L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

« Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.»

Ce 10 février 2020 en fin d'après-midi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié sur les réseaux sociaux le message suivant, pour commémorer l'anniversaire de l'Edit de Saint-Germain (10 février 1638) cf. > ici, dans lequel son ancêtre SM le Roi Louis XIII rendait publique la consécration qu'il avait faite de la France à Notre-Dame.
Notre Souverain légitime a accompagné son message de l'illustration suivante.

                

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Monument du Vœu de Louis XIII à Notre-Dame de Paris

              

En ce jour anniversaire de la consécration solennelle de la France à Marie par mon aïeul Louis XIII, je formule à nouveau ma confiance en l’avenir de la France.
L’avenir repose dans les mains des couples qui mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les entrepreneurs animés par le souci du bien commun, l'avenir repose sur tous ceux qui défendent le pays à ses frontières plus ou moins lointaines ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.
Que la Très Sainte Vierge continue à veiller sur nous et la France.

               

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11/02/2020
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Adresse de Sa Majesté le Roi Louis XX à la France au commencement de l'année 2020

Mardi 28 janvier 2020,
Fête de Saint Charlemagne (cf. ici et ici).

                                      

En cette fête de Saint Charlemagne, le magazine "Valeurs Actuelles" (cf. ici) a rendu publique une adresse de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, à tous les Français, à l'occasion des vœux pour l'année 2020.
C'est un long message, profond et lucide qui requiert une grande attention et demande d'être lu, relu et médité.

                    

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Mes Chers Compatriotes,

                                           

En ce début de l’année 2020, présenter des vœux n’est pas simple. Nous aimerions parler accomplissement, prospérité, bonheur, mais nous nous adressons à un pays confronté à une crise profonde. Elle est morale et matérielle. Tant de menaces extérieures comme intérieures pèsent sur la France. Confronté à cette situation et à une certaine inertie d’un pouvoir qui a déjà abdiqué et refuse d’affronter les problèmes, le devoir du successeur légitime des Rois de France est de s’exprimer. Tel est me semble-t-il le devoir des dynastes ! Simplement faire preuve de courage et de réalisme.

                          

Je sais les Français malheureux dans un pays très largement découragé et pessimiste. Le Pays connait une crise profonde qui s’amplifie d’année en année et a pris, depuis plus d’un an, une tournure plus radicale avec la mobilisation populaire qui ne faiblit pas. Elle est fondée non pas sur des revendications d’intérêts individuels ou de classe, mais sur un appauvrissement général, un recul de la qualité de la vie et une angoisse pour l’avenir dans les grandes agglomérations comme dans les campagnes. Ainsi, le pays qui attendait beaucoup de l’Europe ou de la mondialisation des échanges, connaît désillusions et déceptions devant une situation qui ne cesse de se détériorer, d’où son trouble et son inquiétude pour l’avenir. Soyons reconnaissants envers ceux qui continuent, vaille que vaille, à entreprendre et à innover pour tenter de maintenir la France dans le concert des grandes puissances ; à ceux qui assurent les services publics dans des conditions toujours plus difficiles comme le constatent pompiers, médecins ou policiers ; aux familles qui ne désespèrent pas et assurent la relève démographique et aux derniers gardiens de notre souveraineté qui veillent aux frontières au prix parfois du sacrifice de leur vie. A tous ceux-là j’adresse des vœux les plus sincères pour 2020 en leur disant combien ce qu’ils font est juste et doit être encouragé. Mais au-delà de cette avant-garde, il faut penser à relever la France.

                               

Résidant au-delà des frontières, à cheval sur deux continents, j’ai le recul nécessaire pour me pencher sur la situation de la France. Cela me permet d’aborder l’avenir sereinement et, malgré tout, avec optimisme. Les siècles d’histoire sur lesquels la tradition que j’incarne repose, permettent d’identifier certains des ressorts qui actuellement manquent cruellement au pays.

                             

Depuis des années la France s’est engourdie et s’est laissé bercer par des idées qui l’éloignent du réel. Pourtant on ne peut ni oublier ni gommer les réalités comme si elles n’existaient pas. Le réel est plus fort que les idéologies car il est la vie. La vie quotidienne de tout un chacun ; la vie familiale ; la vie qu’il faut transmettre car sinon c’est la mort qui gagne. Or les Français veulent vivre et transmettre car ils savent, au fond d’eux-mêmes, qu’ils sont les héritiers d’une histoire millénaire à poursuivre. Ils savent qu’au-delà des apparences, le pays a encore un patrimoine spirituel et moral et des richesses à apporter au monde. Cela passe par la redécouverte des valeurs. Le mot a été bien galvaudé ces derniers temps. Quand je parle de valeurs il s’agit de celles qui ont fait la France, portées par quinze siècles de royauté, les valeurs que sont le sens du travail, de l’effort, du bien commun, de la morale et du sacrifice s’il le faut. Valeurs issues du christianisme et de l’héritage de la pensée gréco-latine. Celles de la civilisation française et européenne. Non pas celles inspirées d’idéologies aussi fausses que perverses qui sous-tendent les reniements, les repentances, l’abandon des traditions et la destruction des Institutions. Les Français ne s’y trompent pas et ne se reconnaissent plus dans un pouvoir qui déconstruit au lieu de bâtir. Les Français aspirent à un changement, à une rupture avec des décennies de politiques fatales et mortifères.

                         

Rompre, c’est redonner du sens à l’existence en revenant aux fondamentaux. Le premier demeure la place reconnue à la vie naturelle, de la conception à la mort, car tel est le fondement anthropologique sur lequel repose notre  société; le second de ces fondamentaux, c’est  le bien commun. Il est le guide qui indique à chacun ce qu’il doit faire. Du plus humble au plus puissant. Est-ce que mon action apporte quelque chose à la société et notamment aux plus faibles ? Est-ce qu’elle la fait progresser ? Est-elle morale ?

                        

Or ces fondamentaux n’ont pas perdu de leur nécessité ni de leur utilité pour organiser la société civile. Bien au contraire ! Il s’agit de leur redonner leur place dans la vie sociale. Dès lors la sphère du politique s’éclairera d’un jour nouveau et la société pourra y puiser les forces nécessaires pour progresser et améliorer la vie des uns et des autres. Les grandes espérances qui manquent tant actuellement, renaîtront. Croire en l’avenir pour le reconstruire en donnant toute sa place à l’enfant, en lui donnant une éducation basée sur la transmission, visant à l’élever et à en faire un adulte à la fois instruit et responsable. Croire en l’avenir en garantissant aux plus anciens qu’ils seront assurés de trouver des conditions décentes d’existence, juste retour de leur vie de labeur, puis toute l’assistance et la compassion qu’ils peuvent espérer pour leur fin de vie.

                        

Le bien commun est quant à lui le contraire de l’individualisme forcené dans lequel la société s’est abîmée depuis une cinquantaine d’années. Parti des fausses prémisses du bonheur confondu avec la seule consommation, il s’est perdu dans une société déréglée qui, n’ayant plus de finalité, ne sait plus produire que déchets et nuisances, pollutions et expériences contre-nature. Heureusement nous sentons une remise en cause de cette spirale du mal. Appuyée sur l’Evangile, l’Eglise a ouvert une réflexion nouvelle reposant sur la nature, fille de la création divine et donc inscrite, avec l’homme et pour l’homme, dans le plan de Dieu. Son audience s’élargit et les veilleurs conscients deviennent plus nombreux.

                          

Ainsi des ferments pour une société meilleure existent. Il appartient à ceux qui en font déjà les moteurs de leur action de mieux les faire connaître. L’avenir repose dans les mains des jeunes couples qui ne désespèrent pas et mettent leur espoir dans leurs enfants et dans la chaîne de la vie ; l’avenir repose dans les jeunes entrepreneurs animés par le souci du bien commun, qui mettent leurs talents, leur savoir, leur énergie, leurs capitaux, au service des entreprises qu’ils créent ; tout repose sur ceux qui préfèrent leurs devoirs aux seuls droits ; tout repose sur ceux qui croient en l’homme, enfant de Dieu et dans le bien commun.

                          

Voyez-vous, Chers compatriotes, j’ai confiance en l’avenir de la France, car même blessée, elle a du ressort, celui des Français héritiers de siècles d’histoire. Il y a une longue route à parcourir encore une fois retrouvé  le sens de ses traditions. Tels sont les vœux que je forme, en ce début d’année 2020, pour tous les Français. Que Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc continuent à veiller sur nous et la France.

                         

Louis de Bourbon,
Duc d'Anjou.

