L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Message du Prieur de la Confrérie Royale à l'occasion de la fête de l'Assomption

Mardi 14 août 2018,
Fête de Saint Maximilien-Marie Kolbe,
Vigile de l'Assomption de Notre-Dame.

 

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Messieurs les Chanoines,
Mes Révérends Pères,
Messieurs les Abbés,
Chers Confrères,
Bien chers membres et sympathisants de la Confrérie Royale,

 

A la veille de la très grande et belle fête de l'Assomption de Notre-Dame et principale fête patronale du Royaume de France, permettez-moi de vous rejoindre à travers ces quelques lignes afin de 


1) vous souhaiter à chacun une bonne, belle et surtout très fervente fête (puisque toute fête de notre Mère céleste et souveraine, est une fête de chacun de ses enfants) ;


2) vous encourager, autant que cela est possible (mais je sais bien que ce n'est pas possible pour tous, en raison de la maladie, de l'infirmité, ou bien encore en raison du désert spirituel dans lequel ils se trouvent), à participer non uniquement à la Sainte Messe mais encore aux autres cérémonies - en particulier les processions - en l'honneur de Notre-Dame dont cette fête est l'occasion ;


3)  et dans le cas où cela n'est pas possible (pour l'une ou l'autre des raisons évoquées ci-dessus) de ne pas omettre alors de renouveler en votre particulier la consécration de notre France à Notre-Dame en utilisant les prières traditionnelles prescrites pour cela (vous les trouverez par exemple > ici), car l'accomplissement du Vœu de Louis XIII ne consiste pas à faire une lecture publique de l' édit de Saint-Germain par lequel ce pieux monarque a publié ses volontés concernant la consécration de la France à la Très Sainte Vierge Marie, mais à réciter les prières liturgiques particulières édictées par la Sainte Eglise pour le renouvellement de cette consécration ;


4) à prier de manière toujours plus instante pour notre Souverain Légitime, SMTC le Roi Louis XX, pour qu'il ait toutes les inspirations célestes, lumières naturelles et surnaturelles, et toutes les forces - physiques et morales - nécessaires à la mission que la divine Providence a placée sur ses épaules par l'effet des Lois Fondamentales du Royaume ; 


5) à ne pas négliger de prier pour la Confrérie Royale elle-même, afin qu'elle croisse en nombre, bien sûr, mais plus encore en ferveur et en fruits de sainteté : dans une confrérie, les membres sont plus spécialement unis par des liens de fraternité spirituelle et doivent donc, même éloignés les uns des autres et lors même qu'ils ne se connaissent pas personnellement, avoir un vif souci de prier les uns pour les autres, mus par une sollicitude fraternelle sincère et profonde ;


6) à recommander d'une manière encore et toujours plus instante à Notre-Seigneur, par l'intercession de Sa Très Sainte Mère et de tous nos saints intercesseurs, notre cher confrère Emmanuel, père de famille nombreuse, membre plénier de la Confrérie et militant actif de la Légitimité au sein du Cercle Légitimiste d'Ile de France : nous avons déjà à plusieurs reprises - depuis la fin du mois de mai - demandé des prières à son intention, et nous le faisons encore avec insistance, car après de très grosses alarmes, qui ont fait craindre le pire, et même s'il se trouve aujourd'hui dans un service de rééducation fonctionnelle, son état donne encore lieu à des inquiétudes et nécessite que nous ne relâchions en aucune manière nos prières à son intention, ainsi que pour son admirable épouse et ses enfants.

 

Mosaïque du Vœu de Louis XIII - basilique de Fourvière.jpg

 

Basilique de Fourvière (Lyon) : mosaïque représentant le Vœu de Louis XIII

 

A ces recommandations, permettez-moi encore d'ajouter quelques informations :


- Le 25 août, fête de Saint Louis de France, saint patron de notre Roi et de Monseigneur le Dauphin, céleste protecteur de la France et de la Confrérie Royale, dont ce sera aussi le troisième anniversaire de la fondation, n'omettez pas de marquer avec une ferveur renouvelée le "25 du mois".
Amis Parisiens ou proches de Paris, je vous rappelle qu'une Sainte Messe sera célébrée par des prêtres de la Confrérie en l'église Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, à 10 h 30.
Vous êtes loin de Paris ? Mais dans nos provinces, plusieurs membres de la Confrérie ou membres des Cercles Légitimistes font célébrer des Messes pour la Saint-Louis : renseignez-vous !
Quant aux membres des Cercles Légitimistes du Dauphiné et du Vivarais et les membres de la Confrérie Royale qui se trouvent géographiquement proches, ils sont aussi invités à une journée de récollection que j'animerai au Mesnil-Marie (cf. > ici).

 

- Les 29 et 30 septembre prochains, aura lieu le 106ème pèlerinage légitimiste à Sainte-Anne d'Auray, organisé par la Fédération Bretonne Légitimiste : nous n'insisterons jamais assez sur l'importance de ces pèlerinages pour soutenir l'action d'authentique restauration de la royauté capétienne traditionnelle ; nous vous invitons donc instamment à vous rendre à ce pèlerinage, où je compte moi-même être présent. Tous les renseignements se trouvent > ici.

 

- Enfin, je signale à votre attention la publication présentant la fondation des chanoines séculiers de Saint-Remi qui a été faite, ce 13 août, > ici

 

Je vous renouvelle mes vœux les plus fervents à l'occasion de ce 15 août, vous assure de ma (malheureusement très pauvre) prière à l'intention de chacun d'entre vous et à toutes vos intentions, me confiant aussi moi-même à vos charitables prières.

Vôtre, in Corde Iesu & Mariae.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

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13/08/2018
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Annonce d'une naissance dans la famille royale

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Chers membres et amis de la Confrérie Royale,

 

En ce dernier jour du mois de juillet, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, a annoncé vers 16 h (heure de Paris) par une publication sur les réseaux sociaux, une naissance dans la famille royale pour 2019.
Nous reproduisons ci-dessous la photo et le texte mêmes publiés par notre Souverain légitime, et dès à présent nous allons prier pour cet Enfant de France, et confier très particulièrement à Notre-Dame la grossesse de notre Reine, afin qu'elle se passe sans difficultés et parvienne heureusement à terme.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

 

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Texte publié par Monseigneur le Duc d'Anjou :

« Ma chère femme et moi sommes heureux d'annoncer que nous serons parents pour la quatrième fois. Nous sommes très excités de l'arrivée d'un nouveau membre dans la famille et nous remercions Dieu de nous avoir offert ce cadeau. »

 

Trois lys blancs


31/07/2018
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 juillet 2018)

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Lettre aux membres et amis de la Confrérie royale

25 juillet 2018

 

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Le mystère du Sang versé 

 

Le mois de juillet est traditionnellement consacré au mystère du précieux Sang du Sauveur. 

 

Le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, s’est fait homme pour assumer notre chair et notre âme et ainsi nous rejoindre en notre pauvre humanité blessée. Dieu fait homme, Il s’est offert Lui-même en offrande salutaire. Assumant tous les sacrifices de l’ancienne Alliance, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs s’est offert Lui-même en holocauste d’agréable odeur à son Père pour notre Salut et celui du monde entier. Par cet unique et parfait sacrifice du Golgotha, une fois pour toute, l’humanité a été plongée dans l’infinie miséricorde de notre Dieu qui jaillit de chacune de ses plaies et de son Cœur transpercé. 
 
Le Docteur angélique, saint Thomas d’Aquin, nous rappelle qu’une seule goûte de ce Sang précieux aurait suffi à laver le monde de tous ses crimes. Pourtant, une goutte ne Lui suffit pas. Dans son Amour infini pour notre humanité blessée, c’est tout son Sang qu’Il versa pour nous et la multitude. Et Il ne cesse, d’âge en âge, de nous L’offrir par le moyen de ses prêtres quand nous venons participer à la divine liturgie et que nous communions au Saint Sacrement de l’autel, à la divine Eucharistie. 
 
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Tout au long du mois de juillet, nous sommes appelés à contempler la grandeur de l’amour infini de notre Dieu. Mystérieusement, les paroles acrimonieuses de la foule s’accomplirent comme promesse de Salut. Ils criaient : « A mort ! A mort ! Crucifie-Le ! ~ Que son Sang retombe sur nous et sur nos enfants ! ». Au lieu d’une juste vengeance, d’une seule parole qui aurait pu convoquer à l’instant-même des légions d’Anges pour l’annihilation de ce monde pécheur, notre Dieu laissa couler son Sang pour racheter tous les peuples de la terre et rendre la vie à ceux qui, comme le larron, ouvriraient leur cœur à son amour infini. Son Sang injustement versé couvre une multitude de péché car c’est, pour l’éternité, le sacrifice suprême de la charité. 
 
