L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

« Sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.»

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
adressé aux Français
à l’occasion de l’hommage national rendu aux treize soldats morts au Mali

                             

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L’hommage national rendu à nos treize soldats morts en opération est un moment de communion entre le pays tout entier et son Armée. Les Invalides y trouvent une part de leur vocation telle qu’elle avait été voulue par leur fondateur, mon aïeul Louis XIV. La France est reconnaissante à ceux qui la défendent. Ainsi, au-delà de la compassion qui est notre premier réflexe, compassion vis-à-vis des proches de nos morts, mais aussi de leurs régiments et de leurs frères d’armes qui partagent les mêmes dangers jours après jours, nous devons aussi poser les questions de fond. Il est facile de faire des déclarations au lendemain d’un drame, mais si elles réconfortent sans faire oublier la plaie qui ne se refermera jamais pour leurs parents, leurs enfants, leurs épouses, et leurs frères et sœurs, elles demeurent peu de choses par rapport au sacrifice de la vie.

                              

Ces morts ne sont pas des morts ordinaires.
Ils nous rappellent à nos devoirs et au plus grand de ceux-ci, servir.

                               

Dans un monde qui fait tant de place aux individualismes, le mot même de servir parait désuet si ce n’est oublié. Pourtant sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.

Le service passe pour la plupart d’entre nous par l’honnêteté du travail bien fait en vue du bien commun ; pour les soldats, il va jusqu’au sacrifice de la vie.
Le rôle des guerriers est reconnu dans toutes les sociétés de l’antiquité à nos jours, comme un des fondements de l’équilibre social. A ce titre il est exalté par les poètes et les écrivains et bénéficie d’une prise en compte spécifique dans la société. Cette place doit être maintenue car il y va de la survie du pays en tant que tel. Nous avons vu ces derniers jours des réactions malsaines apparaître en posant la question de savoir s’il ne faudrait pas se retirer d’un terrain d’opération – si lointain… -, si les centaines de morts que les OPEX déplorent déjà, ne sont pas suffisants. De telles pensées déshonorent ceux qui les professent et vont à l’encontre du service du bien commun qui réunit, justement, tous les Français à leur Armée. Ils savent qu’elle peut se sacrifier pour eux. A eux de mériter ce sacrifice.
Les Français le prouveront en étant sur le parcours de leurs valeureux héros sur le chemin des Invalides. 

                             

Prince Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou


02/12/2019
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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

 

Zelus domus tuæ comedit me !
(Ps. LXVIII, 10)

 

 

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Jésus chassant les marchands du temple, Le Guerchin (XVIIème s.)

 

 

 

            Chers Membres de la Confrérie royale,

 

 

            Le mois des dédicaces qui s’achève doit graver ces mots du Psalmiste sur le frontispice des temples vivants que nous sommes : Zelus domus tuæ comedit me !, « Le zèle de ta maison me dévore ! » (Ps. LXVIII, 10). Nous avons en effet célébré la dédicace – c’est-à-dire l’anniversaire de la consécration – de nos églises paroissiales le 6 novembre dernier, puis trois jours plus tard celle de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput : mère et maîtresse de toutes les églises de la Ville [Rome] et du monde » puisqu’il s’agit de la cathédrale du Pape ; enfin celle des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome le 18 novembre – celle du Vatican dans le même temps odieusement profanée d’ailleurs par le culte idolâtrique de la Pachamama.

 

     Au siècle où les églises de culte catholique se réduisent en poussière (20 églises incendiées en France rien qu’en 2018, sans compter la symbolique cathédrale Notre-Dame de Paris le Lundi-Saint dernier), ces cérémonies d’anniversaire prennent une dimension prophétique voire eschatologique. L’évêque de Fréjus-Toulon n’a pas craint de le dire le mois dernier à Rome : « Le dramatique incendie qui a ravagé et consumé il y a quelques mois la toiture de la cathédrale de Paris constitue un signe prémonitoire pour notre temps. Une Église en feu. Un avertissement »[1]. L’église et l’Église, en effet, c’est tout un : « Symbolisée par nos édifices matériels, l’Église est la véritable maison de la prière, le temple où réside la gloire [de Dieu], le siège de l’inaltérable vérité, le sanctuaire de l’éternelle charité », chante la Préface gallicane* de la Messe de la Dédicace.

 

            Le zèle de la maison de Dieu n’est pas que la défense de sa sainte Église, ni des édifices sacrés faits de pierre et de ciment. Il s’agit par extension de tout lieu où Dieu se plaît à habiter, donc d’une manière particulière de chaque personne humaine consacrée « temple du Saint-Esprit » (I Cor. VI, 19) par le saint baptême, lequel rassemble des « pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel », selon l’image qu’en donne saint Pierre (I Pi II, 5). D’où le noble combat pour le caractère sacré de toute vie humaine ; combat que seule l’Église catholique mène encore courageusement aujourd’hui.

 

          Mais c’est aussi une terre, un peuple, une nation : une terre sanctifiée par d’innombrables apparitions mariales et ayant enfanté tant de saints ; un peuple rendu grand par la confession d’une même foi dans le Christ ; une nation christianisée dans les eaux du baptême en même temps que son premier roi. Le « royaume de prédilection » de Dieu sur terre, c’est notre douce France : « La France est le Royaume de Dieu, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ », écrivait le pape Grégoire IX au roi saint Louis (1239).

 

     N’avons-nous pas à nous montrer les ardents défenseurs de notre cher pays ? À nous faire ses gardes du corps autant que de son âme ? Le bon Jésus s’excita de colère devant la profanation de la maison de son Père : resterons-nous inactifs face à la profanation biséculaire de notre royaume ? Dieu préfère les Croisés, aux "bras-croisés" ! Alors chassons les « marchands du temple » qui bradent notre pays et occupent illégitimement son parvis ! Notre-Seigneur n’a pas hésité à se montrer violent et implacable pour la défense de ce qui est sacré. La lignée de nos rois, sacralisée à la fois par l’onction sainte et par le « miracle capétien », n’aurait-elle pas droit à un même zèle de notre part, nous poussant à défendre ainsi la maison de nos pères et l’ordre sacré voulu par Dieu en France ?

 

       Sans doute y a-t-il beaucoup de disciples de Notre-Seigneur, mais il y a peu d’apôtres. Le disciple suit, l’apôtre poursuit : il fait croître dans le temps et l’espace le Royaume de Dieu inauguré par le Christ-Roi. Le disciple agit par amour, l’apôtre par zèle. Qu’est-ce que le zèle ? C’est un amour passionné qui donne tout et se donne tout entier ; le contraire radical de la tiédeur. C’est un engagement complet dans ce que l’on fait, en adéquation parfaite avec ce que l’on croit. Comme il n’y a pas de demi-dieu, il n’y a pas de saint à demi.

 

     L’on sait par expérience que le mal n’engage pas trop d’effort, tandis que le bien nécessite une tension toujours en éveil, une vigilance de tous les instants. C’est pourquoi l’apôtre le plus zélé insiste lui-même : « Il est bon d’être toujours zélés pour le bien… et pas seulement lorsque je suis présent parmi vous » (Gal. IV, 18), précise-t-il ! Et encore : «  Ayez du zèle et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur » (Rm XII, 11). Notre héroïne et sainte nationale − dont nous fêterons dans six mois le centenaire de sa canonisation − n’a-t-elle pas admirablement appliqué à la lettre ce triple commandement de S. Paul ?

 

       C’est d’ailleurs sainte Catherine d’Alexandrie que nous fêtons aujourd’hui qui, avec sainte Marguerite d’Antioche, a été, comme le révèlera saint Michel à sainte Jeanne d’Arc, « choisie par Dieu pour [la] conduire et [la] conseiller en tout ce qu[’elle] a à faire ». Les deux saintes l’assisteront depuis l’âge de 13 ans jusqu’à son procès, l’incitant à passer d’une « bonne chrétienne » à l’« Héroïne de la Patrie » que nous admirons tous, en contribuant de manière décisive à ses victoires militaires. N’étaient-elles pas toutes deux bien placées pour l’encourager à l’héroïsme, elles qui brillaient de l’éclat de la virginité autant que du zèle intrépide du martyre ?

 

     « Zèle » rime avec « sel », qui en exprime la même réalité : du piquant, de la saveur, sans colorant mais avec conservateur ! « Vous êtes le sel de la terre » (Mt V, 13) : ne faisons pas mentir le Christ. Si le Chrétien s’affadit, qui rendra sa saveur au monde ? Et si le Français s’accommode de la situation de son pays, pourra-t-il lui rendre sa ferveur ? Les apôtres en firent eux-mêmes l’amère expérience en demeurant impuissants à chasser le démon d’un enfant possédé : « C’est à cause de votre incrédulité », leur répondit Jésus (Mt XVII, 20). Pensez-vous que la France puisse être libérée de ses démons autrement que par l’intensité de notre vie spirituelle ? « Cette sorte de démon ne s’expulse que par la prière et par le jeûne » (v. 21).

 

     Avons-nous une vie spirituelle affadie, mes amis ? Est-ce la foi seule qui nous sauvera, comme aiment à le croire les Protestants ? « De même que le corps sans âme est cadavre, répondait déjà l’apôtre S. Jacques, la foi sans les œuvres est morte » (Jc II, 26). Mais il suffisait à Luther de proclamer le texte sacré non-inspiré pour croire le contraire… Comme c’est pratique, la religion à la carte ! Non : il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour être sauvé. Il faut vivre en conformité avec sa foi, ce que les Papes ont appelé « la radicalité de l’Évangile » − se ferait-on traiter de fondamentaliste ! Imagine-t-on un sportif non-pratiquant ?

