L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Voeux du Prieur de la Confrérie Royale pour l'an de grâce 2018

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Confrérie Royale

Le Prieur

 

 

 

Mercredi 3 janvier 2018,
Fête de Sainte Geneviève.

 

 

Messieurs les Chanoines,
Messieurs les Abbés,
Mes Révérends Pères,
Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

 

 

Dans l'avalanche des vœux dont le commencement de l'année civile est l'occasion, permettez que votre Prieur en « rajoute une couche ».

Je souhaiterais avoir du temps (beaucoup de temps !) pour connaître ou mieux connaître chacun d'entre vous, pour écrire à chacun personnellement des vœux circonstanciés et ciblés, mais compte-tenu de votre nombre et de mon emploi du temps cela relève sans doute du « pieux désir » qui ne verra jamais d'accomplissement... sinon peut-être au Ciel où nous disposerons de l'éternité !

Ainsi donc en suis-je réduit à reprendre de manière générale les formules habituelles que la répétition a usées et polies comme des galets roulés par le torrent : « Bonne et sainte année, chers membres de la Confrérie Royale ! »

 

Mes vœux sont avant toute autre chose une prière, demandant à Dieu de vous combler tout au long de cette année 2018 de toutes les bénédictions nécessaires ici-bas, dans l'ordre physique et matériel et – bien sûr ! - dans l'ordre spirituel et surnaturel, pour que jour après jour, chaque jour et à chaque instant du jour, vous croissiez en grâce et en sainteté devant Dieu et devant les hommes.

 

Et puis « Bonne année et bonne santé » à notre chère Confrérie Royale elle-même !

  • Bonne Année : l'année sera « bonne » en effet si la Confrérie Royale se développe en nombre, si la ferveur et le rayonnement de ses membres attirent de nouvelles âmes à cet engagement spirituel exigeant mais si épanouissant au service de notre Roi légitime – de sa personne et de sa mission - et de la France.

  • Bonne santé : la santé de la Confrérie tout entière sera en quelque manière la somme de la bonne santé spirituelle de chacun de ses membres. Aussi ne cesserai-je de vous exhorter à toujours plus de générosité et d'efforts pour aller toujours plus loin et toujours plus haut.

     

Il faut que chacun prenne conscience avec une acuité toujours plus vive que la vie, le développement et le rayonnement de la Confrérie Royale n'incombent pas à ses seuls responsables tandis que les membres pratiqueraient leur « petites dévotions » de manière tout-à-fait individuelle dans leur coin.

Les responsables de la Confrérie s'investissent quotidiennement pour rédiger des notes ou de petites exhortations accessibles en particulier par le moyen d'internet, pour collecter et publier des informations propres à stimuler la ferveur ou mieux faire prendre conscience de l'actuelle situation de l'Eglise, de la France, pour diffuser des nouvelles de la Famille Royale... etc. Toutefois, il incombe aussi à chacun des membres de la Confrérie Royale de s'investir quotidiennement, selon ses moyens, sa vocation propre et les dons qui lui ont été départis par Dieu...

 

De quelle manière ? Par la prière, au premier chef puisque la Confrérie Royale est essentiellement une œuvre de prière. Une prière quotidienne (et répétée plusieurs fois par jour) qui monte vers le Ciel à la manière dont des archers, au sein d'une bataille décisive, lancent inlassablement leurs traits quand ils se trouvent en face de barbares cruels et sans pitié. Ainsi, la prière des membres de la Confrérie Royale doit-elle échapper à toute espèce de routine et jaillir de nos cœurs comme des flèches ardentes.

Par la pénitence et l'offrande fréquente de sacrifices ensuite. La pénitence et le sacrifice décuplent la force et l'efficacité de la prière ; elles la prémunissent aussi contre les illusions. Vous dites aimer notre Roi ? Vous dites aimer la France ? Vous dites aimer la monarchie capétienne traditionnelle ? Eh bien sachez que la réalité de votre amour pour le Roi et pour la France se mesure exactement à votre capacité d'offrir des pénitences et des sacrifices pour le Roi et pour la France. Peu de sacrifices est l'indice de bien peu d'amour ; une grande capacité à offrir chaque jour des sacrifices est la preuve d'un grand amour. Ni plus, ni moins !

 

Mais je veux également insister sur la lettre du 25 de chaque mois, publiée sur les sites « Confrérie Royale » et « L'Ami de la Religion et du Roi » la plupart du temps dès la veille, et répercutée sur les réseaux sociaux. Normalement, chaque membre (sauf impossibilité d'accéder à internet) la reçoit dans sa boite aux lettres électronique (s'il a bien accompli son inscription correctement) : j'insiste pour que ces lettres du 25 de chaque mois ne soient pas lues de manière superficielle, mais pour qu'elle fasse l'objet de plusieurs lectures attentives et pour qu'elle soit méditée et approfondie. Les ecclésiastiques qui en sont à tour de rôle les rédacteurs produisent dans ces textes de véritables petits chefs d'oeuvre de spiritualité et de doctrine légitimiste.

Au passage, je tiens à les remercier chaleureusement pour le travail de grande qualité qu'ils accomplissent, chacun avec son style et son génie propre.

 

Il y a, enfin, un dernier point sur lequel je souhaite attirer votre attention : le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay.

J'espère que chacun des membres de la Confrérie a bien enregistré qu'il a lieu tous les ans les vendredi et samedi qui suivent l'Ascension. En 2018 donc, les vendredi 11 et samedi 12 mai. Autant que possible, il est souhaitable que ce pèlerinage devienne par le fait même le grand rassemblement annuel de la Confrérie Royale, à la manière d'une réunion de famille : notre famille spirituelle de fidèles engagés dans l'ordre spirituel pour le soutien de notre Roi légitime et la restauration de la monarchie traditionnelle.

J'insiste donc pour que dès à présent des membres de la Confrérie se mobilisent et s'investissent pour aider à la préparation de ce pèlerinage : c'est un travail d'élaboration des documents le présentant, un travail de diffusion, mais aussi en aval un travail de secrétariat (inscriptions mais aussi, de façon urgente, pour préciser un certain nombre de modalités pratiques de l'organisation que nous voulons rendre plus performante.

Je souhaite aussi que chacun d'entre vous porte cette préparation dans la prière et travaille ainsi dès maintenant à obtenir de Notre-Dame du Puy de grandes grâces pour la Confrérie Royale, pour la France et pour son Roi.

Il conviendrait que les tracts soient prêts à la fin de ce mois de janvier et que les inscriptions soient terminées à la fin du Carême. Il n'y a donc plus à traîner...

 

Voilà donc tout ce qu'il importait que je vous précisasse à l'occasion de ces vœux du début de l'année civile, mes très chers Amis.

En cette fête de Sainte Geneviève, exemple lumineux et modèle pour chacun d'entre nous, je vous assure de ma prière et de mon dévouement, en me recommandant aussi à la vôtre dont – pauvre pécheur - j'ai un si grand besoin.

 

Vôtre in Corde Iesu & Mariae.

 

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,

Prieur.   


03/01/2018
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Rappel à Dieu de Madame la Duchesse de Franco (29 décembre 2017)

Duchesse de Franco - deuil.jpg

 

Souvenez-vous dans vos prières de
Madame la Duchesse de Franco
aïeule maternelle de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
rappelée à Dieu ce vendredi 29 décembre 2017,

munie des sacrements de la Sainte Eglise.

 

Duchesse de Franco - Copie.jpg

 

Fille unique du Généralissime Francisco Franco, née à Oviedo le 14 septembre 1926, Maria del Carmen Franco y Polo, première duchesse de Franco, épouse du marquis de Villaverde, grande d'Espagne, est décédée ce vendredi 29 décembre 2017 à son domicile madrilène. 
Il y a quelques semaines, avait été annoncé que Madame la Duchesse souffrait d'un cancer en phase terminale. Elle a reçu les derniers sacrements le jeudi 28 décembre, alors que la Princesse Marie-Marguerite de Bourbon, duchesse d'Anjou, se trouvait auprès d'elle.

Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, son petit-fils, de jure SMTC le Roi Louis XX, a lui-même annoncé son décès ce vendredi 29 décembre dans la matinée.

 

La Confrérie Royale présente ses respectueuses condoléances à la Famille Royale et prie pour le repos de l'âme de Madame la Duchesse de Franco.

 

De profundis clamavi ad te, Domine, Domine, exaudi vocem meam.
Fiant aures tuæ intendentes in vocem deprecationis meæ.
Si iniquitates observaveris, Domine, Domine, quis sustinebit ?
Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Sustinuit anima mea in verbo ejus, speravit anima mea in Domino.
A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.
Quia apud Dominum misericordia, et copiosa apud eum redemptio.
Et ipse redimet Israël ex omnibus iniquitatibus ejus.
Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis.
 