Si les gouvernements qui se succèdent depuis 1789 célèbrent le 14 juillet comme une grande fête de la libération du peuple français de l’ancien régime, de son carcan religieux et de ses antiques traditions ainsi que de ceux qui l’asservissaient, l’historien comme tout homme de bien ne peuvent que tristement constater l’effroyable boucherie sacrilège que fut la Révolution. 
 
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Des milliers de meurtres plus abominables les uns que les autres furent perpétrés au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Au nom des fameuses « valeurs » de la République naissante, on tuait, on pillait et on violait impunément. Hommes, femmes, vieillards ou enfants, ni rien ni personne ne pouvait trouver grâce aux yeux de ce nouveau Moloch prêt à engloutir l’humanité entière au nom de son idéologie meurtrière. Les églises étaient détruites. Les mystères sacrés, singés. Les saintes espèces, profanées. Les prêtres, religieux et consacrés, avilis avant d’être sauvagement exterminés. Ce fut jusqu’au principe-même de la France, son histoire, sa foi, sa famille royale qui incarnait dans sa chair notre pays ; tout fut odieusement et systématiquement souillé de manière sacrilège pour l’annihiler. 
 
Si le 14 juillet est un jour de deuil et de honte, le 17 juillet, lui, est pour nous source d’espérance et de joie. En 1794, seize femmes, seize bienheureuses carmélites du couvent de Compiègne offrirent leurs vies place de la Barriere du Trône renversé (aujourd’hui place de la Nation) pour le Salut et la paix de la France. Unissant leur sang au Sang du Sauveur, elles permirent la fin de la Terreur et de mettre un terme à la folie meurtrière de Robespierre qui fut guillotiné dix jours plus tard. 
 
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Ô mon Dieu, écrivait un directeur de conscience à la bienheureuse Mère Thérèse de Saint-Augustin, ocd, une âme simple et touchée a tout réparé ; ô miséricordes divines, que vous êtes adorables ! Faite pour aimer Dieu sans réserve, livrez-vous toujours à l’attrait qui vous conduira toute à Lui, ne consultez que cet attrait, même au milieu des désolations que doit nécessairement produire la vue de quelque chute : commencez par aimer mieux, et finissez par aimer parfaitement. Le calvaire vaudra toujours mieux pour le ciel que tous les plaisirs. Que Dieu vous y fixe avec Lui, et nous donne la grâce d’y mourir comme Lui. 
Et la Bienheureuse Soeur Julie-Louise de Jésus, ocd, disait à ses sœurs : 
Nous sommes les victimes du siècle et nous devons nous immoler pour sa réconciliation avec Dieu. Une éternité de bonheur m’attend, hâtons-nous donc, courons vers ce terme, et souffrons volontiers pendant les courts moments de cette vie. Aujourd’hui la tempête gronde, mais demain nous serons dans le port (témoignage de Sr. Marie de l’Incarnation, ocd.). 
Le roi Louis XVI, dans son testament écrit à la prison du Temple le 25 décembre 1792, s’offrit à ses bourreaux dans le même esprit : 
Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne. Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai. Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis. Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. 
 
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Le mystère du Sang versé pour le pardon de l’humanité assuma tous les crimes et révoltes du monde. Puisque le Sang du Sauveur versé sur la Croix offrit le Salut au monde entier, prions pour que le sang de ses martyrs et de ses saints apporte le Salut et la paix à notre monde, à notre pays en particulier. 
 
Unissons nos prières et nos sacrifices pour le salut et la grandeur de la France. 
 
Qu’elle retrouve sa place dans le concert des nations et redevienne en vérité « Fille aînée de l’Eglise » ! 
 
Que Dieu bénisse la France, sa famille royale, et nous donne la grâce de Le servir de tout notre cœur ! 
 
Seigneur Jésus, ayez compassion de la France, daignez l’étreindre dans votre Amour et lui en montrer toute la tendresse. Faites que, remplie d’Amour pour vous, elle contribue à vous faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement de vous rester fidèles et de travailler d’un cœur ardent à répandre votre Règne dans tout l’univers. Ainsi soit-il. (prière dictée par le Seigneur Jésus au vénérable Marcel Van).

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24/07/2018
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Lettre du Prieur de la Confrérie Royale à l'occasion du centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le 17 juillet 1918.

1918 - 17 juillet - 2018

 

Icône sainte famille impériale russe.jpg

 

Icône de la famille impériale russe martyre

 

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, vers le petit matin, dans la cave de la maison Ipatiev à Ekaterinbourg, petite ville de l'Oural, Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch et la Tsarine Alexandra Feodorovna, ainsi que leurs cinq enfants : les grandes duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia et le Tsarévitch Alexis furent horriblement massacrés, puis leurs corps furent jetés dans une fosse à quelque deux kilomètres de là.

Il n'est point dans mon intention de relater les détails de cette abominable boucherie, ni même de rappeler les circonstances qui ont conduit à la chute de l'empire des Romanov.

 

Je veux en revanche insister sur le fait que, selon les paroles de Notre-Dame de Fatima quelques mois plus tôt, l'écroulement de cet empire russe chrétien, allait permettre que la Russie répandrait ses erreurs dans le monde provoquant guerres et persécutions.

A la suite de la famille impériale martyre, des centaines de milliers de moines, de moniales, de fidèles adultes et enfants, en Russie puis dans tous les pays où le communisme triomphant exporta ses doctrines abominables, derrière les rideaux de fer ou de bambou et sur tous les continents, ont subi le martyre sanglant en raison de leur fidélité au Christ.

 

Je veux en revanche insister sur le fait que les deux révolutions russes (1905 et 1917), ne sont que les filles et les épigones de l'abominable révolution de 1789, et que les bourreaux de 1917 et des décennies suivantes ne sont que les successeurs et continuateurs de ceux qui ont conduit à l'échafaud Leurs Majestés le Roi Louis XVI et la Reine Marie-Antoinette, Madame Elisabeth, les Bienheureuses Martyres d'Orange, les Bienheureuses Ursulines de Valenciennes, les Bienheureuses Filles de la Charité d'Arras, les Bienheureuses Carmélites de Compiègne (dont la fête liturgique se trouve justement en ce 17 juillet), et tant de milliers d'autres connus ou anonymes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fait mourir à petit feu emmuré Sa Majesté le Roi Louis XVII, ou confiné plusieurs milliers de religieux et de prêtres dans les pontons des navires-mouroirs de Rochefort ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont fusillé et percé de baïonnettes les Bienheureux Martyrs d'Angers et d'Avrillé, les milliers de défenseurs de Lyon s'insurgeant contre la Convention ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont brûlé vifs les villageois et les tout petits enfants des Lucs sur Boulogne et les habitants de nombreux bourgs de nos bocages et de nos campagnes ; les successeurs et continuateurs de ceux qui ont égorgé avec une liesse satanique les détenus des prisons et des hôpitaux de Paris en septembre 1792, ou organisé des noyades en série dans des mises en scène aussi cruelles qu'impudiques... etc. ...etc.

 

Je veux en revanche insister sur le fait que les millions de victimes des deux guerres mondiales du XXe siècle, ainsi que des guerres liées aux combats d' « unification nationale » au XIXe siècle (par exemple pour l'Italie et l'Allemagne), ou des guerres dites d'indépendance au XXe siècle, comme encore les millions de victimes de toutes les idéologies qui découlent des divers avatars du nationalisme (dont les plus célèbres sont le fascisme et le national socialisme hitlérien) – ce nationalisme vers lequel lorgnent pourtant certains catholiques qui, ce faisant, croient être contre-révolutionnaires ! -, toutes, absolument toutes, sont en fait des victimes de la révolution dite française continuée, exportée, diversifiée, démultipliée, à la manière des têtes sans cesse renaissantes d'une hydre sortie de l'enfer.

Je pourrai développer cette sanglante et sinistre litanie sur des pages et des pages encore...

 

La nuit prochaine, nuit de l'exact centième anniversaire du martyre de la famille impériale russe, le Patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou conduira une imposante procession sur 21 km – oui, vous avez bien lu : sur 21 km ! - à Ekaterinbourg.