 

     Transposons dans la sphère temporelle : suffit-il d’adhérer au légitimisme pour être un digne sujet de son roi ? La règle est la même : agir en conformité avec nos convictions politiques. Le royaliste n’est pas un idéaliste ; c’est un réaliste qui a des idéaux. Ici saint Paul nous prévient : gare au « zèle sans intelligence » (Rm X, 2). C’est pourquoi il est fondamental de se former : le bien-agir suit le bien-penser. Qu’il nous soit permis ici de remercier tous les Cercles légitimistes de France qui s’évertuent à expliquer, à méditer et à diffuser la doctrine sociale de l’Église selon le génie français qu’a si merveilleusement incarnée sainte Jeanne d’Arc.

 

     Il nous faut être les apôtres de ce nouveau millénaire. C’est un combat de toute une vie, mais qu’on se rassure, la victoire est au bout de nos efforts : « Les apôtres ne combattent qu’en souffrant et ne triomphent qu’en mourant » disait saint François de Sales. Notre-Seigneur était consumé par sa mission, son message et son heure ultime. Il n’était pas partagé ; Il était consacré et entièrement donné. Il ne craignait pas ce que les gens pouvaient Lui faire, et encore moins dire de Lui. Jusqu’à la mort, Il ne s’est pas détourné de son appel, son seul but étant d’accomplir la volonté de son Père.

 

            Nous nous apprêtons à célébrer la belle fête de l’Immaculée Conception. Ce jour-là, en 1947, Notre-Dame de la Prière à L’Île-Bouchard demanda aux quatre jeunes voyantes de « beaucoup prier pour la France, en grand danger, et de faire des sacrifices »

 

              « Prier » et « faire » : voilà ici les deux mots d’ordre sans lesquels une restauration n’est pas possible, balayant ces deux fameuses hérésies qui sont chacune l’exclusion de l’autre : le providentialisme, d’une part, qui s’appuie sur le seul secours de Dieu sans y coopérer ; et l’activisme, d’autre part, qui ne s’appuie que sur ses propres forces, sans recourir à Dieu.

 

            Combien de royalistes nostalgiques et sûrement aussi neurasthéniques démissionnent (au sens propre de : refuser sa mission, car nous en avons tous une) en attendant passivement que Dieu nous envoie miraculeusement le « grand monarque » désiré ? Mais le Christ n’aura pour autre attitude que celle qu’Il montra au roi Hérode Antipas qui le priait d’exécuter un miracle par curiosité profane… At ipse nihil illi respondebat : « Mais Jésus ne lui répondit rien » (Lc XXIII, 9). Où il n’y a pas d’oreilles pour entendre, Jésus n’a pas de bouche pour parler. Et Dieu nous a laissé à travers les Lois fondamentales du royaume ses desiderata, notamment quant à la règle de succession. Qu’attendent donc les Providentialistes ? Un messie politique ? Le prince charmant descendant du ciel sur un cheval blanc ? Allons, le royaume de France n’est pas un conte de fées !

 

     Au nom « Royaliste » correspond la définition suivante : « Partisan du roi ». Partisan, donc celui qui prend parti, non celui qui s’accommode d’un syncrétisme (saint-crétinisme) politique. L’apôtre zélé envers Dieu et son Roi leur donne toute sa vie et tout son cœur en sacrifice vivant, et ne retient rien pour lui-même ni ses projets personnels.

 

            Voudrait-on se convaincre de la nécessité des temps ? La liturgie, comme toujours, arrive à point nommé pour galvaniser les troupes. Nous proclamions hier aux hommes de ce temps l’annonce prophétique de la fin des temps par l’évangile de ce XXIVe et dernier dimanche après la Pentecôte. Si vous ne vous sentiez pas concernés, le premier dimanche de l’Avent fêté dimanche prochain vous le répètera à nouveau ! La pédagogie est affaire de répétition…

 

     Lorsque l’on observe l’histoire de l’Église, et notamment des persécutions, lorsque l’on s’intéresse aux mystiques récents − Marthe Robin, par exemple −, lorsque l’on médite sur les mises en garde de Notre-Dame lors de ses dernières apparitions, et notamment à Fatima et à Akita au Japon, l’on se dit que nous ne faisons que commencer une période de tribulations.

 

     Il faut bien l’admettre : nous n’avons pas choisi notre époque. Le Bon Dieu, dans sa Sagesse et sa prescience providentielles, a jugé qu’il était bon que nous soyons placés là, hic et nunc, pour témoigner de notre fidélité et accomplir notre rôle. À choisir, vous opteriez sans doute davantage pour une période de paix et de prospérité, plutôt que pour cet affreux début de XXIe siècle. Les apôtres ne préférèrent-ils pas la lumineuse Transfiguration et le glorieux Dimanche des Rameaux au lamentable Vendredi-Saint ? Et pourtant, y eut-il meilleure occasion de manifester sa fidélité et son amour envers Dieu que ce jour-là ?

 

     Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, ayant pourtant quitté cette terre il y a trois siècles, avait compris que nous étions entrés dans les derniers temps. Dans sa « Prière embrasée », il observe avec désolation : « Votre divine Loi est transgressée, votre Évangile est abandonné, les torrents d’iniquité inondent toute la terre (…). Votre sanctuaire est profané et l’abomination est jusque dans le lieu saint ». Que dirait-il aujourd’hui ? Oui, nous sommes entrés dans un combat eschatologique, dans une lutte surnaturelle sans merci : ne pas le voir, c’est vivre dans le monde des Bisounours ! Et c’est donc passer à côté de notre mission, ce qui est une démission. Au début de la Révolution, certains de nos ancêtres n’avaient pas compris l’enjeu et s’enthousiasmaient de ces réformes…

 

     Plus Satan semble triompher dans sa rage et sa haine contre Dieu, entraînant de nombreuses âmes avec lui, et plus la victoire divine sera éclatante. Cette « victoire qui viendra par Marie » (Jean-Paul II), nous l’obtiendrons également par l’intermédiaire de saint Michel, en l’honneur duquel notre Prieur nous demande de réciter souvent la prière composée par Léon XIII[2]. Prince de la Milice céleste, l’armée des anges restés fidèles, il est le vainqueur de Lucifer, le chevalier zélé du Deus Sabaoth, le « Dieu des Armées » ; victorieux aussi de toutes les hérésies, de tout ce qui, comme la franc-maçonnerie, entretient une haine mortelle contre l’Église et la royauté

de droit divin.

 

     « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, nous prévient saint Paul, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. VI, 12). À combat spirituel, matériel proportionné : utilisons pour cela « les armes de dévotion massive » que sont les Sacrements, le jeûne et la prière, surtout la récitation du saint Rosaire.

 

     Dans un monde de ténèbres, il n’est pas difficile de briller… Je ne parle pas des Stars éphémères qui n’éblouissent que des aveugles, je veux parler des héros que nous sommes tous appelés à devenir. Le héros de ce monde n’est pas le jeune bodybuildé aux super-pouvoirs ; les véritables héros, ce sont les saints qui, dans leur faiblesse, font éclater la puissance de Dieu. Le monde et encore moins l’Église n’ont pas besoin de réformateurs mais de transformateurs que sont les saints[3] !

 

     Puisque, selon le dicton populaire, « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », en ce 25e jour du mois où nous redoublons de prières et d’offrandes à l’intention de S.M. Louis XX, enracinons-nous résolument sur le bois de la Croix, le seul qui nous fera porter de grands et beaux fruits. Que le feu sacré de la foi et de l’honneur nous dévore d’un ardent et pur amour comme on l’y trouve dans les cœurs unis de Jésus et de Marie, pour le zèle de l’œuvre de restauration que Dieu attend de nous. Alors, Notre-Seigneur pourra dire de la France comme de la fille de Jaïre : « Elle n’est pas morte, elle dort » (Mt IX, 24) !

 

R.P. Clément de Sainte-Thérèse

 

 


[1] Sermon de la Messe de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le 26 octobre 2019 : http://www.paixliturgique.com/aff_lettre.asp?LET_N_ID=2883.

* Au sens liturgique.

[3] Bernanos disait : « On ne réforme l’Église qu’en souffrant pour elle, on ne réforme l’Église visible qu’en souffrant pour l’Église invisible. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques ».


25/11/2019
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Récollection à Paris le dimanche 24 novembre 2019

Dimanche 24 novembre 2019

Récollection du dernier dimanche de l'année liturgique
avec la Confrérie Royale :

« Souviens-toi de tes fins dernières,
et tu ne pécheras jamais »
(Eccli. VII, 40)

 

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Cathédrale Notre-Dame de Paris : tympan du jugement dernier

                         

La Confrérie Royale invite ses membres et sympathisants de Paris et d'Ile de France à une journée de récollection en accord avec les thèmes que la divine liturgie propose à notre approfondissement et à notre méditation pendant les derniers jours de l'année liturgique : les fins dernières.
Cette récollection aura lieu le dimanche 24 novembre 2019, dans les locaux de la paroisse Saint-Roch, à Paris [296, rue Saint-Honoré, 1er arrondissement. Métro : Pyramides (ligne 7) ou Tuileries (ligne 1) - Bus : 21, 27, 68 ou 95].

 

Attention : Inscription nécessaire ! (nombre de places limité)

 

Programme :

 

- 9 h 30 : Messe solennelle du 24ème et dernier dimanche après la Pentecôte (église Saint-Roch).
- 10 h 45, 14 h et 15 h 30 : conférences (avec des temps de pause !) assurées par Monsieur le Chanoine Frédéric Goupil et Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur.
- 12 h : Angélus et repas tiré du sac.