V/ A porta inferi.
R/ Erue, Domine, animam ejus.
 
V/ Requiescat in pace.
R/ Amen.
 
V/ Domine exaudi orationem meam.
R/ Et clamor ad Te veniat.
 
Oremus.
Deus, cui próprium est miseréri semper et párcere, te súpplices exorámus pro anima fámulae tuae, quam hodie de hoc sǽculo migráre iussísti : ut non tradas eam in manus inimíci, neque obliviscáris in finem, sed iúbeas eam a sanctis Angelis súscipi, et ad pátriam paradísi perdúci ; ut quia in te sperávit et crédidit, non pœnas inférni sustíneat, sed gáudia ætérna possídeat. Per Christum Dóminum nostrum. 
R/ Amen.

29/12/2017
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 décembre 2017)

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          « Noël ! Noël ! » C’est par ce cri naïf que les Français saluaient l’arrivée de leurs rois au sein de leurs cités et de leurs provinces, en souvenir du jour-anniversaire où la France avait été engendrée à la foi. C’est que « Noël est devenu signe de l’unité française »[1] en marquant de son rayonnement le destin religieux et national de la France.

 

La France est née à Noël

La vocation de la France s’est en effet décidée au jour de la fête de la Nativité de Notre-Seigneur de l’an 496, en ce baptistère de Reims où Clovis devint fils de Dieu et de Son Église avec ses quelque 3.000 compagnons de guerre. « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou », lui dit alors S. Remi[2], faisant le lien avec la fête liturgique de ce jour : comment ne t’inclinerais-tu pas devant Celui qui s’abaisse en partageant aujourd’hui notre misère ?

 

 

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Il n’y avait pas qu’un symbolique parallélisme entre la naissance temporelle de Jésus-Christ et la naissance spirituelle des Francs : dans cette rencontre, un pacte était signé qui engagerait pour toujours la France à soutenir le règne d’idéal inauguré par le divin Enfant de Bethléem. Ainsi devait l’interpréter la Loi salique, en des acclamations triomphales dignes de cette première et la plus noble de toutes nos chartes : « Vive le Christ qui aime les Francs ! Qu’Il garde leur royaume, qu’Il remplisse leurs chefs de la lumière de Sa grâce, qu’Il protège leur armée, qu’Il leur accorde l’énergie de la foi, qu’Il leur concède par Sa clémence, Lui, le Seigneur des seigneurs, les joies de la paix et des jours pleins de félicité ».

Souhaits jamais mieux réalisés ni programme mieux accompli que par Charlemagne, comme le signifiera encore l’Étoile de Noël illuminant le sacre de l’an 800 à Rome. De tous les rois venus s’agenouiller devant la Crèche, nul plus que le conquérant à « la barbe fleurie » ne pouvait abaisser tant de gloire devant la Petitesse divine. Protecteur de la sainte Église de Dieu, le saint pape Léon III le couronna « Empereur des Romains », Imperator Romanorum, dans la triple tradition : biblique, avec pour modèle David, exemplaire du roi sacré dans l’Ancien testament ; impériale, marquée par la personnalité d’Auguste, premier empereur romain ; et chrétienne, incarnée par celle de Constantin, premier empereur chrétien.

 

Le roi de France : l’« Emmanuel temporel »

Le cri de Noël ! Noël ! au sacre du roi de France renvoie également au pouvoir délégué que celui-ci tient de Notre-Seigneur. Par cette référence, la foule rendait hommage au divin Emmanuel (« Dieu avec nous ») qu’elle croyait voir présent dans le roi-lieutenant, « tenant-lieu » de Dieu dans la sphère temporelle. L’on comprend  alors que la Nativité ait été une fête privilégiée pour nos Rois : baptême de Clovis (496), couronnement comme empereur d’Occident de Charlemagne (800) tout comme son petit-fils Charles le Chauve (875), sacre de Robert II le Pieux (987).

Si « toute autorité vient de Dieu » (Rom. 13, 1), comme d’ailleurs toute paternité (cf. Éph. 3, 15), combien plus manifeste l’est l’autorité royale en France, détenue par le « père » des Français. Si dans la Personne du Christ, « Son pouvoir royal repose sur cette admirable union [entre la nature divine et la nature humaine] qu’on appelle l’union hypostatique »[3], ce pouvoir est sur terre délégué : dans le domaine spirituel, au Souverain-Pontife sur toute l’Église ; dans le domaine temporel, au Souverain-Roi sur tout la France.

La cérémonie du sacre vient investir par grâce le roi désigné par les lois fondamentales du Royaume des lys du pouvoir détenu par nature par le Seigneur du Royaume des Cieux. Sacrement d’institution ecclésiastique, le sacre est destiné à « faire » le roi de France, comme l’Ordre, sacrement d’institution divine, « fait » les évêques et les prêtres. Le sacre est alors pour le roi-vassal le serment solennel d’être fidèle à maintenir la lettre et l’esprit de la loi constitutionnelle donnée à la France par le « Souverain Droiturier »[4]. La lettre, c’est la loi chrétienne ; l’esprit, c’est celui de Notre-Seigneur Lui-même. Qu’on lise le Pontifical : on y trouvera que le Prince n’est sacré que pour faire régner le droit chrétien : inviolable justice pour tous, protection particulière des faibles et des petits.

À l’école de Noël

Grâce à Noël, c’est dès lors tradition française d’unir vaillance et charité, de mettre l’épée au service de la faiblesse. Tradition française encore d’unir joie et héroïsme, comme en offre la légendaire épée du grand Charlemagne, appelée du beau nom de Joyeuse : « C’est la joie, en effet, écrit Joseph Bédier, que respirent les chevaliers, la joie hautaine d’avoir librement accepté leur tâche et d’aimer la gloire, celle que l’on conquiert au service d’une juste cause et dont on jouit sur terre, puis au Paradis en fleurs, parmi les Innocents ».

 

 

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Charles VII en Roi Mage (1456)
 
 
            Les merveilles d’art nous rendent plus sensible ce culte de Noël chez nos rois très-chrétiens. Beaucoup de rois, de princes et de princesses se firent représenter à la Crèche dans leurs somptueux Livres d’Heures. Charles VII et Charles VIII, entre autres, y prirent la figure et le rôle de Mages. 
            En paraissant ainsi lier leur destin au culte de l’Enfant-Dieu, nos rois donnaient un exemple dont ils furent les premiers à tirer bénéfice. Car leurs sujets avaient compris à merveille la leçon du Noël de Reims : ce jour-là, Dieu avait créé « le plus beau royaume après celui du Ciel »[5] et fait du roi son premier lieutenant. Avec un sens très sûr, le peuple exprima son adhésion par le cri de son loyalisme : Noël ! Noël ! Ce fut le cri national des jours de triomphe comme des jours de détresse. Il jaillira surtout lorsque la monarchie sera violemment ébranlée par la Guerre de Cent Ans : Noël ! Noël ! sonne alors le ralliement des fidèles de l’unité française et s’oppose aux cris des ennemis coalisés contre elle, aux « Je regny Dé » des Bourguignons, aux « Saint Georges m’aist » des Anglais.

Le même cri éclate, triomphal, au-devant de la Libératrice, à Orléans comme à Reims. Devant cette allégresse, Jeanne songeait que l’Étoile de Noël l’avait conduite tout au long de sa glorieuse chevauchée jusqu’à l’apothéose dans le même temple d’où « la douce France » était sortie chrétienne. Sainte Jeanne d’Arc, le Docteur de la Royauté sociale du Christ, n’était-elle pas née le jour de la fête de l’Épiphanie (1412), où les Mages viennent adorer le Roi des rois ?

La paix de Noël

Les Noëls populaires rappellent à leur tour le lien qui unit la France à la Naissance du Christ : « Faisons réjouissance et prions Dieu, hiver, été, pour le roi de France » dit un poème, ou, comme le chante Jean Daniel terminant l’un de ses Noëls ainsi dédié à François Ier : « Supplions Dieu, tous pauvres indigents, Que bonne paix veuille en France réduire, Qu’au noble roy François aucun ne puisse nuire, et à la fin pardonne aux négligents ».