Certes, je ne suis pas orthodoxe et je ne méconnais ni ne minimise les obstacles doctrinaux qui empêchent l'unité et la pleine communion entre orthodoxes et catholiques, néanmoins je ne peux que souscrire et reprendre à mon propre compte et pour le compte de toute la Confrérie Royale cette déclaration du Patriarche Cyrille : « Lavés par le sang de nos martyrs nous devons devenir un autre peuple qui ne permettra jamais plus d’outrager ses valeurs sacrées, de se refuser à Dieu » ; et l'on voudrait qu'aujourd'hui en Occident et dans l'Eglise catholique romaine des évêques aient des convictions suffisantes et assez de courage pour tenir le même langage au sujet de la révolution de 1789 et de toutes ses continuations : pour tenir le même langage lorsqu'ils sont interrogés par nos médias pourris, pour tenir le même langage en face des politiques marionnettes des loges, pour tenir le même langage surtout dans nos églises et nos cathédrales dévastées par la crise moderniste en face de fidèles qui, dans leur écrasante majorité, ne professent plus que des bribes de la foi authentique révélée par Notre-Seigneur !

Mon Dieu, donnez-nous des évêques et des prêtres capables de prêcher la pénitence et l'expiation au sujet de la satanique révolution, et, ce faisant, entraînant les âmes vers une authentique conversion des intelligences, une authentique conversion des cœurs et une authentique conversion des mœurs pour que la pureté et l'intégralité de la foi divine soit restaurée non seulement dans les âmes mais dans la société tout entière !

Le but de la révolution en effet, en 1789 comme en 1917, a été de détruire les monarchies chrétiennes, remparts de l'Eglise et de la foi, ce pourquoi la seule véritable et nécessaire contre-révolution se fonde sur la conversion profonde des individus, des institutions et des sociétés pour restaurer dans leur pureté et leur splendeur spirituelle des Rois et des Princes authentiquement chrétiens, participant de toute leur légitimité et de toute leur volonté aux desseins rédempteurs et sanctificateurs de Dieu, dans l'ordre social et politique qui leur a été départi par la divine Providence.

 

J'ai cru nécessaire de le rappeler avec force à l'occasion du centième anniversaire du massacre de Leurs Majestés Impériales le Tsar Nicolas II Aleksandrovitch, la Tsarine Alexandra Feodorovna, et leurs cinq enfants, authentiques martyrs comme la famille royale française lors de la grande révolution, parce que c'est en haine de la royauté chrétienne dont ils incarnaient les principes (malgré leurs faiblesses personnelles), en haine du Droit Divin, et donc en haine du Christ Notre-Seigneur, qu'ils ont été mis à mort.

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur,
Prieur.

 

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16/07/2018
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« Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent... »

Deux allocutions
de
Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou,
de jure  Sa Majesté le Roi Louis XX
prononcées à Paris le vendredi 6 juillet 2018
à l'occasion
d'une journée commémorant le
deuxième centenaire du rétablissement de la statue d'Henri IV au Pont-Neuf

 

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En 1605, la ville de Paris pour remercier Sa Majesté le Roi Henri IV de tous ses bienfaits et en particulier des travaux d'urbanisme accomplis par lui dans ce quartier (aménagement de la Place Royale - aujourd'hui Place Dauphine -, achèvement du Pont-Neuf et percement de la rue Dauphine) commanda une statue équestre du Roi qui fut achevée et inaugurée seulement après sa mort, en 1614. 
Cette première statue fut mise à bas et fondue par l'impiété et le vandalisme révolutionnaires. Cependant dès le 3 mai 1814, jour de l'entrée triomphale de Sa Majesté le Roi Louis XVIII dans Paris, une statue provisoire avait été placée en ce lieu avec cette dédicace : « Le retour de Louis fait revivre Henri »
Le 25 août 1818, en la fête de Saint Louis, ce provisoire prenait fin et l'on inaugura, dans une grande liesse populaire, une nouvelle statue de bronze du premier Roi Bourbon sur le Pont-Neuf, portant une dédicace latine qui se traduit ainsi : « La statue révérée du très illustre roi Henri le Grand, qui avait été un père pour son peuple, fut jetée à bas, à l'indignation de la France, au cours de la révolution. Après le retour souhaité de Louis XVIII, des citoyens issus de tous les ordres se cotisèrent et la rétablirent, ainsi que l'inscription honorifique détruite en même temps que la statue, qu'ils firent graver de nouveau dans la pierre. Fait le 25 août 1818. »
Le 25 août 2018 marquera donc l'exact deuxième centenaire du rétablissement de la statue d'Henri IV au Pont-Neuf.
Devançant cette date, ce vendredi 6 juillet 2018, Monseigneur le Prince Louis de Bourbon, duc d'Anjou, aîné de tous les descendants d'Henri IV, et de jure Sa Majesté le Roi Louis XX, est venu à Paris pour y présider une cérémonie commémorative, et assister à deux conférences à caractère historique données dans un cercle restreint.

Vous trouverez ci-dessous l'essentiel du texte des deux allocutions prononcées par notre Souverain légitime en ces circonstances.

 

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« Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent... »

 

(allocution au Pont-Neuf devant la statue d'Henri IV)

 

« (...) Cette cérémonie du bicentenaire du rétablissement de la statue du Roi Henri IV sur le Pont Neuf m’amène à plusieurs réflexions : La première sur l’acte lui-même, dont  deux enseignements se dégagent, la seconde sur le roi Henri IV.

 

Lorsque les révolutionnaires en 1792, mirent bas la statue de celui qui, jusqu’alors, était considéré comme le bon roi Henri IV, sans doute ne pensaient-ils pas que leur geste, vingt-cinq ans après, serait effacé par celui de Louis XVIII qui rétablit devant une foule nombreuse la statue, à son emplacement, c’est-à-dire au cœur de Paris.

 

Ce geste prouvait la fidélité du Roi et de la Ville de Paris qui avait commandé la statue en 1605, mais surtout ce rétablissement rappelait qu’en politique tout est possible. Ce que certains détruisent, d’autres le restaurent dès lors qu’ils ont foi en ce qu’ils font et en leur mission. N’est-ce pas là quelque chose de toujours actuel.

 

Les parisiens et le Roi Louis XVIII voulaient honorer l’œuvre d’Henri IV,  l’homme de la paix rétablie après trente ans de guerre civile et aussi l’homme de la pacification des cœurs. L’image d’Henri IV n’a jamais été ternie par les aléas de l’histoire et en 1610 lors de sa mort, en 1614 lors de l’érection de la première statue, en 1818 lors de son rétablissement comme aujourd’hui, il demeure le roi préféré des Français (...).

 

Mais cette cérémonie est l’occasion d’évoquer un autre aspect de la personnalité du Roi. Nous sommes aujourd’hui  avec  l’Amicale régimentaire qui maintient le souvenir et la tradition du Royal Navarre, devenu en 1790 le 5ème Régiment d’Infanterie. Cette unité dont Henri de Navarre fut le premier Colonel, a combattu sur tous les champs de bataille, durant plus de quatre siècles, prouvant que la France transcende les aléas de la politique (...).

 

Ainsi le Roi apparait là sous son autre facette. Grand dans la Paix il le fut aussi dans la guerre. Chef vaillant et audacieux il savait que la paix et la sécurité des peuples ne s’obtiennent que si l’on maintient la garde haute. Pas de faiblesse pour les ennemis car sinon c’est le peuple qui  souffre !

 

C’est par là aussi que le roi est grand et le demeure dans la mémoire collective.

 

La gerbe que nous allons déposer au pied de sa statue est, ainsi, triplement symbolique : elle honore le roi, elle rend hommage à son héritier direct le roi Louis XVIII, elle permet de se souvenir que notre avenir s’écrit à travers la mémoire collective d’un peuple qui en honorant ses grands hommes et leurs vertus,  témoigne de son espoir pour demain.

 

Merci de m’avoir écouté. »

 

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 Henri IV : grand dans la paix comme dans la guerre !

(allocution avant les conférences)

 

« (...) Après la belle et émouvante commémoration de ce matin sur le Pont-Neuf (...), nous voici réunis toujours autour de la grande figure d’Henri IV pour entendre deux conférences (...).

