L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

8 décembre 2018 : Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX à l'occasion des mouvements sociaux en France

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08/12/2018
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Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l'occasion du début de l'année liturgique :

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Confrérie Royale

Le Prieur

 

Samedi 1er décembre 2018,
en la fête de Saint Eloi, évêque et confesseur ;
et du Bienheureux Charles de Jésus [de Foucauld], ermite et confesseur.

 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit -

La nuit est déjà avancée, et le jour approche... »
Rom. XIII, 12 - épître du 1er dimanche de l'Avent.

 

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,

Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

 

« Nox praecessit » : la nuit est avancée, elle tend vers sa fin. Mais c'est encore la nuit ; les ténèbres règnent encore !
« Dies autem appropinquavit » : le jour approche ; sa venue est certaine. Mais il n'est pas encore là ; la lumière ne règne pas encore !

Il est tout aussi certain que le règne des ténèbres prendra fin qu'il est certain que le règne de la lumière va venir. Nous ne pouvons nullement en douter. Mais pour l'heure, c'est encore le règne des ténèbres et nous ne voyons la lumière que par les yeux d'une invincible espérance.

 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »

Ces quelques mots de l'Apôtre, que nous lisons, approfondissons et méditons au premier dimanche de l'Avent, constituent non seulement le thème spirituel que la Sainte Eglise notre Mère nous donne pour commencer la nouvelle année liturgique et nous stimuler en entrant dans le saint temps de l'Avent, mais c'est aussi l'antienne que nous devons répéter inlassablement - presque à la manière d'un cri de guerre et de ralliement au cœur de la bataille - pour stimuler nos énergies, renforcer notre détermination, rassembler nos forces, décupler notre zèle, aiguillonner notre générosité, éperonner notre combativité, attiser notre ferveur, dynamiser nos engagements, exciter notre flamme, revigorer notre entrain et tonifier notre vaillance dans le grand combat spirituel qui est le nôtre au service de notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX. 

 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! »

Oui, les ténèbres étendent encore leur règne, règne terrible et destructeur, sur le Royaume des Lys ! Oui, les ténèbres règnent encore dans les intelligences, dans les cœurs et dans les âmes de la majorité des Français ! Mais "nox praecessit" : la nuit, nous en avons la certitude, va vers son déclin - inéluctablement ! - et l'aube poindra. Nous ne savons pas encore quand, nous ne savons pas encore combien d'heures nous en séparent : mais elle poindra et sa clarté grandissante chassera peu à peu la noirceur et ses épouvantes mortifères : "dies autem appropinquavit !" 

 

« Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! » 

A l'épaisse nuit diabolique engendrée par le pseudo "siècle des lumières", succédera le jour victorieux de la grâce renaissante qui jaillit de la source vive de Reims, le baptistère dans les eaux duquel se sont unies la royauté franque et la foi de Nicée pour faire naître la France : notre France ! La France telle que voulue par Dieu ! La France catholique et royale ! 
« Sine paenitentia enim sunt dona et vocatio Dei : en effet les dons et la vocation de Dieu sont sans repentir ! » (Rom. XI, 29). C'est cela qui nous donne notre assurance, une assurance fondée sur les faits que Dieu a suscités et sur les promesses qu'Il a faites, en dépit de tous les éléments de découragement qui pourraient s'imposer à nous en considérant la situation actuelle selon des vues simplement humaines.

Mais notre confiance est en Dieu, qui ne peut "ni se tromper ni nous tromper" (cf. acte de foi), et c'est la raison pour laquelle, au début de cet Avent qui nous prépare à Noël, nous proclamons notre ferme espérance en associant au Noël de Bethléem où le Dieu-fait-chair a paru devant nos yeux et dont ce prochain Noël va liturgiquement renouveler les grâces, le Noël de l'an 496 où par le Baptême du Roi Clovis est né le saint Royaume de France.

Ce n'est pas par hasard que Dieu a disposé toutes choses pour que le jour de la naissance de Son Fils incarné soit aussi le jour de la naissance de la Royauté Très Chrétienne au Royaume des Lys !

 

Sus donc à toute forme de découragement larvé et de désespérance : « Nox praecessit, dies autem appropinquavit ! » 

Chers membres de notre Confrérie Royale, plus que jamais et avec une ardeur renouvelée, « abjiciamus ergo opera tenebrarum et induamur arma lucis : rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière ! » (Rom. XII, 12 - épître du 1er dimanche de l'Avent).

 

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,

Prieur.

 

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01/12/2018
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Du Sacre de nos Rois.

Lettre mensuelle aux membres et amis

de la Confrérie Royale

25 novembre 2018

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Du sacre de nos rois

 

Dans le régime républicain que la France subit depuis des décennies, chaque investiture de nouveau président, -passant de façon si fugace -, se veut une maigre et pâle copie des cérémonies royales d'antan. Mais comme tout est horizontal, glorification de l'idéologie maçonne et laïcarde, tout est sans goût, se réduisant à un événement médiatique permettant au chef de distribuer sourires, embrassades, poignées de mains et « selfies ». Nous sommes bien loin du roi touchant et guérissant les écrouelles après avoir reçu l'onction du sacre, véritable sacrement. La monarchie française n'est pas une royauté d'opérette, un système constitutionnel, un décor de carton-pâte. Sa fondation n'est pas un simple accord de légitimité entre le souverain et ses peuples. Elle est ancrée dans la Révélation chrétienne, puisque le roi ne peut l'être que s'il est revêtu de la grâce divine, une grâce extraordinaire et particulière, reçue au moment du sacre. Seule la monarchie anglaise a essayé de singer, dans ses rites, le couronnement français, sans réaliser qu'il lui manquait, depuis son schisme, la dimension sacramentelle qui est la seule à donner son sens à la pompe et au faste. Les insignes du sacre ne seraient que colifichets sans cette dimension transcendante uniquement présente dans le rituel français.

 

Tout d’abord, notre roi, étant dépositaire d’un véritable ministère, - celui d’aimer tous ses sujets, de pratiquer la justice et la miséricorde, de veiller à l’intégrité du royaume et à son rayonnement, à sa prospérité -, doit se préparer au couronnement par une veillée de prière dans la cathédrale de Reims, ceci comme pour la pratique chevaleresque de l’adoubement. Il va devenir le chevalier du Christ en terre et doit ainsi être habité par la grâce nécessaire à cette nouvelle nature. Il se confesse durant cette nuit d’adoration et de silence, ne recevant l’absolution qu’au dernier moment, juste avant la sainte communion du lendemain, ceci afin qu’il soit en parfait état de grâce. Prenant un court repos au palais du Tau voisin, résidence de l’archevêque, il y est réveillé par les évêques de Laon et de Beauvais, portant les reliques. Il les attend dans l’attitude d’un gisant, les yeux ouverts, comme l’effigie des monarques sur les tombeaux de Saint-Denis revêtus des insignes royaux avec des vêtements dont les plis tombant droit semblent indiquer que les morts sont vivants et debout. Ce symbole est essentiel car il signifie que le roi possède deux corps : le corps moral, qui ne meurt jamais car la chaîne royale est ininterrompue, et le corps naturel, mortel, qui prenait la place de son prédécesseur, là aussi sans rupture. La légitimité est continuité dans la stabilité. Aucun événement, même le plus tragique, ne peut faire que le roi soit mort à jamais : lorsqu’il meurt, aussitôt il vit.

 

L’abbé de Saint-Denis veille sur les insignes royaux dont il est le dépositaire, tandis que l’abbé de Saint-Remi veille sur la Sainte Ampoule contenant le saint chrême pour l’onction, ceci depuis Clovis. Cette huile sainte est l’élément central du sacre qui est sacrement. Tous les autres objets pourraient venir à manquer mais celui-ci est nécessaire. Grâce à Dieu, en 1793, lorsque la Convention ordonna sa destruction en place Nationale (ci-devant Royale) sur le piédestal d’où on avait jeté à bas la statue de Louis XV, le curé jureur de Saint-Remi, devenu église paroissiale, retira de la précieuse fiole une grande quantité d’huile sainte, ce qui permit à Charles X d’être consacré comme ses prédécesseurs. Une nouvelle fois, en 1906, lorsque l’archevêque Mgr Luçon, fut expulsé du palais du Tau, il sauva dans un simple flacon le contenu du reliquaire dont l’état anticlérical exigeait la remise. Ce saint flacon est toujours conservé à l’archevêché, attendant le prochain sacre…

 

La fiole scellée du Saint Chrême (1906).jpg

La fiole scellée renfermant l'huile sainte retirée de la sainte ampoule avant sa destruction
telle qu'elle se trouve actuellement dans un coffre de l'archevêché de Reims

 

Le rite du couronnement commence par le serment du roi, dialogue entre le monarque et l’archevêque de Reims, par lequel est scellé l’engagement royal à défendre l’Église et ses privilèges canoniques dans toutes les provinces du royaume. L’Ordo de Charles V, traduit par Patrick Demouy dans son magnifique ouvrage Le Sacre du Roi (éd. La Nuée bleue, 2016), rapporte les mots exacts de ce pacte qui respecte les deux ordres, royal et religieux, tout en instituant un lien indéracinable entre eux. Les différents ordos conservés contiennent des variantes selon les époques et selon les souverains. Il fut d’usage aussi de préciser que les hérétiques devaient être chassés du royaume. Le coeur en est toujours les tria precepta, à savoir paix, justice et miséricorde.

Ensuite a lieu le rite de passage, chevaleresque, où le roi est dépouillé de tous ses vêtements, à l’exception d’une tunique et d’une chemise dont les ouvertures permettraient les onctions. Il reçoit l’épée et les éperons, ceci dans un véritable ballet qui souligne l’axe vertical du pouvoir royal s’inscrivant dans la généalogie des rois de l’Ancien Testament et dans une dimension cosmique. Ces insignes ont échappé à la fureur révolutionnaire. Ils reposent aujourd’hui au Louvre. L’épée Joyeuse, dite « de Charlemagne », attend ainsi des jours meilleurs.

L’onction, septuble, revêt alors le roi de sa charge de pasteur, intermédiaire entre Dieu et son peuple. L’archevêque de Reims mélange le Saint Chrême du Jeudi saint précédent avec une parcelle, « grosse comme un pois », du baume desséché de la Sainte Ampoule. Le souverain reçoit cette huile sainte sur la tête, comme pour les consécrations épiscopales, sur la poitrine, entre les épaules, sur chaque épaule et à la jointure des bras, ceci afin que tout son être soit inondé, jusqu’au coeur, comme David sur lequel la corne d’huile fut renversée par Samuel.