La paix : voilà ce qu’on implore avec véhémence auprès du berceau du Dieu, en apparence de faiblesse, mais déjà tout-puissant. Le magnifique Noël de la paix s’adresse au « divin Enfançon » pour lui demander : « La paix, ô Dieu, mon espérance, la paix au doux pays de France, donnez la paix ! ». C’est que le « Prince de la Paix » (Is. 9, 6) n’est pas encore « venu apporter l’épée » (Mt 10, 34) mais la paix. À la bienheureuse minuit, les Anges eux-mêmes ne chantent-ils pas de leurs voix mélodieuses : « Paix sur la terre ! » ? Et un peu plus tard, l’admirable hymne Crudelis Herodes des Vêpres de l’Épiphanie viendra rassurer ceux qui pourraient craindre pour leur trône bien établi : « Cruel Hérode ! Pourquoi crains-tu l’arrivée d’un Dieu-Roi ? Il ne ravit pas les sceptres mortels Celui qui donne le Royaume céleste ! ».

 

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La reine Anne d'Autriche & le dauphin Louis

 

 

Il faut aussi se rappeler que c’est à l’Enfant-Jésus que la France s’adressa pour que le lys royal eût le rejeton tant désiré durant la stérilité d’Anne d’Autriche : elle alla prier Notre-Dame de la Crèche au Val-de-Grâce, et promit d’élever en ce lieu « un temple magnifique à Jésus naissant et à la Vierge-Mère : Jesu nascenti Virginique Matri », si la Sainte Vierge et son divin Fils lui accordaient un héritier. Après 23 ans de mariage infécond naîtra alors Louis-Dieudonné, Quatorzième du nom (1638).

La Crèche a cependant des assises plus stables que les trônes. À la Révolution, si la dynastie royale est livrée, la fête de Noël, elle, est sauvée : malgré les défenses de la Commune et après courageuses protestations, les Parisiens purent « messer effrontément » à l’heure de minuit dans divers quartiers l’an 1792 ; cette fidélité s’affichait trois mois après les boucheries de septembre et moins d’un mois avant le martyre de Louis XVI.

C’est qu’il n’était pas facile de déraciner un culte implanté chez nous depuis les origines, une fête qui est à l’origine-même de la France et qui s’épanouit dans l’allégresse de rites familiaux, de chansons et de coutumes régionales. Coutumes et chants, se répétant à peu près semblables et avec la même vogue à travers nos provinces, ont contribué à maintenir l’unité de la foi et renforcé le lien entre les terroirs, le sens de la communion et de l’entente sociale. Noël a fait l’accord parfait de tous, des petits et des grands, dans leur gratitude envers Celui dont le règne est d’une fraternité plus vraie que la devise républicaine. Même ceux qui pensèrent en avoir fini avec les bigoteries ont senti se réveiller, aux carillons de minuit, sinon la foi, du moins la conscience de ce que notre civilisation doit à Noël.

 

 

Les 3 convertis de Noël

           Pour finir avec « la magie de Noël », rappelons-nous combien Dieu aime à toucher les cœurs de façon privilégiée dans la nuit de la Nativité, comme cadeau qu’Il se plaît à offrir le jour de son propre anniversaire. En une seule nuit, à la Noël 1886, trois destins vont basculer. Après la Messe de Minuit à la cathédrale de Lisieux, Thérèse Martin, âgée de 13 ans, renonce à son égocentrisme puéril. Quant à l’aven­turier Charles de Foucauld, deux mois après sa conversion en l’église Saint-Augustin à Paris, il exulte dans l’adoration émerveillée de ce Dieu qui se fait homme «dans labjection et lobscurité» et quil naura de cesse dimiter. Ce même 25 décembre, le jeune écrivain agnostique Paul Claudel devient soudain catholique en assistant aux vêpres chantées à Notre-Dame de Paris.

 

 

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La première est devenue «la plus grande sainte des temps modernes» (S. Pie X) et docteur de l’Église ; le deuxième fut déclaré bienheureux en 2005 par le pape Benoît XVI et le sang de son ­martyre ne cesse dirriguer nos déserts spirituels ; le troisième est l’un des plus grands poètes chrétiens. Maîtres spirituels chacun à sa façon, ils nous racontent eux-mêmes cet instant unique où leur vie a été transformée pour toujours ; ils nous livrent aussi quelques conditions d’une authentique conversion et que favorise le Temps de Noël qui vient de s’ouvrir: accepter de sagenouiller, se recentrer sur Dieu et Le désirer davantage, nourrir notre flamme intérieure, ne jamais désespérer de la grâce.

Après d’aussi retentissantes conversions, n’est-on pas en droit d’espérer la conversion de notre bien-aimée France ? Croyons-y, chers Amis : la grâce de Noël a su tant de fois retourner les cœurs en un seul instant ! Le Très-Haut qui sest fait Très-Bas cette nuit-là n’est-Il pas capable de relever la France tombée si bas pour l’élever à sa haute vocation ?

L’amour est ce qui donne du prix aux choses ; la Nativité est elle-même l’œuvre d’amour par excellence parce que dans l’Incarnation se réalise la mission invisible la plus grandiose du Saint-Esprit. C’est pourquoi Mauriac n’a pas eu tort d’écrire que « Noël est la nuit où la charité est née, et qu’aucune révolution ne pourra plus faire de ce monde un monde sans amour »[6]. Qu’en cette nuit de Noël où l’Amour nous est né, soient ravivés notre amour pour l’Enfant-Dieu, notre amour pour la France, notre amour pour son Roi. Sainte fête de Noël à tous !

R.P. Clément de Sainte-Thérèse +

 

 

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[1] Maurice Vloberg.

[2] S. Grégoire de Tours, Histoire des Francs.

[3] Encyclique Quas primas de Pie XI (1925), § 8.

[4] C’est ainsi que sainte Jeanne d’Arc appelait son Seigneur-Dieu.

[5] Grotius.

[6] Ce billet de François Mauriac, La charité est née, a 80 ans aujourd’hui.

 

24/12/2017
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Voeux de nos Princes à l'occasion de la fête de la Nativité 2017

Voeux
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure SM le Roi Louis XX
et de
Madame la Princesse Marie-Marguerite, son épouse,
pour la
fête de Noël 2017

 

Duc et duchesse d'Anjou 2017.jpg

 

 

Message de Noël de Mgr le Duc d'Anjou et Madame.jpg

 

Baptême Clovis Versailles cathédrale - Copie.JPG

 


24/12/2017
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Neuvaine préparatoire à la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ (du 16 au 24 décembre)

L'Eglise encourage et de très nombreux saints recommandent de préparer la NATIVITE de Notre-Seigneur Jésus-Christ par une neuvaine : la neuvaine de Noël.

Il est conseillé de la faire (mais ce n'est pas une obligation absolue) à la tombée du jour, au moment où, traditionnellement, on sonne les cloches pendant le chant des "Grandes Antiennes O".

La CONFRERIE ROYALE invite ses membres et sympathisants à faire cette neuvaine, non seulement pour que chacun prépare mieux son âme au mystère de la Nativité, mais également comme neuf jours de prière plus intense pour la FRANCE, née de l'alliance de la Foi catholique et de la Royauté franque dans les fonts baptismaux de Reims au jour de Noël 496.

 

Arrivée de St Joseph et de Notre-Dame à Bethléem.JPG

 

L'une des représentations de l'Attente à l'approche immédiate de Noël :
le voyage vers Bethléem de Notre-Dame enceinte et de Saint Joseph.

 

Pour cette neuvaine, nous proposons :
1) de chanter "Venez, divin Messie" (on trouvera les paroles traditionnelles authentiques > ici) ou un autre cantique de l'Avent.
2) de réciter la prière suivante.
3) on peut ajouter la "Grande Antienne O" propre à chaque jour avec le "Magnificat" (dans vos missels).

 

Venez, divin Messie !

Par Votre grâce, venez renaître au milieu de nous !

Venez renouveler en chacune de nos âmes les grâces de Votre Nativité et nous en communiquer les fruits mystiques, afin que nous Vous soyons plus parfaitement unis et que nous imitions les vertus dont Vous nous avez donné les plus purs exemples dans Votre sainte Enfance !

Venez pour donner à nos familles la grâce de marcher dans les pas de Votre Sainte Famille, à Bethléem et à Nazareth !

Et nous souvenant que Vous avez voulu que, tout comme Vous-même, la France naisse dans les fonts baptismaux de Reims en une nuit de Noël, nous Vous supplions ardemment pour que, retrouvant son unité et les chemins de l'obéissance à Votre Sainte Volonté, la France revienne à Votre Coeur et redevienne une famille de peuples unis sous l'autorité paternelle de Votre lieu-tenant, son Roi légitime.

O divin Enfant de Bethléem, la France, comme une terre aride et désolée, a plus que jamais besoin de la rosée fécondante et vivifiante de Votre grâce : puisse ce nouveau Noël, anniversaire de Votre naissance en ce monde et anniversaire de la naissance de Clovis, notre premier Souverain, dans l'ordre de la grâce, avec tout son peuple, obtenir aux cœurs de beaucoup de Français de s'ouvrir à Votre miséricorde et à cette paix que le chant de Vos anges a proclamée dans le ciel de Bethléem pour les hommes de bonne volonté.