Elles vont éclairer deux aspects de la personnalité du grand Roi : d’un côté l’homme des premiers grands travaux parisiens et, de l’autre, le chef militaire qui a su réconcilier des troupes qui durant trente ans avaient combattu les unes contre les autres. Il est intéressant de noter que ces deux actions participaient chacune à leur manière, à rétablir la paix et la concorde entre tous les Français, ce qui était son vrai programme politique. Il fallait oublier trente ans de guerres civiles avec tous les drames que cela avait suscité. Cela passait par la prospérité à retrouver, mais aussi par une paix des cœurs à obtenir.

 

Cette dernière n’est-elle pas la plus difficile à réaliser après tant de maux endurés qui pouvaient sembler indélébiles !  L’Armée et l’engagement des siens pouvant aller jusqu’au sacrifice de leur vie,  est, plus facilement que tout autre institution, le creuset de ces grandes réconciliations. La France l’a observé à plusieurs reprises, mais sans doute est-ce Henri IV qui, le premier, l’a compris et l’a mis en pratique. La communication du Professeur Hervé Drévillon va donc, pour nous tous, être d’un grand intérêt et je le remercie d’avoir bien voulu être des nôtres aujourd’hui.

 

Mes remerciements vont aussi au Professeur Jean-Pierre Babelon. Nous nous connaissons depuis de longues années et, cher professeur, vous êtes celui qui m’a permis de suivre et de comprendre la question de l’authentification de la tête d’Henri IV. Elle ne fait plus de doute désormais. Je vous en remercie et j’espère que la dépouille royale retrouvera la place qui lui revient.

 

Aujourd’hui vous allez parler du rôle du Roi vis-à-vis de Paris. Vous avez consacré de nombreux travaux à cette question. Si le roi avait fait la paix, il voulait aussi que cela se voit en donnant à Paris, très éprouvé par la guerre, du confort, de la sécurité et de la beauté.

 

Ce matin nous étions sur le Pont-Neuf, à côté de la Place Dauphine, des lieux encore témoins de son travail d’urbaniste. Ces lieux existent en fait dans tout Paris marquée par l’œuvre du Roi. Il a le premier créé la tradition des souverains soucieux de leur capitale.

 

Le bicentenaire du rétablissement de la statue d’Henri IV qui avait été abattue par les révolutionnaires est ainsi l’occasion, une nouvelle fois, d’honorer la mémoire du Roi qui demeure, dans la conscience collective, le plus aimé par les Français pour avoir été grand dans la Paix comme dans la guerre ; dans le combat comme dans le pardon, sachant réconcilier et faire l’unité pour le bien commun.

 

Une œuvre se juge par les fruits qu’elle porte. Celle d’Henri IV en est un bel exemple.

 

Merci à vous tous, Messieurs les Universitaires et vous les organisateurs, de nous donner l’occasion, en cette journée commémorative de celle de 1818, de nous le rappeler. Puisse cet exemple inspirer les uns et les autres et continuer à servir de modèle. Commémorer sert à faire mémoire des grandes actions pour inspirer le présent.

 

Henri IV demeure un roi d’hier comme de demain !

Merci. »

 

 

Détail de la statue équestre d'Henri IV au Pont-Neuf.jpg


06/07/2018
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Prières urgentes

La Confrérie royale invite ses membres à prier avec ferveur pour la santé d'Emmanuel, membre du C.L.I.F., opéré et qui vient de faire un A.V.C.

 

Que ce soit là le miracle pour la béatification de Madame Elisabeth, Fille de France et Martyre.

 

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Ô Dieu, qui par un effet admirable de Votre Providence, avez daigné enrichir le cœur de Votre servante Madame Élisabeth de France, des trésors les plus précieux de la nature et de la grâce : pour que ces dons ne demeurent pas stériles en son âme, daignez avoir pour agréables les prières que nous Vous adressons par son intercession (pour la santé de notre ami Emmanuel, serviteur de Dieu et du Roi), et donnez-nous d’imiter, avec son abandon à cette même Providence, son abnégation et sa générosité dans le sacrifice, afin que, par une sainte vie, nous méritions tous d’avoir part à la joie dont Vous couronnez Vos élus.  Ainsi soit-il.

 

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri…

Imprimatur
A. Laveille, Vic. Capit.

Meaux, le 11 juillet 1921

 

Prions également pour sa famille éprouvée, qui participa au dernier pèlerinage du Puy.

 

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Souvenez-vous, ô Très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages, ait été abandonné. Animé de cette confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens vers Vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô Mère du Verbe Incarné, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.

 



05/07/2018
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie Royale - 25 juin 2018 :

Lettre mensuelle aux membres et sympathisants
de la

Confrérie Royale

 

- 25 juin 2018 -

 

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« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé »

Dévotion au Sacré-Cœur, culte de l’Amour

 

Les atrocités et les douleurs de la Passion ne suffisaient pas aux Juifs, il leur fallait encore accomplir un outrage de plus. De sa lance, le soldat ouvrit le côté du Christ. Telle une clef, la lance du soldat nous ouvre la porte. Bien plus que la lance, c’est le Cœur même de Notre Seigneur qui est la véritable clef. Le côté transpercé, comme à « cœur ouvert », Notre-Seigneur veut que nous allions à Lui. « Quoi de plus pur que ce sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ? » dira Saint Augustin.

« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé » et l’Époux, le côté transpercé, le « cœur ouvert » donne vie à l’Église. Elle qui est sortie de ce côté transpercé doit sans cesse revenir à son origine : l’amour du Cœur de Jésus. De haut de la croix, Notre-Seigneur voit les misères et les horreurs des hommes, Il scrute chacun de nos actes. Depuis déjà plusieurs siècles, notre pays a vu ses fils tant aimés du Père devenir des fils de malédiction. L’ancienne lance qui leur avait ouvert la porte de la vie, ils l’ont retournée vers eux-mêmes et ils ont détourné leurs regards. Pour ces raisons, nous avons un devoir d’expiation, de réparation, et de faire amende honorable au Cœur Sacré de Jésus. Dans cette auguste mission, Notre Seigneur ne nous a-t-Il pas dit : « Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » et aussi « je demanderai au Père, et Il vous donnera un autre Paraclet, l’Esprit de vérité ». Alors, avec de telles promesses, nous pouvons courageusement nous engager dans cette mission.

 

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  1. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé », Lui qui est le pain descendu du ciel.

Le mois de Juin est traditionnellement consacré au Sacré Cœur de Jésus. L’Église dans sa grande sagesse et par sa vénérable liturgie nous conduit. Elle nous envoie l’Esprit Paraclet en la fête de Pentecôte, nous fait ensuite contempler le mystère de la Très Sainte Trinité, puis nous fait adorer l’adorable corps de Jésus-Christ sous les voiles du Saint-Sacrement avec la « Fête Dieu. » À présent nous devons nous approcher plus particulièrement du Sacré Cœur de Jésus, brasier d’amour. Que ce temps liturgique est riche, qu’il est révélateur de la sagesse de l’Église ! Alors, si nous trouvons que l’Église nous propose bon nombre de fêtes entre la fin mai et début juin, il faut y voir une logique, bien plus, l’expression de la sagesse de l’Église. Si la fête du Sacré-Cœur est si proche de celle du Saint-Sacrement, n’est-ce pas pour mieux exprimer le lien très étroit entre les deux ? C’est Notre-Seigneur qui l’a voulu ainsi. Ce désir, Il l’a lui-même exprimé alors que Marguerite-Marie était en prière devant l’Eucharistie.

D’ailleurs, Notre Seigneur n’a-t-Il pas demandé à Sainte Marguerite-Marie la communion réparatrice du vendredi et la pratique de l’heure sainte. En allant devant la Sainte Hostie, nous rencontrons le divin Cœur de Jésus. Disons aussi que la dévotion au Sacré Cœur peut indéniablement avoir une grande influence sur nos communions : plus la dévotion grandit en nous, plus elle nous pousse à toujours mieux communier. Avec la douloureuse Passion, l’Eucharistie est la plus profonde manifestation de l’extrême amour de Jésus pour nous.

 

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  1. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé », Lui qui est Amour.

 

« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ». Les hommes ayant désappris l’amour, le Sacré Cœur est le seul à pouvoir réapprendre l’Amour, car Il est l’Amour. Alors Bien-Chers Confrères, ne perdons pas de vue l’essentiel : le Crucifié. C’est Jésus Crucifié qui laisse son Cœur être transpercé de la lance. Allons à lui et offrons-lui quelques consolations. Oh, nous aimons le Sacré Cœur, mais pensons-nous, devant les images du Sacré Cœur, à toutes les douleurs qu’Il a dû endurer pour nous, dans sa douloureuse Passion ?