- 17 h 45 : Vêpres grégoriennes.

 

Renseignements et inscriptions : confrerie.royale@yahoo.fr

 

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05/11/2019
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« Voici l'heure de la puissance des ténèbres »

« Voici l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b)

 

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale

- 25 octobre 2019 -

 

 

Chers Messieurs les Chanoines,

Mes Révérends et chers Pères,

Chers Messieurs les Abbés,

Chers Frères et Sœurs en notre Confrérie Royale,

Bien chers Amis,

 

Notre Sainte Eglise catholique romaine se trouve en ces jours-ci dans une période des plus difficiles et des plus critiques de sa longue histoire, cela est une évidence qui ne peut échapper à aucun observateur possédant un minimum d'intelligence, un minimum de capacité d'analyse objective, un minimum de foi...

Lorsque je parle de foi, je ne parle pas d'une croyance subjective aux contours plus ou moins flous, mais bien de l'adhésion, par une volonté libre et résolue, aux Vérités révélées par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et transmises par Sa Sainte Eglise, dans les enseignements authentiques que nous avons reçus par le canal des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des saints Docteurs, de la liturgie multiséculaire (« lex orandi, lex credendi »), et de tout le Magistère vraiment catholique...

En matière de foi, tout ce qui s'écarte de la Règle contenue dans la Tradition, tout ce qui introduit la plus minime remise en question de l'enseignement pérenne, tout ce qui suscite le moindre écart de la doctrine professée de façon continue pendant les siècles qui nous ont précédés, est à rejeter avec la plus vive énergie, à condamner avec la plus extrême rigueur.

 

Ce que j'énonce ici, vous le savez déjà bien sûr, et cependant il n'est jamais inutile de le redire avec force lorsque tout semble vaciller et lorsque certains pasteurs eux-mêmes, lors même qu'ils se trouvent aux postes les plus hauts de la hiérarchie ecclésiastique, semblent s'éloigner d'une manière impressionnante de la façon dont les vénérables prophètes au temps de l'ancienne Alliance, les Saints Apôtres de Notre-Seigneur, les saints évangélisateurs des nations, les valeureux martyrs et les saints Pontifes ont toujours agi, en combattant sans pitié et sans nul égard aux considérations humaines, les faux cultes, les idoles, les superstitions païennes, et ont toujours refusé la moindre compromission avec les prétendues religions non-chrétiennes.

 

Peut-on imaginer le saint prophète Elie invitant les prophètes de Baal à apporter dans l'enceinte du Temple de Jérusalem les grossières figures autour desquelles s'articulaient leurs indécents cultes de la fécondité et de la virilité ? Point du tout ! Après les avoir couverts de ridicule sur le mont Carmel, il en égorgea lui-même quatre-cent-cinquante. Cela lui valut certes la haine de l'impie Jézabel, mais lui mérita une élévation plus haute dans l'intimité du Dieu unique.

Peut-on imaginer les Saints Apôtres Pierre et Paul établissant, à Rome où ils fondaient l'Eglise, des espèces de « conseils œcuméniques » où ils auraient élaboré une charte du « vivre ensemble » avec les faux prêtres des idoles, acceptant toutes les débauches et les libidineuses pratiques contre-nature dans lesquelles se vautre habituellement le paganisme ? Point du tout ! Ils furent des plus énergiques pour enseigner que les chrétiens ne doivent pas « former d'attelage disparate avec les infidèles, parce qu'il n'y a rien de commun entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, et qu'il ne peut y avoir d'accord entre le Christ et Bélial, ni de commerce entre le fidèle et l'infidèle» (cf. 2 Cor. VI, 14-15). Ils ont prêché l'Evangile sans concession et ont inauguré la longue période des martyrs, qui aboutira à la victoire de Saint Constantin et à la conversion de tout l'Empire : « In hoc signo vinces ! ».

Peut-on imaginer Saint Martin, l'apôtre des Gaules, tolérant le culte des « arbres sacrés » et des sources vouées aux fausses divinités ? Point du tout ! Il fit triompher la Croix de Notre-Seigneur, unique Rédempteur des hommes, en portant énergiquement la cognée contre les arbres idolâtrés au risque d'y laisser sa propre vie. Et c'est ainsi que les campagnes de la Gaule romaine furent débarrassées des abominables superstitions païennes et embrassèrent la seule véritable religion du salut.

               

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s.jpg
               

Le saint prophète Elie

                     

Ces trois exemples sont plus que suffisants pour nous indiquer quelle conduite est celle qui est véritablement chrétienne, quelle est celle que les véritables chrétiens doivent faire leur en face du renouveau païen de notre époque, en face de cette recrudescence de l'idolâtrie des forces de la nature et de la « terre mère », en face de l'offensive des fausses religions, en face de la trahison et des scandaleuses compromissions de ceux qui abandonnent l'étendard de la sainte et glorieuse Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour se mettre à la remorque des idéologies et des modes du nouveau paganisme, et qui prônent l'abandon des saintes traditions catholiques et de la discipline ecclésiastique qui a fait la force et la sainteté de notre Eglise pendant des siècles.

Ceux qui prêchent l'accommodation du catholicisme et de ses authentiques et saintes traditions bi-millénaires à la « modernité », faite de néo-rousseauisme, de néo-paganisme, de néo-libéralisme des mœurs, bref ! d'affranchissement de tout ce qui nous est impérativement prescrit par le Décalogue, sont des faux prophètes, et lors même qu'ils portent une mitre sur la tête et couvrent leur trahison d'un vernis de bons sentiments humanitaires, ils ne sont rien moins que des apostats et des suppôts de Satan qui, à la suite de l'ange déchu déguisé en ange de lumière, entraînent les âmes vers l'enfer éternel.

 

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez la Royauté du Christ - « Opportet illum regnare ! »(1 Cor. XV, 25a) -, et vous voulez le retour du Roi légitime, lieu-tenant du Roi du Ciel, sur le trône des Lys. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez que cesse l'abomination de l'apostasie qui ravage notre Sainte Eglise. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale, nous sommes aujourd'hui à « l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b) : puissance des ténèbres qui menace de tout ensevelir dans son écœurante noirceur. Et vous avez souvent l'impression d'un raz-de-marée contre lequel nous ne pouvons pas faire grand chose.

 

Mais c'est bien justement parce que nous sommes à « l'heure de la puissance des ténèbres » qu'il nous faut, nous, plus que jamais, être témoins de l'indéfectible et invincible Lumière du Christ : « Qu'ainsi donc brille votre lumière devant les hommes » (Matth. V, 16a), quoi qu'il doive nous en coûter, sans quoi nous serons nous aussi les complices de l'apostasie générale.

Les chrétiens n'ont jamais été appelés à être les hommes de la demi-mesure et de la compromission, et aujourd'hui moins que jamais !

 

Point d'acceptation des fausses croyances, du paganisme, des pseudo religions non-chrétiennes : il n'y en a qu'une seule vraie ! Le premier précepte du décalogue nous l'impose.

Point de compromission avec l'esprit mondain et le respect humain : il faut défendre l'honneur de Dieu ! Le deuxième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de relâchement dans l'observance de nos devoirs religieux et de la sanctification du dimanche ! Le troisième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de tolérance envers tout ce qui porte atteinte à la vertu de chasteté : guerre sans pitié à toute forme d'impureté ! Les sixième et neuvième préceptes du décalogue nous l'imposent.

Point d'abandon d'une observance stricte, consciencieuse et énergique, de tous les commandements de Dieu et des préceptes traditionnels de la Sainte Eglise. On ne peut pas être un vrai chrétien autrement que dans une obéissance intégrale à la sainte loi de Dieu.

En dehors de cette obéissance, et quelles que soient nos protestations de fidélité au Christ-Roi et nos déclarations d'allégeance au Roi Très Chrétien, nous serons les complices de l'apostasie, les complices de la révolution, les complices de la puissance des ténèbres.

 

Que chacun s'examine donc avec toujours plus de vérité sur sa pratique des commandements de Dieu et de l'Eglise, et que chacun prenne en conséquence les résolutions qui s'imposent pour être chaque jour plus fidèle.

L'établissement du Règne de Dieu sur cette terre et le rétablissement du règne du Roi Très Chrétien, lieu-tenant du Roi du Ciel, dans le Royaume des Lys ne peut passer par d'autres voies.

A « l'heure de la puissance des ténèbres », opposons fermement par notre combat personnel et quotidien, le rayonnement de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ : cela ne peut se faire sans efforts, sans souffrances, sans renoncements, sans pénitence ni sacrifice, mais c'est la voie glorieuse, et l'unique voie du Salut !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Frère Maximilien Marie - Chapitre St Michel - solennelles - Copi - Copie.png


24/10/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 septembre 2019.

Saint Michel, défenseur de la royauté du Christ,
protecteur de la France,
priez pour nous !

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Le mois de septembre est traditionnellement consacré à la prière aux neuf chœurs des Esprits bienheureux, à leur contemplation et à leur imitation.

 

Les Anges et les Archanges, les séraphins et les chérubins, tous ces esprits de pur amour peuplent l’Histoire sainte, de la Genèse à l’Apocalypse comme la vie des Apôtres et des saints.