Nous Vous le demandons par l'intercession de Votre Très Sainte Mère, qui est Reine de France, par l'intercession de Saint Michel, de Saint Louis, de Sainte Jeanne d'Arc, de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, et de tous les Saints de France.

 

 

Ainsi soit-il !

 

 

Vierge de l'Attente.JPG

Il convient que nous méditions devant le berceau vide,
et que nous creusions en nos âmes un véritable "vide" afin que Marie vienne y déposer Jésus...


15/12/2017
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Lettre du Prieur à tous les membres de la Confrérie Royale à l'occasion du début de son priorat :

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Confrérie Royale

Le Prieur

 

 

 

Ce 1er décembre 2017,
en la fête du Bienheureux Charles de Foucauld ;
et celle de Saint Eloi.

 

 

Ad Te levavi animam meam : Deus meus, in Te confido, non erubescam ;
Neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui Te exspectant, non confundentur !

Vers Vous, j'ai élevé mon âme : ô mon Dieu, en Vous je me confie, je ne rougirai point ;

Que mes ennemis ne puissent pas rire de moi : car ceux qui Vous espèrent ne seront point confondus !

 

 

 

Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,

Chers Frères et Soeurs en la Confrérie Royale,
Chers Amis,

 

« Honor onus » dit en son admirable concision latine, en bâtissant une sorte de jeu de mots fondé sur l'assonance, un antique adage que le français, avec moins de génie, peut rendre par : l'honneur est une charge.

Désigné par les autres fondateurs de la Confrérie Royale pour en être le nouveau Prieur, je me retrouve donc, depuis le jour de la fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple et pour le temps que la divine Providence voudra, à présider à ses destinées et en charge de sa cohésion et de sa croissance en nombre, mais plus encore en ferveur et en grâce « devant Dieu et devant les hommes » (cf. Luc II, 52).

L'acceptation de cette charge, malgré ma misère et mes limites humaines et spirituelles (formule qui n'a rien de rhétorique), ne s'est faite que devant Dieu et dans la recherche du seul intérêt de notre chère Confrérie, tel qu'il m'a été présenté par les autres fondateurs ainsi que par mes propres conseillers spirituels. Aussi, et cela se trouvait déjà mentionné dans le communiqué officialisant ma désignation, n'est-il pas superflu de dire et de redire avec une suppliante insistance, que je me recommande à vos prières afin d'être fidèle en tout aux grâces et lumières de Notre-Seigneur : le dire n'est pas le fait d'une piété convenue, c'est une demande instante que j'adresse à chacun de vous personnellement.

 

Je tiens en tout premier lieu à remercier chaleureusement Monsieur l'abbé Louis de Saint-Taurin pour les deux années au cours desquelles il a assumé la charge de Grand Prieur de la Confrérie Royale, lui donnant les ferventes impulsions qui lui étaient nécessaires depuis sa fondation, le 25 août 2015.

 

Je dois ensuite immédiatement préciser que, la sage et admirable organisation de la monarchie capétienne traditionnelle, envers laquelle nous nourrissons une admiration pleinement justifiée, sera le modèle de mon priorat : de la même manière que le Souverain gouverne « en son conseil », vous pouvez être assurés que ce n'est qu'après avoir sollicité l'avis de conseillers sagaces et prudents que je prendrai les décisions concernant la Confrérie Royale.

Il ne saurait s'agir d'ailleurs en aucune manière de la conduire dans des chemins aventureux ou « innovants », mais seulement, en toutes choses, toujours et partout, de maintenir, d'approfondir et d'intensifier son esprit initial, puis d'alimenter la flamme. Rien de plus, mais c'est une tâche de tous les jours qui ne s'exprime pas nécessairement par des œuvres visibles !

 

Ne vous attendez donc à rien d'autre de ma part qu'à ce que, selon le conseil de l'Apôtre, j'insiste « à temps et à contre-temps » (cf. 2 Tim. IV, 1) pour dire et redire que la Confrérie Royale est avant tout une œuvre de prière, de prières soutenues, fréquentes et persévérantes, offertes à l'intention de l'aîné des Capétiens, de jure notre Roi, qui est aujourd'hui Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou : pour sa personne, pour sa mission, pour sa famille, et par le fait même pour la France, car le Prince est le principe dans lequel se réalisent l'unité et la vocation du Royaume.

Prions ! Prions ! Prions !

Prions encore et toujours pour que notre Prince révéré reçoive toutes les grâces, toutes les inspirations et toutes les lumières surnaturelles qui lui sont nécessaires, et pour qu'il y corresponde pleinement.

Et parce que la prière doit nécessairement être accompagnée de la pénitence et du sacrifice, montrons-nous toujours plus généreux dans ces domaines si peu « à la mode », en nous souvenant que c'est par l'union à la Croix de notre divin Rédempteur que l'on s'associe au salut du monde, au salut des personnes et au salut des sociétés elles-mêmes et des Royaumes.

 

Les membres de la Confrérie Royale ne doivent pas être des mondains pénétrés d'esprit courtisan et du désir de paraître : ils sont ici pour mener un combat, un combat spirituel, mais - dans l'ordre spirituel - un authentique combat de chouans qui ne négligent rien pour cette cause sacrée : le soutien spirituel du descendant et successeur du Grand Roi que Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même a appelé « le Fils aîné de Mon Sacré-Coeur ».

 

Or dans un combat, on donne des coups et on en reçoit. Rien d'étonnant dès lors à ce que chacun des membres de cette Confrérie rencontre des oppositions, soit affronté à des contradictions, subisse même quelque forme de persécution psychologique et morale, en attendant peut-être le jour où la persécution deviendra physique et que nous soyons trouvés dignes de verser notre sang « pour le trône et l'autel ».

Ce qui n'est pas le moins cruel, c'est lorsque les incompréhensions et les épreuves de ce type nous sont infligées non point par les ennemis déclarés de la cause pour laquelle nous nous sommes engagés, mais par des personnes qui nous semblent proches par les convictions qu'elles affichent, ainsi que par leur appartenance à la Sainte Eglise et la place qu'elles y occupent, qui eût normalement dû les porter à nous soutenir et encourager. Cela aussi n'a finalement rien que de très normal, si nous nous souvenons que Notre-Seigneur Lui-même n'a pas d'abord été condamné par les mécréants, mais qu'Il a en premier lieu été livré et renié par Ses plus proches, qu'Il a été rejeté par les plus zélés observateurs de la Loi divine et qu'il a été anathématisé par les légitimes représentants de Dieu, pour être ensuite déféré aux païens afin que ce soient eux qui Le mettent à mort !

Souvenons-nous encore que Sainte Jehanne d'Arc, la sainte de la Légitimité, a elle aussi été trahie et vendue par des Français, par des catholiques, et condamnée par des clercs de la Sainte Eglise, avant d'être livrée aux ennemis du Royaume et suppliciée par eux.

Sur les voies authentiques par lesquelles Dieu conduit Ses privilégiés, on rencontre et on rencontrera toujours la Croix, la contradiction, la calomnie, les oppositions et la persécution. Nous le savons, nous ne devons pas en être étonnés ; et parce que nous sommes engagés à la suite de Notre-Seigneur Jésus-Christ, quoi qu'il puisse en coûter à la nature - toujours effrayée à la perspective de la souffrance - , nous l'acceptons, nous le voulons et nous nous y soumettons par amour.

 

« Ad Te levavi animam meam... : vers Vous, j'ai élevé mon âme : ô mon Dieu, en Vous je me confie, je ne rougirai point ; que mes ennemis ne puissent pas rire de moi : car ceux qui Vous espèrent ne seront point confondus ! » Comme elles sont magnifiques les paroles inspirées du psalmiste que la liturgie de la Sainte Eglise nous fait reprendre à l'introït de ce premier dimanche de l'Avent ! Qu'il est précieux de les méditer, de les ruminer intérieurement et de nous les approprier pour en faire la respiration de notre âme ! Comme Prieur de cette Confrérie Royale j'en fais ma prière pour la Confrérie elle-même, pour chacun de ses membres et pour moi-même aussi dans l'exercice de cette responsabilité terrible et incommensurable.

Malgré tous ceux qui ricanent et voudraient nous faire passer pour de « doux dingues », bons pour l'internement ou la mise au ban de l'Eglise, en raison de l'engagement spirituel « pour Dieu et pour le Roi » qui est le nôtre en la Confrérie Royale, nous gardons indéfectiblement la force de l'espérance surnaturelle et une très ferme confiance dans les promesses de Dieu qui « ne peut ni Se tromper ni nous tromper » (cf. acte de foi), élevant nos âmes vers Dieu, Sauveur de Son peuple, duquel on obtient tout autant qu'on en espère.