            

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28/01/2020
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Lettre mensuelle - 25 janvier 2020

" Parce que tu es tiède,
Je suis prêt de te vomir de Ma bouche  !"

 

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 « A l'ange de l'église de Laodicée, écris : Voici ce que dit Amen, le témoin fidèle et véritable, qui est le principe des créatures de Dieu. Je sais tes œuvres : tu n'es ni froid ni chaud : plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! Mais parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni chaud, Je suis prêt de te vomir de Ma bouche. »

(Apocalypse III, 14-16)

                                                 

Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

                                    

Malheur à moi si, comme ces "chiens muets - canes muti" dénoncés par l'oracle inspiré au prophète Isaïe (cf. Is. LVI, 10), je n' "aboie" pas afin de vous mettre en garde contre les dangers qui menacent de toutes parts !
Malheur à moi si je ne vous "secoue" pas pour vous empêcher de vous assoupir dans votre vie spirituelle !
Malheur à moi si je vous laisse dans un repos illusoire dont les conséquences seraient néfastes pour vos âmes, pour l'Eglise et pour la France !
                       

Souffrez donc que je vous admoneste et que, une fois encore, je vous engage avec quelque énergie à ne point vous laisser aller à la routine, à ne point vous contenter du ronron des habitudes, à ne point demeurer dans les ornières d'un pieux train-train, à raviver sans cesse en vos âmes l'ardeur, la flamme et le zèle, et à combattre sans merci la tiédeur !

                               

Et parce que une âme de feu bien plus avancée que moi dans les voies de la sainteté et de la direction spirituelle a fort judicieusement résumé ce qu'il convient de dire à ce sujet, je me contenterai de lui laisser aujourd'hui la parole.
Cette âme de feu, cet homme qui s'est avancé très loin dans les voies de la sainteté, ce prêtre qui fut un directeur spirituel extraordinaire, c'est l'abbé Henri Huvelin (1838-1910), connu en particulier pour avoir contribué à la conversion du Bienheureux Charles de Foucauld et d'Emile Littré. 

                               

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Le confessional de l'abbé Huvelin à l'église Saint-Augustin (Paris)

                                      

1) La plus grande des menaces : la tiédeur.

                                         

« La tiédeur... Bien petit mot pour la plus redoutable des menaces et pour un état particulièrement dangereux. (...)

La tiédeur est l'état de l'âme qui se laisse aller au péché véniel, à l'infidélité (...) mais qui néanmoins reste tranquille tout en résistant à Dieu.

Des âmes arrivent au confessionnal avec le poids de fautes très lourdes (...) mais elles ont la volonté de sortir de cette mauvaise voie. D'autres âmes ont, en apparence, moins à se reprocher. Aussi facilement que de l'eau, elles boivent ce qu'il leur plaît de nommer 'fautes vénielles'. A force de résister à la Grâce, celle-ci ne devient plus qu'un petit souffle imperceptible. Voilà justement l'état dangereux : celui dont on ne souffre pas !

                   

(...) L'âme tiède n'ira pas jusqu'au péché mortel, elle s'arrêtera ; mais elle se complaît dans les infidélités et demeure dans cet état parce que, avant tout, elle craint de se gêner.

Par petitesse, mauvaise volonté ou lâcheté, absence d'ambition ou d'idée de grandeur, elle s'habitue à sa médiocrité... Elle méprisera ou négligera ce qu'elle traite de 'petites choses', comme si elle se plaçait au-dessus d'elles ; mais ces choses 'petites' forment l'ensemble des mérites de la vie !

                                

(...) De telles âmes ne s'inquiètent pas. Elles voient le mal qu'elles n'ont pas commis, mais ignorent celui qu'elles font et se targuent de n'être jamais tombées dans la faute mortelle. Elles ne cherchent pas à sortir de leur dangereuse quiétude.
Leur acte de contrition est aussi machinal que leur confession. Elles n'ont aucun regret et ne prennent aucune résolution...

(...) Il y a là quelque chose d'infiniment douloureux. Je ne parle de ce mal qu'avec la plus profonde tristesse. »

                                                       

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

                                    

2) Les causes de la tiédeur :

                                

« La tiédeur provient de différentes causes :

... de la lâcheté d'une âme qui redoute plus l'effort et la peine que la déplaisance à Dieu.

... d'une disposition à se disperser. On vit hors de chez soi. On recherche de tristes ressources dans les choses, parce que la pensée de Dieu est pénible et que l'on veut y échapper.

(...) On recherche certaines familiarités, certaines conversations frivoles. On perd le goût de la piété, on évite les personnes pieuses. On traite de haut certains devoirs comme s'ils étaient à l'usage des enfants et non à celui d'une âme qui commence à grandir.

(...) En un mot, la tiédeur vient du besoin de s'affranchir de ce qui commence à ennuyer, d'un travail trop lourd... Oui, l'âme tiède fuit la gêne, essaie de se faire une vie plus facile.

(...) Elle s'enferme dans une existence sans gêne.

L'Evangile, ce n'est pas cela ! Dieu merci ! Le sentier est plus rude, mais aussi l'horizon plus étendu ! »

 

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

             

3) Débusquer sa propre tiédeur :

                                             

« La tiédeur se reconnaît facilement. J'entends tous les jours : 'Ma prière m'ennuie. Je ne la fais plus'. Voilà une âme tiède...

(...) Si Jésus passait (...) et disait : 'Que voulez-vous que Je fasse ?' Cette âme ne saurait que répondre. Au moment de prier elle subit l'ennuyeuse nécessité de la prière quotidienne et ne sait rien dire à Dieu. Voilà bien la tiédeur !

(...) Une âme me dirait : 'J'essaie, je me reprends à plusieurs fois... quand je renonce à prier je suis triste de n'avoir rien su, rien pu dire' ; alors ce ne serait plus de la tiédeur : le simple regret qui exprime une douleur serait le commencement d'une excellente prière !

(...) D'autres affirment : 'Je n'ai rien fait que de très petites fautes'. (...) Elles comptent pour rien les résistances à la Grâce et toute la multitude des fautes d'omission, l'absence de tout effort, de toute pensée... Elles oublient les petites émotions malsaines recherchées, l'entraînement des sens auquel elles ont obéi... les pensées auxquelles elles n'ont pas résisté.

Elles ont joué aux abords du mal et, parce qu'elles n'ont pas été jusqu'au bout, elles comptent pour rien ce qu'elles ont fait !

(...) Certaines vies ne comptent aucun acte bienveillant, salutaire ; aucune gêne de soi-même : ces âmes-là ignorent la bonté... et elles jugent n'avoir rien fait de répréhensible parce qu'elles n'ont pas fait directement un grand mal !

(...) Les âmes qui vivent de pensées futiles, d'entrainement, de laisser-aller, perdent tant d'occasions de faire le bien ! Elles refusent si souvent la Grâce de Dieu...

(...) Le seule moyen de les réveiller de cette torpeur sera la chute qui fait du bruit, entraînant tant de choses avec elles.
Dieu peut permettre cette chute humiliante pour réveiller l'âme qui s'endort, plutôt que de la laisser aller dans ses illusions. »

                               

(Abbé Henri Huvelin - récollection prêchée à Saint-Eugène, le 11 mars 1885)

                                        

                                            

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Bien chers Amis, ces remarques et conseils de l'abbé Huvelin, nous devons nous les appliquer loyalement à nous-mêmes, sans complaisance coupable : notre vie spirituelle en dépend, et de notre vie spirituelle dépend la qualité de notre engagement au service du Roi et de la France.

                                             

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Rendez-vous importants à ne pas manquer
tout au long de cette année 2020 :

                                  

1) Quotidiens : avec les trois angélus suivis de l'oraison pour le Roi ;
2) Mensuels : le 25 de chaque mois, journée spécialement offerte à l'intention du Roi ;
3) Annuels, avec cette année en particulier trois importants pèlerinages :
- les 16 & 17 mai à Domremy avec l'Ordre de Saint Remy (voir > ici) ;
- du 21 au 23 mai au Puy-en-Velay pour le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale ;
- les 26 & 27 septembre à Sainte-Anne d'Auray avec l'UCLF.


24/01/2020
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« Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois.»

Dimanche 19 janvier 2020.

                                                 

A l'occasion de la Sainte Messe commémorative de la mort de SMTC le Roi Louis XVI, célébrée comme de coutume le dimanche le plus proche du 21 janvier à la Chapelle Expiatoire, et du déjeuner qui a suivi, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a lu le message suivant.