Marguerite-Marie a été la grande propagatrice de l’amour du Cœur de Jésus, de son Sacré Cœur. L’objet propre de cette dévotion n’est autre que le divin amour, par lequel Jésus s’est livré pour nous. Et Jésus l’a lui-même dit à Sainte Marguerite-Marie, en montrant son Cœur de chair : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. »

« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé. » Le Sacré-Cœur est comme le soleil qui doit éclairer et réchauffer nos propres cœurs. « Ce Sacré-Cœur m’était représenté comme un soleil brillant d’une éclatante lumière, dont les rayons tout ardents donnaient à plomb sur mon cœur. » dira Sainte Marguerite-Marie. L’amour de Dieu fait homme demande notre dévotion, nous ne saurions la lui refuser. Saint Bonaventure ne dit-il pas en commentant le chapitre 19, 31-37 du Saint Évangile de Jean : « Riche trésor, précieuse perle est votre Cœur, très bon Jésus ; nous les trouvons dans le champ labouré de votre corps. Qui rejetterait cette perle ? » Aimons Celui qui est Amour, aimons ce Cœur qui a tant aimé les hommes.

 

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  1. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé », Jésus-Christ a un message pour le Roi (1).

 

Parmi les hommes, il en est un que Notre-Seigneur désigne comme le « fils aîné de son Sacré Cœur », c’est le Roi : « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré Cœur, que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre. » Ainsi Marguerite-Marie a-t-elle formulé le message que Notre-Seigneur, au temps de Louis XIV, aurait voulu que l’on transmette à la personne du Roi. Il reste que ce message est d’une actualité certaine. Il nous faut sans cesse renouveler notre consécration, travailler au règne du Sacré Cœur dans notre pays, au sein de nos familles. Notre-Seigneur veut régner dans les cœurs de tous ses fils, Il veut toujours s’établir dans le cœur de son fils aîné.

Le 10 février 1792, alors qu’il est déjà prisonnier, Louis XVI serait entré à Notre-Dame pour se consacrer lui, sa famille et son royaume au Sacré Cœur. Ainsi, prenons cette démarche pour modèle. Dans les troubles actuels, l’instabilité politique, l’immoralité du peuple, la dévastation des mœurs, l’invasion islamique, le rejet de Dieu… consacrons-nous au Sacré Cœur ! Tant de bénédictions et de grâces nous serons assurées.

En ce mois de juin, en récitant les litanies du Sacré Cœur, pensons à tous ces hommes, à toutes ces femmes et à tous ces enfants qui avaient le Sacré Cœur attaché à leurs vêtements, signe de leur fidélité à Dieu et au Roi, son lieutenant. Souvent, ils sont allés jusqu’au sacrifice d’eux-mêmes. À leur exemple, nous devons avoir le Sacré Cœur en quelque sorte brodé « dans la peau ». Face aux grands tourments dont souffre notre pays, cherchons notre secours dans le Sacré Cœur.

Chaque jour, regardons Celui qu’ils ont transpercé et donnons-lui notre cœur. Jésus très aimant et très obéissant rendez nos cœurs semblables au vôtre.

 

Que cela soit-ainsi !

 

Abbé Louis-Samson de La Ferté

 

1 - année 1689.

 

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24/06/2018
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Grâce de renouveau de vie spirituelle et de ferveur reçue lors du pèlerinage de la Légitimité au Puy-en-Velay :

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Nous avons reçu ces jours-ci le témoignage suivant, qui tient en peu de mots mais qui illustre cependant de manière éloquente les grandes grâces dont le pèlerinage annuel de la Confrérie Royale au Puy-en-Velay peut être l'occasion. S'il y a - et nous en avons publié les récits - des grâces de guérison physique, les grâces de guérison intérieure, moins spectaculaire, ne sont toutefois pas les moindres.
Merci à T. qui a tenu à témoigner de la grâce reçue, et - par dessus-tout - merci à Notre-Seigneur et à Notre-Dame pour leurs bienfaits et leur sollicitude !

 

« Je vous fais parvenir la grâce que j’ai reçue lors du pèlerinage du Puy.

Jusqu’au pèlerinage au Puy en 2018 et ce, depuis presque une année, je m’étais fortement éloigné de la religion, ayant décidé de vivre ma vie. Je ne priais que très peu. Durant ce dernier pèlerinage, au cours de l’adoration guidée par vous-même, vos paroles ont suscité en moi un grand réveil de foi de façon instantanée. A partir de ce moment là, je me suis remis à prier de toute la ferveur de mon âme, priant par exemple un rosaire par jour (chose que je ne faisais pas avant). J’ai l’intime conviction d’avoir reçu du Ciel une immense grâce pour ce retour à la Foi. T. »

 

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19/06/2018
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Cérémonie d'hommage à SM le Roi Louis XVII (Paris - 7 juin 2018)

Nous informons nos amis de Paris et de la région parisienne de cette cérémonie anniversaire de la mort de SM le Roi Louis XVII :

 

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29/05/2018
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Lettre mensuelle aux membres de la Confrérie (25 mai 2018)

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De la maternité de sainte Jeanne d’Arc

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Portrait de Jeanne d’Arc selon une miniature du XVe s., musée de Rouen

Lundi dernier a été célébrée pour la première fois dans l’Église universelle[1] une fête mariale intitulée : « Marie Mère de l’Église », parce qu’en la fête de la Pentecôte, la Mère du Sauveur a enfanté une seconde fois le Christ, mais cette fois-ci son Corps mystique qu’est l’Église, de nouveau sous l’action du Saint-Esprit (cf. Lc 1, 35). Déjà sainte Thérèse de Lisieux disait de la Bienheureuse Vierge Marie qu’« Elle est plus mère que reine ».

Restant sauf le titre de Mater Ecclesiæ, exclusivement réservé à la Sainte Vierge, pourquoi n’y aurait-il pas également des « Mères dans l’Église », qui seraient comme le pendant féminin de ceux que l’Église a appelés très tôt les « Pères de l’Église »[2] ? Le propre d’une mère étant de donner la vie, d’allaiter et d’élever son enfant, le rôle des « Mères dans l’Église » serait d’enfanter les âmes à la vie de l’Église, de les nourrir en leur expliquant l’Évangile et de les faire grandir dans la foi et les autres vertus chrétiennes.

Au XVème siècle, époque de virilité marquée, comment ne pas reconnaître l’intervention proprement divine à l’égard d’une jeune bergère devenue femme soldat, à la tête de l’armée royale ? Si Jeanne est ainsi l’instrument du surnaturel, c’est que Dieu a bien quelque chose à nous dire à travers l’épopée de « la Vierge stupéfiante » (Pie II). D’autant que nous sommes bien renseignés sur ses paroles : l’auteur d’un tout récent Dictionnaire à la fois scientifique et amoureux sur notre héroïne estime que « nous sommes en présence du personnage de l’humanité, après Notre-Seigneur Jésus-Christ et la Très Sainte Vierge Marie, le plus documenté de tous les temps »[3].

Pourtant, comment une jeune vierge de 19 ans peut-elle exercer une maternité spirituelle ? Comment la jeune bergère qui « ne savait ni a ni b » peut-elle être enseignante dans l’Église ? Comment enfin celle que ses juges ont déclarée hérétique peut-elle ensuite être présentée en modèle aux Chrétiens ?

En appelant « Mère dans l’Église » les « femmes fortes »[4] – il y en a eu, et il y en a encore aujourd’hui – qui, par leur témoignage de foi, ont influencé la vie de l’Église et l’ont imprégnée du rayonnement de leur spiritualité, alors oui : il nous est permis d’accorder ce titre à la Pucelle d’Orléans, dont le destin a fortement marqué, non seulement les Français, mais encore l’Église universelle.

Afin d’approfondir la maternité de Jeanne dans les divers aspects de l’Église, envisageons la division traditionnellement tripartite de l’Église : militante, souffrante et triomphante. À l’instar du Christ, son « doux Seigneur », Jeanne est elle-même passée par ces trois étapes successives.

 

I)                  Jeanne : une Mère dans l’Église militante

Comme on ne peut être père sans d’abord avoir été fils, c’est en étant une « fille modèle » que Jeanne peut devenir une mère spirituelle ; fille respectueuse de ses parents bien sûr[5], en application du 4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère » (Ex. 20, 12). Mais sa piété filiale dépasse la simple filiation naturelle d’avec ses parents pour s’épanouir jusque dans sa relation à l’égard de Dieu, de l’Église et de son pays, envers lesquels elle exerça saintement cette vertu de piété.