 

« Domine, salvum fac Regem, et exaudi nos in die qua invocaverimus Te ! »

 

 

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

 

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,

Prieur.

 

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01/12/2017
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Neuvaine préparatoire à la fête de la Conception Immaculée de Notre-Dame

du mercredi 29 novembre au  jeudi 7 décembre 2017

 

 

 

Pratique de la neuvaine :
Tous les jours, au moins une dizaine de chapelet, suivie de la prière suivante (ou d'une autre prière à sa convenance comme par exemple celle de St Pie X qui est  proposée > ici) et de l'invocation :
"O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" (3 fois).
Confession ; communion le jour du 8 décembre ou un jour de l'octave.

 

Prière proposée :

Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des Saints, Médiatrice de toutes grâces, nous trouvons refuge et protection auprès de votre Coeur immaculé, car vous êtes notre Mère.
Accordez-nous, comme vous l'avez promis aux trois pastoureaux de Fatima, de savoir offrir chaque jour notre vie pour le salut des pécheurs.
Que votre amour maternel touche les coeurs endurcis par le péché pour que tous les hommes, sauvés par le Sang de votre Fils versé sur la Croix, trouvent le chemin de l'amour, de la pénitence et de la réconciliation avec Dieu et avec leurs frères.
Alors, nous pourrons chanter tous ensemble et d'un seul coeur le triomphe de votre maternelle Miséricorde.

Ainsi soit-il

Robert, cardinal Sarah
au Vatican, le 25 mars 2017.

Et, le soir du 8 décembre, n'oubliez pas d'illuminer vos fenêtres (voir > ici)


27/11/2017
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La Royauté divine sur la France.

Lettre mensuelle

aux membres et amis de la Confrérie Royale

pour le 25 novembre 2017

 

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Le 25 novembre 2017,
en la Sainte-Catherine d'Alexandrie.

 

La Royauté divine sur la France.

 

Le 25 novembre est la fête de Sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des philosophes (représentée au transept nord de la cathédrale angélique du Puy), l'une des saintes qui apparurent à Sainte Jeanne d'Arc pour la préparer à sa mission : délivrer Orléans et faire sacrer le Roi, et par là, restaurer le Roi légitime et rappeler la Royauté divine sur la France.

Comme pour le Saint-Sacrifice de la Messe et tout acte de culte, la reconnaissance de la Royauté de Dieu a quatre fins : l'adoration et l'action de grâces envers Dieu qui maintient l'Etat et le pays, et la sanctification et la protection du peuple par Dieu.

 

I - Adoration et action de grâces envers Dieu.

 

Comme le disait Louis XIV, « il y a un souverain infiniment élevé au-dessus des rois de la terre. C'est à nous à nous soumettre à ses ordres suprêmes ».

De là, comme le disait le Cardinal-duc de Richelieu, « le règne de Dieu est le principe du gouvernement des Etats ».

Henri IV disait déjà : « Il ne faut pas diviser l'Etat d'avec la Religion. La Religion et la justice sont les colonnes et les fondements de ce Royaume ».

L'ordre de Dieu est un ordre hiérarchique et monarchique (Saint Denys l'Aréopagite). Ce qui fit dire à Monseigneur Henri Delassus : « La monarchie existe dans le ciel. Il n'y a qu'un Dieu qui règne sur tout l'univers. Dieu a fait la famille et l'Eglise, ces deux sociétés principales, à l'image de ce qui est au plus haut des cieux : un père souverain et un pape souverain comme un Dieu souverain Seigneur. L'histoire montre avec la plus lumineuse clarté, que les nations ont prospéré d'autant plus que leur constitution se rapprochait davantage de la constitution si admirable dont la Providence avait doté la France ».

En conséquence de l'ordre divin, Saint Thomas d'Aquin écrivait : le Roi est « dans son royaume comme l'âme dans le corps et comme Dieu dans le monde, établi pour exercer dans son royaume l'office de juge à la place de Dieu ».

Et le philosophe Antoine Blanc de Saint-Bonnet écrivait : « La légitimité des rois est l'anneau par lequel les nations se rattachent à Dieu pour demeurer vivantes et honorées ».

Le respect dû au Roi est donc en vue du respect dû à Dieu, devant qui le Roi s'efface. Bossuet pouvait dire : « Il y a quelque chose de religieux dans le respect qu'on rend au Prince. Le service de Dieu et le respect pour les Rois sont choses unies. Ce que Tertullien appelle très bien « la religion de la seconde majesté ». Cette seconde majesté n'est qu'un écoulement de la première ; c'est-à-dire de la divine, qui pour le bien des choses humaines, a voulu faire rejaillir quelque partie de son éclat sur les rois ».

Et ailleurs il dit : « Je n'appelle pas majesté cette pompe qui environne les rois. C'est le rejaillissement de la majesté et non la majesté elle-même. La majesté est l'image de la grandeur de Dieu dans le prince. Elle est empruntée de Dieu, qui la lui donne pour le bien de ses peuples ».

Monseigneur de Ségur écrivait : « Pour un souverain quelconque, régner de droit divin, c'est tout simplement régner légitimement, en vertu des droits légitimes ; c'est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d'une société, d'un peuple ».

En conséquence, comme le dit Louis XX, le sacre était « l'onction divine, le renouvellement de la société, un nouveau souffle dans la continuité du pays, un espoir, celui de tout un peuple pour celui qui incarnait l'unité de la France ».

Le Roi est donc seul responsable de ses sujets, devant Dieu (sur son salut éternel) et en présence des hommes (malgré toutes les théories démocratiques des monarchies constitutionnelles ou parlementaires).

C'est ainsi que l'Empereur d'Autriche François-Joseph disait : « Toutes ces histoires de responsabilités ministérielles ne sont au fond qu'une plaisanterie. En réalité, la responsabilité, c'est nous qui la portons ! »

Et le Bienheureux Charles 1er d'Autriche ajoutait : « Le monarque est seul responsable devant l'histoire ».

Le Cardinal de Faulhaberg, archevêque de Freysing, disait aux funérailles du Roi (détrôné) de Bavière Louis III : « Les rois par la grâce du peuple ne sont pas une grâce pour le peuple, et lorsque le peuple est son propre roi, il sera tôt ou tard son propre fossoyeur ».

 

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II – Sanctification et protection du peuple.

 

De cette légitimité divine provient le rôle du Roi envers ses sujets. « Ce qu'un souverain, touché par la grâce de Dieu, peut faire dans l'intérêt de l'Eglise et des âmes, mille missions ne le feront jamais », disait Saint Alphonse-Marie de Liguori.

C'est ainsi que Monseigneur Freppel disait : « Le plus grand missionnaire de tous les temps fut Constantin ».

Et les papes Saint Grégoire II et Saint Grégoire III dirent de Charles Martel, maire du Palais, qu'il avait le plus contribué après Dieu (avant même Saint Boniface) à la conversion de cent mille idolâtres par l'assistance qu'il donna à Saint Boniface en Germanie.

Ainsi Saint Grégoire 1er le Grand écrivait-il aux Empereurs de Byzance : « Le pouvoir a été donné d'en-haut à mes seigneurs sur tous les hommes, pour guider ceux qui veulent faire le bien, pour ouvrir plus largement la voie qui mêne au ciel, pour que le royaume terrestre soit au service du royaume des cieux ».

C'est bien le rôle du souverain, tel qu'il est compris par les humbles. Il n'est pas question de forcer les consciences, mais de leur montrer l'exemple et de les guider par des institutions et des actes vers Dieu et le salut.

Un paysan russe en pèlerinage à Ekaterinbourg en 2008 disait de l'Empereur Nicolas II de Russie : « Nicolas était un souverain, et un souverain ce n'est pas un président. Il guide son peuple vers Dieu ».

Un paysan français interrogé par Daniel Halévy au début du Xxème siècle, disait, associant Dieu et le Roi avec confiance : « Les maux de la nature, c'est à Dieu d'en garder, les maux de la société, c'est au Roi ».

Le Roi gouverne en bon père de famille, soucieux du corps et de l'âme de ses sujets.

Comme le disait le marquis de Roux, « la Restauration a été le dernier gouvernement français qui ait compté parmi ses devoirs d'Etat l'appui à donner à l'Eglise pour le bien des âmes ».

L'humilité des Rois s'incline devant la Loi divine, la miséricorde est introduite dans les jugements, la sainteté du mariage chrétien et de la famille est favorisée, la sanctification de la vie quotidienne et donc le salut éternel sont plus faciles.