Le chambellan revêt le monarque oint avec la tunique, la dalmatique et le manteau, tous trois fleurdelisés : le roi est pontife et sa charge est quasi sacerdotale, même s’il n’est pas prêtre pour l’autel. Il est habité par un caractère, semblable à celui de l’ordination. Recouvert par les fleurs de lys, il devient le chevalier par excellence de la Très Sainte Vierge qui protège son royaume de façon privilégiée. Il devient lui-même un lys, comme le Christ l’est pour l’Église selon la belle image du Cantique des cantiques. Ces vêtements fleurdelisés ne sont pas ceux du monde mais ceux des cieux. Ils préfigurent la Jérusalem nouvelle où chaque élu est un lys à la ressemblance du Maître. La couleur bleue est celle de l’azur mais aussi celle réservée au grand prêtre dans l’Ancien Testament.Il prend aussi les gants épiscopaux et reçoit l’anneau, symbole de l’union mystique entre lui et son peuple. L’archevêque lui remet aussi le sceptre et la verge de justice. La marque de la puissance monarchique est le sceptre, image de la droiture et de la vertu. En l’acceptant, le roi s’engage à mener une vie irréprochable, à lutter contre le mal et à défendre la justice. Ce sceptre est le canal entre le ciel et la terre car, pour le couronnement royal français, il n’est pas court mais aussi long qu’une crosse d’évêque, jouant d’ailleurs un rôle identique, celui du bâton de berger guidant le troupeau et du messager transmettant ce qu’il reçoit de l’autorité divine. Quant à la verge de justice, elle est le symbole de la vertu et de l’équité. Elle est la clef de David et sa dimension, 59 cm, est exactement une coudée biblique. Là aussi l’Ancien Testament est constamment présent comme héritage, montrant la continuité de l’élection divine de l’ancienne Alliance dans le lieutenant choisi par le Christ pour le royaume de France. Seul le roi de France a conservé ces deux sceptres alors que les autres souverains ont remplacé la main de justice par un globe, à la suite de l’empereur germanique. Notre roi est vraiment le successeur de David et de Salomon, le fils du Nouveau David et du Nouveau Salomon. Il réalise ce que chante David dans le psaume XXII : « Près de moi ton bâton, ta houlette, sont là qui me consolent. » Le roi de France doit être consolateur pour son peuple.

Vient alors le couronnement proprement dit. La couronne symbolise la clarté de l’âme et le passage à la lumière éternelle. Elle est l’héritière de la coiffe du grand prêtre et de la mitre épiscopale. Les pierreries qui l’ornent sont au nombre de douze, quatre émeraudes pour la foi, quatre saphirs pour l’espérance et quatre rubis pour la charité. Elle fut détruite par les ligueurs et les sacres suivants utilisèrent la couronne de la reine, en tous points semblables, jusqu’à ce que cette dernière fût fondue par la révolution. Le roi ne garde pas longtemps cette couronne officielle, très lourde. Il ceint une deuxième couronne, plus légère, sa couronne personnelle. La galerie d’Apollon, au Louvre, conserve la couronne personnelle de Louis XV (mais avec de fausses pierres), et la couronne officielle de Napoléon I, ornée de camées, utilisée également pour le sacre de Charles X. Le roi ainsi couronné d’or et de pierres précieuses devient celui qui, par la pratique des vertus qui brillent, doit mener ses sujets vers le Royaume céleste.

Enfin le roi est intronisé, revêtu de tous ses insignes, ployant sous leur poids (surtout lorsque le souverain est encore un enfant) sur un trône placé en haut du jubé de la cathédrale, devenant alors visible des assistants qui se trouvent dans la nef. Il vole ainsi sur la montagne sainte. Le Te Deum éclate pour exalter celui qui devient le médiateur entre Dieu et son peuple, entre le Ciel et la terre. La grand messe pontificale clôt cette admirable cérémonie, avec le calice dit de Saint Remi qui échappa par miracle à la fureur révolutionnaire.

Tout s’achève par le festin au palais du Tau, également très ritualisé, et le lendemain par la guérison des écrouelles lorsque le roi imposera les mains sur les malades.

 

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La couronne de Louis XV (musée du Louvre)
la seule à avoir échappé au vandalisme révolutionnaire...

 

Cette courte et incomplète description ne veut pas être un hymne à la nostalgie mais une préparation intérieure pour comprendre, au-delà de l’anecdotique, que le sacre est de l’ordre de la transcendance et qu’il perpétue l’Alliance entre Dieu et les hommes initiée dans l’Ancien Testament. Aucun détail n’est superficiel dans un tel rite. Comme pour la messe pontificale papale traditionnelle, il serait (il sera) très malaisé de le rétablir dans sa pureté et son unité d’origine, car bien des fonctions de cette liturgie doivent être occupées par des personnages dont la lignée est morte. Ce fut d’ailleurs un problème majeur du sacre de Charles X qui composa avec les idées nouvelles, ce qui explique sans doute l’échec de cette restauration incomplète.

 

Le prochain roi qui sera couronné à Reims devra retourner aux ordos les plus anciens afin de s’assurer de la pleine validité de son sacre qui ne dépend pas de cérémonies humaines mais d’une investiture reçue d’en haut. En attendant, notre devoir est de prier et d’offrir des sacrifices afin que cette résurrection soit possible pour le bien de notre pauvre royaume défiguré.

 

 

P.Jean-François Thomas s.j.

3 octobre 2018

Sainte Thésèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

 

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Saint Charlemagne à la sommité du sceptre de Charles V
(musée du Louvre)


24/11/2018
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 octobre 2018)

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Lettre aux membres et amis de la Confrérie royale

De la consécration de la France à saint Joseph

 
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Le mois d’octobre est consacré – qui ne le sait ? – au saint Rosaire de Notre-Dame. Léon XIII n’en a pas moins décidé de lui associer saint Joseph, en imposant de lui adresser ce mois-là, après la récitation du chapelet, la prière du Nous recourons à vous.
« Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph ; et, après avoir imploré le secours de votre sainte Épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l’affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel, dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de Son Sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Protégez, ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ. Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption, soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur. Du haut du ciel, assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la Sainte Église de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez chacun de nous de votre perpétuelle protection, afin que, à votre exemple, et soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir, et obtenir la béatitude éternelle. Ainsi soit-il ».
 
Notre Prieur eut la charité de me faire remarquer, suite à mon tour de "Lettre du 25", que Louis XIV n'avait pas consacré son royaume à saint Joseph, le baron Pinoteau et lui-même n’en ayant jamais trouvé trace dans les documents de l’époque. Un enquêteur du site Union des Cercles Légitimistes de France – je renvoie évidemment à ce si intéressant et essentiel article signé D.R. – pose la question en ces termes : « Si la consécration a bien été commémorée tous les ans jusqu’à la Révolution cela fait 127 ans multiplié par le nombre de paroisses de France et de Navarre ! Alors, où sont les traces, les correspondances privées, les allusions dans les écrits dans les textes, les dessins, les peintures ? Surtout où est le texte de la consécration ? ».
 
Aussi ai-je corrigé là-dessus la phrase incriminée, ce qui donne :
"Est-il besoin de rappeler qu’avant que les papes n’honorassent le Père nourricier du Christ de la charge tutélaire de la sainte Église universelle il y a un siècle et demi, Louis XIV, « le fils aîné de Mon Sacré-Cœur » selon les propres termes du Rédempteur, une fois « majeur » de par la mort du cardinal de Mazarin, accomplissait son tout premier acte politique en faisant solenniser dans le Royaume la fête de saint Joseph ?"
C'est en effet à partir du règne du Grand Roi que la fête de saint Joseph commença à être solennisée en France ; la prescription romaine de le faire n'avait pas eu force de loi jusqu'ici, les décisions romaines devant être enregistrées au parlement.
 
Partons donc, si vous le voulez bien, à la recherche des faits dans cette question qui nous intéresse.
 
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En mars 2009, la revue Stella Maris publia un article intitulé « Louis XIV consacre la France à saint Joseph (le 19 mars 1661) ». Le R.P. Damien-Marie y disait en reprendre « la substance à un ami, Monsieur Christian Gaumy, conservateur de la bibliothèque universitaire de Limoges, qui a eu pour cela la patience d'explorer les montagnes de documents des archives nationales et de la bibliothèque nationale (Département Manuscrits), et qu'honore le profond souci de faire connaître et aimer le saint patron de l'Eglise universelle ; qu'à tous ces titres il soit ici remercié et assuré de ma gratitude ». Dommage que ce conservateur n’ait pas daigné signaler la référence ni publier les documents trouvés... Mais l’auteur assure que « ce fait est connu et rapporté par les historiens du Grand Siècle », alors qu’aucun n’en parle. Et Frère Maximilien-Marie de corriger l’auteur en me précisant : « Le sermon de Bossuet sur saint Joseph de 1661 ne fut pas impromptu ».
 
Sans savoir si cet article est la vraie source de tous les suivants, nous constatons partout que l’affirmation est depuis tenue pour un fait avéré. 
 
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Par exemple, en 2015, Mgr Dominique Letourneau publiait avec le R.P. Pascal-Raphaël Ambrogi le Dictionnaire encyclopédique de Marie. Y était écrit :
« Anne d’Autriche et sa fille, Marie-Thérèse d’Espagne, épouse de Louis XIV, obtient du jeune roi qu’il déclare, en accord avec l’épiscopat, saint Joseph patron du royaume, en 1661, la fête étant chômée ».
Cette phrase est lourdement tournée et grossièrement erronée. Tout d’abord, Marie-Thérèse est la belle-fille et non la fille d’Anne d’Autriche. Le reste est équivoque : soit le patronage (à prouver) entraîna le chômage de la fête, soit celle-ci entraîna cela.
 
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Plus étayée, la thèse de doctorat de Benoist Pierre, La bure et le sceptre (2016) sur la congrégation des Feuillants, nous apprend (pp. 386-387) que :
« Anne d’Autriche devenue régente, plaça encore le royaume sous la protection de saint Joseph. A Paris, les Feuillants furent l’une des toutes premières communautés à vénérer l’époux de la Vierge. Grâce aux libéralités de César de Vendôme et de sa femme, François de Lorraine, ils avaient fondé une confrérie et une chapelle dédiées au père de Jésus. Dès 1629, Anne d’Autriche se fit inscrire sur le registre des confrères. Mais la dissidence politique du frère de Louis XIII entraîna la suspension des activités de la « sainte association » pendant plusieurs années. A partir de 1643, la confrérie fut réactivée. […] La ferveur d’Anne d’Autriche pour ce culte ne cessa alors de grandir. En 1654, Louis XIV se fit inscrire avec son frère, le duc d’Anjou, sur le livre de la confrérie. 
Le 6 janvier 1661, ce fut au tour de la nouvelle reine, l’infante espagnole Marie-Thérèse, d’y faire son entrée. A cette occasion, Jacques de Sainte-Scolastique ne cacha pas sa joie de voir les puissances (sic) de la terre s’estimer « bienheureux d’avoir ce grand saint pour père et protecteur auprès de Jésus-Christ ». La même année, Louis XIV demanda à l’assemblée du clergé que la fête du 19 mars, correspondant à la Saint-Joseph, fût « chômée et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière dans les affaires pour tout le royaume ».
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citant Jean Delumeau, dans un livre publié en 1989 : Rassurer et protéger – Le sentiment de sécurité dans l’Occident d’autrefois ; Fayard. En fait, ce dernier point était déjà évoqué en 1953 dans l’article « Les origines de la dévotion à saint Joseph » des Cahiers de Joséphologie (janvier-juin, vol. I, n° I) :
                « Louis XIV, lors de l’assemblée du clergé de 1661, manifesta la désir de voir rehausser la fête de saint Joseph. Déférant à la volonté du roi, les évêques déclarèrent que cette fête « serait chômée et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière des affaires par tout le royaume »,
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renvoyant cette fois à Lucot (pp. 61-64), que nous allons retrouver.
 