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Maison natale de Jeanne à Domremy-la-Pucelle

§ 1. Fille de Dieu

Fille de Dieu, Jeanne l’est devenue comme tout Chrétien le jour de son baptême, semble-t-il en la fête de l’Épiphanie 1412. Mais cette appellation devient le titre particulier qui lui est attribué de son vivant pour montrer aux yeux de tous qu’elle est envoyée « de par Dieu ». C’est du reste ainsi que l’appellent ses « Voix », saint Michel surtout qui lui annonce que sa mission va commencer : « Va, fille de Dieu, va ! Je serai ton aide ! − Fille de Dieu, il faut que tu quittes ton village et ailles en France ».

Fille saine et sainte[6], examinée physiquement par d’autres femmes[7] et intellectuellement par un conseil de théologiens à Poitiers (mars 1429), son message est rendu facilement et rapidement crédible. Au village de Domremy, on s’accorde pour la dire simple, pieuse, honnête et serviable[8].

Sa mère lui avait transmis les rudiments de la foi : elle connaissait son Credo, son Pater et son Ave Maria[9]. Ses « Voix » complètent son éducation et l’aident à « se gouverner ». « Sois sage et bonne enfant, va souvent à l’église », lui conseillera par exemple l’archange saint Michel.

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Jeanne & ses Voix. Tableau de Hermann Anton Stilke (XIXe s.)

Elle aimait aller prier seule à l’église paroissiale ou à la chapelle plus reculée de Notre-Dame de Bermont ; son amour pour l’intimité avec le Seigneur la prédisposait déjà aux apparitions célestes dont elle bénéficierait dès l’âge de 13 ans. Son guide, c’est Jésus, dont le nom devient, dans la spiritualité profondément christocentrique de l’époque, « comme le souffle incessant de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie »[10].

Elle a en effet constamment sur les lèvres le Nom du Christ Seigneur ; Il est sa vie. « J’ai bon Maître, à savoir Notre-Seigneur, auquel je me rapporte de tout. Notre-Seigneur a toujours été le maître de mes faits, et l’ennemi n’y eut jamais puissance ». À son procès, elle répondra souvent : « Je m’en rapporte, Je m’en attends à Notre-Seigneur ».

La fidèle Servante n’entre pas au service de Charles le dauphin, elle est au royal service de son « Droiturier et Souverain Seigneur », le Christ. « Qui est ton Seigneur ? » lui demanda Baudricourt – « C’est le Roi du Ciel », répondit l’adolescente. Charles VII n’était que le « lieu-tenant » de Dieu : le locum tenens du vrai Roi de France : Jésus-Christ. C’est ce qu’illustre magistralement la triple donation du 21 avril 1429 qu’elle demanda au roi de ratifier devant notaires[11].

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Miniature d’un manuscrit de 1505

Instruite du plan divin la concernant, Jeanne se décide à vivre résolument l’engagement qui lui est demandé : elle est en cela un magnifique exemple de fidélité à la vocation[12]. La « Patronne du laïcat chrétien », comme l’appelle Jacques Maritain, « enseigne à la fois son devoir d’obéissance dans l’ordre spirituel et l’autonomie absolue de son action dans l’ordre temporel »[13]. Jeanne d’Arc n’est en effet qu’un exécutant parfait des ordres venus d’En-haut.

 

§ 2. Fille de l’Église

Par son baptême, tout chrétien devient également fils de l’Église, laquelle nous enfante à la vie surnaturelle. C’était du reste le cri de sainte Thérèse d’Avila en mourant : « Je suis fille de l’Église ! ». Saint Cyprien, Père de l’Église, disait également : « Nul n’a Dieu pour père s’il n’a pas également l’Église pour mère ».

Par son comportement, elle rayonne des vertus chrétiennes. Face à la rudesse des soldats qu’elle est amenée à côtoyer, elle les évangélise par sa bonté, son courage et son extraordinaire pureté. Sa vie devient alors « une source surnaturelle d’inspiration pour [notre] propre vie, inspirée par un exemple aussi glorieux que fructueux de l’histoire de France qui est aussi l’histoire de l’Église »[14].

L’interrogatoire qu’elle eut à subir lors de son procès cherche à la piéger sur sa soumission à l’Église institutionnelle afin de pouvoir la déclarer hérétique. Les questions sont révélatrices, et les réponses de Jeanne sont d’une limpidité et d’une profondeur étonnantes :

« Nous vous demandons si vous avez fait quelque chose contre la foi, si vous voulez vous en rapporter à la détermination de notre Sainte Mère l’Église ? – Que mes réponses soient vues et examinées par les clercs et que l’on me dise ensuite s’il y a quelque chose qui soit contre la foi chrétienne... S’il y a quelque chose de mal contre la foi chrétienne que Dieu a commandée, je ne le voudrais soutenir et serais bien courroucée d’aller contre. »

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Jeanne interrogée dans sa prison par le Cardinal de Winchester. Tableau de Paul Delaroche (XIXe s.)

« Voulez-vous vous mettre en la détermination de notre Sainte Mère l’Église de tout ce que vous avez fait, soit en bien, soit en mal ? – Quant à l’Église, je l’aime et je voudrais la soutenir de tout mon pouvoir pour notre foi chrétienne, et ce n’est pas moi qu’on devrait empêcher d’aller à l’église et d’entendre messe. – Voulez-vous vous rapporter de vos dits et de vos faits à la détermination de l’Église ? – Je m’en rapporte à Dieu qui m’a envoyée, et à Notre Dame et à tous les saints et saintes qui sont au paradis. Et il me semble que c’est un et même chose de Dieu et de l’Église, et que de cela on ne doit pas faire difficulté ; pourquoi en faites- vous difficulté ? »[15]

« Croyez-vous que vous êtes soumise à l’Église de Dieu qui est sur terre, à savoir notre seigneur le pape, les cardinaux, archevêques, évêques et autres prélats de l’Église ? – Oui, Dieu premier servi – Avez-vous commandement de vos voix de ne pas vous soumettre à l’Église militante qui est sur terre ni à son jugement ? – Je ne réponds rien que je prenne dans ma tête, mais ce que je réponds, c’est du commandement de mes voix et elles ne me commandent pas que je n’obéisse à l’Église. »[16]

Fille de l’Église, elle se soumet entièrement à son chef visible, le Souverain Pontife à qui elle en appelle lors de son procès, comme c’était le droit de tout accusé et qui lui sera refusé : « De tout ce que j’ai dit et fait, que cela soit transmis à Rome devers notre sire le pape, à qui, et à Dieu d’abord, je me rapporte »[17]. Car pour elle, le Christ et l’Église, « c’est tout un ».

            Son amour de l’Église va jusqu’à l’héroïsme puisqu’il la conduit à l’oblation : Jeanne voit le déroulement des événements avec un regard vraiment surnaturel, comme provenant de la volonté de Dieu, et les hommes – même les clercs indignes – comme ses instruments pour l’accomplir. « Dans l’amour de Jésus, Jeanne trouve la force d’aimer l’Église jusqu’à la fin »[18].

 

§ 3. Fille de France

Nous sommes tous les enfants de notre pays : nos parents nous enfantent à la vie naturelle, l’Église à la vie surnaturelle, et notre pays à la société civile, en nous offrant une terre, une langue, un patrimoine. « Patrie » signifie d’ailleurs : la « terre de nos pères ». L’honneur dû à notre pays est, en ce sens, le prolongement du 4ème Commandement de Dieu. Jeanne a rempli ce devoir au plus haut point, jusqu’à la mort.

Avec un aplomb qui dut fortement déplaire à ses juges ecclésiastiques, elle insistera sur la mission unique et personnelle qu’elle avait reçue de Dieu pour intervenir dans le sort de son pays livré à l’occupant anglais par le calamiteux traité de Troyes (1420) :

« Personne au monde, ni duc, ni fille du roi d’Écosse ne peut recouvrer le royaume de France ; il n’y a de salut qu’en moi. Je préférerais bien cependant filer auprès de ma pauvre mère ; car ce n’est pas là œuvre des personnes de mon état ; mais il faut que je le fasse, car ainsi le veut mon Seigneur ».