                           

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Chers Amis,

                       

Avant de commencer mon message, permettez-moi de dire quelques mots à la mémoire de M. le duc de Bauffremont qui vient de nous quitter. Durant plus de soixante ans il s’est consacré, corps et âme, à la cause de la royauté légitime. Il a été au côté de mon grand-père, puis de mon père et depuis 1989 auprès de moi, j’ai pu constater combien sa fidélité était à toute épreuve. Il savait braver les tempêtes et assurer la continuité de l’action. La cause de la monarchie lui doit beaucoup à travers tout le travail qu’il a accompli. Je redis à ses enfants et à toute sa famille, combien ma peine a été profonde en apprenant l’élévation au ciel, de celui qui ne pouvait concevoir le service du roi sans celui vis-à-vis de Dieu. Qu’il repose en paix et demeure dans vos prières à vous qui savez aussi être fidèles.

                              

Une nouvelle fois, merci de votre fidélité. Elle trouve sa source dans le souvenir du Roi Martyr et se développe dans l’espérance que vous mettez en l’avenir de notre Pays.

                       

La France, comme en 1793, parait de nos jours bien malade. Depuis des années une crise la ronge en la faisant douter d’elle-même puisque chaque jour on l’appelle au reniement. Il faudrait qu’elle oublie les gloires de son passé, qu’elle oublie la grandeur de son histoire ? Elle se devrait d’être en repentance ? Mais de quelle repentance pourrait-il s’agir ?

                                  

Regardons le règne de Louis XVI qui, à lui seul, synthétise tous ceux qui l’ont précédé. Pour la gloire et la grandeur du pays, mises à mal par le Traité de Paris, il a su, mettre un frein à la puissance anglaise, en privant la couronne britannique de ses colonies américaines et en créant le port moderne de Cherbourg ; en matière de « justice sociale » expression qu’il fut le premier à utiliser, Louis XVI prôna la réforme fiscale ; pour tenir compte des évolutions de son temps il reconnut des droits aux Protestants et aux Juifs ; dans le domaine scientifique, il encouragea les recherches les plus novatrices de l’aérostation à la machine à vapeur et à l’expédition de La Pérouse ; pour améliorer les conditions de vie des « exclus sociaux » du temps il soutint les œuvres en faveur des sourds-muets et des aveugles. Oui, son règne a été grand notamment par ses innovations. Il le fut car il était animé par la promesse qu’il avait faite lors de son sacre, celle du décalogue. Le roi très chrétien, le fils aîné de l’Église, avait comme objectif d’assurer le bien commun de ses peuples et le salut des âmes. Voilà en quelques mots, résumé, le programme des Rois. Cela ne vaut-il pas mieux que toutes les explications peu crédibles et tentatives peu convaincantes tant elles sont loin des réalités, de nos gouvernants contemporains.

                          

Le testament de Louis XVI, relu après la messe, est empreint de Vérité, Vérité absente du langage politique actuel, ni vrai ni juste. L’ensemble du Testament reflète ainsi cette humilité du Roi qui ne cherche nullement à se justifier devant les hommes, mais s’en remet à Dieu, vrai souverain et vrai juge. Ne pas se tromper de valeur et rester en cohérence avec sa conscience. Ainsi, le premier reproche à adresser à la révolution et à la république naissante, est d’avoir inversé le sens des mots. La Liberté a supprimé les libertés ; la société ancienne reposant sur les solidarités a été peu à peu sacrifiée à tous les égoïsmes et à l’individualisme alors même qu’étaient prônées l’égalité et la fraternité. Deux siècles après Louis XVI, la société n’a jamais été aussi éclatée. Elle est à reconstruire !

                                 

Alors, continuons à honorer la mémoire du Roy-Martyr, et sachons pour l’époque dans laquelle nous vivons, en retirer toutes les leçons. Sachons, nous aussi, concilier la tradition et le progrès. Sachons donner du sens à nos actions. Comme Louis XVI pensons à nos compatriotes et sachons par ce que nous portons et représentons leur redonner espoir et leur rappeler les principes qui doivent régir la société humaine. Nous ne devons pas être des nostalgiques d’un ordre ancien qui ne reviendra pas, mais, au contraire, nous devons être les artisans d’un monde nouveau qui attend beaucoup de l’exemple de ce que fut la royauté française et ses réussites. Si l’histoire ne se reproduit pas, en revanche, elle peut apporter des recettes. Les deux principales qu’il faut retenir en ce début d’année sont la place centrale reconnue à l’homme de la naissance à ses fins dernières et le sens du Bien commun. Disons non à toutes les manipulations et travestissements de la vie naturelle. Disons non à la société individualiste et à ses excès depuis qu’elle a perdu le sens des autres tout en proclamant le contraire. Disons non au mensonge.

                                     

Cela c’est à chacun de nous qu’il appartient de le faire. Il faut savoir s’engager dans nos vies professionnelles et familiales. La société ne se réformera que si nous savons, les uns et les autres prendre nos responsabilités et, pour les chrétiens, être fidèles aux promesses de notre baptême. N’est-ce pas le symbole du sacrifice de Louis XVI, il faut savoir dire non si nécessaire quand notre conscience nous le demande.

                      

Au-delà de ce message, je souhaite, malgré les nuages amoncelés sur nos têtes, à vous tous, à vos familles, vos proches, une bonne et sainte année 2020 sous la protection de Sainte-Jeanne d’Arc.

                          

Louis,
Duc d’Anjou

 

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19/01/2020
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Rappel à Dieu de Monsieur le Duc de Bauffremont :

Ce jeudi 9 janvier 2020 au matin, à Versailles, Monsieur le Duc Jacques de Bauffremont Courtenay (note en bas de page), président émérite de l’Institut de la Maison de Bourbon, a été rappelé à Dieu dans sa 98ème année.

                                        

Né le 6 février 1922, Monsieur le Duc avait été contacté en 1946 par « Don Jaime », de jure Sa Majesté le Roi Henri VI de France, grand-père de notre Souverain légitime actuel, afin de relancer en France le mouvement légitimiste : c’est donc une figure historique de la Légitimité qui disparaît avec lui.
Président de l’Institut de la Maison de Bourbon de 1976 à 2009, il fut également Président du Mémorial de France à Saint-Denys, où il a procédé au dépôt du coeur de Louis XVII dans la crypte des Bourbons en 2004. Il a également été promoteur de la cause de béatification de Sa Majesté le Roi Louis XVI.

                                

Les funérailles de Monsieur le Duc seront célébrées en l’église Saint-Roch, à Paris, ce vendredi 17 janvier à 10 h.

                      

Miséricordieux Jésus, donnez-lui le repos éternel !

                                          

Duc de Bauffremont avec la duchesse de Ségovie et Louis XX.jpg

 

                                  

Monsieur le Duc de Bauffremont aux côtés de Sa Majesté le Roi Louis XX
et de feue Madame la Duchesse de Ségovie à l’occasion d’une cérémonie commémorative

                           

A l’annonce de la mort de Monsieur le Duc, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a publié le message suivant : 

                              

Avec beaucoup d’émotion et une grande tristesse j’ai appris ce matin la mort de mon cousin, Monsieur le duc de Bauffremont.

                        

Appelé à son service par mon grand-père puis mon père, il a toujours assuré notre famille de son plus profond et fidèle dévouement. Nous le garderons dans notre souvenir.

                           

La Princesse et moi-même nous assurons ses enfants de notre communion de prières en leur apportant le soutien de nos sentiments les plus affectueux.

                   

Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou

 

                                

Note : La titulature complète de Monsieur le Duc était la suivante :
Jacques Yblet Napoléon Marie Laurent Alexandre de Bauffremont Courtenay, huitième duc de Bauffremont, dixième prince de Marnay, prince du Saint Empire romain germanique, prince de Listenois, prince de Courtenay, prince de Carency, duc et comte de Pont-de-Vaux, duc de Randan, duc d’Atrisco, marquis d’Arc-en-Barrois, marquis de Meximeux, marquis de Marnay, marquis de Sennecey, marquis de Mirebeau, marquis de Leganes, marquis de Morata de la Vega, comte de l’Empire, comte de Charny, comte de Cruzille, vicomte de Marigny, vicomte de Salins, baron et seigneur de Bauffremont, baron de Sombernon, baron de Scey-sur-Saône, seigneur de Jonvelle, seigneur de Clairvaux, seigneur de Valangin, seigneur de Bulgnéville, seigneur de Ruppes, seigneur de Montfort, pair de France, cousin de l’Empereur, cousin du Roi, deux fois grand d’Espagne de première classe, grand chambellan héréditaire de l’archevêque de Besançon.


11/01/2020
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Vœux du Prieur de la Confrérie Royale pour l'an de grâce 2020

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Confrérie Royale
Le Prieur

                        

Vendredi 3 janvier 2020 ;
Fête de Sainte Geneviève, vierge ;
Premier vendredi du mois.