            En 1844, A. Madrolle avait publié Les magnificences de Marie (Hivert, Paris, p. 233), où il reconnaissant qu’il ne s’agissait pas exactement du même patronage qu’envers Notre-Dame, mais qu’il y ressemblait :
            « La France, que Louis le Juste avait mise sous le patronage spécial de la Mariée modèle, fut comme mise sous celui du Mari de ce genre par Louis le Grand. En effet, Louis XIV expédia une Lettre de cachet au Parlement le 16 mars 1661, par laquelle il lui Mandait que « la fête du Saint Époux de la Vierge fût célébrée dans tout son Royaume, non seulement par la célébration des Offices divins propres à une fête solennelle, mais encore par la cessation du travail ».

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En 1870, l’on trouve dans l’ouvrage de l’abbé Lucot, chanoine honoraire de la cathédrale de Châlons, De l’antiquité du culte de saint Joseph dans l’Église universelle et en particulier dans l’Église de Châlons (Châlons, Martin, 1870, pp. 23-24) :

            « Les princes rivalisaient avec les religieux pour faire honorer le grand patriarche. Les décrets de Grégoire XV et d’Urbain VIII n’avaient pas été publiés dans le royaume ; Louis XIV et Marie-Thérèse son épouse supplient le clergé de France, réuni à Paris en 1661, de seconder leur pieux désir de voir célébrer désormais la fête de saint Joseph ; le diocèse de Paris donne l’exemple, que suivront bientôt la plupart des diocèses de France ».
L’année précédente, le 7 juin 1660, jour-même où le jeune Louis accueillait l’infante Marie-Thérèse en vue des épousailles à Saint-Jean-de-Luz, apparaissait à Cotignac en Provence, saint Joseph, à un jeune berger.
 
« Le 31 janvier 1661, après enquête, Monseigneur Joseph Ondedei, évêque de Fréjus, reconnaît officiellement les apparitions de saint Joseph et en approuve le culte. Cette même année et suite à ces merveilleux événements, le roi Louis XIV consacre la France à saint Joseph, chef de la Sainte Famille. A cette occasion, Bossuet, avec le talent qu’on lui connaît, s’exprimera en ces termes : « Joseph a mérité les plus grands honneurs parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur. L’Eglise n’a rien de plus illustre parce qu’elle n’a rien de plus caché » (source).
 
            Nous connaissons la suite : « Je rends grâces au roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout puissant que toujours il révèle ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre. Qu’à l’exemple des rois pieux, il aille quelquefois la forcer dans sa retraite… Si Votre majesté, Madame, inspire au roi ces sages pensées, elle aura pour sa récompense la félicité ».
     
       Malheureusement, ce ne fut point à Versailles qu’eurent lieu les honneurs de la Saint-Joseph – l’on sait que Louis XIV ne s’y installera qu’à partir de 1682 ! – ni la prédication de Mgr Bossuet, comme l’affirme le site missel.free en reprenant l’histoire de la fête, mais en la chapelle des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Avant de prendre connaissance de ce qui est écrit, lisons en guise d'introduction historique le bienheureux cardinal Schuster :
« Le culte liturgique envers ce grand patriarche prit un développement considérable au XVe siècle, grâce surtout à sainte Brigitte de Suède, à Jean Gerson et à saint Bernardin de Sienne, Le pape franciscain Sixte IV inséra sa mémoire dans le Bréviaire romain avec le rang de fête simple ; Clément IX l’éleva au rite double et Grégoire XV en fit une fête de précepte » (Liber Sacramentorum).
« Innocent VIII l'éleva au rite double, Urbain VIII la rendit obligatoire (1642). Sous le vocable de Prince de la Paix, Ferdinand III proclama patron spécial du royaume de Bohême (1655) saint Joseph que Léopold I° déclara protecteur des Habsbourgs (1677) ; à la demande de Marie-Anne d'Autriche obtint un décret du pape Innocent XI qui plaçait la couronne d'Espagne sous le patronage de saint Joseph (1679) [Par crainte de déplaire à saint Jacques, les espagnols firent révoquer le décret en 1680, mais la Belgique le conserva et même le renouvela après son indépendance]. En France, sous l'influence de Marie-Thérèse d'Autriche, Louis XIV demande aux vicaires généraux de Paris d'établir la fête de saint Joseph [Lettres du 12 mars 1661] pour le 19 mars 1661 où elle est célébrée à Versailles avec éclat [Dans la chapelle magnifiquement ornée, Bossuet fit le panégyrique de saint Joseph : Le Seigneur s'est choisi un homme selon son coeur] ; si la fête est chômée à Paris ce jour-là, on ne la voit pas ainsi mentionnée dans le calendrier de 1680. Clément X l'éleva au rit de II° classe (1670), Clément XI lui composa un nouvel office (1714) et Benoît XIII inséra saint Joseph dans la litanie des saints (1726). Pie IX (1847) déclara saint Joseph patron de l'Eglise universelle (8 décembre 1870), occasion d'une nouvelle fête de rit double de première classe. Léon XIII proposa saint Joseph comme modèle des travailleurs (15 août 1889), Pie X lui donna un octave et approuva les litanies de saint Joseph (18 mars 1909), Benoît XV lui attribua une préface propre (9 avril 1919) et Jean XXIII le fera inscrire au canon de la messe (13 novembre 1962) ».
Dom Pius Parsch précise quant à lui : "La messe et l’office des Heures sont de date récente (l’auteur est le pape Clément XI qui les prescrivit en 1714). Ce qui est typique dans la prière des Heures, c’est la composition systématique propre à cette époque et le parallèle entre Joseph l’Égyptien et saint Joseph".
 
L'article de l'U.C.L.F., étudiant avant nous la question du 19 mars 1661, retrace en effet cette chronologie :
« Chronologie des événements• En 1621, le pape Grégoire XV, usant de son pouvoir spirituel, proclama que la fête de saint Joseph serait fête de précepte pour l’Église universelle.• 16 juin 1660, apparition Saint Joseph à Bessillon (Cotignac) à un jeune pâtre, Gaspard.• 9 mars 1661, mort de Mazarin.• 10 mars, Haut conseil, le Roi gouvernera en personne.• 12 mars, par lettres patentes, Louis XIV, usant de son pouvoir temporel, décrète jour chômé dans tout le royaume le jour de la fête de Saint Joseph, le 19 mars.• Louis XIV écrit, de Paris, à Messieurs les Vicaires Généraux du cardinal de Retz, archevêque de Paris (ce dernier était à Rome), pour que l’on célèbre la fête de Saint Joseph.• 19 mars, le Roi assiste à la messe à la chapelle du Louvre. La Reine-mère écoute le sermon de Bossuet chez les Carmélites de la rue Saint-Jacques. 
La Gazette du 26 mars (n°37 p 283) rapporte que : à l’occasion de la fête de Saint Joseph, le Roi va faire ses dévotions en l’église des Feuillants ».
 
Voici la lettre envoyée en 1661 par Guy Patin, médecin et épistolier (1601-172), à André Falconet, et publiée en 1846 (pp. 344-345) :
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(lire « 19 mars »).
 
            « Nous n’étions pas en Semaine sainte. Cette année là le mercredi des cendres se trouvait le 2 mars ; les Rameaux tomberont le 10 avril et Pâques le 17 avril. Nous en étions donc à la troisième semaine de Carême, un samedi » (U.C.L.F.).
 
L’on trouve précisément dans les Actes de l’Assemblée du clergé de 1660-1661 :
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selon la Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France ; Paris, 1770, t. 4, p. 776, Assemblée de 1660-1661. L'évêque de Bazas (de 1646 à 1667) était Mgr Samuel Martineau de Turé.
 
« ​​L'auteur du ​​Calendrier historique et chronologique de l'Eglise de Paris (Paris, Hérissant, 1747), l'abbé Le Fèvre, donne, au 19 mars, les détails intéressants de l'institution de la fête de saint Joseph » :
« 19 mars. Lettre du Roi pour la fête de saint Joseph en France ; par ordre de Louis XIV, qui expédia une lettre de cachet au Parlement, le 16 mars 1661, par laquelle il lui mandait que la fête du saint Époux de la Vierge fût célébrée dans tout son royaume, non-seulement par la célébration des Offices divins propres à une fête solennelle, mais encore par la cessation du travail. Le Parlement, par son arrêt du 17 mars, ordonna que la fête de saint Joseph serait chômable et obligatoire, avec interruption de travail et cessation entière des affaires par tout le royaume. La fête de S. Joseph fût chommée (sic) dans tons les lieux de son ressort, avec défense au peuple d'ouvrir les boutiques et de vaquer aux œuvres manuelles, et enjoignit aux lieutenans civil et criminel, au procureur du Roi au Châtelet, et aux officiers de police, de tenir la main à l'exécution de l'arrêt. Le Roi fit écrire pareillement au duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour faire établir l'observance de cette fête dans les lieux de la dépendance de cette abbaye. La lettre est du 26 mars » (Calendrier historique, etc., page 79).
 
Toutefois,
« Le diocèse de Reims ne l’adopta point cependant comme fête d’obligation. Le rituel de messire Charles Maurice Le Tellier, publié en 1677, ne le mentionne point parmi les fêtes chômées ; on la célébrait néanmoins comme double de deuxième classe. Dans son bréviaire de 1665, Mgr Vialar lui donne rang parmi les doubles de troisième classe ; les doubles majeurs les ont remplacés ».
 
L’abbé Lucot précisera cinq ans plus tard, dans son Étude historique sur son culte(1875) : « Même remarque pour Sens, Lyon, Verdun, Périgueux, Chartres, Langres (Rituels, de 1679 à 1694) ». 
 
 
 