 

Faut-il rappeler que nous avons tous un de ces célestes esprits à nos côtés depuis le jour de notre création dans le sein de notre mère ? Un Ange nous garde et nous protège. Il veille sur chacun de nos pas. Il nous conseille. Il nous guide. Il nous appelle à nous ouvrir à la grâce des grâces, la venue de l’Esprit Saint en nos âmes qui nous rend participants de la divinité du Christ. Mais ces célestes Esprits ne sont pas seulement nos gardiens. La Tradition comme l’Ecriture Sainte nous enseignent que les nations aussi ont un gardien. L’Ange qui s’adressa aux petits enfants de Fatima ne s’est-il pas présenté comme l’Ange gardien du Portugal ?

               

Maria Joesph Chapel in Dayton Ohio. The stained glass windows were purchased from F. X. Zettler Co. in Munich - Copie.jpg

 

Depuis le jour de son baptême dans les fonts baptismaux de Reims, l’Archange Michel, Prince de toutes les milices angéliques, veille sur notre pays.

 

Depuis sa révélation au Mont Tombe et dans trois songes au saint Evêque d’Avranches, Aubert, le premier de ces célestes Esprits bienheureux veille sur notre pays et le trône de France qui lui sont consacrés.

 

Nos rois sont allés au Mont pour lui rendre hommage et lui offrir leurs prières pour que notre pays soit toujours le soutien de l’Eglise et sa « Fille aînée ».

 

Voilà pourquoi nos rois ont battu monnaie à son effigie, pour que Mammon ne prévale pas mais que toute action terrestre soit reportée à la plus grande gloire de Dieu sans que le démon ne lève la tête pour nous inoculer son poison.

 

Ils lui ont aussi consacré l’une de leurs plus belles décorations, l’ordre de Saint-Michel, dont le collier est composé de coquilles en souvenir de celles que portent les pèlerins du Mont.

                                 

L’Archange a su veiller sur notre pays. Du Ciel, il ne cesse de nous poser cette question qui, en hébreu, correspond au nom que nous lui donnons : Michel – Qui est comme Dieu ?

 

Dieu seul est Dieu et il n’en est pas d’autre. Il est notre Créateur, notre Rédempteur, Celui qui nous sanctifie et nous donne la vie. Il préside à nos destinées comme à celles de l’univers. Il est tout-puissant et rien ne Lui reste caché. Et dans sa majesté, bien qu’Il n’ait besoin ni de nous ni de rien de ce qu’Il a créé, Il condescend à nous aimer, nous qui le méritons si peu. Il nous aime au point de ne pas vouloir que nous nous comportions comme ses serviteurs mais comme ses amis.

 

Et que dire des merveilles accordées à notre pays, si gratifié, béni de tant de bénédictions, pourtant si oublieux d’une telle majesté, de tant de grâces, de cette élection depuis saint Remi, Clovis et sainte Clotilde ? Tant de saints ont vécu et œuvré en notre pays avec sa grâce et pour sa gloire. Tant de chapelles, d’églises et de cathédrales bâties en l’honneur de sa majesté. Tout cela pourtant, semble si loin, notre pays ayant renié son histoire comme son patrimoine, tout ce qui faisait son honneur et sa gloire.

                 

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Louis XI fondateur de l'Ordre de Saint Michel

                 

Parmi toutes ces grâces, la Sainte Trinité a choisi d’envoyer le premier de ses ministres angéliques pour nous défendre et nous garder. Saint Michel a défendu la France et son roi. Il a parlé au cœur d’une toute jeune femme de Lorraine. Il a su la guider, avec les saintes martyres Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie, jusqu’au gentil Dauphin, Charles VII, qui ne le lui rendit pas si bien. Jusque dans les geôles de Rouen, il visita celle qui sauva la France et permit sa donation au Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Car le Christ est Roi de France, son roi véritable. Et ce Roi vit à jamais. Il règne au travers de ses tenants-lieu qui, sacrés à Reims, prenaient l’engagement solennel de défendre le royaume, de garder et défendre la foi de l’Eglise, en étant au service des plus pauvres et des plus faibles. Mais combien de cœurs se fermèrent à la vérité et à la grâce… Lors du sacre de Louis XVI, n’entendit-on pas des paroles impies, dénigrant la cérémonie elle-même et ce, jusque dans la bouche de l’Evêque qui devait catéchiser, c’est-à-dire enseigner, le peuple de France, le peuple de Dieu, venu assister à une cérémonie sacrée si solennelle ?

                        

En juin, 1675, à une jeune visitandine, sainte Marguerite-Marie de Paray-le-Monial, le Roi des rois dévoilait les secrets de son Cœur blessé par nos péchés :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi ».

                   

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La tiédeur, le Seigneur la vomit. La sclérocardie dénoncée par Dieu à son prophète Ezéchiel, est la pire des maladies. Lentement mais surement, elle affadie l’âme. Son sel perd de ses vertus. Sa lumière tend à diminuer jusqu’à être mise sous le boisseau.

 

Un grain de sable, une poussière, cela n’est rien. Pourtant, s’accumulant, ces petits riens viennent à boucher les sources vives de la vie divine. Du Cœur de Jésus transpercé par amour pour nous, à cause de nos péchés, ne cessent de jaillir les eaux vives du Baptême et de la Pénitence comme le Sang de la divine Eucharistie. Mais encore faut-il se disposer à bien les recevoir, avec le même amour, la même adoration, la même joie que Notre-Dame et tous les Saints ! Les Anges nous appellent à adorer, à nous convertir, à nous détourner du mal pour choisir le souverain Bien. Mais ils ont des oreilles et n’entendent pas, des yeux et ne voient pas. Quel malheur qu’une nuque si raide ! Quel malheur que de voir tout ce qui conduit à notre perte et ne pas avoir le courage de nous convertir ! Nos cœurs, nos âmes, notre pays étaient consacrés à Dieu et nous ne Lui avons répondu que par le mépris. La France ne passa pas de la monarchie et des ors de la royauté, des fastes d’une histoire si riche et sainte à 1789, la Terreur et la guillotine.

                                 

Lentement et sûrement le poison s’insinuait, depuis longtemps déjà. S’éloignant de la douce paternité divine et du Cœur embrasé d’amour de son Fils unique, la France s’affadissait. Le XIXe siècle, source de conversion pour tant de nos prédécesseurs et qui en fit un siècle de fondations et de missions, ce siècle fut aussi celui de tant d’apostasies.

 

1815, 1830, 1848, 1871… de révolutions en révolutions, jusqu’à la Commune, pour aboutir aux lois iniques de 1901-1905, le divorce entre la France et l’Eglise comme le reniement de son baptême semblent consommés.

 

L’apostasie ne cesse de grandir, de s’institutionnaliser, contaminant les cœurs et les âmes, s’attaquant aux enfants, corrompant la jeunesse, haïssant les plus fragiles, les malades, les mourants, les démunis. Plus rien n’est sacré, tout est profané : le mariage, la vie, jusqu’en sa conception et même la mort.

                

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La troupe envoyée dans les écoles pour enlever les crucifix...

                      

« France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?
Permettez-moi de vous demander : France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la Sagesse éternelle ?
Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Église dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père, Fils et Esprit. » (Jean-Paul II, 1er juin 1980 au Bourget).

 

Le Cœur du Christ est profondément blessé par sa fille bien-aimée. Son âme attend d’être consolée par un peu de notre foi. Ce n’est pas pour rien que la Providence a voulu dans sa bonté que le 16 octobre corresponde à deux fêtes de dédicace. La dédicace d’une église, sa consécration, équivaut à notre baptême. Ces deux solennités nous rappellent la consécration de notre pays et notre propre dédicace à la louange et à la gloire du Dieu unique et trois fois saint que notre pays a trahi et renié.

 

La première de ces fêtes est en l’honneur de l’Archange avec la dédicace de la basilique du Mont-Saint-Michel, qui a été célébrée le 16 octobre 709.

 

La seconde est en l’honneur du double mystère du Sacré-Cœur et du Christ-Roi de l’univers. La basilique de Montmartre – le Mont des martyrs – a été bâtie pour être un lieu d’adoration et de réparation pour la France et l’Eglise. Elle fut dédicacée le 16 octobre 1919 pour expier nos infidélités, nos régicides et nos apostasies sans nombre.

 

« France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples ». Hier, l’un des phares de l’Europe et de l’humanité ; aujourd’hui si infidèle, amnésique, révoltée et trop souvent révoltante. Bradant son patrimoine, sa langue, sa culture, sa grandeur. Oublieuse de ses saints, de ses grâces, de ses hommes illustres, penseurs, écrivains, scientifiques.

 

Le prix à payer pour retrouver ta splendeur, France ! sera ta conversion. Car voici le Cœur de Jésus grand ouvert, blessé d’amour, prêt à tout pardonner, à réparer tes péchés, pour te rétablir dans ta dignité première, te rendant aussi ta vocation auprès des peuples.

             

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La basilique du Vœu national au Sacré-Cœur de Jésus vers la fin du XIXe siècle

                 

Le 29 novembre 1911, le Pape saint Pie X, remettant la barrette aux nouveaux cardinaux français, leur adressait ses mots :

« Que vous dirai-je, maintenant, à vous, fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ?
Le peuple qui a fait alliance avec Dieu, aux fonts baptismaux de Reims, se repentira, et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de fils, qui prêchent la vérité de l'Évangile dans le monde presque entier, et dont beaucoup l'ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons, dans la gloire céleste, les frères bien-aimés de leur patrie ; la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans s'arrêter à aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique... appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines.
Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra pas, la fille de tant de soupirs et de tant de larmes.
Un jour viendra, et Nous espérons qu'il n'est pas très éloigné, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste et entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? » Et sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même. » Et elle, tremblante et étonnée, dira : «Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » Et Lui : « Lève-toi, lave tes souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. » Ainsi soit-il ! »

                

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Statue de l'archange Saint Michel au Mont Saint-Michel

                    

Qui est comme Dieu ? nous demande l’Archange.