                                                                                      

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« Notre résolution : la contre-révolution ! »

             

Bien chers Membres et Amis de la Confrérie Royale,

                      

Il me semble particulièrement opportun de venir à vous en cette fête de Sainte Geneviève, dont la vie, la prière et l'œuvre furent d'une importance capitale pour le passage de la Gaule romaine, livrée aux envahisseurs (dont la plupart étaient hérétiques), à la France catholique.
Au moyen de ces quelques mots, je tiens en premier lieu à vous présenter mes vœux de bonne et surtout sainte année 2020 ; sachant que, du point de vue de notre humble - et néanmoins si importante - Confrérie, il importe, avant toute autre chose, que ce soit par notre vie spirituelle, notre ferveur, notre générosité et notre zèle que cette année soit bonne et sainte

 

Bien sûr, vous avez entendu dire que, au début de la nouvelle année, il faut prendre des "bonnes résolutions" (lesquelles, avouons-le, ne vont souvent pas beaucoup plus loin que la période des vœux !!!).
Je veux insister sur le fait qu'il n'est pas nécessaire d'en prendre beaucoup, mais qu'en définitive une seule est nécessaire : une seule qui, en étant renouvelée tous les matins au réveil, est capable de fédérer toutes les autres et de leur donner la cohérence et la force dont toutes les autres, dispersées, manquent bien souvent.

                            

Une seule résolution : la contre-révolution !
Notre résolution : la contre-révolution !

                   

Je l'ai dit, je le redis et je le redirai encore : la révolution a commencé dans le Ciel aux origines, par la révolte de Lucifer qui a entraîné après lui une multitude d'anges qui ont refusé à Dieu l'obéissance et le service qui Lui étaient dus ; elle s'est poursuivie par la désobéissance de nos premiers parents qui, à l'instigation de l'ange déchu, ont voulu "être comme des dieux" en se faisant eux-mêmes la norme du bien et du mal ; elle se perpétue tout au long de l'histoire de l'humanité par l'accumulation des refus d'obéissance à la Loi divine et des refus de coopération aux desseins divins ; elle s'incarne d'une manière toute particulière dans la révolution française qui substitue aux affirmations de la Sainte Ecriture qui fait de Dieu la source et le fondement de toute autorité terrestre - "Omnis potestas a Deo" (cf. Rom. XIII, 1) - le principe blasphématoire selon lequel "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément", avec sa conséquence logique : "La loi est l'expression de la volonté générale" (articles 3 et 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789).

 

 

La contre-révolution est d'abord spirituelle, et parce qu'elle est spirituelle elle défend les vérités de la Révélation (il n'y en a qu'une !), les vérités de la Sainte Ecriture et de la Tradition authentique de l'Eglise : voilà pourquoi la contre-révolution est nécessairement dogmatique.
Parce qu'elle est dogmatique, elle est logiquement liturgique puisque la liturgie est l'expression et la célébration de la Foi ("lex orandi, lex credendi"), et elle est tout aussi logiquement morale et donc sociale et politique. Tout se tient, tout est cohérent : à nous de nous montrer rigoureusement obéissants à cette cohérence.

                         

Je lis très souvent des messages, qui ne manquent certes ni d'enthousiasme ni de ferveur, souhaitant que notre Souverain légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, prenne rapidement les rênes du pouvoir (il en est même qui voudraient qu'il se présente aux élections !!!) ou fasse un "coup d'état", voire aille très prochainement à Reims pour y recevoir le Sacre. 
A lire ou entendre ceux qui professent ainsi leur légitimisme, il semble que dès que Louis XX sera sacré ou aux postes de commande, tout rentrera dans l'ordre en France, comme par un coup de baguette magique.

Mais Louis XX n'est pas un "deus ex machina" ! Qui peut raisonnablement penser que la restauration royale - à laquelle nous aspirons ardemment et à laquelle nous nous efforçons de travailler selon toutes nos possibilités et forces - puisse devenir une réalité sans une conversion générale des intelligences polluées, sans une conversion générale des mœurs - privées et publiques -, sans une conversion générale des cœurs ? Qui peut raisonnablement penser que le Royaume de France, occupé par près de deux siècles de régimes impies, puisse être rétabli sans pénitence, sans les efforts longs et patients, sans les sacrifices généreux des sujets fidèles de Sa Majesté œuvrant chacun à leur place à gagner profondément à Dieu et au Roi les cœurs de ceux qu'il côtoie chaque jour ? Qui peut raisonnablement imaginer que notre Roi pourrait se maintenir et changer les choses, seul, en se plaçant à la tête d'un pays où la majorité des habitants n'en a rien à fiche de Dieu et de Ses commandements, où la majorité des habitants n'adore pas le vrai Dieu comme il convient, où la majorité des habitants ne va pas à la Messe le dimanche (et où le clergé lui-même participe à l'apostasie générale), où la majorité des habitants accepte le divorce, la contraception, l'avortement, les unions illégitimes et contre-nature, le concubinage et toutes les formes du libertinage ?

 

Il ne faut pas voir les choses à l'envers ! La restauration du Roi Très Chrétien au Royaume des Lys sera la conséquence et non la cause du retour des peuples de France à la foi catholique et à l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ !
Or ce n'est pas au Roi à "faire le boulot" de la conversion de la France, mais à chacun d'entre nous (en commençant par notre propre amendement et notre propre conversion, laquelle est un travail qu'il faut recommencer et approfondir chaque jour).
C'est tout le sens de la phrase par laquelle Sa Majesté le Roi Henri V a résumé tout ceci : "Pour que la France soit sauvée, il faut que Dieu y rentre en Maître pour que je puisse régner en roi" !

           

Retenez d'ailleurs que cette année 2020 va marquer, entre autres, le bicentenaire de la naissance de Henri V, dit "comte de Chambord" (29 septembre 1820), le centenaire de la canonisation de Sainte Jeanne d'Arc (16 mai 1920), et le seizième centenaire de la naissance de Sainte Geneviève (420 - date supposée - à un jour inconnu).
Ce sont trois modèles de cohérence légitimiste absolue, trois modèles de parfaite cohérence dans la manière de recevoir les principes chrétiens et de les mettre en œuvre, trois modèles de cette cohérence que je vous souhaite, pleinement et en toute votre vie, à l'occasion de ces vœux ! 

                         

Très bonne et très cohérente année légitimiste !

     

 Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

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Et n'oubliez pas nos rendez-vous :
1) Quotidiens : avec les trois angélus suivis de l'oraison pour le Roi ;
2) Mensuels : le 25 de chaque mois ;
3) Annuels, avec cette année en particulier trois importants pèlerinages : les 16 & 17 mai à Domremy avec l'Ordre de Saint Remy ; du 21 au 23 mai au Puy pour le cinquième pèlerinage annuel de la Confrérie Royale ; et les 26 & 27 septembre à Sainte-Anne d'Auray avec l'UCLF.


03/01/2020
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Vœux de Noël de Sa Majesté le Roi - 25 décembre 2019.

Au retour de la Sainte Messe de Minuit, nous avons eu la joie de recevoir, par l'intermédiaire des réseaux sociaux, les vœux de Noël de notre Roi légitime, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, illustrés par la célèbre adoration des bergers de Gerrit van Honthorst.

                           

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Gerrit van Honthorst : adoration des bergers (1622)
[Wallraf Richartz Museum & Fondation Corboud - Cologne]

                 

« Je vous souhaite à tous une sainte et joyeuse fête de Noël.

Que l'enfant Jésus nous bénisse, nous protège et nous comble de la grâce de l'émerveillement de Noël tout au long de cette nouvelle année.
Qu'il nous indique la voie, le sens de la vie et nous mette au service du bien commun.

Avec Marie-Marguerite, soyez assurés de nos prières au pied de la crèche. »
                                  

Louis de Bourbon,
Duc d'Anjou.

       

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25/12/2019
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Lettre mensuelle - 25 décembre 2019

Lettre mensuelle
aux membres et amis de la Confrérie royale
pour le 25 décembre anno Domini 2019
 
Il y a cent ans... Le retour de la Messe de minuit
 
le 24 décembre 2019
en la vigile de la Nativité du Sauveur
 
Chers Amis,
 
 
 
Combien de temps pourrons-nous encore dire, un 24 décembre : « Noël arrive », alors que cette société néo-païenne achève sa « célébration » alors même qu’elle ne fait que commencer ?
 