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« En France, en Espagne, en Allemagne, les princes, par leurs exemples, entraînent les peuples à la vénération et à la confiance envers saint Joseph. Tant d'efforts pour répandre cette dévotion ne restèrent point stériles. Elle pénétrait partout ; la marche en fut rapide ; la Cour, la ville, la province en étaient tout embaumées. Les princes rivalisaient avec les religieux pour faire honorer le grand Patriarche. Bossuet lui consacrait les prémices de son éloquence. Par deux fois, en 1659 et 1661, il célébrait, devant la Reine-mère et sa Cour, Joseph comme le plus saint dépositaire des plus saints trésors, et Joseph le lui rendait en devenant le révélateur du génie de l'illustre évêque. On sait avec quelle pieuse admiration furent entendus ces deux panégyriques. 
Cependant la Cour de France voyait avec peine que les décrets de Grégoire XV et d'Urbain VIII n'avaient pas encore été publiés dans le royaume. En effet, la fête de saint Joseph était obligatoire à Rome, en conséquence de ces décrets (aujourd'hui encore, la fête de saint Joseph y est chômée et un jeûne la précède) ; et précédée d'un jeûne préparatoire, elle s'y célébrait à l'égal des grandes fêtes de l'année ; la France restait en arrière. Louis XIV en avait déjà écrit au Pape. Le roi voulut profiter de l'Assemblée du clergé de France réuni à Paris en 1661, pour faire exécuter des décrets chers à sa piété. Lui et la reine Marie-Thérèse exprimèrent aux évêques leur désir de voir célébrer désormais en France, comme à Rome, la fête de saint Joseph. Le diocèse de Paris donna l'exemple, que suivirent bientôt la plupart des diocèses de France. 
Dans les autres contrées de l'Europe, l'enthousiasme n'était pas moins grand ; l'extension du culte de notre Saint fut aussi rapide. Les Bourbons d'Espagne, émules de ceux de France, la favorisaient dans leurs possessions des Pays-Bas ; la fête de saint Joseph y était célébrée avec une pompe toute royale (un auteur contemporain, le P. Michel Prie, jésuite allemand, a raconté cette solennité dans sa Vie de saint Joseph. Vita S. Josephi, etc., exemplis illustrata à P. Miciiaele Frie S.J., Monachii, 1678, in-18, cap. 21). En 1679, sur les instances de Charles II, roi des Espagnes, le pape Innocent XI confirma par une bulle l'élection faite par ce prince, de saint Joseph comme patron de ses royaumes et de ses domaines. Mais l'illustre famille de Lorraine semblait vouloir encore dépasser toutes les autres, en Allemagne et en Lorraine, dans les témoignages de sa dévotion pour saint Joseph. En 1655, l'empereur d'Allemagne, Ferdinand III, procurait l'introduction solennelle de son culte en Bohême, et le donnait comme patron à ce royaume, sous le titre de protecteur de la paix : Conservator pacis. Vingt ans plus tard, Léopold Ier, son fils, cherchant au milieu des désastres de la guerre un refuge pour lui et son peuple, le trouva dans la protection de saint Joseph ; il lui consacra, en 1675, avec l'approbation de Clément X, l'empire tout entier, et ce fut avec l'appareil des solennités les plus magnifiques : les historiens allemands nous en ont gardé l'intéressant récit. L'année d'après, Maximilien, archevêque de Cologne et prince électeur de l'Empire, donnait aussi à la cité et au diocèse de Liège saint Joseph pour patron spécial. Les peuples d'Allemagne suivaient leurs princes, entraînés par leur piété ; ils voyaient avec plaisir ces princes élever à Joseph des églises, favoriser les confréries en son honneur, donner son nom aux enfants héritiers de leur couronne, et témoigner ainsi qu'ils lui étaient redevables de la conservation de leur race ; comment donc fussent-ils restés eux-mêmes étrangers à de tels sentiments ? comment eussent-ils refusé de s'associer à une dévotion si salutaire et de souscrire à des hommages si mérités ? ».
     
       Notre enquêteur de l'U.C.L.F. corrige encore les données sur Bossuet :
« En 1657, il prêche devant les évêques réunis pour l’Assemblée du clergé de France ; en 1659, c’est la Reine qui demande à Bossuet de reprendre le premier panégyrique ! Celui-ci s’en plaint d’ailleurs : Elle m’ordonne de rappeler en mon souvenir des idées que le temps avait effacées. Bossuet n’a eut que deux jours pour recueillir ses souvenirs. Pour 1661, il ne peut s’agir que du deuxième panégyrique ».
« Dans ce sermon (deuxième panégyrique) Bossuet annonce son sujet : Comme je me propose aujourd’hui de traiter ces vertus cachées, c’est-à-dire de vous découvrir le cœur du juste Joseph, etc. Il articule son propos sur trois points qu’il énumère peu après : Les vertus mêmes dont je parlerai ne sont ni de la société ni du commerce ; tout est renfermé dans le secret de sa conscience. La simplicité, le détachement, l’amour de la vie cachée sont donc les trois vertus du juste Joseph, que j’ai dessein de vous proposer. L’adresse de son sermon est sans équivoque : «Mes sœurs ». Ce n’est qu’au milieu de la troisième partie qu’il fait référence à la présence de la Reine. La fin de sa conclusion lui est adressée en exhortation : Je rends grâces au Roi d’avoir voulu honorer sa sainte mémoire avec une nouvelle solennité. Fasse le Dieu tout-puissant que toujours il révère ainsi la vertu cachée ; mais qu’il ne se contente pas de l’honorer dans le ciel, qu’il la chérisse aussi sur la terre ; qu’à l’exemple des rois pieux il aille quelquefois la forcer dans sa retraite ; etc. À aucun moment les termes consacré  ; consécration ; patron ne sont dans la bouche de Bossuet ! L’exhortation qu’il adresse à la Reine est de tout faire pour que le jeune Roi reste vertueux à l’image de Saint Joseph. Il est donc difficile de faire un rapport entre cette conclusion et l’évocation de la consécration ! ». 
         
       Revenons maintenant à la Cour du Roi, vingt ans plus tard, à Versailles cette fois, où le Grand Roi se sera établi. Le très sérieux Alexandre Maral expliquait quant à lui, en 2014, dans La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV: cérémonial, liturgie et musique (p. 110) :
« D’après les lettres patentes de 1682 en effet, il était prévu d’exposer le Saint-Sacrement tous les dimanches et jeudis de l’année, ainsi qu’aux fêtes de la Sainte Vierge, de saint Joseph, saint Louis et sainte Thérèse, après la prière du soir de la communauté des Lazaristes ».
          
     Sans être couronné, saint Joseph était toutefois célébré en 1682 à l’égal des patrons de la Famille royale.
« Il est difficile de croire que le jeune roi qui venait de prendre son envol (10 mars), qui décréta l’officialisation de la fête en rendant le jour férié (12 mars) se soit arrêté dans son élan pour faire une consécration a minima dont on ne trouve aucune trace, aucun texte et aucun témoin cité dans aucune chronique ! N’avait-il pas l’exemple de son père qui fit, pour la consécration à la Vierge, un acte officiel : l’Édit de Saint-Germain qui fut enregistré comme loi du Royaume par le Parlement et ratifié par l’épiscopat et par le peuple français ? » (U.C.L.F.).
 
Le grand patriarche a donc obtenu du grand Roi la solennité de sa fête, sans recevoir toutefois un patronage en bonne et due forme. Et nos bibliothécaires en ligne de conclure : « Il aurait été bien utile aux légitimistes d’arguer aux détracteurs de Louis XIV — à qui on reproche de n’avoir pas consacré la France au Sacré-Cœur — que le grand roi n’avait pas hésité à consacrer la France à saint Joseph, mais l’honnêteté prime. Aussi nous faut-il conclure à regret, qu’à part la récente consécration à Saint Joseph du diocèse de Toulon-Fréjus — pour laquelle les preuves historiques abondent –, celle de la France par Louis XIV, en 1661, ne relève que de la légende urbaine ».
 
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            Nous étions donc arrivés à la fin de cette enquête… quand la Providence – comme toujours – nous fit découvrir la solution là où nous ne l’attendions pas ! 
     Deux cent dix ans plus tard, en effet, le 19 mars 1871, lorsque le comte de Chambord, de droit Henri V de France, dans le sillage du grand pape Pie IX, consacra enfin sa Patrie au juste Joseph.
     Le Propagateur de la dévotion à saint Joseph (Périsse, Paris/Tournai, 1872, pp. 185-190) relate l’événement, et nous lui laissons bien volontiers la parole.
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Henri de Bourbon consacre sa Personne, sa Maison et sa Patrie à saint Joseph

 
« D'après des auteurs graves, parmi lesquels nous citerons le docte et pieux Père Faber, la dévotion à saint Joseph fut apportée de l'Orient dans la Provence par Lazare, Marthe et Marie. La pieuse cité d'Avignon fut le berceau d'où elle se répandit en Europe. Gerson, chancelier de l'Université de Paris, fut suscité pour en être le docteur et le théologien, et saint François de Sales pour l'enseigner et la répandre parmi le peuple. Les Carmélites de France, fidèles aux leçons et aux exemples de sainte Thérèse, contribuèrent efficacement à augmenter la confiance des âmes dévotes et fidèles en ce glorieux patriarche. Les écrivains français de la Compagnie de Jésus fournirent dans des ouvrages pieux et savants, de riches matériaux aux panégyristes du virginal Epoux de Marie.
 
De nos jours, c'est de la France catholique qu'est parti ce mouvement providentiel qui entraîne tous les peuples vers saint Joseph, et dont le consolant résultat a été de faire proclamer par l'auguste Pie IX ce glorieux Patriarche Patron de l'Église universelle. Fidèle aux traditions de ses aïeux (c'est à la demande de Louis XIV que la fête de saint Joseph fut chômée en France), le noble chef de la Maison de France a voulu, pour répondre à l'invitation du souverain Pontife, se consacrer d'une manière solennelle au puissant protecteur des Chrétiens.
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Un de nos amis qui a eu le bonheur d'assister à la consécration de Monseigneur le comte de Chambord et de toute sa Maison au glorieux saint Joseph, protecteur de l'Église universelle, nous transmet la relation suivante dont l'importance exceptionnelle n'échappera à aucun de nos lecteurs.
 
L'année dernière, pendant la guerre de la France avec l'Allemagne, Monseigneur le comte de Chambord était dans les environs de Genève avec un petit nombre de personnes ; la plupart de ses serviteurs étaient restés à Frohsdorf. Le samedi soir, 18 mars 1871, un serviteur, parti l'avant-veille de Genève, arrivait au château de Frohsdorf, porteur d'un ordre du prince pour son aumônier. Cet ordre adressé au secrétaire intime était exprimé en ces termes : « Faites mes amitiés à M. l'abbé N***, dites-lui qu'il serait bon de faire la consécration de la colonie à saint Joseph, le 19 ». — On appelle la colonie, à Frohsdorf, la petite société de serviteurs et d'amis qui entourent le prince et qui forment à l'extrémité de l'Autriche comme un petit coin de terre française.
 
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Le lendemain à la grand'messe, M. l'aumônier annonça à ses auditeurs que d'après le désir du prince, la colonie serait consacrée solennellement à saint Joseph, après le Salut qui aurait lieu dans l'après-midi. Tout le monde devait s'y trouver, et en effet personne n'y manqua. Le neveu de Monseigneur le comte de Chambord, S.A.R. le comte de Bardi, frère du duc de Parme [et donc beau-frère du roi de France, celui-là ayant épousé la sœur de celui-ci, NDLR], était présent et représentait tous les autres membres de la famille de Bourbon alors absents. Avec lui était son aide de camp, M. le marquis Malaspies, qui représentait l'Italie ; son précepteur, un vénérable religieux franc-comtois, qui représentait la France ; Madame la vicomtesse de Ch***, dame d'honneur de Madame la comtesse de Chambord, était là au nom de son Auguste Maîtresse. Le Prince était représenté par trois de ses secrétaires, son médecin, son aumônier et tous ses autres serviteurs restés au château. Un vénérable religieux rédemptoriste, confesseur de la Princesse depuis la mort du vénérable abbé Trébuquet, se trouvait là au nom de l'Allemagne catholique. De plus il y avait les Frères de Marie, chargés des écoles de garçons à Frohsdorf, les Sœurs de sainte Chrétienne de Metz, avec leurs pensionnaires et une foule de fidèles du village et des villages environnantsLa magnifique chapelle du château, décorée de ses plus beaux ornements, était au grand complet.
 
Au moment de la consécration, toute l'assistance, pénétrée de la plus vive émotion, tomba à genoux et s'unit de cœur et d'âme au digne aumônier, qui prononça d'une voix forte et pleine de larmes celte touchante consécration au Bienheureux saint Joseph proclamé par l'Auguste Pie IX, patron de l'Église universelle.
 
Après la cérémonie, cette consécration fut envoyée à Mgr le comte de Chambord, qui daigna l'approuver comme ayant parfaitement rendu toute sa pensée. Depuis lors, quelques copies en ont été faites par des personnes qui assistaient à la fête, et c'est une de ces copies, parfaitement conforme à l'original, que nous reproduisons ici :
 

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Consécration à saint Joseph.