En effet, le vénérable Pie XII déclarait : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes ».

Les sujets en sont protégés, élevés, sanctifiés, et même leur obéissance est plus facile. Car, comme le dit Louis de Bonald, « la religion chrétienne, réunissant par les liens d'une charité fraternelle des hommes que séparent des inégalités naturelles et des distinctions sociales, rend le gouvernement plus débonnaire et la dépendance moins chagrine ».

 

 

III – Devoirs des rois envers Dieu.

 

Ce rôle du Roi entraîne de grands devoirs envers Dieu en une grande conversion et sanctification personnelle. C'est le Roi qui gouverne, certes, et non pas le clergé, mais le gouvernement en est surélevé.

Saint Grégoire de Nazianze prêchait aux Empereurs de Byzance : « Ô monarques ! Respectez votre pourpre, révérez votre propre autorité qui un rayon de celle de Dieu. Les choses hautes sont à lui seul ; il partage avec vous les inférieures : soyez les sujets de Dieu, comme vous en êtes les images ».

Le serviteur de Dieu Louis XIII reconnaissait donc : « Dieu ne m'a fait Roi que pour lui obéir et donner l'exemple ».

Et Saint Louis IX recommandait à son fils, le futur Philippe III : « Je t'enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir ».

Le Roi Louis XIV disait donc à son petit-fils le nouveau Roi d'Espagne Philippe V : « Faites honorer Dieu partout où vous aurez du pouvoir ; procurez sa gloire ; donnez-en l'exemple : c'est un des plus grands biens que les rois puissent faire » ; et à son arrière-petit-fils, le futur Roi Louis XV : « Mettez en Dieu toute votre confiance, vivez en chrétien plus qu'en roi ».

Le vénérable Louis XVI résumait en disant : « Régner c'est connaître et faire connaître Dieu ».

En conséquence, le Roi doit d'abord entraîner ses sujets par son exemples et ses décisions vers Dieu et la sanctification.

Saint Childebert 1er disait : « Il est de devoir et de nécessité que Nous fassions observer dans Notre Royaume les ordonnances des premiers Ministres de l'Eglise ».

Saint Charlemagne recommandait à ses sujets « de servir fidèlement le Seigneur et de persévérer constamment dans son service ».

Saint Louis IX disait à son fils le futur Philippe III : « Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre ».

Philippe IV le Bel affirmait : « Je suis chargé de la part du Roi des cieux de la défense de la Religion ».

Et le serviteur de Dieu Louis XIII demandait aux évêques « d'admonester tous Nos Peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge ».

 

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IV – Devoirs des rois envers leurs sujets.

 

Mais ce rôle du Roi entraîne de grands devoirs envers ses sujets, qui lui ont été donnés par Dieu pour fils et pour filles. Tous les devoirs matériels des Rois et des sujets demeurent, mais ils sont transfigurés, le Roi est plus humble et les sujets plus aimés et plus aimants.

La Reine Blanche de Castille disait à son fils Saint Louis IX : « N'oubliez jamais que vous appartenez aux deux cités : que vous êtes dans la cité terrestre le suzerain de vos sujets, et que vous êtes dans la cité céleste le serviteur de vos serfs ».

Ce que disait Dante : « Si le consul ou le roi ont seigneurie sur les autres au regard de la route à suivre, il n'empêche qu'au regard du but ils sont serviteurs des autres ».

Louis XV, qui disait de ses sujets : « Ils sont tous mes enfants » ; enseignait à son fils le Dauphin : « Il est bon que vous vous accoutumiez à vous regarder comme le père, plutôt que le maître, des peuples qui doivent être un jour vos sujets ».

Louis XIV écrivait de même : « Comme je tiens lieu de père à mes sujets, je dois préférablement à toute autre considération songer à leur conservation ». Et il écrivait à son petit-fils Philippe V : « Quoique rebelles, ils sont vos sujets, et vous devez les traiter en père ».

Et Louis XVIII disait encore à la naissance du futur Henri V : « Il nous est né un enfant. Un jour il sera votre père. Il vous aimera comme je vous aime ».

Cela change tout dans les relations entre le Prince et ses sujets. Les ordres mêmes du Prince sont faits pour le bien commun de ses sujets. Louis XX est notre père : le voyons-nous comme tel ?

Christine de Pisan parlait de « l'amour réciproque du roi et de son peuple, fondement de la monarchie ».

Et Bossuet disait : « La crainte servile nous fait un tyran, l'espérance mercenaire nous donne un maître, mais l'amour soumis par devoir et engagé par inclination donne à notre cœur un roi légitime ».

Louis XIV enseignait donc à son fils le Dauphin : « Nous devons considérer le bien de nos sujets bien plus que le nôtre propre ». Et encore : « S'il y a quelque caractère singulier dans cette monarchie, c'est l'accès libre et facile des sujets au prince ».

En d'autres circonstances Louis XIV put écrire : « Je ne veux point qu'on soit dur à mon peuple ». Et à un général : « Ayez grand soin des malades et des blessés ».

Charles X disait encore : « Descendez jusque dans la cabane du pauvre pour y interroger ses besoins, et je vous y suivrai ».

L'Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche pouvait donc dire : « Nous, les Rois, sommes dans ce monde pour faire du bien aux autres ».

Et le Roi Charles V disait : « Je ne connais qu'un seul bonheur attaché au pouvoir. C'est de pouvoir faire du bien à autrui ».

 

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Conclusion :

 

La monarchie française est éminemment divine et catholique, familiale et populaire. Tous ses Rois l'on comprise ainsi et ont donné l'exemple à leurs peuples. A nous de suivre cet exemple et de reconstruire autour de nous, selon nos possibilités et notre devoir d'état, cette société divine et catholique, familiale et populaire, et bientôt, espérons-le, royale et monarchique.

En ce sens, même le moins vertueux des Rois de France est supérieur au meilleur des présidents de la République (même catholique à titre privé), car le Roi procure tout le bien (même surnaturel) de son peuple et le conduit à Dieu pour le salut temporel et éternel du peuple et de son souverain.

Et ce caractère de la monarchie française impressionne même ses adversaires. Ainsi même Jean Jaurès parlait du « charme séculaire de la monarchie ». Et l'abbé Sieyès avouait : « Il y a plus de liberté pour le citoyen en la monarchie qu'en la république ».

Souvenez-vous que le vénérable Philippe II Auguste pouvait dire avant la bataille de Bouvines dans un mélange d'humilité personnelle et de conscience royale de son devoir : « Seigneur, je ne suis qu'un homme, mais roi de France est cet homme ».

Ayons nous-mêmes cet esprit catholique et surnaturel, et songeons à nous sanctifier, là où Dieu nous a placés, par les moyens voulus par Dieu : la prière et le devoir d'état personnel, dans la fidélité à Dieu, à Marie et au Roi. La Confrérie Royale est un moyen de sanctification.

Rappelons-nous cette phrase de la Mère Camille de Soyecourt, carmélite qui traversa fortement la Révolution : « Bien comprise, la fidélité à la monarchie est un hommage rendu à la Majesté divine ».

Et selon le mot de Julie Lavergne, « la terre de France ne produira que des épines, tant que les lys n'y refleuriront pas ».

 

« Seigneur, sauvez le Roi. Et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons » (prière pour le Roi tirée du Psaume XIX, 10).

 

                                              Abbé Gabriel Equin +       

 

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23/11/2017
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Communiqué officiel : Désignation d'un nouveau Prieur pour la Confrérie Royale.

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Le 21 novembre A.D. MMXVII,

Fête de la Présentation de Notre-Dame au Temple

 

Chers Membres de la Confrérie royale,

 

Il y a déjà plusieurs semaines, à la demande de ses Supérieurs ecclésiastiques, Monsieur l'abbé de Saint-Taurin a remis sa charge de Prieur – sans toutefois quitter nos rangs –, le Conseil de la Confrérie, après avoir pris le temps de la prière et de la réflexion, a décidé de confier cette charge au Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, jusqu’ici Secrétaire de ladite Confrérie.
Cette nomination prend effet ce 21 novembre 2017.

 

Frère Maximilien-Marie se recommande instamment aux prières de tous les membres de la Confrérie Royale afin de la conduire avec la sagesse, la prudence et le zèle requis.

 

En cette fête, traditionnellement consacrée en France à la rénovation des promesses du Clergé (ainsi qu'en certaines congrégations au renouvellement des voeux de religion), nous vous demandons aussi avec la plus grande insistance, de prier pour tout le Clergé de France, et plus particulièrement pour les ecclésiastiques qui nous accompagnent : en effet, les ennemis de l’union du Trône et de l’Autel sont nombreux, notamment dans le haut clergé.
De fait, les attaques contre la Confrérie, directes ou insidieuses, sont multiples, fortes et abondantes... et ce n’est qu’un début.
Que l’intention de prière qui nous rassemble ne nous fasse donc pas oublier la communion de prières entre membres et pour cette petite œuvre en général.