A Dieu seul soit tout honneur et toute gloire.

A son Sacré Cœur, doux et humble pour notre humanité souffrante, la royauté sur tous les cœurs, sur tous les esprits.

 

Nous célébrerons solennellement les neuf chœurs des Esprits bienheureux dans quelques jours, le 29 septembre, et nous leur confierons notre pays. Puis tout au long du mois d’octobre qui commencera bientôt, nous ne cesserons d’implorer leur pitié et leur secours.

 

Le 2 octobre, nous demanderons à nos anges gardiens qu’ils nous protègent, nous conseillent et nous gardent.

 

Le 16 octobre, nous prierons S. Michel qu’il vienne terrasser le démon qui a odieusement pris la place de Dieu en cette terre bénie de France.

 

Le 24 octobre, nous nous tournerons vers l’archange saint Raphaël, pour que sa prière vienne guérir nos plaies, pour que nous prenions tous les moyens concrets pour rétablir la foi, la justice et la vérité dans notre pays si malade.

 

Les « Lumières » prétendaient chasser l’obscurantisme. Elles n’ont fait que précipiter notre pays dans les ténèbres proches de l’abîme.

                 

Que ces purs Esprits d’amour et de lumière nous guident vers le Cœur blessé de Jésus-Christ, seul capable de nous consoler et de nous sauver.

 

Que Dieu soit béni, en ses Anges et en ses Saints.

                 

Abbé Nicolas van der Maelen

                                    

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23/09/2019
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Dimanche 6 octobre 2019 : récollection à Paris avec le Prieur de la Confrérie Royale.

Ainsi que cela avait été annoncé il y a quelques jours par le Prieur de la Confrérie Royale dans sa circulaire de rentrée (cf. ici), une journée de récollection spirituelle est organisée à Paris le dimanche 6 octobre 2019.

               

Son thème :

                     

Vie intérieure et combat spirituel
des Légitimistes

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Cette récollection aura lieu dans le 7ème arrondissement (métro : Saint-Sulpice, Sèvres-Babylone ou Rue du Bac) et commencera à 8 h 30 très précisément par la célébration de la Sainte Messe - dans le rite latin traditionnel évidemment -, qui sera celle de la solennité du Très Saint Rosaire (1er dimanche d’octobre). Elle s’achèvera vers 16 h 30.
Vers 17 h, pour ceux qui le souhaitent, un petit pèlerinage sera proposé dans l’un des sanctuaires proches.

                              

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Informations pratiques :

                               

1 – Outre la Sainte Messe dominicale, cette récollection comportera trois conférences spirituelles, assurées par le Prieur de la Confrérie Royale (une en matinée, deux dans l’après-midi) : l’adresse exacte et le titre des conférences seront communiqués aux inscrits.
2 – Pour le déjeuner : repas tiré du sac.
3 – Libre participation aux frais.
4 – Attention ! nombre de places limité (pas plus de 35 personnes !) : si vous souhaitez participer, ne tardez pas à vous inscrire ; la priorité est donnée aux premiers inscrits.
5 – S’il y a des personnes qui, à cette occasion, souhaitent faire leur entrée dans la Confrérie Royale, qu’elles nous le fassent savoir sans délai (et au plus tard le 20 septembre).

                         

Renseignements et inscriptions : confrerie.royale@yahoo.fr

              

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06/09/2019
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Dimanche 15 septembre : Messe anniversaire de la fondation des Invalides en présence de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon.

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Visite de SM le Roi Louis XIV à l'Hôtel des Invalides
 
Dimanche 15 septembre 2019, à 11 h, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, Son Excellence Révérendissime Monseigneur Antoine de Romanet, évêque aux Armées, célèbrera la Messe annuelle commémorative de la fondation de l'Hôtel des Invalides par le Grand Roi.
                        
Traditionnellement, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjoude jure Sa Majesté le Roi Louis XX, est présent à cette cérémonie, invité par le gouverneur militaire des Invalides en sa qualité  d'aîné des descendants du Fondateur.
               
Le Président du Cercle Saint-Michel - Cercle Légitimiste d'Ile de France adhérent à l'Union des Cercles Légitimistes de France -  et un certain nombre de membres du Cercle Saint Michel seront présents à cette Messe.
Les membres de la Confrérie Royale qui désireraient également y assister sont invités à se joindre au groupe formé autour du Président du Cercle Saint-Michel, lequel propose un regroupement préalable à 10 h 30 devant le n°6 du Boulevard des Invalides.
Merci de lui signaler votre participation : vlrlouisxx75@gmail.com
 
Nota : la Messe à la cathédrale Saint-Louis des Invalides est célébrée selon le "novus ordo".  Ceux qui souhaitent de toute façon assister à une Sainte Messe dominicale ddans le rite latin traditionnel doivent prendre leurs dispositions pour le faire en tout début de matinée ou en fin de journée : il en existe plusieurs à Paris.
                           
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02/09/2019
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Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

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Confrérie Royale
Le Prieur

 

Lettre circulaire à tous les membres de la Confrérie Royale
à l'occasion de la "rentrée" de septembre 2019

                                                                                                                                                              

                     Dimanche soir 1er septembre 2019,
Anniversaire de la sainte mort du Grand Roi (+ 1er septembre 1715)

                

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Fidèles, membres de la Confrérie Royale,

 

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : ces paroles de notre Roi légitime, dans le message qu'il a publié le 17 août dernier (cf. > ici), sont un vif et énergique encouragement à tous ceux qui aiment vraiment la France et sa monarchie traditionnelle, à combattre avec un zèle toujours plus ardent les mensonges révolutionnaires et leurs conséquences actuelles.

Les membres de la Confrérie Royale doivent avoir à cœur de penser, d'agir, de vivre - chaque jour et à chaque instant du jour - comme des combattants.
Nos armes ne sont pas matérielles : nous ne sommes pas (du moins pas pour l'instant) appelés à brandir le glaive, la faux ou le fusil, pour nous engager dans un combat physique, mais nous sommes aujourd'hui mandatés en qualité de volontaires d'élite - puisque notre engagement dans la Confrérie a été une réponse libre, volontaire et généreuse à une sorte d'enrolement militaire - pour un combat incessant.
Nous ne sommes pas des soldats de salon, faits pour parader en costumes éblouissants, avec force plumes chatoyantes, fourragères rutilantes et brandebourgs dorés : nous sommes des chouans spirituels, toujours en éveil, toujours sur le qui vive, toujours prêts à en découdre, jamais disposés à nous ménager, qui ne craignent pas de déchirer leurs hardes et leur peau aux ronces des taillis dans lesquels ils sont embusqués pour être toujours prêts à fondre sur l'ennemi !

                

Il n'est pas inutile de rappeler les engagements qui ont été les nôtres lorsque, au cours de la Sainte Messe, et donc en union étroite avec le Saint-Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous sommes entrés dans la Confrérie Royale :                                                            

Engagements 

                                           

   Outre l’observance des Lois de Dieu, de l’Église et du Royaume, l’état de grâce et la tendance à la sainteté communs à tout fidèle catholique, les engagements particuliers que prend chaque confrère, et auxquels s'unissent les membres associés, sont les suivants :                      

                                      

- Pour les membres pléniers "voués" uniquement :

                                                    

- Pour les ecclésiastiques et religieux :
 o  l’utilisation pour la Cause de toutes les richesses liturgiques rappelées par l'Appel fondateur ; et pour les prêtres (voire tous, en leur for intérieur) : la mention du Roi au Canon et la postcommunion finale pour le Roi (voire juste après la Messe).             

                                              

- Pour tous :
   o la récitation du triple angélus quotidien (matin, midi et soir), auquel l’on ajoute l'oraison pour le Roi.
   o  la sanctification particulière du 25e jour de chaque mois, jour consacré de la Confrérie (redoubler de prières, travailler plus méticuleusement à sa sanctification, faire un petit pèlerinage ou une visite au Saint-Sacrement ou à un Saint, etc.).
   o  une réelle communion de prières et d’amitié spirituelle avec les autres membres, afin de réaliser le plus grand des Commandements, celui de la charité (« voyez comme ils s’aiment » disait-on des premiers Chrétiens), et le plus consolant des dogmes, celui de la communion des Saints.
   o  la prière pour l'élévation sur les autels de la Famille royale martyre de la Révolution, ainsi que toutes les vénérables figures du Royaume de France.
   le maintien et la restauration des fêtes et traditions françaises, ladécouverte de l'Ecole française de spiritualité, et toutes les bonnes oeuvres qui soutiennent la Cause, l'offrande de sacrifices, de chapelets et de Messes pro Rege et Francia, etc.

                                                      

Ces engagements sont exigeants.
Quotidiennement exigeants

Ces engagements ne sont pas pour nous faire "briller en société", ils ne nous portent ni à pérorer avec les mondains, ni à faire des courbettes avec les courtisans dégoulinants d'affectation.
En revanche cette exigence est véritablement épanouissante, stimulante et libératrice, parce qu'elle nous oblige à vivre surnaturellement, dépouillés des superficialités, constamment orientés vers des choses graves et essentielles, en stricte conformité avec les desseins de Dieu, manifestés au travers de nos grands saints et souverains : Sainte Geneviève et Sainte Clotilde, Saint Remi et Saint Vaast, Clovis et Saint Charlemagne, Saint Louis et Sainte Jeanne d'Arc, Louis XIII et Louis XIV, Sainte Marguerite-Marie et Madame Elisabeth, les innombrables martyrs de la révolution, Henri V... et tant d'autres qu'il n'est pas possible de nommer tous.