« Adorable Jésus, Fils unique et bien-aimé du Père avant tous les siècles, devenu dans le temps, par le choix libre de Votre amour, Fils unique et bien-aimé de Marie et Fils adoptif de son virginal époux saint Joseph, permettez que nous profitions de ce moment solennel et mille fois précieux, où entouré de Vos anges, et présent sur cet autel, Vous daignez agréer nos humbles hommages et Vous préparer à nous bénir, pour venir nous placer, comme Vous le fîtes Vous-même, sous la protection spéciale du bienheureux Patriarche votre Tuteur, Votre Guide et Votre Père pendant la première partie de Votre vie mortelle. Déjà bien des fois nous nous sommes donnés à Vous, ô divin Maître. Nous avons eu aussi le bonheur dans diverses circonstances solennelles de nous consacrer spécialement à Votre céleste Mère, en la suppliant de vouloir nous accepter pour enfants.
Aujourd'hui nous voulons compléter notre œuvre et assurer de plus en plus notre persévérance, le salut de nos âmes en les remettant entre les mains de Votre Père nourricier. Nous sommes heureux de confier à saint Joseph nos destinées temporelles et éternelles en même temps que les intérêts sacrés de notre chère Patrie, de nos augustes Princes, de la sainte Église et de son Chef vénéré. Fidèles à Vos divines inspirations, ô divin Rédempteur, nous cherchons un abri contre les coups de Votre justice dans les bras paternels de Celui qui porta et nourrit Votre Enfance. Puissions-nous, selon la mesure de grâce que nous avons reçue, éprouver pour saint Joseph les sentiments d'amour, de vénération, de tendresse et d'affectueuse confiance que Vous lui manifestâtes si souvent par Vos regards, Vos paroles et Vos divines caresses, qui en faisaient ici-bas le plus heureux des hommes. C'est donc pour répondre aux désirs de Votre Cœur filial que nous allons nous consacrer au Protecteur bien-aimé qui vous tînt lieu de père et que Vous appelâtes de ce nom si doux.
Déjà l'Auguste Pontife, Votre vicaire, a jugé opportun de placer l'Église sous le puissant patronage du glorieux saint Joseph. Mais ce n'est pas assez pour nous de cette consécration générale, si nous n'y ajoutions de notre côté la consécration personnelle de Nous-même et de tout ce qui nous est cher. Nous allons donc sous Vos auspices, ô Jésus, et sous les auspices de Votre Mère Immaculée, exprimer au bienheureux Patriarche les sentiments et les désirs que Vous nous inspirez Vous-même.
C'est au nom de tous Vos fidèles serviteurs que nous parlons, au nom des fils de saint Louis et de tous ceux à qui Vous avez fait la grâce de leur servir de cortège, au nom des présents et des absents, au nom des plus élevés comme des plus humbles, au nom des Princes comme des derniers de leurs serviteurs, au nom des Français d'adoption comme des Français de naissance, au nom des jeunes gens et des jeunes filles, des enfants et des vieillards, des prêtres et des séculiers, des âmes consacrées à Dieu dans la vie religieuse et des personnes engagées dans les liens du mariage, au nom des justes et des pécheurs, des parfaits et des imparfaits, au nom de tous, en un mot, car tous nous voulons devenir les clients et les protégés du puissant saint Joseph, comme nous espérons être les vôtres, ô Jésus, et ceux de Votre divine Mère.
Ô chaste Époux de la Mère de Dieu, Père nourricier de son adorable Fils, gardien, conservateur, confident, imitateur et coopérateur de l'Un et de l'autre ! en vue de vos illustres prérogatives, en vue du pouvoir que Dieu vous a accordé sur la terre et dans le ciel, nous vous consacrons aujourd'hui nos cœurs. Nous voulons qu'après les cœurs de Jésus et de Marie, le vôtre soit l'objet constant de nos respects et de nos hommages.
Que ne pouvons-nous, ô grand Saint ! enchaîner tous les cœurs à votre trône !mais nous n'avons que les nôtres, nous vous les offrons et nous les soumettons à votre empire. Qu'après l'amour et la gloire de Jésus et de Marie, votre gloire et votre amour soient le principe et le germe de toutes nos pensées, de tous nos désirs, de toutes nos paroles et de toutes nos actions !
Jamais cœur ne fut plus enflammé que le vôtre du désir de voir régner l'amour de Jésus et de Marie. Allumez-le dans les nôtres et qu'il les possède, qu'il les pénètre, qu'il les embrase, qu'il les consume ! Nous le désirons, nous vous le demandons. Que ce soit dans les ardeurs sacrées de cet amour et du vôtre que nous rendions le dernier soupir, et que les dernières paroles que prononceront nos lèvres expirantes, soient les saints, les doux, les aimables noms de Jésus, Marie, Joseph.
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Ô bienheureux Joseph, Père nourricier de Jésus, digne époux de Marie, Reine des vierges, nous nous consacrons à votre culte et nous nous donnons tout à vous. Soyez notre Père, notre Protecteur et notre Guide dans les voies du salut ; soyez le Sauveur de notre patrie et le puissant Libérateur de l'Église. Obtenez-nous à tous une grande pureté de corps et d'âme et la grâce de faire à votre exemple toutes nos actions pour la plus grande gloire de Dieu, en union à votre cœur très-pur et aux Cœurs sacrés de Jésus et de Marie. Assistez-nous tous les jours et surtout à l'heure de notre mort. Ainsi-soit-il.
Ô bon saint Joseph, protégez-nous, protégez la sainte Église, protégez notre patrie et la famille de nos rois. Ainsi-soit-il. »
 
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« Cette consécration, qui avait lieu le 19 mars 1871, a été renouvelée cette année pour la fête de saint Joseph en présence de Leurs Altesses Royales le comte et la comtesse de Chambord et de toute leur suite. La fête n'était pas d'obligation, mais elle fut célébrée avec la pompe des plus grandes solennités et cela sur l'ordre de l'auguste chef de la Maison de France, qui tenait à rendre à saint Joseph toute la gloire que mérite son puissant patronage. Tous les assistants furent édifiés de la piété des Princes qui s'unissaient avec une ferveur touchante aux sentiments exprimés par le ministre de Jésus-Christ, agenouillé devant le saint Tabernacle.
 
Nous l'avouons sans détour, cette consécration solennelle au glorieux Patriarche, proclamé solennellement par Pie IX, Patron de l'Église universelle, remplit notre cœur d'espérance. Nous voyons dans ces témoignages de la piété d'un Prince, sur la personne duquel reposent tant d'intérêts sacrés, un gage précieux de régénération et de triomphe pour notre chère France.
 
Que les nouveaux barbares mettent toute leur confiance dans leurs engins meurtriers, dans le nombre et la rapidité de leurs coursiers, hi in curribus et in equis, pour nous, éclairés des plus pures lumières de la foi, nous plaçons notre ferme espérance dans le nom du Seigneur: Nos autem in nomine Domini ».
 
L’abbé anonyme est très vraisemblablement M. l’abbé Amédée-Alexandre Curé (1838-1905), ordonné prêtre en 1861 au diocèse de Châlons, précepteur du duc de Parme puis aumônier de la famille royale en exil à Frohsdorf, membre du tiers-ordre dominicain à partir de 1878 et camérier d'honneur du pape (1887). Il succéda comme Grand-Aumônier de France au chanoine Stanislas-Barnabé Trébuquet (1796-1868), prêtre du diocèse de Beauvais, chanoine de Beauvais et de Paris, mort le 28 mars 1868, et dont il composa l’éloge funèbre.
 
En ce 150e anniversaire de la mort du chanoine Trébuquet, et 5e anniversaire de celui de l’abbé Chanut, présentons au Ciel nos prières pour nos Grands-Aumôniers de France qui portaient celles pour nos Princes, et unissons-nous toujours plus nombreux dans cette chaîne de prières pour la sanctification et restauration de Mgr le prince Louis de France, Chef de la Maison de Bourbon et aîné des Capétiens. Que le glorieux saint Joseph protège et accompagne toujours ce « Prince, sur la personne duquel reposent tant d'intérêts sacrés, un gage précieux de régénération et de triomphe pour notre chère France ». 
 
« Ô bon saint Joseph, protégez-nous, protégez la sainte Église, protégez notre patrie et la famille de nos rois. Ainsi-soit-il ».
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +
 
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Abbé Louis de Saint-Taurin +


24/10/2018
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Des dates à réserver dès à présent :

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Chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

 

Voici quelques dates qu'il est important que vous notiez et réserviez dès à présent :

 

1) 226ème anniversaire de la mort de Sa Majesté le Roi Louis XVI, lundi 21 janvier 2019 :

 

L'anniversaire de la mort du Roi-martyr doit bien évidemment être commémoré avec une ferveur toute particulière par TOUS les membres de la Confrérie, et CHACUN doit avoir à cœur de marquer ce jour : il importe donc de ne pas être passif, et de ne pas attendre la mi-janvier pour se poser la question "Que vais-je faire pour commémorer l'anniversaire de la mort du Roi ?"

La Confrérie Royale n'organise pas une unique Sainte Messe de Requiem qui serait en un unique endroit : bien sûr chacun des prêtres membres de la Confrérie célèbre ce jour-là la Messe à la pieuse mémoire du Souverain martyr, mais c'est aussi à CHACUN des membres non prêtres à réfléchir à ce qu'il peut faire pour ce jour là...
- en se renseignant sur les Messes commémoratives qui sont déjà programmées dans sa province et dans les environs de chez soi ;
- en prenant contact avec le Cercle Légitimiste le plus proche (si l'on n'en est pas déjà membre) pour savoir s'il organise quelque chose et - si ce n'est pas le cas - se proposer pour l'institution de cette cérémonie en lien avec ce Cercle ;
- si l'on se trouve dans une province ou région dans laquelle il n'existe actuellement pas de cérémonie commémorative du 21 janvier, en allant trouver le prêtre responsable de sa paroisse, ou de sa chapelle, ou de son prieuré... [ou bien d'une paroisse ou chapelle voisines si l'on essuie un refus de la part du premier], pour retenir dès à présent une célébration commémorative de la mort du Roi, le 21 janvier ou un jour proche de cette date et pour commencer à le faire savoir autour de soi ;

J'insiste très fortement pour que TOUS les membres de la Confrérie aient le souci que ces cérémonies commémoratives se multiplient dans tout le Royaume... et au-delà.

 

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2) Samedi 9 février 2019 : Pèlerinage à Cotignac.

 

La Très Sainte Vierge Marie est apparue à Cotignac, en Provence, les 10 et 11 août 1519. L'année 2019 marque donc le cinquième centenaire de cette manifestation de la Mère de Dieu qui a voulu être honorée en ce lieu sous le vocable de Notre-Dame de Grâces.
Messieurs les Chanoines de l'Ordre de Saint-Remi organisent une journée de pèlerinage à Cotignac le samedi 9 février 2019.
Pourquoi à cette date ? Parce que c'est le samedi le plus proche du 10 février, jour où Sa Majesté le Roi Louis XIII promulga l'Edit de Saint-Germain ordonnant la consécration du Royaume de France à Notre-Dame. Et l'on sait combien le sanctuaire de Cotignac est lié aux événements de la naissance du Dauphin Louis-Dieudonné, futur Louis XIV, lequel vint ici en pèlerinage d'action de grâces le 21 février 1660 : au cinquième centenaire de l'apparition de Notre-Dame, nous associons donc aussi le souvenir du pèlerinage du Grand Roi.