 

Nous sommes en outre heureux de vous annoncer les dates du prochain pèlerinage au Puy pour l’année qui vient, notre troisième : il aura lieu les vendredi 11 et samedi 12 mai 2018.
Il y aura possibilité d’arriver dès le jeudi 10, une Messe de l’Ascension étant prévue le soir.
Nous vous présenterons prochainement le programme de ce pèlerinage, qui sera de nouveau basé au grand-séminaire du Puy.
Notez dès à présent que les inscriptions devront être enregistrées de façon ferme et définitive à la fin du mois de février 2018.

 

Pro Rege et Francia,

 

                                                       Le Conseil de la Confrérie Royale.

 

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Colin de Vermont : Présentation de la Vierge au Temple
(cathédrale de Versailles)


22/11/2017
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Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces !

Εν Τουτω Νικα



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Raphaël : la vision de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

 

* * *

Lettre aux membres et sympathisants de la Confrérie Royale
- 25 octobre 2017 -

A - Rappel d'un contexte historique complexe.

 

Affronté aux invasions barbares, l'empereur Dioclétien (qui règne de 284 à 305), estimant que l'Empire devait faire face à trop de menaces pour être défendu par un seul homme, avait mis en place un système de gouvernement nommé Tétrarchie parce que, sans le diviser, il répartissait le pouvoir sur quatre personnages (quatre co-empereurs en quelque sorte).

 

Dioclétien avait été l'initiateur de l'une des plus cruelles persécutions contre les chrétiens : celle où périrent Saint Maurice et ses très nombreux compagnons de la Légion Thébaine, Sainte Agnès de Rome, Saint Julien de Brioude, Sainte Catherine d'Alexandrie, Saint Vincent de Saragosse, Sainte Eulalie de Mérida, Saint Victor de Marseille, Sainte Foy d'Agen, Saint Georges de Lydda, Sainte Julitte et son jeune enfant Saint Cyr, les papes Saint Marcel et Saint Marcellin, Saint Janvier de Bénévent, Saint Sébastien, ainsi que des milliers d'autres, connus ou inconnus.
L'empereur Galère (règne : 305-311) mit fin à la persécution ordonnée par Dioclétien par un édit de tolérance, l'Edit de Sardique (30 avril 311), qui fut son dernier acte : il mourut en effet 5 jours plus tard (5 mai 311).
La disparition de Galère laisse l'Empire dans une situation de crise profonde : le pouvoir est partagé entre trois empereurs légitimes - tous trois Augustes -, Licinius, Maximin Daïa et Constantin, et un usurpateur, Maxence. 

 

Tandis que Licinius et Maximin Daia vont entrer en conflit pour le contrôle de la partie orientale de l'Empire, Maxence, qui a usurpé le pouvoir à Rome, déclare la guerre à Constantin, qui a été proclamé Auguste à York par les troupes de son père - Constance Chlore - à la mort de ce dernier.
Quittant la Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) et s'étant soumis les Gaules, Constantin entreprend en 312 la conquête de l'Italie.

 

B - La bataille décisive du Pont Milvius : 28 octobre 312.

 

L'affrontement n'a lieu que lorsque les troupes de Constantin approchent de Rome.
Maxence, qui dispose des cohortes prétoriennes et des troupes de protection de la ville, sort de Rome à leur rencontre.
Le combat s'engage à une dizaine de kilomètres au nord-est de la cité, au lieu dit "Saxa rubra" (les roches rouges), sur la via Flaminia.
Maxence a choisi de combattre en avant du Pont Milvius, un pont de pierre édifié au-dessus du Tibre : le contrôle de ce pont est en effet stratégique puisqu'il est un point de passage obligé vers Rome.
Les troupes de Constantin sont inférieures en nombre : elles semblent même dépassées par cette supériorité numérique ; mais Constantin agit en tacticien sagace et inspiré.
Les troupes de Maxence sont bientôt acculées dos au Tibre et ne peuvent pas toutes emprunter le pont de pierre. Maxence avait fait construire des ponts de bateaux pour faciliter la traversée de ses troupes mais, dans l'affolement de la retraite, leurs amarres sont rompues : des centaines de soldats et Maxence lui-même se noient.


La victoire de Constantin est totale.
Nous sommes au 28 octobre 312.

Constantin entre à Rome en triomphateur, et il est proclamé unique Auguste romain d'Occident.

 

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Raphaël : la victoire de Constantin au Pont Milvius (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican

 

C - La vision de Constantin : « Εν Τουτω Νικα - in hoc signo vinces ! »

 

Peu de temps avant le commencement de la bataille, Constantin a déclaré qu'il a été gratifié d'une vision : il a vu apparaître dans le ciel le monogramme du Christ, formé de la superposition des deux lettres grecques par lesquelles commence le mot "Christ" : ce sont le "Chi" et le "Rho" qui forment le chrisme.


Selon Lactance (250-325), c'est dans un songe que Constantin a reçu l'injonction de marquer du « signe céleste de Dieu » les boucliers de ses troupes la veille de la bataille qui l'oppose à Maxence.
Eusèbe de Césarée, lui, parle d'une vision à l'état de veille, vision partagée par les soldats de Constantin, et ensuite confirmée dans un songe : selon Eusèbe ce serait semble-t-il la Croix qui aurait été manifestée, accompagnée par ces paroles (vues ou entendues) "Εν Τουτω Νικα", en latin : "In hoc signo vinces, ce qui signifie : par ce signe tu vaincras.

 

Bien qu'encore païen (comme son père Constance Chlore, il rendait un culte au "Sol invictus", le soleil invaincu), Constantin a obtempéré et a demandé à ses soldats de marquer leurs boucliers du signe céleste, qu'il a fait aussi placer sur ses enseignes : c'est ainsi qu'est apparu le labarum, étendard militaire surmonté du chrisme. 


C'est parce qu'il a obéi à la vision céleste que Constantin a vaincu Maxence : il le sait.
Et cette obéissance, cette victoire et cette prise de conscience vont être lourdes de conséquences pour l'Eglise, pour Rome et pour l'Empire, ainsi que pour le monde entier.

 

Bien sûr, les historiens modernes sous l'influence du rationalisme, du modernisme et de l'antichristianisme qui se généralise, cherchent à minimiser ces faits : ils essaient de trouver des explications naturelles à la "prétendue" (sic) vision de Constantin tantôt en invoquant certaines conjonctures astrales, tantôt en alléguant d'hypothétiques phénomènes atmosphériques liés à quelque non moins hypothétique éruption volcanique, ou que sais-je encore...
Ces mécréants sont prêts à tout pour nier la Tradition, récuser les miracles et rejeter toute forme de surnaturel !

 

 

Pièce de Constantin avec le labarum au verso.jpg

 

Pièce de monnaie, dite nummus, datée de 327, à l'effigie de Constantin sur le revers de laquelle on voit le labarum surmonté du chrisme (formé par la superposition des lettres grecques "Chi" et "Rho", initiales de "Christos") avec l'inscription "spes publica" (espérance publique) : le labarum est fiché dans un serpent, symbole de l'ennemi.

 

D - L'Edit de Milan : avril 313.

 

La conséquence immédiate de la victoire du Pont Milvius le 28 octobre 312, réside, en avril 313, dans ce que l'on appelle communément l'Edit de Milan.
Reprenant et élargissant l'Edit de Sardique, Constantin, en accord avec Licinius, promulgue la liberté de culte pour toutes les religions : il insiste formellement sur le fait que les chrétiens peuvent désormais accomplir librement et publiquement leurs cérémonies et qu'il ne leur est plus imposé de vénérer l'empereur comme un dieu. 
De la liberté de fait que leur accordait l'Edit de Sardique, les chrétiens passent à la liberté de droit. C'est ce que les auteurs anciens ont appelé : la paix de l'Eglise.

Les persécutions cessent. L'Eglise paraît au grand jour. Elle peut déployer et développer ses cérémonies, construire des églises et, à travers tout cela, attirer davantage d'âmes.
Les communautés chrétiennes croissent en nombre.

 

Selon la tradition romaine, Constantin lui-même abandonne les superstitions païennes et se fait baptiser par le pape Saint Sylvestre 1er [alors que certaines traditions orientales prétendent qu'il aurait été baptisé seulement à son lit de mort, le 22 mai 337].

 

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Raphaël : Constantin est baptisé par Saint Sylvstre (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.