Nos rues sont illuminées depuis fin octobre – de plus en plus avec des éclairages blafards voire de mauvais goût –, les rayonnages de cadeaux lancent leurs sirènes dans les magasins depuis des semaines, chocolats et bûches ont depuis belle lurette fait leur apparition dans nos pâtisseries, et voilà que déjà les galettes des Rois sont apparues, quand la fête de Noël n’est pas encore passée !
                                                       
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L’on fatigue jusqu’à satiété nos contemporains avec « Noël » et surtout les impersonnelles et inexistantes « fêtes de fin d’année » (qui n’existent pas plus que les fameuses et fumeuses « valeurs de la République »), et la fête de l’Incarnation est vidée de sa substance pour ne devenir qu’une orgie mondaine (mais encore souvent familiale… pour combien de temps ?), et célébrée non plus le 25 décembre, mais le 24 au soir, alors que ce temps est traditionnellement la vigile qui nous prépare dans le silence, la méditation et le jeûne… en tout cas l’abstinence.
 
Quel spectacle nous offre aujourd’hui la matinée du 25 décembre, si ce n’est celle (oserais-je renvoyer à la fin du Père Noël est une ordure – pardon, âmes sensibles ! – qui caractérise si bien en tout notre pauvre société ce jour-là ?) de rues désertes, où circule un camion d’éboueur ainsi qu’un engin de nettoyage de la voie publique maculée d’immondices et des reliques bien matérielles de cette société de consommation, les emballages des plaisirs assouvis, tandis que tout notre petit monde cuve sa soirée arrosée, et passera ensuite le reste des heures du 25 – quand on sera enfin sorti du lit – en pyjama ou, pour les plus courageux, en jogging ?
                 
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Dans l’hyperactivisme de notre époque, où les journaux télévisés font apparaître dans le bandeau inférieur défilant les actualités suivantes, gavant d’informations le pauvre téléspectateur, tout est mélangé afin d’empêcher l’homme de vivre vraiment l’instant et de le sanctifier. Comment ne pas adhérer pleinement à ce que disait Georges Bernanos de la civilisation moderne, « une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure » ?
 
L’essentiel est totalement occulté, mais parce que tous les moyens qui nous y préparaient ont été non seulement négligés, mais contrés et remplacés par leur exact contraire.
 
L’une des grandes erreurs (bien manigancée, ne soyons pas dupes) de notre temps est bien, non seulement de refuser la pénitence, mais de se réjouir quand il n’est pas encore temps. Comment ne pas penser aux paroles de l’Ecclésiaste : « Une bonne réputation vaut mieux que le bon parfum, et le jour de la mort que le jour de la naissance. Mieux vaut aller dans une maison de deuil que d'aller dans une maison de festin; car c'est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur. Mieux vaut le chagrin que le rire; car avec un visage triste le cœur peut être content » (Eccl. VII, 1-4) et de saint Jacques : « Approchez-vous de Dieu, et il s'approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez vos cœurs, hommes irrésolus. Sentez votre misère; soyez dans le deuil et dans les larmes ; que votre rire se change en deuil, et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera » (Jac. IV, 8-10)
 
Quel rabat-joie, cet abbé de Saint-Taurin ! Et pourtant… « Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés…[1] » (Eccl. VII, 5). « Car comme le bruit des épines sous la chaudière, ainsi est le rire des insensés » (Eccl. VII, 6), et une joie qui n’est pas préparée dans la pénitence donnera des fruits pourris, comme l’excès d’alcool conduit à un réveil avec la « gueule de bois ». Le terme est fort mais manifeste parfaitement ce que nous voulons faire comprendre, dans la lignée de l’analogie utilisée audacieusement par le Seigneur lorsqu’Il Se permet un « parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche » (Apoc. III, 16).
 
Mais il y a bien « un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser » (Eccl. III, 1-4).
 
« Eux » ne savent pas de quelle joie nous sommes animés, nous Catholiques, lorsque nous vivons les temps d’allégresse qui parsèment toute l’année liturgique. Tout est concentré dans ces paroles : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous vous lamenterez, et le monde se réjouira : vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde. Vous donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie » (Joan. XVI, 20-22).

 

S. Pie X enseigne dans son Catéchisme : « –A quoi devrait encore s’exercer souvent le Chrétien ? –[…] à la mortification chrétienne. –Qu’est-ce que se mortifier ? –Se mortifier, c’est sacrifier pour l’amour de Dieu, ce qui plaît et accepter ce qui déplaît au sens ou à l’amour-propre » (Catéchisme V, 8).
En plus d’être en Avent, d’avoir passé ses Quatre-Temps, nous sommes aujourd’hui en Vigile.
                    
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(Extrait du Petit catéchisme de S. Pie X)
 
Est-il permis de se rappeler le but du Temps qui se termine ce soir ?
                          
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Et à la question de savoir comment sanctifier le saint jour de Noël, le saint pontife de revenir sur la préparation de la journée-même !
                 

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Pâques par le Carême, Noël par l’Avent, le Dimanche par la semaine, la Vie éternelle par la vie terrestre : nous ne pouvons bien « vivre » un événement, tout instant présent que le Seigneur nous donne comme un trésor, qu’en l’ayant bien préparé. Et même si l’on nous rétorquera que notre tirade sur l’Avent arrive bien tard, et même si l’on confessera que l’on n’a pas assez bien utilisé ce Temps, nous incitons nos lecteurs à relire ce texte l’an prochain, et dès maintenant à prendre la résolution de mieux vivre non seulement le prochain Avent, en 2020, mais tous les temps de pénitence à venir, « afin que votre joie soit parfaite » (Joan. XVI, 24).
 
Comme le disait Notre-Seigneur: « A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ? Ils ressemblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n'avez pas pleuré » (Luc. VII, 31-32). Qui écoute encore les prescriptions (de pénitence comme de joie) de la Sainte Église, quand le clergé lui-même ne vit plus vraiment les temps liturgiques ? Même s’il y a Dieu merci une recrudescence des Ordinations traditionnelles aux samedis des Quatre-Temps comme le prévoit depuis toujours la sagesse ecclésiale, trop de clercs – y compris dans nos « bons milieux tradis » – n’imaginent nullement recevoir le poids des saints Ordres hors des solennités liturgiques et des ors de fête, quand l’esprit de l’Église invite plutôt à s’en revêtir lors de temps consacrés et pénitents. Quel Catholique vit vraiment Pâques et Noël (« Pascua de Resurreccion y Pascua de Navidad », disent nos voisins espagnols) aujourd’hui, alors que leurs préparations, si elles ont quelque peu subsisté, ne suivent aucunement les règles et l’esprit précis de la Sainte Église, précisément dans sa Liturgie dont nous sommes censés vivre ? Comment peut-on goûter (même physiquement, corporellement) la joie de Pâques, alors qu’il n’y a pas eu de privation auparavant, qui nous permet de vivre un contraste nécessaire ? (et aujourd’hui vanté par les magasines féminins… mais uniquement et bassement pour « garder la ligne »).
 
Et rappelant la mémoire de Son Précurseur honoré ces dernières semaines : « Jean Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon. Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie » (Luc. VII, 33-34). Quoi que dise l’Église, le « monde » et son Prince nous inviteront toujours à faire le contraire : le Corps mystique du Christ appelle-t-il à jeûner ? Lui, nous montrera les plaisirs. A nous purifier ? Il fera étalage d’impuretés. A nous humilier ? Il ne nous fera penser qu’à nous-mêmes. A penser au Dieu naissant ? Il inventera tout ce qui est possible pour nous le faire oublier, jusqu’à ces interdictions de crèches « dans l’espace public », selon la formule désormais consacrée.
 
Et qu’un régime anti-chrétien se comporte ainsi… mais notre Clergé ! Quand nos diocèses, nos congrégations, nos associations « bien cathos » organisent leur repas de Noël… avant Noël, l’on se dit : à quand le repas de Pâques le Vendredi-Saint ? –Mais vous comprenez, me rétorquera-t-on –, après le 24, tout le monde est en vacances, parti en famille… Et que n’organisez-vous pas votre repas de Noël, d’entreprise ou d’amitié, après le 25 ? Et même si la rentrée n’est que début janvier, ne pensez-vous pas que tout janvier est un temps consacré à honorer la Nativité et la Sainte Famille ? Le repas associatif de Noël, ce sera après le 25… et puis après, ce sera encore l’Épiphanie, dans la même joie du même grand mystère, selon des facettes et des tonalités différentes, comme le feu d’artifices de fêtes liturgiques après Pâques. Mais c’est que, voilà, après le 25, il est désormais impensable de continuer, de poursuivre la fête. C’était pourtant ce à quoi nous invitait la sainte Liturgie depuis des temps immémoriaux, jusqu’à ce que « la forme extraordinaire du rite romain » de 1962 ne saccage toutes nos chères Octaves, souvent millénaires ! L’on va célébrer « Noël » tout le mois qui le précède, mais c’est impensable les huit jours qu’il dure réellement et proprement !
 