Toutes les indications concernant le programme de ce pèlerinage et ses modalités pratiques, seront communiquées en temps opportun, mais il est déjà important que les membres et sympathisants de notre Confrérie Royale retiennent cette date. 

 

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3) Pèlerinage annuel au Puy-en-Velay 30-31 mai & 1er juin 2019 :

 

Le pèlerinage annuel au Puy-en-Velay est une institution : il est, à l'heure actuelle, le rassemblement annuel auquel, autant que possible, tous les membres de la Confrérie Royale doivent faire tout leur possible pour participer.
Nous rappelons qu'il a lieu chaque année à l'occasion du "pont" de l'Ascension : en 2019 donc à partir du jeudi de l'Ascension 30 mai après-midi jusqu'au samedi 1er juin en début d'après-midi

Là encore, le programme précis et les modalités pratiques seront communiquées dans les meilleurs délais, mais il importe que ces dates soient déjà notées et réservées dans vos agendas !

 

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4) La Confrérie Royale s'associe en outre au pèlerinage organisé conjointement par les Cercles Légitimistes du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes et du Vivarais le mercredi 8 mai 2019 :

 

Le 8 mai est la fête de l'apparition de l'archange Saint Michel au Mont-Gargan, dans le sud de l'Italie.
Ce pèlerinage commun aux trois Cercles Légitimistes voisins du Dauphiné, de la Vicomté de Nîmes et du Vivarais n'est cependant pas réservé à leurs seuls membres et il accueille volontiers tous les sympathisants des provinces avoisinnantes !
Il donnera l'occasion de se rendre à l'abbaye Saint-Michel de Frigolet où l'on ne vénère pas seulement l'archange vainqueur mais aussi Notre-Dame du Bon-Remède dont la chapelle fut somptueusement embellie au XVIIe siècle grâce aux libéralités de Sa Majesté la Reine Anne d'Autriche :

 

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Abbaye de frigolet : chapelle Notre-Dame du Bon-Remède

 

Nous nous rendrons ensuite à Tarascon à la Collégiale Royale Sainte-Marthe, sur les pas - entre autres - de Saint remi, de Clovis, de Saint Louis,  de Sainte Brigitte de Suède, de Louis XI, de Saint François de Sales, de Louis XIII, de Louis XIV et de nombreux autres souverains et saints, afin d'y vénérer Sainte Marthe, sœur de Saint Lazare et de Sainte Marie-Magdeleine, dont les précieuses reliques se trouvent ici, mais également pour y découvrir l'extraordinaire trésor de la collégiale qui comporte de très nombreux souvenirs de nos Rois et de nos Princes (Madame Elisabeth et Madame la Duchesse d'Angoulème par exemple).

Encore une fois, les détails du programme et des modalités pratiques seront communiqués en temps utile, mais vous pouvez dès à présent réserver cette date.

 

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Reliquaire du chef de Sainte Marthe
offert par Sa Majesté le Roi Louis XI


16/10/2018
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Saint Michel Archange

Saint Michel Archange

Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie Royale

25 septembre 2018

Dans quelques jours nous célébrerons la fête de saint Michel et de tous les saints Anges, dont il est le Chef ou Archange.

Deuxième Séraphin à la création des Anges, il en devint le premier à la révolte de Lucifer, dont l'orgueilleuse rébellion suscita chez lui ce cri d'indignation : "Qui est comme Dieu", en hébreu Mi kha el ? Qui prétend s'égaler à Dieu ?

Premier Ange, il est le "grand Prince", comme l'appelle le saint prophète daniel, le "Prince de la Milice des Anges", dit un répons de la liturgie, le Chevalier des droits de Dieu, et le principal ennemi du diable, selon saint Bruno. Son rôle dans l'histoire du salut et dans celle de l'Eglise est incommensurable (très souvent mentionné dans la Sainte Ecriture sans être nommé, selon les Pères).

Il fut le "Prince d'Israël", selon saint Daniel, l'Ange gardien du Peuple élu de l'Ancien Testament. Premier des Anges, seul il pouvait être désigné par Dieu comme l'Ange gardien de l'Humanité de Jésus, "afin, dit le Psaume XC du saint Roi David, de le garder en toutes ses Voies". Il devint logiquement dans le Nouveau Testament l'Ange gardien de la Sainte Eglise, nouvel Israël, d'après saint Chrysostome. Il convenait qu'il devînt l'Ange gardien de la France, qui est la nouvelle "tribu de Juda", selon le Pape Grégoire IX ; et il vint préparer sa mission en consacrant avec les saints Anges la cathédrale Notre-Dame du Puy, future protectrice du Royaume, le 11 juillet 225.

 

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I. Le Patron du Royaume.

 Aux aurores du Royaume saint Michel apparut au saint Roi Clovis 1er le Grand à la bataille de Tolbiac en 496 pour répondre à son appel au secours au "Dieu de Clothilde", il lui prédit la victoire en vertu de la Croix et réduisit l'armée ennemie à la merci de Clovis. Après la bataille Clovis, par reconnaissance (grande vertu royale envers Dieu), lui consacra sa personne et son Royaume. C'est donc chronologiquement le premier saint Patron de la France, il est "le Patron et Prince de l'empire des Gaules", selon les termes de saint Charlemagne.

Saint Michel compléta son intervention en servant de ministre au Saint-Esprit pour apporter, sous la forme d'une Colombe (qui manifestait la troisième Personne de la Très-Sainte Trinité comme au Baptême du Sauveur), la Sainte Ampoule au sacre de Clovis à la Noël 496 à Rheims, comme le dit une antienne du sacre du Roi de France : "par le ministère d'un Ange". Et tous les Rois des trois Races tinrent saint Michel en grand honneur ; saint Charlemagne le mit sur son étendard et fit de sa fête du 29 septembre une fête d'obligation en 813 (jusqu'au concordat de 1801 !).

 

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II. Le bastion de Saint Michel.

Pour rendre sa protection perpétuellement visible, saint Michel apparut le 16 octobre 708 à saint Aubert, évêque d'Avranches, pour lui demander "que l'on bâtît une église sous son patronage au sommet du mont Tombe", dit l'office du 16 octobre. Pour vaincre les doutes de l'évêque, à la troisième apparition il lui pressa le crâne avec son doigt sur le côté gauche et y fit un trou, ce qui convainquit l'évêque et son chapitre de la réalité de l'apparition, comme on peut encore le voir sur le crâne du saint en l'église des Saints Gervais et Protais d'Avranches. L'Archange prenait matériellement possession du Royaume en y plaçant son Trône terrestre.

Averti, le Roi Childebert III le juste "voulut s'y rendre en pèlerinage", selon le même office, suivi au cours des siècles par nombre de ses successeurs. Le mont Saint-Michel-au-Péril-de-la-Mer, dont l'église primitive (toujours subsistante sous l'actuelle) fut consacrée par Notre-Seigneur lui-même en présence de saint Michel le 16 octobre 709, est, aux confins de la Normandie et de la Bretagne, face aux tempêtes de l'océan (figure des tempêtes du monde et des démons), le bastion du Prince des Anges face au prince de ce monde pour la protection du Royaume, et l'un des pèlerinages les plus fréquentés de la France et de la Chrétienté : "Immensi tremor oceani" (la terreur de l'immense océan), selon la devise de l'ordre de Saint-Michel.

 

III. La protection du Royaume.

Dans l'une de ces plus graves tempêtes, alors que la moitié du pays était envahie, le Mont soutint vaillamment un siège de trente-cinq ans (1415-1450), malgré l'abbé, passé à l'ennemi, mais grâce à ses moines, à sa petite garnison et à ses habitants, restés fidèles à saint Michel, car, "tant que dura la monarchie, dit dom Guéranger, l'Archange ne souffrit pas qu'une autre bannière que celle du Roi Très-Chrétien flottât jamais près de la sienne sur ses remparts" (comme au Puy fit Notre-Dame).

L'Archange apparut alors en 1425 à une vierge de treize ans, sainte Jehanne d'Arc, à Domremy, en Barrois mouvant, et peu à peu il lui "raconta la pitié du Royaume de France et comment elle devait aller au secours du Roi".
Lui-même avait reçu mission de la Reine du Puy pour son jubilé de 1429, et il envoya la jeune Pucelle délivrer la ville d'Orléans le 8 mai (en la fête de son Apparition au mont Gargan), puis mener sacrer le Roi Charles VII le Victorieux à Rheims le 17 juillet (pendant l'octave de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame du Puy par saint Michel et les saints Anges).

La sainte envoyé sa mère et les soldats de son escorte gagner le jubilé anicien à sa place et prier l'Archange en l'abbatiale Saint-Michel d'Aiguilhe (consacrée sur son mont le 18 juillet 961) pour le succès de sa mission. Elle-même plaça saint Michel et saint Gabriel sur son étendard. Et à son martyre saint Michel vint prendre sa belle âme.

 

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En reconnaissance (vertu royale envers Dieu), le Roi Louis XI le Prudent fonda le 1er août 1469 l' "Ordre et aimable Compagnie de Monsieur saint Michel" en "commémoration et honneur de Monsieur saint Michel Archange, premier Chevalier". C'est le plus ancien ordre royal actuellement subsistant, et pour ce motif son collier se trouve au plus près de l'écu royal. Monseigneur le Duc d'Anjou, Chef et Souverain Grand-Maître, et trois chevaliers (dont deux des Ordres du Roi) continuent cette tradition des vertus chevaleresques à l'image du grand Archange et de la fidélité royale sous la protection de l'Ange gardien du Royaume.

 

IV. La fidélité de saint Michel.

Pendant les périls des guerres de Religion, lors du sacre du Roi Henri IV le Grand à Chartres le 27 février 1594, un jeune enfant vêtu de blanc et resplendissant de lumière demeura auprès du Roi pendant toute la cérémonie comme sainte Jehanne d'Arc au sacre de Charles VII, puis disparut, et l'on pensa que c'était saint Michel (qui avait laissé une trace de pied d'enfant au mont Gargan) : l'Archange était donc toujours fidèle pour protéger le Royaume et "sauver le Roi" (selon le Psaume XIX de saint David). Pensons à prier saint Michel pour le salut du Roi et du Royaume.

Pendant les périls de la Fronde, la Reine Mère Anne d'Autriche, au nom de son fils le Roi Louis XIV le Grand, se tourna vers l'Ange gardien du Royaume et décida en 1652 de consacrer le premier mardi de chaque mois (on honore chaque mardi les saints Anges depuis saint Alcuin au VIIIème siècle) à saint Michel, et d'y faire célébrer une messe en son honneur pour la protection du Royaume, selon la grande tradition royale de la dévotion à saint Michel. Nous pourrions faire célébrer cette messe mensuelle en l'honneur de saint Michel pour le Roi et pour le Royaume.

