royale

 

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"Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses vices et ses concupiscences"
(Gal. V, 24)

 

Lundi 25 février 2019,
Anniversaire de l'exécution de Jean-Nicolas Stofflet
à Angers (25 février 1796).

 

Du fait du péché originel, l'homme a perdu l'empire de l'esprit sur son corps, sur ses propres sens, sur sa chair : de là découlent toutes les mauvaises tendances qui nous poussent vers ce qui est bas, vers ce qui est défendu par la sainte loi de Dieu, vers ce qui peut nous conduire à notre perte éternelle.
Saint Paul lui-même en faisait l'humble aveu : "Je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire en ma chair (...). Ainsi le bien que je veux, je ne le fais point ; mais le mal que je ne veux pas, je le fais" (Rom. VII, 18-19).
Cependant, il nous faut être certain que Dieu Notre-Seigneur, qui veut ardemment notre salut et nous l'a prouvé en envoyant Son Fils en ce monde afin de S'y offrir en sacrifice pour notre rédemption, nous donne toutes les grâces pour vaincre nos mauvaises inclinations.
Mais, ainsi que l'exprime magnifiquement Saint Augustin, "Celui qui t'a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi !" : si la grâce nous est donnée, elle doit rencontrer notre propre consentement et notre collaboration volontaire. A la grâce toute puissante de Dieu, mais infiniment respectueuse de notre liberté, doit correspondre notre effort. Et notre effort  doit précisément consister dans la pratique de la mortification volontaire : "Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses vices et ses concupiscences" (Gal. V, 24).

   

La mortification corporelle n'a pas pour but d'imposer au corps gênes et privations pour le plaisir de le faire souffrir, mais pour le discipliner et vaincre toutes ses tendances désordonnées qui s'opposent à la vie de la grâce. Saint Paul nous en avertit avec force : "Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si, par l'Esprit, vous mortifiez les œuvres de la chair, vous vivrez" (Rom. VIII, 13).

   

Il s'agit donc de mettre un frein et de juguler nos inclinations au mal afin de prévenir les chutes ; il s'agit d'émonder les rameaux inutiles ou nuisibles pour éviter les déviations ; il s'agit de diriger fermement vers le bien des forces qui, laissées à leur propre mouvement, nous conduiraient au péché.
Ainsi, la mortification corporelle, qui n'est jamais une fin en elle-même et qui n'est pas non plus l'élément principal de la vie chrétienne, doit cependant y occuper une place fondamentale. La fin ultime sera toujours la perfection de la charité surnaturelle, mais dans les moyens mis en œuvre pour y parvenir la mortification corporelle demeure un moyen indispensable sans lequel la vie selon l'esprit n'est pas possible : "Si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous" (Luc XIII, 5) nous a dit Notre-Seigneur Lui-même sans détour.
Personne ne peut échapper à cette loi de notre condition terrestre, de notre condition chrétienne, sans risquer de voir se fermer l'accès au salut éternel et à la sainteté. Saint Paul, qui avait tant enduré et souffert pour Notre-Seigneur, ne s'en estimait pas dispensé et, dans l'épître que l'Eglise nous a donné à entendre le dimanche de la Septuagésime, il le rappelle avec énergie : "Je traite durement mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé !" (1 Cor. IX, 27).

          

Chers membres de la Confrérie Royale, chers amis et sympathisants de la cause légitimiste, ce serait une illusion profonde et une erreur funeste que de s'imaginer pouvoir faire quelque chose de véritablement profitable au Royaume de France et à son Souverain légitime en dehors des voies que Notre-Seigneur et Ses saints apôtres nous ont si clairement indiquées, en dehors des voies de la pénitence !
Chers membres de la Confrérie Royale, chers amis et sympathisants de la cause légitimiste, ce serait une illusion profonde et une erreur funeste que de penser que la restauration des desseins de Dieu sur la France pourra s'accomplir sans des efforts toujours plus généreux pour tendre à la perfection, pour se sanctifier, pour correspondre toujours plus exactement - chacun - à la grâce de Dieu Notre-Seigneur, et donc sans embrasser avec une générosité toujours plus grande les voies de la pénitence et de la mortification volontaire !

      

Nous sommes aujourd'hui à huit jours de l'entrée en Carême.
Ce temps de pénitence, institué par les saints apôtres et qui nous est prescrit par la Sainte Eglise, doit être un temps de pénitence personnelle, en rapport avec notre propre combat spirituel, en correspondance avec nos nécessités individuelles dans notre chemin de sanctification et de correspondance à la grâce, bien sûr !
Mais "toute âme qui s'élève élève le monde" (Elisabeth Leseur) et il nous faut donc avoir une conscience suraigüe que nos combats personnels ont un impact sur l'ensemble du Corps mystique de Notre-Seigneur qu'est la Sainte Eglise, ont un impact sur l'ensemble du Corps mystique du Royaume de France - le Royaume de Dieu en France par la royauté très chrétienne que Dieu Lui-même a voulue - pour lequel nous combattons avec les armes de la pénitence et de la mortification.

Au-delà donc de la nécessité de travailler plus intensément à notre amendement et à notre sanctification, ne perdons jamais de vue que, par nos engagements dans cette petite milice spirituelle pour le Roi et la France, notre Carême et nos mortifications sont des actes de chouannerie contre la révolution diabolique, des faits d'armes contre l'occupant qui désole et ravage la terre des Lys depuis plus de deux siècles, des batailles qui sont livrées pour le triomphe du "Christ qui aime les Francs" (cf. prologue de la loi salique) et de son lieu-tenant en terre, aujourd'hui Sa Majesté le Roi Louis XX.

       

En face de tels enjeux, qui d'entre vous, rechignera à se montrer toujours plus généreux et plus persévérant dans les pénitences et les mortifications quadragésimales ?

       

Point n'est besoin de développer davantage.
C'est maintenant à chacun d'entre vous de voir, honnêtement, en conscience en face du saint Crucifix et des Lys outragés depuis trop longtemps, quelles résolutions il va prendre... et surtout tenir, pendant la sainte quarantaine qui vient.

                   

En union de combat et d'espérance,
dans le Cœur de Jésus et Marie.

                                

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
prieur

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Nota :
Pour aider votre réflexion et le choix de vos résolutions de Carême, il ne sera peut-être pas inutile de relire ces textes :
- Petit catéchisme sur le carême et la pénitence > ici
- Rappel des observances originelles du carême > ici
Et certains d'entre vous souhaiteront peut-être aussi s'abonner aux méditations quotidiennes que - comme chaque année - je propose pendant le saint temps du carême, voir > ici


24/02/2019
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