Mais c’est que par un « glissement », non de terrain mais de temps, Satan a réussi un coup de maître : la fête, c’est désormais la vigile, de même que le mal est devenu le bien… Toute ressemblance avec la tentation et le péché originel… etc. Quand vos chers commerçants vous lancent leur fameux « Joyeuses fêtes », ou mieux (pire) « Joyeuses fêtes de fin d’année », à quoi pensent-ils, sinon aux 24 et 31 décembre ? Si cette date ne représente rien (que S. Sylvestre Ier, le baptiste de saint Constantin, 1er empereur chrétien, me pardonne !), elle est en soi la nouvelle fête du rien de notre société de néant. Certes, minuit marquera le passage au nouvel An, mais alors, même dans une optique « laïciste », n’est-ce pas ce jour-même qu’il faut célébrer ? Et avec une vision proprement catholique, n’est-ce pas le jour octave de la Nativité ainsi que la Circoncision du Seigneur et fête mariale de par tous les textes de la liturgie ce jour-là, qu’il nous faut retrouver, le 1er janvier ? Trouvant en ce 8e jour de Noël la plénitude et complétude de notre joie « natale » en latin (de Noël) ?
 
Mais loin de cet esprit de l’Église, voici (ou « voilà-t’y pas », selon la mode « négative », abaissante et « allongeante » de notre temps) qu’un évêque français vient d’inviter la semaine passée les « seniors » d’une « EHPAD » à célébrer Noël, non pas à 17h, cela ne serait que trop commun…  mais le jeudi 19 décembre ! Non, vous ne rêvez pas !
                         
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Et admirez la liturgie de la Parole ! [2]
 
Sans doute le clergé est-il effectivement en congé le 25 décembre – bah oui, c’est férié ! – tandis que de « grandes surfaces » annoncent leurs portes ouvertes… Dieu ou Mammon, il faut choisir.
 
C’est bien la Messe de Noël (la couleur de la chasuble nous le confirme, en plus du commentaire F.B. de remerciement), célébrée la semaine des Quatre-Temps. A quand une fête de Pâques célébrée en février, parce qu’on envisage un voyage à la fin du Carême, ou tout simplement parce qu’on « a piscine » ?
 
« Il n’y a plus de sujet », a-t-on coutume de dire… Voici que dans la vigne du Seigneur, il n’y a plus de Liturgie, de sujet de liturgie, et en premier : ce sacro-saint Temps, qui marque et scande la Création, et nous voit mériter ou démériter.
 
Voilà pourquoi cette Restauration à laquelle nous travaillons, et qui passe par notre sanctification, nous y mêlerons de la cendre, et qu’avec le mot d’ordre de notre Confrérie, nous profiterons de tous les trésors de la sainte Liturgie que sont les processions pénitentielles, les jours de jeûne, les Messes de vigiles, quatre-temps et pénitence. A ce prix seulement, nous retrouverons la vraie joie des jours de fête liturgique. 

Mais beaucoup trop, quand un Dieu S'incarne, gisent...
 
Et c’est que je ne les entends que trop, ces fidèles tièdes et compromis qui nous expliquent avec amertume : « Oh vous comprenez, c’est dommage mais je ne pourrai pas assister à la Messe de minuit, parce que cette année encore, vient ma famille… ». Mais grand Dieu ! Quand mettront-ils en pratique ce qu’ils affirment professer ! Quand prendront-ils Dieu au sérieux et apprendront-ils enfin que « l’on ne se moque pas de Dieu » (Gal. VI, 7) ?
 
Mais cher Monsieur, chère Madame, il ne tient qu’à vous de changer cela, en prenant dès maintenant votre agenda 2020 et en réservant d’avance pour Dieu toutes les dates… qui ne sont consacrées qu’à Lui ! Noël, c’est en famille ? Noël, c’est d’abord à l’église ! Oui bien sûr, c’est une fête familiale, mais il ne nous est pas demandé d’être rassemblés en famille en la vigile de Noël, mais le jour-même : or, combien organisent encore des repas de famille le jour-même de Noël, qui dans l’esprit de notre époque, est déjà fané ?
 
Que veut donc vous avoir à cette date précise votre famille, votre cercle d’amis, alors qu’il se refuse à célébrer le fond et fonds de cette fête ? Si vos parents et camarades ne célèbrent pas le Seigneur qui vient, alors ils peuvent bien attendre… Leur matérialisme peut se donner libre cours un autre jour.
« L’Épiphanie, c’est la galette, et à la frangipane s’il vous plaît : c’est la tradition ! » : mais qu’a-t-on à défendre des coutumes – certes belles et honorables – quand on ne va même pas à la Messe le jour des Rois ?! 
                      
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Noël, c’est sans doute, pour beaucoup, la grasse matinée : mais alors après, comme nos fidèles et pieux ancêtres, avoir veillé la nuit du 24, être allé à pied (si possible dans la neige, bien abrité sous le grand manteau et avec une torche et un poêle) assister aux « trois messes basses » – je renvoie à Alphonse Daudet, pour en tirer la bonne leçon : on ne s’applique pas aux seules exigences formelles sans ensuite un long temps de purgatoire ! –, et seulement au retour, avoir commencé à satisfaire le ventre, en famille et heureux : ça, c’est Noël !
                      
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Edmond-J. Massicotte : Le retour de la messe de Minuit ; 1919... il y a tout juste cent ans !

 

         Parce que pour le commun des fidèles – que les religieux et chanoines me pardonnent : il y a certes les 1res Vêpres ! –, Noël est impensable chez un Chrétien à l’esprit chrétien, avant minuit ! Je renvoie à la fière rubrique liturgique traditionnelle. La Messe de minuit, que ce soit à 16h ou à 19h30, c’est non !!!
Alors à chacun d’entre nous de décider de changer les choses déjà dans sa propre vie, puisque c’est notre premier champ d’apostolat direct, notre première influence sur un petit bout du royaume de France. Et si l’on ne veut pas s’y résoudre, arrêtons de suite de rêver au sacre du Roi à Reims ! C’est par la christianisation de notre propre emploi du temps que commence la christianisation de notre pays ; par la restauration de la vie liturgique dans notre propre vie, que se réévangélise notre royaume ; par le vrai respect et l’application concrète des lois de Dieu, que se réédifie le royaume de France.
Et le 24 décembre 2020, c’est décidé, je mettrai Dieu en premier et organiserai une vraie fête de Noël, par une préparation lointaine de tout un Avent, immédiate d’une vraie Vigile, et d’un temps consacré à ma famille le 25 et les jours suivants, qu’après avoir salué le Dieu fait homme et hostie dans la Messe – que dis-je ? les (trois) Messes – auxquelles Dieu m’attend.
                            
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 Ainsi, Noël sera redevenu non seulement la naissance du petit Jésus, mais de notre chère Patrie, née cette nuit-là aux fonts baptismaux de Reims.
 
Abbé Louis de Saint-Taurin +
                                  
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[1] « …Mieux vaut entendre la réprimande du sage que d'entendre le chant des insensés »…
[2] Sans parler du petit autel bien rempli et… « branché » !

24/12/2019
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« Sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.»

Message de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon,
duc d’Anjou,
de jure Sa Majesté le Roi Louis XX
adressé aux Français
à l’occasion de l’hommage national rendu aux treize soldats morts au Mali

                             

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L’hommage national rendu à nos treize soldats morts en opération est un moment de communion entre le pays tout entier et son Armée. Les Invalides y trouvent une part de leur vocation telle qu’elle avait été voulue par leur fondateur, mon aïeul Louis XIV. La France est reconnaissante à ceux qui la défendent. Ainsi, au-delà de la compassion qui est notre premier réflexe, compassion vis-à-vis des proches de nos morts, mais aussi de leurs régiments et de leurs frères d’armes qui partagent les mêmes dangers jours après jours, nous devons aussi poser les questions de fond. Il est facile de faire des déclarations au lendemain d’un drame, mais si elles réconfortent sans faire oublier la plaie qui ne se refermera jamais pour leurs parents, leurs enfants, leurs épouses, et leurs frères et sœurs, elles demeurent peu de choses par rapport au sacrifice de la vie.

                              

Ces morts ne sont pas des morts ordinaires.
Ils nous rappellent à nos devoirs et au plus grand de ceux-ci, servir.