 Saint Michel apparut en 1751 à la bienheureuse Antoinette d'Astonac, carmélite portugaise (dans un pays capétien), pour lui demander de répandre le chapelet de saint Michel et des neuf chœurs des Anges : quatre Pater en l'honneur de saint Michel, de saint Gabriel, de  saint Rapahël et de notre Ange gardien, puis trois Pater et trois Ave en l'honneur de chacun des neuf chœurs des Anges suivis à chaque fois d'une salutation au chœur concerné. Ce pourrait être une de nos dévotions chaque premier mardi du mois auprès du Chef et des membres de la Milice angélique (munie d'indulgences par le bienheureux Pape Pie IX) pour le Roi et pour le Royaume.

 En 1758 les neuf évêques de Bretagne (comme les neuf chœurs des Anges) instituèrent à la date du 5 janvier, veille de la fête de la Royauté de Jésus-Christ et des saints Rois Mages, une fête en "l'honneur des saints Anges gardiens du Roi et du Royaume", ce dernier étant saint Michel. Même hors de Bretagne ce pourrait être une grande fête en l'honneur de saint Michel et du saint Ange gardien de Louis XX (certainement un grand Ange pour le Roi Très-Chrétien).

Pendant la première Guerre Mondiale Paris fut épargné grâce à un vœu de son archevêque à saint Michel, ce pour quoi il construisit une nouvelle église à saint Michel aux Batignolles. Et l'Archange manifesta encore sa fidèle protection du pays en arrêtant la seconde Guerre Mondiale le 8 mai 1945, en sa fête. Pensons à célébrer les fêtes du saint Ange gardien du Royaume (8 mai Apparition au mont Gargan en 490, 29 décembre Dédicace du mont Gargan par saint Michel en 493 et fête principale de l'Ordre de Saint-Michel, 16 octobre Apparition en 708 et Dédicace par le Sauveur en 709 du mont Tombe, et 5 janvier fête du saint Ange gardien du Royaume). Rappelons-nous que dans les graves périls et tempêtes actuelles c'est saint Michel, Chevalier du Cœur immaculé de Marie et de la Reine du Puy, qui donnera la victoire ; et qu'il nous dit, selon la poësie de sainte Thérèse de Lisieux :

 

"Je suis Michel, le gardien de la France,
Grand général au royaume des cieux".

 

Soixante-deux villes et villages de France, sans compter les hameaux (et combien de sanctuaires et de chapelles d'églises !) lui sont consacrés.

Rappelons-nous qu' "il est spécialement chargé par le Seigneur de nous assister au moment de la mort", selon saint Alphonse, et qu'il est invoqué dans la prière de la recommandation des mourants. Il "vient, dit saint Thomas, au secours des chrétiens, non seulement à l'heure terrible de la mort, mais au jugement particulier", et "Dieu lui a donné, dit saint Bonaventure, de faire pencher la balance en faveur de ses dévoués serviteurs" : "Prévôt du paradis", selon une antienne, il "introduit les âmes dans la sainte lumière" du ciel, selon la messe des Défunts. Puisse-t-il en être ainsi de notre Roi, de notre Reine, de nos petits Princes et Princesse, du plus grand nombre de Français, et de nous-mêmes. Ainsi soit-il.

 

Abbé Gabriel Eyquin +

 

 

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24/09/2018
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« A fructibus eorum cognoscetis eos » (Matth. VII, 16).

« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits »

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Chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

 

Cette fête de Saint Louis, plus encore que tous les autres « 25 du mois » - pourtant déjà spécialement consacrés à davantage de prière pour notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX -, nous invite à redoubler de ferveur : « Domine, salvum fac Regem nostrum Ludovicum : Seigneur, sauvez notre Roi Louis ! ».

Cette fête de Saint Louis, modèle de tous les Rois chrétiens, nous stimule à être toujours plus dévoués à la prière pour le Roi Très Chrétien.

Cette fête de Saint Louis, céleste patron de notre Prince Louis ainsi que de Monseigneur le Dauphin, et protecteur particulier des Capétiens, exige de nous que nous nous montrions toujours plus généreux et exigeants dans l'accomplissement de ce à quoi nous nous sommes engagés en devenant membres de cette Confrérie.

Nous ne sommes pas entrés dans cette milice spirituelle – car c'en est une - par mondanité, mais pour mener un combat, au service du Roi de la terre lieu-tenant du Roi du Ciel, par les armes de la prière et de la pénitence.

 

Quitte à passer pour un radoteur et un rabat-joie, mon devoir de Prieur est de vous le rappeler, à temps et à contretemps.

Mon devoir de Prieur m'impose d'insister, aujourd'hui et demain, et jusqu'au bout de mes forces, sur le fait que, pour fléchir le Ciel et en faire descendre d'abondantes grâces sur le Royaume des Lys et son Souverain légitime, il est nécessaire et indispensable, d'ajouter à nos prières des sacrifices et des mortifications volontaires.

Ayez en mémoire que Saint Louis non seulement donnait la première place à Dieu, par la prière, dans ses journées, mais qu'en outre il était assidu et constant dans la pénitence, portant haire et cilice, pratiquant rigoureusement le jeûne et se faisant donner la discipline.

 

* * *

 

Chers Amis, en ce 25 août 2018, notre humble Confrérie Royale célèbre le troisième anniversaire de sa fondation : cette journée est donc aussi marquée par une profonde action de grâces.

Action de grâces pour son développement : développement qui s'effectue – lentement mais sûrement - par une croissance continue en effectifs et en audience, mais surtout par la croissance spirituelle de chacun des membres. Nombreux, en effet, sont ceux qui peuvent témoigner que les engagements qu'ils ont pris en entrant dans cette Confrérie sont une force et un puissant stimulant pour leur vie chrétienne tout entière, en même temps qu'ils sont source d'épanouissement et de joie.

Les fondateurs de cette Confrérie Royale sont eux-mêmes émerveillés, même s'il ne s'agit pas de choses spectaculaires, par la manière dont la divine Providence qui s'est servie d'eux comme de pauvres instruments, conduit les choses, bien au-delà de ce qu'ils pouvaient concevoir ou imaginer quand, le 25 août 2015, ils ont annoncé cette fondation.

 

Mais nous savons et n'oublions jamais que marcher à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ signifie, immanquablement, d'embrasser Sa Croix et d'avoir part à Ses opprobres. S'il n'en était pas ainsi d'ailleurs, nous pourrions - et même devrions - douter de la vérité surnaturelle de l'œuvre entreprise.

Nous ne pouvons donc pas nous étonner du fait que la Confrérie Royale soit tantôt méprisée, tantôt combattue, tantôt calomniée : cela est déjà une réalité, et, compte-tenu des enjeux pour lesquels elle a été créée, il faut être certain que cela n'ira pas en diminuant.

 

* * *

 

Méprisée, combattue, calomniée : la Confrérie Royale doit bien sûr s'y attendre de la part des ennemis de la Royauté traditionnelle et de toutes les valeurs humaines et spirituelles dont elle est la synthèse. Ces dignes héritiers des sans-culottes et des septembriseurs ont au moins le mérite d'être cohérents avec les idées perverses dont ils se sont faits les serviteurs.

Jusqu'à présent, certes, ils ne nous ont pas maltraités physiquement, pas jetés en prison, pas torturés, pas envoyés à la guillotine. Cela viendra peut-être un jour, et nous devons non seulement nous préparer à cela (car la persécution viendra peut-être plus rapidement qu'on ne l'imagine) mais nous devons avoir le désir de rendre le témoignage suprême du sang versé « pour Dieu et pour le Roi ».

Néanmoins, il est déjà arrivé que nous recevions des insultes et faisions l'objet d'agressions verbales, avec toutes les « délicatesses de langage » dont les personnes grossières dans leur mentalité et dans leurs mœurs sont évidemment capables. Mais de cela nous ne nous formalisons pas trop ; il n'y a là rien que de très conforme à la logique des « deux cités » décrites par Saint Augustin : « Deux amours ont donc bâti deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité de la terre ; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité de Dieu ».

 

Méprisée, combattue, calomniée, la Confrérie Royale l'est aussi par de sincères serviteurs de Dieu : fidèles de la Sainte Eglise catholique qui ne sont pourtant pas des apostats, prêtres ou religieux qui ne sont pourtant pas des clercs dévoyés, prélats réputés pour leur soutien aux valeurs traditionnelles, royalistes défendant les principes d'une monarchie chrétienne, voire même légitimistes affichés et « engagés »... etc.

Faut-il s'en étonner ? Certainement pas !

C'est par ceux dont Il a dit qu'ils siégeaient dans la chaire de Moïse et qu'il fallait pratiquer ce qu'ils enseignaient (mais pas imiter leur conduite) que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été attaqué de la manière la plus virulente, plus que par les impies et les païens auxquels ils finiront par Le livrer.

Les catholiques – et plus encore les clercs - qui calomnient et colportent des mensonges sur la Confrérie Royale auront à en rendre compte au tribunal de Dieu, parce qu'ils enfreignent gravement le 8ème précepte du décalogue dont ils sont supposés faire une application exemplaire. Quant à nous, nous avons mieux à faire que de nous justifier nous-mêmes (cf. Rom. VIII, 33).

 

* * *

 

La seule réponse qu'il est en notre devoir et pouvoir de donner, est celle d'une toujours plus grande fidélité aux exigences auxquelles nous nous sommes librement et volontairement engagés, afin d'obtenir le maximum de grâces au Roi que nous avons l'honneur de servir et, à travers lui, à la France.

Notre-Seigneur a donné un critère de discernement infaillible au moyen duquel toute âme de bonne volonté est capable de se faire une opinion objective et solide : « A fructibus eorum cognoscetis eos : vous les reconnaîtrez à leurs fruits ! » (Matth. VII, 16).

Je terminerai donc par quelques questions auxquelles je n'apporterai pas moi-même de réponse : la Confrérie Royale porte-t-elle ses adhérents à mieux aimer et servir Dieu, oui ou non ? La Confrérie Royale est-elle un « club » mondain et superficiel, oui ou non ? La Confrérie Royale diffuse-t-elle des idées contraires aux desseins de Dieu sur la France, oui ou non ? La Confrérie Royale pose-t-elle des obstacles à une authentique restauration de la monarchie traditionnelle, oui ou non ? Les pèlerinages et manifestations organisés par la Confrérie Royale portent-ils des fruits de grâce et de vie spirituelle, oui ou non ?

 

Ainsi donc : « Si cette entreprise ou cette œuvre est des hommes, elle se dissipera ; mais si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire, et peut-être que vous vous trouveriez à combattre contre Dieu même ! » (Act. V, 38-39).

 

Votre très humble et très dévoué,
in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

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24/08/2018
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Message du Prieur de la Confrérie Royale à l'occasion de la fête de l'Assomption

Mardi 14 août 2018,
Fête de Saint Maximilien-Marie Kolbe,
Vigile de l'Assomption de Notre-Dame.