 Dans la bouche d’une paysanne, c’eût été un délire d’extravagance et d’orgueil si pareil discours n’était pas suivi des mots : « Ainsi le veut mon Seigneur », pour lequel vouloir c’est pouvoir. Elle doit rendre Dieu à la France et la France à son Dieu. « Je puis tout en celui qui me fortifie », répétait-elle après saint Paul (Phil. 4, 13). Et ça, ce n’est pas de la témérité mais la foi ; c’est faire une confiance absolue en Dieu, alors que tout pouvait sembler perdu au milieu de cette France exsangue et découragée.

À 17 ans à peine, elle redonne espérance aux Français qui n’y croyaient plus, enlisés dans l’interminable Guerre de Cent Ans. Sans remettre à plus tard sa décision, sur l’ordre de ses « Voix », elle part aussitôt redonner courage au Dauphin appelé à devenir roi de France, lequel n’était plus que le « roi de Bourges », se croyant même fils illégitime.

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Entrevue de Jeanne d’Arc & Charles VII à Chinon, basilique de Domremy

Paysanne qui n’avait pas été formée à la politique, elle avait compris l’injustice de cette occupation étrangère dont les pauvres gens étaient les premières victimes, dans l’insécurité d’un conflit qui n’en finissait pas. Le lien existant dès l’origine entre son expérience mystique et sa mission politique « fait de cette jeune fille un cas unique dans l’histoire de l’Église », a dit Benoît XVI[19], et il constitue « un des aspects les plus originaux de sa sainteté ».

Lorsque l’archange saint Michel se manifeste à Jeanne alors qu’elle n’a encore que 13 ans, elle se sent autant appelée à « intensifier sa vie chrétienne » qu’à « s’engager personnellement dans la libération de son peuple ». Pour cette « nouvelle Moïse », remplir ses devoirs envers Dieu va de pair avec honorer ceux envers son pays. Cette libération nationale est œuvre de justice humaine, que Jeanne va accomplir avec charité, par amour pour le Christ, charité qui fascina tant le poète Charles Péguy[20]. Ce qui en fait, continue Benoît XVI, « un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles »[21].

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Étant la digne fille de son pays, Jeanne devient sa protectrice non seulement ici-bas par son combat mené contre l’ennemi, mais encore après sa mort par le titre que lui accordera Pie XI de « Patronne secondaire de la France » (1922) : au Ciel, sa mission n’est donc pas terminée. Dans sa lettre apostolique Galliam Ecclesiæ filiam primogenitam (« France, fille aînée de l’Église ») par laquelle il lui décerne ce titre glorieux, le Pape est persuadé que ce patronage « pourra devenir pour la France une cause de bien, de prospérité et de bonheur »[22].

Depuis, la ferveur du peuple français reconnaissant continue de l’invoquer pour obtenir par son intercession, encore aujourd’hui, le secours de Dieu qui s’était fait en elle si éclatant.

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II)               Jeanne : une Mère dans l’Église souffrante

« Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi », dit le Catéchisme de l’Église catholique (§ 2473). C’est la voie qu’a suivie Jeanne pour être étroitement configurée au Christ, le « Serviteur souffrant » (cf. Is. 50, 4-7). Par son procès et par sa mort, elle mérite encore le titre de « Mère dans l’Église ».

§ 1. La Passion de Jeanne 

Le mystère de la souffrance fait entièrement partie du plan rédempteur de Dieu. La maternité entre de plain-pied dans ce mystère, comme l’évoque Notre-Seigneur :

 « La femme, lorsqu’elle enfante, éprouve de la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de la souffrance, à cause de la joie qu’elle a de ce qu’un homme est né dans le monde » (Jn 16, 21).

La maternité spirituelle n’échappe pas à cette règle, et l’Apôtre des Gentils compare lui-même son apostolat à un enfantement douloureux : « Mes petits-enfants que j’enfante encore, pour lesquels je ressens encore les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Jésus-Christ soit formé en vous » (Gal. 4, 19). C’est donc en souffrant sa Passion que Jeanne enfanterait spirituellement de nombreuses âmes. N’est-ce pas au pied de la Croix que la Vierge Marie est devenue la Mère de l’humanité[23] ?

De même que Jésus fut trahi par l’un de ses proches, l’apôtre Judas (cf. Lc 22, 48), Jeanne sera trahie devant Compiègne, faite prisonnière le 23 mai 1430 et vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10.000 £. Sa Passion commence alors, marquée par le long et dramatique procès qui la conduira au bûcher.

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Sainte Thérèse de Lisieux jouant sa propre pièce de théâtre dans le rôle de Jeanne d’Arc (1895).

Le premier procès de Jeanne, celui qui l’amène à sa condamnation, se déroule de janvier à mai 1431. Il deviendra le prototype de tous les procès politiques, « le plus infâme qui ait épouvanté les hommes depuis celui de Jésus-Christ » (Léon Bloy). Là, elle doit faire face à des hauts prélats et théologiens de la prestigieuse Université de Paris réunissant plus de trois cents prêtres, trois cardinaux et onze évêques à la solde des Anglais, sous l’égide d’un nouveau Caïphe en la personne de l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon.

Ce n’est pas un chef de guerre qui est ici jugé, c’est une jeune femme seule face à des théologiens aveuglés qui réclament sa mort, lui font du chantage, la terrorisent et même la torturent. C’est bien une Passion, qui n’est pas sans rappeler celle du Christ. L’injustice est criante. Mais Jeanne, bien qu’écrasée par ses juges, ne perd pas pour autant sa dignité. Elle a terriblement peur ; elle est humaine et la mort l’angoisse, mais elle est forte dans sa foi, et rayonnante lorsqu’il est question de celle-ci.

Ce procès nous révèle le cœur ardent de Jeanne. Émouvante de simplicité et de vérité, elle triomphe de tous les pièges que lui tendent ses juges corrompus. Loin de ce qu’ils pensaient alors, c’est finalement son témoignage qui la sortira grandie, elle qu’ils voulaient humilier.

Au fil des procès-verbaux, l’on découvre les admirables répliques de Jeanne et, à travers elles, tout un enseignement moral. Déjà, sa hauteur de vue, ses inspirations spirituelles que ne peuvent comprendre ses juges terre-à-terre. Elle leur parle de libération, ils pensent à une attaque matérielle. Mais tout comme dans la Passion du Christ, ce n’est pas d’une victoire temporelle dont il est ici question, mais bien d’une victoire spirituelle. L’aveuglement de ces juges hypocrites n’est pas sans rappeler celui des Juifs de l’Évangile[24].

« Ce procès, dira Benoît XVI, est une page bouleversante de l’histoire de la sainteté et également une page éclairante sur le mystère de l’Église qui, selon les paroles du Concile Vatican II, est ‘‘à la fois sainte et appelée à se purifier’’[25]. (…) Ces juges sont des théologiens auxquels manquent la charité et l’humilité pour voir chez cette jeune l’action de Dieu. Les paroles de Jésus viennent à l’esprit, selon lesquelles les mystères de Dieu sont révélés à qui possède le cœur des tout-petits, alors qu’ils restent cachés aux sages et aux savants qui n’ont pas d’humilité (cf. Lc 10, 21). Ainsi, les juges de Jeanne sont radicalement incapables de la comprendre, de voir la beauté de son âme : ils ne savaient pas qu’ils condamnaient une sainte. »[26]

 

§ 2. Comment meurt une Sainte

Le Sauveur a peu agi et beaucoup souffert ; sa grande œuvre, ce fut de mourir : c’est par sa mort qu’il a vivifié le monde. Ceux et celles qu’il s’est choisis n’échappent pas à la règle : « Le disciple n’est pas plus grand que le maître » (Lc 6, 40), lequel doit achever en sa chair « ce qui manque aux souffrances du Christ au profit de son Corps qui est l’Église » (Col. 1, 24). Le baptême de sang est inséparable de la mission divine. D’ailleurs, les deux conseillères qui assisteront Jeanne dans son appel sont précisément deux femmes martyres : sainte Catherine et sainte Marguerite, comme pour lui annoncer son futur sort.

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‘‘Les Vigiles de Charles VII’’, miniature du XVe s.

Par une incroyable machinerie, dont l’issue était réglée d’avance, elle allait être déclarée « hérétique, apostate, schismatique, blasphématrice, sorcière, idolâtre, relapse… » : pas moins de 69 chefs d’accusation lui sont reprochés ! « Ne te chaille pas de ton martyre, l’avaient encouragée ses « Voix » : prends tout en gré, Dieu t’aidera ; tu t’en iras par grande victoire en Paradis ! »[27]

Elle est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Pour unir son sacrifice à celui de Jésus, elle embrasse et presse contre son cœur une croix qu’on lui a fabriquée, puis demande à avoir devant les yeux une croix de procession, afin d’y puiser force et consolation. Les flammes l’atteignant, elle crie par trois fois : « Jésus ! Jésus ! Jésus ! ». C’est le testament qu’elle nous laisse : le saint Nom de Jésus, qui explique tout ensemble sa mission, son auteur, son but. Sa mort n’altère en rien la popularité qu’elle a rapidement acquise auprès du peuple, ni n’arrête la marche victorieuse de Charles VII, qui l’avait pourtant lâchement abandonnée.