                                                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : Non seulement nous ne devons en rien relâcher nos exigences, mais nous devons chaque jour intensifier notre effort de prière, et intensifier nos offensives spirituelles contre les idéologies pernicieuses dénoncées par notre Roi, intensifier nos ripostes priantes contre les assauts répétés de l'enfer déchaîné, inspirateur de la révolution.

                    

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : contre les attaques multiformes de l'idéologie révolutionnaire, j'invite instamment tous les membres de la Confrérie Royale à recourir à l'intercession et au soutien des Saints Anges, et en particulier de Saint Michel archange, en récitant chaque jour - et même plusieurs fois par jour - à l'intention du Royaume de France, la prière "Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat... etc." ["Sancte Michael archangele, defende nos in proelio... etc."] composée par le pape Léon XIII pour être récitée à la fin de toutes les messes basses, ainsi que d'autres prières à Saint Michel destinées à contrer les manœuvres diaboliques qui se multiplient pour empêcher toute entreprise de restauration de la monarchie traditionnelle.
J'invite également tous les prêtres membres de la Confrérie Royale à utiliser fréquemment les exorcismes qu'il leur est licite de réciter, pour protéger notre Roi légitime et le Royaume des Lys.

             

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : C'est aussi pour cela, à fin de développer, affermir et intensifier l'indispensable vie intérieure des membres de la Confrérie Royale et des Légitimistes, que nous avons résolu de proposer de plus nombreuses récollections et journées de formation spirituelle.
Dès à présent, certaines propositions vous seront présentées ci-dessous.
Mais en outre, moi-même, en qualité de Prieur, et les prêtres membres de la Confrérie Royale, en fonction de leurs disponibilités, sommes également disposés à répondre aux appels des Légitimistes pour nous déplacer dans le Royaume et animer ces récollections ou conférences spirituelles que vous pourriez avoir l'initiative d'organiser : vous pouvez donc entrer en contact avec nous pour cela. 
                                       

Ainsi, devant me rendre à Paris au cours de l'automne qui vient, je propose aux Légitimistes de la capitale et de ses environs, membres ou amis de la Confrérie Royale, de réserver les dimanches 6 octobre et 24 novembre pour, chacun de ces dimanches, une journée de récollection (les programmes en seront diffusés très prochainement).

            

"Il ne faut pas laisser les idéologies pernicieuses comme celles de 1789 remplacer les principes hérités du décalogue chrétien qui avaient fait la gloire de la monarchie et de la France" : la formation et le développement spirituels ne peuvent se passer de l'approfondissement de la doctrine légitimiste et de l'étude.
Depuis ses origines, la Confrérie Royale entretient des liens étroits d'amitié et de collaboration avec l'Union des Cercles Légitimistes de France (UCLF). La Confrérie et l'UCLF sont deux mouvements indépendants, mais complémentaires. Il n'y a pas de confusion entre les deux, mais une étroite collaboration. Voilà pourquoi je veux, avec insistance, inviter les membres de la Confrérie Royale, s'ils n'en sont pas déjà membres, à rejoindre des cercles légitimistes d'étude et de travail.

Il en existe d'anciens, déjà bien rôdés, qu'il est aisé de rejoindre ; il en est de nouveaux qui viennent de se créer et qu'il faut renforcer ; et il y a des provinces où n'existent pas encore de cercles, mais où c'est peut-être à vous d'œuvrer pour qu'il en existe. Il n'est pas convenable que les membres de notre Confrérie aient des mentalités de "consommateurs" passifs : il est indispensable qu'ils soient des moteurs, des entraîneurs, des zélateurs !

                 

Que Notre-Dame du Bon Conseil vous guide et vous obtienne tous les dons du Très-Haut qui feront de vous de véritables Apôtres qui gagneront des cœurs, des intelligences, des volontés enthousiastes, des âmes et des esprits à la Légitimité que nous sommes fiers de servir.

                      

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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01/09/2019
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Sermon de la Messe de la Saint-Louis 2019 à Versailles

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Solennité de S. Louis IX, roi de France

 

Homélie de M. l'abbé Louis de Saint-Taurin

ce dimanche 25 août 2019 à Versailles

 

 

 

Avant de vous dire quelques mots sur le grand Saint que nous honorons aujourd’hui, permettez-moi de remercier M. le Curé pour son accueil dans cette église si symbolique de la Ville royale, et de souhaiter à M. le Prieur de la Confrérie royale – et à chacun des membres de celles-ci, et notamment aux nouveaux que nous recevrons aujourd’hui à l’offertoire – un saint et fervent 4e anniversaire, ad multos annos, pour la sanctification de l’aîné des fils de saint Louis et la pleine réalisation de son auguste mission ! ainsi évidemment que pour la solide formation de Mgr le Dauphin, lui aussi prénommé Louis, et la fidélité de chacun des princes de cette auguste famille capétienne, qui ont l’honneur de voir couler dans leurs veines ce sang royal vénéré par sainte Jeanne d’Arc.

 

L’abbé Edgeworth eut l’honneur, dit-on, d’annoncer à Louis XVI, après l’avoir préparé à la mort : « Montez au Ciel, fils de saint Louis ! » ; puissions-nous nous exclamer bientôt, à l’adresse de son digne successeur – après avoir participé dans l’ombre au soutien de sa mission : « Gravissez le trône, fils de saint Louis ! », et, avec le Te Deum que nous chanterons en sortie : « et rege eos », et gouvernez-nous, Lieutenant du Christ sur terre, Fils aîné de l’Église, et depuis Ste Marguerite-Marie : Fils aîné du Sacré-Cœur de Jésus !

 

Les grands Saints ne sont pas simplement des ornements du passé, mais des modèles pour le présent, un piédestal pour nous élever à leur hauteur et devenir ce que nous demandent inlassablement les derniers souverains pontifes : les saints du IIIe millénaire, du XXIe siècle, et d’une France restaurée, revenue à sa mission.

 

En sa bulle de canonisation qui reprend pour titre les paroles de l’hymne du dimanche des Rameaux, Gloria laus et honor (1297), le pape Boniface VIII invitait ainsi nos ancêtres et leur descendance à la jubilation :

« Que l'insigne Maison de France se réjouisse d'avoir donné naissance à un prince d'une telle qualité et d'une grandeur telle, que par ses mérites, il l'a rendue plus illustre encore !
Que le très dévot peuple de France déborde d'allégresse pour avoir mérité d'obtenir un si excellent, un si vertueux seigneur !
Que les prélats et le Clergé exultent des miracles et des bienfaits qu'il a répandus dans tout le royaume !
Que les grands, nobles et chevaliers, soient remplis de joie : l'œuvre accomplie par le saint Roi est éclatante puisque, grâce à lui, le royaume de France a atteint un prestige vraiment incomparable ! »,

et qui nous fait tant défaut depuis 200 ans, chers Frères !

 

Un écrivain bien connu, Jean Raspail, prophète désabusé, déclara, il y a quelques années, ne plus croire en la royauté de droit divin. Cette expression fait en effet souvent bien sourire. Mgr de Ségur, l’un des plus grands prélats français et romains du XIXe siècle, fit une mise au point – M. le Prieur et chers membres des Cercles, pardonnez-moi, vous connaissez déjà ses paroles, mais il faut qu’elles retentissent ici pour éclairer les esprits et réchauffer les cœurs :