 

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Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Confrères,
Bien chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

 

A la veille de la très grande et belle fête de l'Assomption de Notre-Dame et principale fête patronale du Royaume de France, permettez-moi de vous rejoindre à travers ces quelques lignes afin de 


1) vous souhaiter à chacun une bonne, belle et surtout très fervente fête (puisque toute fête de notre Mère céleste et souveraine, est une fête de chacun de ses enfants) ;


2) vous encourager, autant que cela est possible (mais je sais bien que ce n'est pas possible pour tous, en raison de la maladie, de l'infirmité, ou bien encore en raison du désert spirituel dans lequel ils se trouvent), à participer non uniquement à la Sainte Messe mais encore aux autres cérémonies - en particulier les processions - en l'honneur de Notre-Dame dont cette fête est l'occasion ;


3)  et dans le cas où cela n'est pas possible (pour l'une ou l'autre des raisons évoquées ci-dessus) de ne pas omettre alors de renouveler en votre particulier la consécration de notre France à Notre-Dame en utilisant les prières traditionnelles prescrites pour cela (vous les trouverez par exemple > ici), car l'accomplissement du Vœu de Louis XIII ne consiste pas à faire une lecture publique de l' édit de Saint-Germain par lequel ce pieux monarque a publié ses volontés concernant la consécration de la France à la Très Sainte Vierge Marie, mais à réciter les prières liturgiques particulières édictées par la Sainte Eglise pour le renouvellement de cette consécration ;


4) à prier de manière toujours plus instante pour notre Souverain Légitime, SMTC le Roi Louis XX, pour qu'il ait toutes les inspirations célestes, lumières naturelles et surnaturelles, et toutes les forces - physiques et morales - nécessaires à la mission que la divine Providence a placée sur ses épaules par l'effet des Lois Fondamentales du Royaume ; 


5) à ne pas négliger de prier pour la Confrérie Royale elle-même, afin qu'elle croisse en nombre, bien sûr, mais plus encore en ferveur et en fruits de sainteté : dans une confrérie, les membres sont plus spécialement unis par des liens de fraternité spirituelle et doivent donc, même éloignés les uns des autres et lors même qu'ils ne se connaissent pas personnellement, avoir un vif souci de prier les uns pour les autres, mus par une sollicitude fraternelle sincère et profonde ;


6) à recommander d'une manière encore et toujours plus instante à Notre-Seigneur, par l'intercession de Sa Très Sainte Mère et de tous nos saints intercesseurs, notre cher confrère Emmanuel, père de famille nombreuse, membre plénier de la Confrérie et militant actif de la Légitimité au sein du Cercle Légitimiste d'Ile de France : nous avons déjà à plusieurs reprises - depuis la fin du mois de mai - demandé des prières à son intention, et nous le faisons encore avec insistance, car après de très grosses alarmes, qui ont fait craindre le pire, et même s'il se trouve aujourd'hui dans un service de rééducation fonctionnelle, son état donne encore lieu à des inquiétudes et nécessite que nous ne relâchions en aucune manière nos prières à son intention, ainsi que pour son admirable épouse et ses enfants.

 

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Basilique de Fourvière (Lyon) : mosaïque représentant le Vœu de Louis XIII

 

A ces recommandations, permettez-moi encore d'ajouter quelques informations :


- Le 25 août, fête de Saint Louis de France, saint patron de notre Roi et de Monseigneur le Dauphin, céleste protecteur de la France et de la Confrérie Royale, dont ce sera aussi le troisième anniversaire de la fondation, n'omettez pas de marquer avec une ferveur renouvelée le "25 du mois".
Amis Parisiens ou proches de Paris, je vous rappelle qu'une Sainte Messe sera célébrée par des prêtres de la Confrérie en l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, à 10 h 30.
Vous êtes loin de Paris ? Mais dans nos provinces, plusieurs membres de la Confrérie ou membres des Cercles Légitimistes font célébrer des Messes pour la Saint-Louis : renseignez-vous !
Quant aux membres des Cercles Légitimistes du Dauphiné et du Vivarais et les membres de la Confrérie Royale qui se trouvent géographiquement proches, ils sont aussi invités à une journée de récollection que j'animerai au Mesnil-Marie (cf. > ici).

 

- Les 29 et 30 septembre prochains, aura lieu le 106ème pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d'Auray, organisé par la Fédération Bretonne Légitimiste : nous n'insisterons jamais assez sur l'importance de ces pèlerinages pour soutenir l'action d'authentique restauration de la royauté capétienne traditionnelle ; nous vous invitons donc instamment à vous rendre à ce pèlerinage, où je compte moi-même être présent. Tous les renseignements se trouvent > ici.

 

- Enfin, je signale à votre attention la publication présentant la fondation des chanoines séculiers de Saint-Remi qui a été faite, ce 13 août, > ici

 

Je vous renouvelle mes vœux les plus fervents à l'occasion de ce 15 août, vous assure de ma (malheureusement très pauvre) prière à l'intention de chacun d'entre vous et à toutes vos intentions, me confiant aussi moi-même à vos charitables prières.

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

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13/08/2018
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Annonce d'une naissance dans la famille royale

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Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

 

En ce dernier jour du mois de juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a annoncé vers 16 h (heure de Paris) par une publication sur les réseaux sociaux, une naissance dans la famille royale pour 2019.
Nous reproduisons ci-dessous la photo et le texte mêmes publiés par notre Souverain légitime, et dès à présent nous allons prier pour cet Enfant de France, et confier très particulièrement à Notre-Dame la grossesse de notre Reine, afin qu'elle se passe sans difficultés et parvienne heureusement à terme.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

 

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Texte publié par Monseigneur le Duc d'Anjou :

« Ma chère femme et moi sommes heureux d'annoncer que nous serons parents pour la quatrième fois. Nous sommes très excités de l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille et nous remercions Dieu de nous avoir offert ce cadeau. »

 

Trois lys blancs


31/07/2018
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 juillet 2018)

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Lettre aux membres et amis de la Confrérie royale

25 juillet 2018

 

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Le mystère du Sang versé 

 

Le mois de juillet est traditionnellement consacré au mystère du précieux Sang du Sauveur. 

 

Le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, s’est fait homme pour assumer notre chair et notre âme et ainsi nous rejoindre en notre pauvre humanité blessée. Dieu fait homme, Il s’est offert Lui-même en offrande salutaire. Assumant tous les sacrifices de l’ancienne Alliance, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs s’est offert Lui-même en holocauste d’agréable odeur à son Père pour notre Salut et celui du monde entier. Par cet unique et parfait sacrifice du Golgotha, une fois pour toute, l’humanité a été plongée dans l’infinie miséricorde de notre Dieu qui jaillit de chacune de ses plaies et de son Cœur transpercé. 
 
Le Docteur angélique, saint Thomas d’Aquin, nous rappelle qu’une seule goûte de ce Sang précieux aurait suffi à laver le monde de tous ses crimes. Pourtant, une goutte ne Lui suffit pas. Dans son Amour infini pour notre humanité blessée, c’est tout son Sang qu’Il versa pour nous et la multitude. Et Il ne cesse, d’âge en âge, de nous L’offrir par le moyen de ses prêtres quand nous venons participer à la divine liturgie et que nous communions au Saint Sacrement de l’autel, à la divine Eucharistie. 
 
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Tout au long du mois de juillet, nous sommes appelés à contempler la grandeur de l’amour infini de notre Dieu. Mystérieusement, les paroles acrimonieuses de la foule s’accomplirent comme promesse de Salut. Ils criaient : « A mort ! A mort ! Crucifie-Le ! ~ Que son Sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Au lieu d’une juste vengeance, d’une seule parole qui aurait pu convoquer à l’instant-même des légions d’Anges pour l’annihilation de ce monde pécheur, notre Dieu laissa couler son Sang pour racheter tous les peuples de la terre et rendre la vie à ceux qui, comme le larron, ouvriraient leur cœur à son amour infini. Son Sang injustement versé couvre une multitude de péché car c’est, pour l’éternité, le sacrifice suprême de la charité. 
 
Si les gouvernements qui se succèdent depuis 1789 célèbrent le 14 juillet comme une grande fête de la libération du peuple français de l’ancien régime, de son carcan religieux et de ses antiques traditions ainsi que de ceux qui l’asservissaient, l’historien comme tout homme de bien ne peuvent que tristement constater l’effroyable boucherie sacrilège que fut la Révolution. 
 
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Des milliers de meurtres plus abominables les uns que les autres furent perpétrés au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Au nom des fameuses « valeurs » de la République naissante, on tuait, on pillait et on violait impunément. Hommes, femmes, vieillards ou enfants, ni rien ni personne ne pouvait trouver grâce aux yeux de ce nouveau Moloch prêt à engloutir l’humanité entière au nom de son idéologie meurtrière. Les églises étaient détruites. Les mystères sacrés, singés. Les saintes espèces, profanées. Les prêtres, religieux et consacrés, avilis avant d’être sauvagement exterminés. Ce fut jusqu’au principe-même de la France, son histoire, sa foi, sa famille royale qui incarnait dans sa chair notre pays ; tout fut odieusement et systématiquement souillé de manière sacrilège pour l’annihiler. 
 
Si le 14 juillet est un jour de deuil et de honte, le 17 juillet, lui, est pour nous source d’espérance et de joie. En 1794, seize femmes, seize bienheureuses carmélites du couvent de Compiègne offrirent leurs vies place de la Barriere du Trône renversé (aujourd’hui place de la Nation) pour le Salut et la paix de la France. Unissant leur sang au Sang du Sauveur, elles permirent la fin de la Terreur et de mettre un terme à la folie meurtrière de Robespierre qui fut guillotiné dix jours plus tard. 
 
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Ô mon Dieu, écrivait un directeur de conscience à la bienheureuse Mère Thérèse de Saint-Augustin, ocd, une âme simple et touchée a tout réparé ; ô miséricordes divines, que vous êtes adorables ! Faite pour aimer Dieu sans réserve, livrez-vous toujours à l’attrait qui vous conduira toute à Lui, ne consultez que cet attrait, même au milieu des désolations que doit nécessairement produire la vue de quelque chute : commencez par aimer mieux, et finissez par aimer parfaitement. Le calvaire vaudra toujours mieux pour le ciel que tous les plaisirs. Que Dieu vous y fixe avec Lui, et nous donne la grâce d’y mourir comme Lui. 
Et la Bienheureuse Soeur Julie-Louise de Jésus, ocd, disait à ses sœurs : 
Nous sommes les victimes du siècle et nous devons nous immoler pour sa réconciliation avec Dieu. Une éternité de bonheur m’attend, hâtons-nous donc, courons vers ce terme, et souffrons volontiers pendant les courts moments de cette vie. Aujourd’hui la tempête gronde, mais demain nous serons dans le port (témoignage de Sr. Marie de l’Incarnation, ocd.). 
Le roi Louis XVI, dans son testament écrit à la prison du Temple le 25 décembre 1792, s’offrit à ses bourreaux dans le même esprit : 
Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne. Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai. Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis. Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. 
 
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Le mystère du Sang versé pour le pardon de l’humanité assuma tous les crimes et révoltes du monde. Puisque le Sang du Sauveur versé sur la Croix offrit le Salut au monde entier, prions pour que le sang de ses martyrs et de ses saints apporte le Salut et la paix à notre monde, à notre pays en particulier. 
 
Unissons nos prières et nos sacrifices pour le salut et la grandeur de la France. 
 
Qu’elle retrouve sa place dans le concert des nations et redevienne en vérité « Fille aînée de l’Eglise » ! 
 
Que Dieu bénisse la France, sa famille royale, et nous donne la grâce de Le servir de tout notre cœur ! 
 
Seigneur Jésus, ayez compassion de la France, daignez l’étreindre dans votre Amour et lui en montrer toute la tendresse. Faites que, remplie d’Amour pour vous, elle contribue à vous faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de vous rester fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre votre Règne dans tout l’univers. Ainsi soit-il. (prière dictée par le Seigneur Jésus au vénérable Marcel Van).

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24/07/2018
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