                               

Dans un monde qui fait tant de place aux individualismes, le mot même de servir parait désuet si ce n’est oublié. Pourtant sans service, c’est-à-dire de don pour un bien supérieur à soi, il n’y a pas de société qui puisse s’épanouir et assurer à tous non seulement la paix et la sécurité mais simplement le progrès et l’épanouissement quotidien.

Le service passe pour la plupart d’entre nous par l’honnêteté du travail bien fait en vue du bien commun ; pour les soldats, il va jusqu’au sacrifice de la vie.
Le rôle des guerriers est reconnu dans toutes les sociétés de l’antiquité à nos jours, comme un des fondements de l’équilibre social. A ce titre il est exalté par les poètes et les écrivains et bénéficie d’une prise en compte spécifique dans la société. Cette place doit être maintenue car il y va de la survie du pays en tant que tel. Nous avons vu ces derniers jours des réactions malsaines apparaître en posant la question de savoir s’il ne faudrait pas se retirer d’un terrain d’opération – si lointain… -, si les centaines de morts que les OPEX déplorent déjà, ne sont pas suffisants. De telles pensées déshonorent ceux qui les professent et vont à l’encontre du service du bien commun qui réunit, justement, tous les Français à leur Armée. Ils savent qu’elle peut se sacrifier pour eux. A eux de mériter ce sacrifice.
Les Français le prouveront en étant sur le parcours de leurs valeureux héros sur le chemin des Invalides. 

                             

Prince Louis de Bourbon,
Duc d’Anjou


02/12/2019
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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

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Lettre mensuelle du 25 novembre 2019

 

Zelus domus tuæ comedit me !
(Ps. LXVIII, 10)

 

 

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Jésus chassant les marchands du temple, Le Guerchin (XVIIème s.)

 

 

 

            Chers Membres de la Confrérie royale,

 

 

            Le mois des dédicaces qui s’achève doit graver ces mots du Psalmiste sur le frontispice des temples vivants que nous sommes : Zelus domus tuæ comedit me !, « Le zèle de ta maison me dévore ! » (Ps. LXVIII, 10). Nous avons en effet célébré la dédicace – c’est-à-dire l’anniversaire de la consécration – de nos églises paroissiales le 6 novembre dernier, puis trois jours plus tard celle de l’archibasilique du Très-Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran), « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput : mère et maîtresse de toutes les églises de la Ville [Rome] et du monde » puisqu’il s’agit de la cathédrale du Pape ; enfin celle des basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome le 18 novembre – celle du Vatican dans le même temps odieusement profanée d’ailleurs par le culte idolâtrique de la Pachamama.

 

     Au siècle où les églises de culte catholique se réduisent en poussière (20 églises incendiées en France rien qu’en 2018, sans compter la symbolique cathédrale Notre-Dame de Paris le Lundi-Saint dernier), ces cérémonies d’anniversaire prennent une dimension prophétique voire eschatologique. L’évêque de Fréjus-Toulon n’a pas craint de le dire le mois dernier à Rome : « Le dramatique incendie qui a ravagé et consumé il y a quelques mois la toiture de la cathédrale de Paris constitue un signe prémonitoire pour notre temps. Une Église en feu. Un avertissement »[1]. L’église et l’Église, en effet, c’est tout un : « Symbolisée par nos édifices matériels, l’Église est la véritable maison de la prière, le temple où réside la gloire [de Dieu], le siège de l’inaltérable vérité, le sanctuaire de l’éternelle charité », chante la Préface gallicane* de la Messe de la Dédicace.

 

            Le zèle de la maison de Dieu n’est pas que la défense de sa sainte Église, ni des édifices sacrés faits de pierre et de ciment. Il s’agit par extension de tout lieu où Dieu se plaît à habiter, donc d’une manière particulière de chaque personne humaine consacrée « temple du Saint-Esprit » (I Cor. VI, 19) par le saint baptême, lequel rassemble des « pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel », selon l’image qu’en donne saint Pierre (I Pi II, 5). D’où le noble combat pour le caractère sacré de toute vie humaine ; combat que seule l’Église catholique mène encore courageusement aujourd’hui.

 

          Mais c’est aussi une terre, un peuple, une nation : une terre sanctifiée par d’innombrables apparitions mariales et ayant enfanté tant de saints ; un peuple rendu grand par la confession d’une même foi dans le Christ ; une nation christianisée dans les eaux du baptême en même temps que son premier roi. Le « royaume de prédilection » de Dieu sur terre, c’est notre douce France : « La France est le Royaume de Dieu, les ennemis de la France sont les ennemis du Christ », écrivait le pape Grégoire IX au roi saint Louis (1239).

 

     N’avons-nous pas à nous montrer les ardents défenseurs de notre cher pays ? À nous faire ses gardes du corps autant que de son âme ? Le bon Jésus s’excita de colère devant la profanation de la maison de son Père : resterons-nous inactifs face à la profanation biséculaire de notre royaume ? Dieu préfère les Croisés, aux "bras-croisés" ! Alors chassons les « marchands du temple » qui bradent notre pays et occupent illégitimement son parvis ! Notre-Seigneur n’a pas hésité à se montrer violent et implacable pour la défense de ce qui est sacré. La lignée de nos rois, sacralisée à la fois par l’onction sainte et par le « miracle capétien », n’aurait-elle pas droit à un même zèle de notre part, nous poussant à défendre ainsi la maison de nos pères et l’ordre sacré voulu par Dieu en France ?

 

       Sans doute y a-t-il beaucoup de disciples de Notre-Seigneur, mais il y a peu d’apôtres. Le disciple suit, l’apôtre poursuit : il fait croître dans le temps et l’espace le Royaume de Dieu inauguré par le Christ-Roi. Le disciple agit par amour, l’apôtre par zèle. Qu’est-ce que le zèle ? C’est un amour passionné qui donne tout et se donne tout entier ; le contraire radical de la tiédeur. C’est un engagement complet dans ce que l’on fait, en adéquation parfaite avec ce que l’on croit. Comme il n’y a pas de demi-dieu, il n’y a pas de saint à demi.

 

     L’on sait par expérience que le mal n’engage pas trop d’effort, tandis que le bien nécessite une tension toujours en éveil, une vigilance de tous les instants. C’est pourquoi l’apôtre le plus zélé insiste lui-même : « Il est bon d’être toujours zélés pour le bien… et pas seulement lorsque je suis présent parmi vous » (Gal. IV, 18), précise-t-il ! Et encore : «  Ayez du zèle et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le Seigneur » (Rm XII, 11). Notre héroïne et sainte nationale − dont nous fêterons dans six mois le centenaire de sa canonisation − n’a-t-elle pas admirablement appliqué à la lettre ce triple commandement de S. Paul ?

 

       C’est d’ailleurs sainte Catherine d’Alexandrie que nous fêtons aujourd’hui qui, avec sainte Marguerite d’Antioche, a été, comme le révèlera saint Michel à sainte Jeanne d’Arc, « choisie par Dieu pour [la] conduire et [la] conseiller en tout ce qu[’elle] a à faire ». Les deux saintes l’assisteront depuis l’âge de 13 ans jusqu’à son procès, l’incitant à passer d’une « bonne chrétienne » à l’« Héroïne de la Patrie » que nous admirons tous, en contribuant de manière décisive à ses victoires militaires. N’étaient-elles pas toutes deux bien placées pour l’encourager à l’héroïsme, elles qui brillaient de l’éclat de la virginité autant que du zèle intrépide du martyre ?

 

     « Zèle » rime avec « sel », qui en exprime la même réalité : du piquant, de la saveur, sans colorant mais avec conservateur ! « Vous êtes le sel de la terre » (Mt V, 13) : ne faisons pas mentir le Christ. Si le Chrétien s’affadit, qui rendra sa saveur au monde ? Et si le Français s’accommode de la situation de son pays, pourra-t-il lui rendre sa ferveur ? Les apôtres en firent eux-mêmes l’amère expérience en demeurant impuissants à chasser le démon d’un enfant possédé : « C’est à cause de votre incrédulité », leur répondit Jésus (Mt XVII, 20). Pensez-vous que la France puisse être libérée de ses démons autrement que par l’intensité de notre vie spirituelle ? « Cette sorte de démon ne s’expulse que par la prière et par le jeûne » (v. 21).

 

     Avons-nous une vie spirituelle affadie, mes amis ? Est-ce la foi seule qui nous sauvera, comme aiment à le croire les Protestants ? « De même que le corps sans âme est cadavre, répondait déjà l’apôtre S. Jacques, la foi sans les œuvres est morte » (Jc II, 26). Mais il suffisait à Luther de proclamer le texte sacré non-inspiré pour croire le contraire… Comme c’est pratique, la religion à la carte ! Non : il ne suffit pas de croire que Dieu existe pour être sauvé. Il faut vivre en conformité avec sa foi, ce que les Papes ont appelé « la radicalité de l’Évangile » − se ferait-on traiter de fondamentaliste ! Imagine-t-on un sportif non-pratiquant ?