« Le droit divin, quand on sait ce que c’est, est la chose du monde la plus simple et la plus vénérable. Ainsi que le mot l’indique, le « droit divin » c’est le droit de Dieu. Que Dieu, souverain Maître de toutes choses, ait le droit de diriger les sociétés et les peuples, cela est plus clair que le jour. Dieu n’est-il pas le Roi suprême de tous les rois et de tous les peuples, le Seigneur souverain et absolu de toutes les sociétés ? Son droit est au-dessus de tous les droits ; et tous les droits légitimes viennent de lui, comme toutes les gouttes d’eau d’un ruisseau viennent de la source. Tout droit véritable est donc un droit divin, une communication du droit de Dieu.
En matière de souveraineté, cette communication, pour être réelle, n’a nullement besoin d’être surnaturelle ni miraculeuse : il n’est pas nécessaire que le bon Dieu apparaisse en personne ou envoie un Ange pour dire à un peuple : « Voici le Souverain que je te donne ; voici la race royale qui te gouvernera ». Non, ce n’est pas ainsi que Dieu mène les sociétés et choisit les dépositaires de ses droits.
Pour communiquer ses droits souverains sur tel ou tel peuple, le bon Dieu se sert de faits humains, parfaitement suffisants pour établir le droit divin : la naissance, par exemple, et le droit de succession ; ou bien encore une élection régulière. Le droit à la Couronne est, en effet, un véritable droit de propriété, qui s’acquiert comme toutes les propriétés : par naissance, par héritage, par conquête, par donation, enfin par prescription. La prescription a toujours la vertu de légitimer le titre primordial lorsqu’il est vicieux, de le confirmer lorsqu’il est légitime.
Oui, la Couronne — je ne dis pas le royaume, mais la Couronne, c’est-à-dire le droit de commander et de régner — est une propriété ; une propriété que nul n’a le droit de ravir à celui qui la possède en vertu d’un titre légitime, c’est-à-dire conforme à la loi de Dieu et aux traditions du pays. Violer cette propriété royale, c’est voler ; et le vol est interdit par les lois divines et humaines.
En fait de souveraineté comme en fait de propriété, le droit humain est sanctionné par le droit divin, s’appuie sur lui, devient une seule et même chose avec lui : de telle sorte qu’il est à la fois humain et divin.
Remarquons-le d’ailleurs : le droit divin du Roi légitime n’est pas, comme on se l’imagine, un fait isolé dans la société. La société repose sur une foule de faits humains donnant lieu au droit divin. C’est de droit divin que je possède ma maison, mon champ, et tous les fruits de mon travail ; c’est de droit divin que je possède ce dont je suis devenu le propriétaire légitime, à la suite et par l’effet de faits humains, de conventions purement humaines.
Il n’en est pas autrement du droit du Souverain légitime à sa couronne. Bien que ce droit résulte de faits humains, comme nous le disions tout à l’heure, de nos traditions françaises, des lois fondamentales du Royaume et du miracle capétien, il n’en est pas moins divin ; et dès lors on peut et on doit dire que c’est de droit divin qu’il possède sa couronne.
Or, il n’y a pas de droit contre le droit. Contre le droit à la fois humain et divin de la souveraineté légitime, il n’y a pas plus de droit qu’il n’y en a contre le droit à la fois humain et divin en vertu duquel tout propriétaire légitime possède ce qu’il possède.
De grâce, méditons bien ces choses. Elles sont, je le sais, un peu abstraites ; elles choquent les idées courantes, vulgarisées par la Révolution ; mais elles sont vraies ; et aujourd’hui plus que jamais, il est indispensable de le bien comprendre.
En résumé, pour un Souverain quelconque, régner de « droit divin », c’est tout simplement régner légitimement, en vertu de droits légitimes ; c’est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d’une société, d’un peuple. De là cette formule célèbre, qui fait tant crier les impies et les ignorants : régner par la grâce de Dieu.
Donc, conclut le fils de la comtesse de Ségur, quand nous disons qu’ à la suite de S. Louis, Henri V – et aujourd’hui S.M. le roi Louis XX – est de « droit divin » le Roi de France, nous voulons dire que, d’après la loi de Dieu, et d’après les plus vénérables traditions de la France, le droit de ce Prince à la Couronne repose sur des titres légitimes, inattaquables, et sur une prescription huit fois séculaire – neuf, pour Louis ! –, qu’il est le dépositaire de l’autorité souveraine de Dieu, lequel est le Maître suprême du peuple français comme de tous les peuples ; qu’il est ainsi le Roi légitime à qui la France doit obéir, si elle veut faire la volonté de Dieu, si elle ne veut point se révolter contre le droit de Dieu. Voilà ce que c’est que le « droit divin ».

 

Le droit divin est donc bien toujours d’actualité, comme le règne édifiant du neuvième Louis, qui pacifia l’Europe, unit les Chrétiens contre le péril commun, écouta sa sainte mère, Blanche, chérit son épouse, Marguerite, et éleva saintement ses onze enfants : pieux à l’église, preux à la guerre, tendre en famille, juste au tribunal (1re vertu royale), sage sur le trône, pacifique avec les autres princes chrétiens, durant ses 43 ans de règne : y a-t-il un Français, quel que soit son ordre ou sa condition, qui ne puisse le trouver comme patron particulier ?

 

Et dans les situations extraordinaires, quand le pape Innocent IV – qui pourtant le croisa en 1242 et accorda 10 jours d’indulgence à quiconque prierait pour le roi de France -, quand ce pape se désoccupa ensuite du sort de la Croisade et peut-être aussi du salut de l’Europe, le roi jugea qu'il n'« avait trouvé chez le pape aucun sentiment véritablement chrétien » selon l’Anglois Mathieu Paris (MG SS XXVIII), et ce fut alors à ce laïc – car tous nos rois étaient laïcs – de réveiller l’Europe à la place du clergé, et de défendre et faire rayonner la royauté universelle du Christ, ce règne de Dieu que nous demandons à chaque Pater.

 

Deux siècles après sa mort de Louis IX, la Pucelle d’Orléans le vit en apparition, agenouillés devant Dieu avec S. Charlemagne, et priant pour la France. Mais il n’y a pas que sa personne ou son nom qui soient d’actualité ; il ne portait pas seulement pour la 9e fois le nom de Louis qui nous vient de Clovis : à chaque sacre, comme l’écrivit récemment notre Prieur, c’est bien la grâce du baptême de ce même Clovis qui rejaillit, qui sourd à nouveau et nous fait retrouver les prémices et la source de notre vocation royale, réjouissant chacun de nos foyers, des obscurs villages tels que Cotignac en Provence jusqu’aux capitales comme Versailles. Saint Louis, qui reçut l’onction du sacre à douze ans, continue de porter haut et fier, comme sainte Jeanne d’Arc après lui, l’étendard immaculé de l’alliance du Trône et de l’Autel et, selon les mots du cardinal Pie : « la cause plus que jamais indivise de la religion et de la France ».

 

Et en ce Prince, la grâce manifesta tout son éclat, lui qui continue d’éclairer et inspirer à chaque génération le Fils aîné de l’Église, qui seul peut apporter véritablement à la France ce titre consort, et lui faire accomplir sa vocation, lui qui est son époux mystique.

 

Dès 1618, Louis XIII -  à l’origine déjà d’une autre fête nationale, celle de son fameux Vœu, le 15 août – fit décréter par Rome « fête d’obligation » la fête de saint Louis, ce roi « qui fit de la religion sa seule politique » selon le P. Charton (Les Saints de la famille capétienne ; 1939). En effet, dans son Siècle de saint Louis, M. Pognon écrit : « Jamais sacre n’avait eu ni ne devait avoir une signification plus plénière, un effet plus entier que le sacre de Saint Louis. Il avait douze ans, ce 29 novembre 1226. Pas un Roi de France, avant ni après lui, ne se regarderait ni ne se conduirait plus absolument comme l’oint du Seigneur, comme un autre Christ ». Mais cela, mes Frères, dépend bien sûr de nos prières.

 

Louis de Poissy reste présent à l’esprit du monde et au cœur de nos familles, il règne toujours à travers nos Louis, et demeure par excellence le patron tutélaire de notre Patrie, à tel point que chaque église mise à disposition de nos compatriotes dans les capitales étrangères se résume en ce beau titre de « Saint Louis des Français ».

 

Mgr Laise, qui vient de nous quitter en juillet, était heureux, en Argentine, d’avoir saint Louis comme modèle, et patron de son diocèse ; et le Kremlin n’organisa-t-il pas il y a peu une touchante exposition sur ce roi ? Qui oserait dire qu’il n’est plus d’actualité ?

 

Mais je sais que je prêche des convaincus ; concluons donc enfin par l’antique prière qui lui est adressée, et qui résume son testament, que le pape saint Pie X demandait à chaque Français de chérir et de considérer comme un trésor, au même titre que celui de S. Remi et de Charlemagne :  

 

« Sire le Roi, qui envoyiez Vos plus beaux chevaliers en escoutes à la pointe de l’armée chrétienne, daignez Vous souvenir de vos fils de France qui voudraient se hausser jusqu’à Vous pour mieux servir Sire Dieu et dame Sainte Église.
Donnez-nous du péché mortel plus d’horreur que n’en eut Joinville qui pourtant fut bon chrétien, et gardez-nous pur comme les lys de Votre blason. Vous qui teniez Votre parole, même donnée à un infidèle, faites que jamais mensonge ne passe notre gorge, dût franchise nous coûter la vie.
Preux inhabile aux reculades, coupez les ponts à nos feintises, que nous marchions toujours au plus dru. Ô le plus fier des barons français, inspirez-nous de mépriser les pensées des hommes et donnez-nous le goût de nous compromettre et de nous croiser pour l’honneur du Christ.
Enfin, Prince, Prince au grand Cœur, ne permettez pas que nous soyons jamais médiocres, mesquins ou vulgaires, mais partagez-nous votre Cœur Royal et faites qu’à Votre exemple, nous servions à la française, royalement ».  

 

Ainsi soit-il.


25/08/2019
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Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie - 25 août 2019.

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale
pour le
25 août 2019

Fête de Saint Louis

 

Saint Louis, modèle de gouvernance pour notre temps ?

                                   

Alors que nous fêtons en ce jour le 749e anniversaire de la naissance au Ciel du saint roi Louis IX (1214-1270), ce qui annonce un beau jubilé pour l’année 2020, nous ne pouvons pas ne pas relire sa vie et son œuvre à la lumière de l’enseignement, et en particulier de la doctrine sociale de l’Église. En notre triste époque où la saine politique est galvaudée par les profiteurs de systèmes en tout genre, dont la seule foi est le profit et la seule loi l’orgueil du non serviam, l’exemple de saint Louis n’est pas un fantasme de réac ni un pieux rêve de bigote. Bien au contraire, l’actualité toujours permanente des saints se manifeste spécialement à travers la vie des saints laïcs qui ont su transmettre des exemples concrets de correspondance au quotidien avec l’enseignement pérenne de l’Église. Et si malheureusement, en ces temps de délire complet, de nombreux hommes d’Église se sont convertis à la démocratie et au républicanisme – o tempora, o mores ! – cette mode ne doit pas nous faire oublier que la monarchie chrétienne est le régime politique le plus analogue au gouvernement divin. Si Dieu était démocrate, Satan l’aurait renversé ! aurait pu dire M. de La Palice...