 

Constantin va bientôt donner à Saint Sylvestre le palais du Latran et faire construire à côté la cathédrale de Rome : « tête et mère de toutes les églises de la Ville et du monde » (omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput), dont la dédicace (le 9 novembre 324) sera marquée par un miracle renouvelant celui qui s'était produit à Jérusalem lors de la dédicace du Temple par Salomon quelque mille-deux-cent-cinquante ans plus tôt.
Il fait aussi édifier les basiliques de Saint Pierre au Vatican et de Saint Paul sur la voie d'Ostie, au-dessus des tombes des deux Apôtres, ainsi que la basilique de Sainte Croix près du palais de sa mère Sainte Hélène.

 

Cette dernière, soutenue par son fils, fait entreprendre de grands travaux de prospection en Terre Sainte afin de retrouver les lieux sanctifiés par les événements de la vie du Sauveur : à Nazareth, à Bethléem, à Capharnaüm... etc. et bien sûr à Jérusalem, où l'on retrouve la Croix, le Golgotha et le Saint Sépulcre qui sont alors enchâssés dans une splendide basilique.

 

Constantin, quittant Rome dont il abandonne l'administration au pape Saint Sylvestre, au lieu où se trouve la bourgade de Byzance, fait édifier la première capitale politique chrétienne : Constantinople (Constantinopolis : la ville de Constantin).

Enfin, en raison des dangers que la doctrine hérétique d'Arius commence à faire peser sur la foi chrétienne, Constantin convoque à Nicée, en 325, le premier concile oecuménique pour que soit précisée et définie la foi droite telle qu'elle a été authentiquement reçue des apôtres.

 

Une ère nouvelle s'est ouverte pour l'Eglise du Christ.
Les souverains temporels ne sont plus ses bourreaux, mais ils s'enorgueilliront désormais de se mettre à son service.
Soixante-sept ans plus tard, par l'Edit de Thessalonique (27 février/24 novembre 380), l'empereur Saint Théodose 1er le Grand, fera du christianisme la religion officielle de l'Empire et en bannira les cultes païens.

 

Raphaël la donation de Constantin - Vatican.jpg

 

Raphaël : la donation de Constantin (détail) - "Chambre de Constantin" au Vatican.
Constantin laisse Rome à l'administration du pape Saint Sylvestre avant de s'installer dans sa nouvelle capitale : Constantinople.

 

E - Des événements anciens mais toujours actuels.

 

Bien que loin de nous dans le temps, ces faits nous concernent directement toutefois, et même ils demeurent des plus actuels quant à notre vie liturgique et spirituelle.

 

E1 - Quant à notre vie liturgique :
- E1 a) Parce que notre missel romain classique (je parle donc de la liturgie célébrée selon le rite latin traditionnel, liturgie dite "de Saint Pie V", et non du missel issu de la réforme postconciliaire dans lequel cela - comme beaucoup d'autres choses importantes - a été singulièrement édulcoré) comprend un nombre incalculable de notations, d'allusions, de références... etc. à tous les événements rappelés ci-dessus.
- E1 b) Et parce que l'ordonnancement de la Sainte Messe lui-même, dans son déroulement, est directement lié aux développements et déploiements des cérémonies lorsque l'Eglise, sortant des catacombes, grâce à l'empereur Constantin le Grand, a pu librement s'épanouir dans l'espace public de la cité.

 

E2 - Quant à notre vie spirituelle :
- E2 a) Parce que ce sont là des racines - nos racines chrétiennes - qui, de la même manière que les racines d'un arbre, assurent la stabilité et l'équilibre de tout ce qui se développe au-dessus et lui apportent également la nourriture et la force ; de la même manière, la pieuse connaissance de ces faits assure notre stabilité et notre équilibre dans la vie selon la foi, en même temps qu'elle nourrit et fortifie nos convictions. Car la Sainte Eglise notre Mère, de par les mystérieux et admirables desseins de la Providence, n'est pas seulement romaine parce que les saints Apôtres Pierre et Paul ont évangélisé Rome et y ont répandu leur sang, mais elle est aussi, et peut-être même davantage, romaine parce que l'empereur Saint Constantin 1er le Grand - "égal aux apôtres" selon la terminologie des Eglises d'Orient -  par son obéissance à la vision céleste, par sa glorieuse victoire au Pont Milvius remportée sous le signe du Christ Sauveur, par sa conversion, par son baptême et par la protection généreuse et féconde qu'il a accordée à l'Eglise, a transformé Rome, lieu où jusqu'alors l'on ne venait que très discrètement se recueillir sur le tombeau des Apôtres, en une capitale spirituelle rayonnant sur tout l'univers, et parce qu'il s'est montré, en actes plus qu'en paroles, l'un des premiers modèles du culte du Christ-Roi, Prince des rois de la terre ("Princeps regum terrae" - Apoc. I, 5).

- E2 b) Par-dessus tout parce que ces événements nous redisent d'une manière grandiose et exaltante que c'est la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est la source et le motif de toutes les véritables victoires.

- E2 c) Enfin, en conséquence, et d'une manière très spéciale pour les membres de cette Confrérie Royale, parce que l'histoire de la victoire et de la conversion de Constantin nous montrent à l'évidence que Dieu, dans Ses miséricordieux desseins sur les peuples et pour leur accorder Ses grâces, a pour instruments privilégiés les Souverains qui sont attentifs à Ses inspirations et mettent leur sceptre au service du règne du Christ : cela nous doit donc stimuler à prier plus instamment pour celui qui est aujourd'hui le représentant légitime du pouvoir légitime voulu par Dieu pour la France, à savoir Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté Très Chrétienne le Roi Louis XX.

 

arc de Constantin - Rome.JPG

 

Rome : l'arc de triomphe de Constantin édifié en 315 sur l'ordre du Sénat Romain pour célébrer la victoire de Constantin sur Maxence au Pont Milvius et son accession au pouvoir à Rome.

 

F - Par la Croix la victoire.

 

La Croix !
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ a vaincu.
C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne.

C'est par la Croix que Notre-Seigneur Jésus-Christ triomphe et  gouverne.

Christus vincit ! Christus regnat ! Christus imperat !

Et Ses disciples aussi.
C'est par la Croix qu'ils ont été rachetés. C'est par la Croix qu'ils vivent de Sa vie et reçoivent Sa grâce. C'est par la Croix qu'ils sont eux-mêmes sanctifiés et qu'ils s'unissent à Son travail de rédemption des âmes. C'est par la Croix qu'ils oeuvrent à la transformation du monde d'ici-bas pour que la cité de la terre soit le plus conforme à la Cité des cieux qu'ils attendent et qu'ils préparent.

 

Mais la croix n'est lumineuse qu'à distance.

Et son resplendissement est celui de la grâce surnaturelle, pas celui de la gloire humaine.

Si l'on sert le Christ-Roi en s'attachant à Sa Croix, l'on sert aussi les rois serviteurs du Christ-Roi en ne se dérobant pas à cette même Croix, qui fait mal, qui pèse lourdement sur nos épaules, qui nous brise, qui semble nous écraser parfois, qui fait entrer des échardes dans notre chair, qui nous fait saigner, qui nous immobilise par des clous...

Il n'y a cependant pas d'autre voie pour celui qui veut être authentiquement chrétien : « Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui-même et porte sa croix  chaque jour et Me suive » (Luc IX, 23), « Et qui ne porte point sa croix et ne Me suit point, ne peut être Mon disciple » (ibid. XIV, 27).

 

Nous ne sommes donc pas les membres d'une Confrérie Royale pour briller à nos propres yeux et pour en retirer une gloire et des satisfactions mondaines, mais pour nous attacher encore plus étroitement à la Croix, étant non seulement les serviteurs du Christ au même que titre que tous les chrétiens que Jésus invite à porter Sa Croix derrière Lui, mais étant en outre au service spirituel du lieu-tenant du Christ-Roi pour ce Royaume de France, le Souverain des Lys : Louis XX, auquel revient de droit le titre de "Roi Très Chrétien".

 

Chers Membres de notre humble Confrérie Royale, soyons toujours plus fidèles et généreux dans l'embrassement volontaire et amoureux de nos croix de chaque jour, dans l'embrassement volontaire et amoureux de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous est tendue et proposée à travers les mille et uns petits sacrifices quotidiens, offerts pour Dieu et pour le Roi.

C'est là que réside notre victoire : "Εν Τουτω Νικα - In hoc signo vinces" !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur.

 

Statue équestre de Constantin par Le Bernin 1670 - péristyle basilique vaticane.jpg

Le Bernin : statue équestre de Saint Constantin dans le péristyle de la basilique vaticane (1670)

 

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24/10/2017
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