 

     Transposons dans la sphère temporelle : suffit-il d’adhérer au légitimisme pour être un digne sujet de son roi ? La règle est la même : agir en conformité avec nos convictions politiques. Le royaliste n’est pas un idéaliste ; c’est un réaliste qui a des idéaux. Ici saint Paul nous prévient : gare au « zèle sans intelligence » (Rm X, 2). C’est pourquoi il est fondamental de se former : le bien-agir suit le bien-penser. Qu’il nous soit permis ici de remercier tous les Cercles légitimistes de France qui s’évertuent à expliquer, à méditer et à diffuser la doctrine sociale de l’Église selon le génie français qu’a si merveilleusement incarnée sainte Jeanne d’Arc.

 

     Il nous faut être les apôtres de ce nouveau millénaire. C’est un combat de toute une vie, mais qu’on se rassure, la victoire est au bout de nos efforts : « Les apôtres ne combattent qu’en souffrant et ne triomphent qu’en mourant » disait saint François de Sales. Notre-Seigneur était consumé par sa mission, son message et son heure ultime. Il n’était pas partagé ; Il était consacré et entièrement donné. Il ne craignait pas ce que les gens pouvaient Lui faire, et encore moins dire de Lui. Jusqu’à la mort, Il ne s’est pas détourné de son appel, son seul but étant d’accomplir la volonté de son Père.

 

            Nous nous apprêtons à célébrer la belle fête de l’Immaculée Conception. Ce jour-là, en 1947, Notre-Dame de la Prière à L’Île-Bouchard demanda aux quatre jeunes voyantes de « beaucoup prier pour la France, en grand danger, et de faire des sacrifices »

 

              « Prier » et « faire » : voilà ici les deux mots d’ordre sans lesquels une restauration n’est pas possible, balayant ces deux fameuses hérésies qui sont chacune l’exclusion de l’autre : le providentialisme, d’une part, qui s’appuie sur le seul secours de Dieu sans y coopérer ; et l’activisme, d’autre part, qui ne s’appuie que sur ses propres forces, sans recourir à Dieu.

 

            Combien de royalistes nostalgiques et sûrement aussi neurasthéniques démissionnent (au sens propre de : refuser sa mission, car nous en avons tous une) en attendant passivement que Dieu nous envoie miraculeusement le « grand monarque » désiré ? Mais le Christ n’aura pour autre attitude que celle qu’Il montra au roi Hérode Antipas qui le priait d’exécuter un miracle par curiosité profane… At ipse nihil illi respondebat : « Mais Jésus ne lui répondit rien » (Lc XXIII, 9). Où il n’y a pas d’oreilles pour entendre, Jésus n’a pas de bouche pour parler. Et Dieu nous a laissé à travers les Lois fondamentales du royaume ses desiderata, notamment quant à la règle de succession. Qu’attendent donc les Providentialistes ? Un messie politique ? Le prince charmant descendant du ciel sur un cheval blanc ? Allons, le royaume de France n’est pas un conte de fées !

 

     Au nom « Royaliste » correspond la définition suivante : « Partisan du roi ». Partisan, donc celui qui prend parti, non celui qui s’accommode d’un syncrétisme (saint-crétinisme) politique. L’apôtre zélé envers Dieu et son Roi leur donne toute sa vie et tout son cœur en sacrifice vivant, et ne retient rien pour lui-même ni ses projets personnels.

 

            Voudrait-on se convaincre de la nécessité des temps ? La liturgie, comme toujours, arrive à point nommé pour galvaniser les troupes. Nous proclamions hier aux hommes de ce temps l’annonce prophétique de la fin des temps par l’évangile de ce XXIVe et dernier dimanche après la Pentecôte. Si vous ne vous sentiez pas concernés, le premier dimanche de l’Avent fêté dimanche prochain vous le répètera à nouveau ! La pédagogie est affaire de répétition…

 

     Lorsque l’on observe l’histoire de l’Église, et notamment des persécutions, lorsque l’on s’intéresse aux mystiques récents − Marthe Robin, par exemple −, lorsque l’on médite sur les mises en garde de Notre-Dame lors de ses dernières apparitions, et notamment à Fatima et à Akita au Japon, l’on se dit que nous ne faisons que commencer une période de tribulations.

 

     Il faut bien l’admettre : nous n’avons pas choisi notre époque. Le Bon Dieu, dans sa Sagesse et sa prescience providentielles, a jugé qu’il était bon que nous soyons placés là, hic et nunc, pour témoigner de notre fidélité et accomplir notre rôle. À choisir, vous opteriez sans doute davantage pour une période de paix et de prospérité, plutôt que pour cet affreux début de XXIe siècle. Les apôtres ne préférèrent-ils pas la lumineuse Transfiguration et le glorieux Dimanche des Rameaux au lamentable Vendredi-Saint ? Et pourtant, y eut-il meilleure occasion de manifester sa fidélité et son amour envers Dieu que ce jour-là ?

 

     Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, ayant pourtant quitté cette terre il y a trois siècles, avait compris que nous étions entrés dans les derniers temps. Dans sa « Prière embrasée », il observe avec désolation : « Votre divine Loi est transgressée, votre Évangile est abandonné, les torrents d’iniquité inondent toute la terre (…). Votre sanctuaire est profané et l’abomination est jusque dans le lieu saint ». Que dirait-il aujourd’hui ? Oui, nous sommes entrés dans un combat eschatologique, dans une lutte surnaturelle sans merci : ne pas le voir, c’est vivre dans le monde des Bisounours ! Et c’est donc passer à côté de notre mission, ce qui est une démission. Au début de la Révolution, certains de nos ancêtres n’avaient pas compris l’enjeu et s’enthousiasmaient de ces réformes…

 

     Plus Satan semble triompher dans sa rage et sa haine contre Dieu, entraînant de nombreuses âmes avec lui, et plus la victoire divine sera éclatante. Cette « victoire qui viendra par Marie » (Jean-Paul II), nous l’obtiendrons également par l’intermédiaire de saint Michel, en l’honneur duquel notre Prieur nous demande de réciter souvent la prière composée par Léon XIII[2]. Prince de la Milice céleste, l’armée des anges restés fidèles, il est le vainqueur de Lucifer, le chevalier zélé du Deus Sabaoth, le « Dieu des Armées » ; victorieux aussi de toutes les hérésies, de tout ce qui, comme la franc-maçonnerie, entretient une haine mortelle contre l’Église et la royauté

de droit divin.

 

     « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, nous prévient saint Paul, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éph. VI, 12). À combat spirituel, matériel proportionné : utilisons pour cela « les armes de dévotion massive » que sont les Sacrements, le jeûne et la prière, surtout la récitation du saint Rosaire.

 

     Dans un monde de ténèbres, il n’est pas difficile de briller… Je ne parle pas des Stars éphémères qui n’éblouissent que des aveugles, je veux parler des héros que nous sommes tous appelés à devenir. Le héros de ce monde n’est pas le jeune bodybuildé aux super-pouvoirs ; les véritables héros, ce sont les saints qui, dans leur faiblesse, font éclater la puissance de Dieu. Le monde et encore moins l’Église n’ont pas besoin de réformateurs mais de transformateurs que sont les saints[3] !

 

     Puisque, selon le dicton populaire, « À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine », en ce 25e jour du mois où nous redoublons de prières et d’offrandes à l’intention de S.M. Louis XX, enracinons-nous résolument sur le bois de la Croix, le seul qui nous fera porter de grands et beaux fruits. Que le feu sacré de la foi et de l’honneur nous dévore d’un ardent et pur amour comme on l’y trouve dans les cœurs unis de Jésus et de Marie, pour le zèle de l’œuvre de restauration que Dieu attend de nous. Alors, Notre-Seigneur pourra dire de la France comme de la fille de Jaïre : « Elle n’est pas morte, elle dort » (Mt IX, 24) !

 

R.P. Clément de Sainte-Thérèse

 

 


[1] Sermon de la Messe de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome le 26 octobre 2019 : http://www.paixliturgique.com/aff_lettre.asp?LET_N_ID=2883.

* Au sens liturgique.

[3] Bernanos disait : « On ne réforme l’Église qu’en souffrant pour elle, on ne réforme l’Église visible qu’en souffrant pour l’Église invisible. On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques ».


25/11/2019
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