                                                  

Le « très chrétien » : la base religieuse du bon gouvernement

                                        

Louis IX est le modèle par excellence du « roi très chrétien ». Ce titre glorieux offert par les papes aux rois de France n’est pas juste une belle récompense. Elle implique des devoirs moraux et spirituels que, l’humanité pécheresse étant, un certain nombre de nos rois n’ont pas toujours été de fidèles observants. À l’âge d’or de la Chrétienté, ce beau XIIIe siècle, saint Louis incarne le « très chrétien », le prince qui, au jour du sacre de Reims, a reçu l’onction qui a fait de lui un personnage sacré, le lieutenant du Christ dans le beau pays de France, l’évêque du dehors chargé de protéger et de défendre les intérêts de la sainte religion. Les serments du sacre, pieusement et jalousement conservés jusqu’à celui de Charles X en 1825, insistent sur les devoirs graves qui incombaient au souverain.

                                                                          

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Figure 1. Saint Louis lavant les pieds des pauvres, miniature du maître du Cardinal de Bourbon, XVe siècle tirée du Livre des faiz Monseigneur saint Loys jadis roy de France, BNF.

                                                     

Tout au long de son règne, Louis IX fut parfaitement conscient de ses obligations et de sa responsabilité immense devant Dieu. Il avait aussi la certitude, une certitude renforcée par la grâce de la prière et des sacrements, qu’il ne pourrait exercer efficacement ses royales fonctions si Dieu n’était pas, dans sa vie personnelle et dans l’exercice de son autorité, le premier servi. Le roi de France est d’abord le serviteur de Dieu dans son royaume, où c’est le Christ qui règne avant tout. Saint Louis écoutait deux messes tous les matins, récitait quotidiennement de nombreuses prières, s’agenouillait 50 fois avant de se coucher et se soumettait aux plus sévères pénitences corporelles. Il nous rappelle pleinement, sept siècles plus tard, qu’une monarchie sans Dieu et qu’un souverain sans piété ne servent absolument à rien. Les monarchies du XXIe siècle, converties au diktat démocratique, nous le prouvent chaque jour...

                                     

Les vertus royales : la justice

                                                   

La première vertu royale vécue par saint Louis, qui demeure pour certains une simple image d’Épinal, mais pour nous un modèle universel, est la justice. Le roi chrétien doit d’abord réaliser dans son royaume l’exercice de la justice, une justice à l’image de celle de Dieu, le justus judex, imprégnée d’équité et de miséricorde1. Le chêne de Vincennes n’est pas qu’un stéréotype médiéval : il représente la noblesse de la justice royale, sa légitimité aux yeux de Dieu et des hommes. Ce chêne devrait toujours en être le précieux symbole alors que nous constatons avec une consternation de plus en plus inquiétante l’état purulent de la justice dans nos pays jadis chrétiens et l’infecte compromission des magistrats avec les idéologies ambiantes. S’il jugeait les grands du Royaume coupables de crimes véritables, tel le puissant sire de Coucy qui avait fait pendre des étudiants accusés de braconnage dans ses forêts, saint Louis avait à cœur d’exercer lui-même les fonctions de premier juge du royaume, comme en son temps le roi Salomon.

                                                                    

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Figure 2. Georges Rouget, Saint Louis rendant la justice, 1826, huile sur toile, château de Versailles.

                                                        

Il savait qu’il lui fallait être, selon les serments du sacre, le défenseur des veuves, des orphelins et des pauvres ; qu’il avait le devoir de soulager les misères et les souffrances. Sa justice vivait avant tout de la charité. Il œuvra aussi à la réforme et à la modernisation des institutions judiciaires du pays, en créant par exemple le Parlement de Paris en 1254, encouragea la formation des légistes dans les universités et fit surveiller l’application de la justice par les baillis locaux. Saint Louis était pleinement conscient que le roi très chrétien devait donner l’exemple de la bonne justice pour que celle-ci fût exécutée par ses sujets. Oui, comme toujours, l’exemple vient d’en haut !

                                   

Les vertus royale : l’ordre

                                                      

Le roi très chrétien, gouvernant par la justice et la sagesse, doit être le garant de l’ordre du royaume que Dieu a placé entre ses mains. Cet ordre nécessite un respect de la hiérarchie établie par le Créateur, hiérarchie que le prince se devait de respecter et de conserver. Louis IX était loin d’être acquis aux bourrasques révolutionnaires ! Si l’ordre féodal n’était pas un gage de perfection sociale absolue, il était à cette époque un moyen d’équilibrer la société occidentale à condition que les droits et les devoirs de chacun soient respectés. Le monarque, à la tête de cette pyramide sociale et politique, devait veiller au maintien de ce juste équilibre, en dépit des faiblesses et des péchés des individus. Cet ordre social se manifestait aussi par le maintien de l’unité du royaume face à toute source de division, en particulier les hérésies. « Item que de bonne foi et de ma force et puissance, j’étudierai à exterminer et à chasser de ma terre et juridiction à mes sujets tous les hérétiques qui seront dénoncés et déclarés par l’Église. » Cet extrait des serments du sacre peut passer aujourd’hui pour brutal ou suranné. Mais il faut saisir la notion d’extermination de l’hérésie dans son contexte. Saint Louis fut confronté au catharisme, qui n’était pas, comme veulent nous le faire croire les amateurs de bizarreries en tout genre, un gentil Woodstock au cœur du Moyen Âge. Hérésie religieuse, le catharisme prônait aussi un bouleversement social, promouvant l’anarchie et la violence, ce qu’un prince ne pouvait tolérer dans son royaume. Certes, de nos jours, si la monarchie sacrée était rétablie, une telle promesse choquerait la quasi-totalité de nos contemporains et ne pourrait être réalistement exécutée, quand bien même le terme « extermination » s’applique d’abord une erreur doctrinale et non à un groupe d’humains, et quand bien même l’on bannirait toute forme de violence physique ou morale. Quoi qu’il en soit, le prince chrétien doit donner l’exemple personnel de cette « extermination » de l’erreur en osant affirmer haut et fort son refus de cautionner ce qui s’oppose à sa conscience de chrétien. Le roi Baudouin de Belgique nous en a montré l’exemple lors du vote de la loi sur l’infanticide en 19902. Saint Louis fut en son temps pleinement conscient de la nécessité de maintenir l’ordre voulu par Dieu dans le royaume, en garantissant notamment la liberté et la protection de l’Église.

                                      

Le roi « très chrétien », garant de la paix                              

                         

La paix a bon dos depuis 1789. On l’invoque sans cesse pour cacher les bassesses et les petits intérêts de politiques, de financiers, de groupes de pression en tout genre. Or, la paix du Christ ne peut se faire que par le règne du Christ, comme le rappelait avec force le pape Pie XI3. La véritable paix est celle voulue par Dieu ; ce n’est pas la paix telle que le monde la donne4 et qui n’aboutit qu’à une guerre perpétuelle, le combat de Satan contre la Vérité et contre l’homme créé à l’image et ressemblance de Dieu. La paix est « la tranquillité de l’ordre » enseignait saint Augustin5. Le maintien de la paix est l’une des premières promesses du sacre : « Je promets, au nom de Jésus Christ, au peuple chrétien, à mes sujets les choses qui s’ensuivent : premièrement qu'à notre pouvoir tout le peuple chrétien garde en tout temps à l’Église de Dieu vraie paix. » La véritable paix est le fruit de la collaboration permanente entre la royauté sacrée, le peuple chrétien et l’Église enseignante ; autrement dit la vraie paix est imprégnée de la foi chrétienne. Les guerres sociales et idéologiques que nos pays jadis chrétiens subissent sont le fruit de cette laïcisation à outrance qui fonde l’essentiel des décisions politiques depuis plus de 50 ans. Lorsque l’écologisme athée remplace le respect de la vie humaine de son commencement à son terme ici-bas, lorsque l’immigrationnisme forcené méprise l’ordre fondamental de la charité enseigné par la doctrine sociale de l’Église, lorsque la mondialisation gargantuesque écrase les libertés des nations, le retour aux valeurs chrétiennes s’avère absolument nécessaire pour retrouve l’ordre et donc la paix sociale dont l’humanité a tant besoin. Saint Louis était un homme de paix. Respecté de ses vassaux et de ses voisins, il a pu garantir la paix intérieure du royaume. On comprend dès lors que son règne fut marqué par une prospérité sans précédent du pays. Ce ne sont pas les recettes bidon et les coups de baguette magique de nos gouvernants actuels qui rétabliront une authentique prospérité ; car la vraie prospérité de la France, qui fit d’elle une vitrine exceptionnelle au fil de son histoire passée, lui vient de ses racines chrétiennes et de la fidélité à son identité et à sa culture, qui sont fondées dans le pacte de Reims.

                                            

Saint Louis, gardez-nous fidèles à notre foi !

Saint Louis, priez pour la France !

Saint Louis, protégez l’aîné de vos fils !

 

Mathias Balticensis

                   

Notes :

1 Nous lisons dans l’un des serments du sacre : « Item, que je commanderai et ordonnerai en tous jugements, équité et miséricorde. »

 

2 Je n’entrerai pas dans la polémique sur la question de « l’impossibilité de régner » qui fut invoquée pour contourner l’opposition du roi Baudouin.

 

3 Pie XI, Lettre encyclique Quas primas (11 décembre 1925).

 

4 Cf. Jn XIV, 27.

 

5 S. Augustin, La Cité de Dieu, livre XIX, ch. XIII, § 1.

 


19/08/2019
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