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Jeanne d’Arc sur le bûcher place du Vieux-Marché à Rouen. Tableau de Jules-Eugène Lenepveu (1874) au Panthéon de Paris

Des témoins affirmèrent avoir vu son âme sous la forme d’une colombe s’élever vers le Ciel. Son corps virginal était quant à lui entièrement réduit en cendres, en signe de la pénitence qu’elle accomplissait pour cette terre qui la trahissait. « Et Dieu dit : ‘‘Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi’’ » (Gn 4, 10). Même son cœur qui, dit-on, était demeuré intact, allait être jeté à la Seine par le bourreau[28]. Dieu ne permit pas que l’on conservât ses reliques : son exemple seul devait traverser les siècles jusqu’à nous. « Ô Jeanne ! s’écriait Malraux dans un discours mémorable[29], Sans sépulcre et sans portrait ! Toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants ! »

 

III)            Jeanne : une Mère dans l’Église triomphante

Ici, notre étude ne suit plus la chronologie de la vie de Jeanne, car sa mission a vite rencontré une gloire terrestre qui allait rapidement laisser la place à la douleur. Pour suivre encore le Christ, elle est passée du Thabor au Calvaire : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). Revenons ici sur le triomphe terrestre qu’a connu Jeanne, auquel allait succéder un triomphe posthume bien plus grand encore.

§ 1. Le triomphe terrestre

Son succès ici-bas, c’est la complète réussite de sa mission divine : délivrer Orléans de l’occupation anglaise (8 mai 1429) et faire sacrer le vrai roi de France à Reims (seulement deux mois plus tard, le 17 juillet). Confiante en la véracité de ses « Voix », elle s’était écriée : « Mon Seigneur cependant veut que le Dauphin soit fait roi, et tienne le royaume en commande. Il sera fait roi malgré ses ennemis, et c’est moi qui le conduirai à son sacre ». L’extraordinaire chevauchée de Jeanne va durer exactement 487 jours, soit 16 mois.

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Sacre de Charles VII, auquel assiste Jeanne. Tableau de Jules-Eugène Lenepveu (XIXe s.) au Panthéon de Paris

Si en France, selon les Lois fondamentales du royaume, la naissance désigne le futur roi, elle ne le constitue pas et ne le met pas en possession du royaume. C’est un roi vassal qui doit attendre l’investiture du suzerain, le Seigneur de Jeanne ; cette investiture se fait par le sacre. Le rôle de Jeanne est alors de conduire Charles VII à Reims pour y recevoir l’Onction sainte : sa mission politique sera là encore couronnée de succès.

Des miracles éclatent de son vivant[30] : à Chinon, elle reconnaît aussitôt son « gentil Dauphin » dissimulé parmi les courtisans alors qu’elle ne l’avait jamais vu, elle soulage les douleurs du duc de Lorraine qui l’avait appelée à son chevet, elle ressuscite un nourrisson à Lagny, elle prédit le départ complet des Anglais dans les sept années qui suivront sa mort…

Dernier miracle que nous tenons à souligner : au moment de mourir, elle obtient ce qu’elle demande témérairement : communier une dernière fois. Bien que condamnée comme hérétique et contre toute règle canonique, elle est autorisée à recevoir la sainte Communion. Qu’il nous soit permis d’y voir ici un « petit » miracle que Dieu favorisait pour lui accorder la force du martyre.

 

§ 2. La « Sainte de la Patrie »

« Celle qui est l’insigne gloire de votre patrie, l’est en même temps de la religion catholique » dira Léon XIII[31]. Après le triomphe terrestre, suivi immédiatement de sa Passion, son triomphe céleste va commencer. La « revanche » de l’héroïne condamnée franchit une première étape avec son procès en réhabilitation initié dès 1456[32] par le Pape Calixte III à la demande de sa famille, réunissant quelque 120 témoins oculaires.

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Cérémonie de canonisation de la Bse Jeanne d’Arc en la basilique Saint-Pierre (1922)

Mais il faudra attendre le 27 janvier 1894 pour qu’elle soit déclarée « Vénérable »[33] (Léon XIII), le 18 avril 1909 pour qu’elle soit béatifiée (saint Pie X) et le 16 mai 1920 pour qu’elle soit canonisée (Benoît XV), dans un contexte historique de violentes luttes anticléricales[34]. Deux ans après sa canonisation (1922), Jeanne est déclarée Patronne secondaire de la France (Pie XI). Elle qui, de son vivant, en appelait au Saint-Père pour que sa cause lui soit transmise, ce sont finalement cinq Papes qui vont lui rendre justice, depuis la révision de son procès jusqu’à son patronage céleste sur la France.

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Saintes Patronnes de la France : la Sainte Vierge, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus & sainte Jeanne d’Arc. Tableau de Sr Marie du Saint-Esprit o.c.d. conservé au carmel de Lisieux (1945).

Lorsqu’un saint est canonisé, c’est l’action indéniable et éclatante de Dieu à travers cette personne que l’Église cherche à exalter. On peut se demander quels avantages cette jeune femme de 19 ans pouvait apporter à l’Église. Mais un saint est toujours un trésor pour l’Église. Plus que soldat, elle fut apôtre ; Jeanne d’Arc ne fut pas canonisée pour avoir servi la France, mais pour avoir servi Dieu – mais en servant Dieu, elle servait son pays. Les comptes rendus du procès de Rouen nous montrent à ce propos son incontestable grandeur d’âme. Sa fête est inscrite au calendrier universel au 30 mai, jour de son dies natalis, c’est-à-dire de sa naissance au Ciel ; elle est solennisée en France le deuxième dimanche du mois de mai.

Après sa canonisation par l’Église catholique vient celle de la République laïque : Jeanne devient la « Sainte de la Patrie »[35], personnifiant le vrai patriotisme français. L’historien Michelet, en 1841, en fait une héroïne incarnant le peuple, capable de cristalliser le sentiment national. Dès lors, historiens et politiciens s’emparent de la jeune Pucelle pour en faire tour à tour une figure traditionnelle de gauche comme de droite. Deux mois après sa canonisation par l’Église, une loi civile toujours en vigueur est votée à l’unanimité, instituant la « fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme »[36] fixée au deuxième dimanche de mai : Jeanne devient ainsi la mère de la « nation ». Depuis, une cérémonie militaire a lieu traditionnellement devant sa statue équestre à Paris.

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Statue équestre de Jeanne d’Arc, place des Pyramides à Paris (1874)

Tous veulent se reconnaître dans cette figure emblématique, de l’extrême-gauche (on veut la qualifier de « première révolutionnaire » après Jésus, le « premier des sans-culottes » [sic !] selon l’expression du prêtre jacobin Chabot !) à l’extrême-droite (elle est le porte-flambeau du Front National), en passant par les féministes et les « tradis »… Bref, « Jeanne relève du patrimoine universel de l’humanité »[37]. Le nationaliste Maurice Barrès s’en fera l’écho dans un vibrant discours à la Chambre des députés :

« Il n’y a pas un Français, quelle que soit son opinion religieuse, politique ou philosophique, dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes. Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique ? C’est une martyre et une sainte. Êtes-vous royaliste ? C’est l’héroïne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims. Rejetez-vous le surnaturel ? Jamais personne ne fut aussi réaliste que cette mystique ; elle est pratique, frondeuse et goguenarde, comme le soldat de toutes nos épopées… Pour les Républicains, c’est l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies… Enfin, les socialistes ne peuvent oublier qu’elle disait : ‘‘J’ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux’’. Ainsi, tous les partis peuvent se réclamer de Jeanne d’Arc. Mais elle les dépasse tous. Nul ne peut la confisquer. »[38]

Elle fait l’unanimité si l’on peut dire, et son culte est répandu jusque chez les « Anglois » qu’elle avait « boutés hors de toute France »[39] ! C’est que la sainteté est à la fois universelle et unifiante.

 

§ 3. Le Docteur de la Royauté sociale du Christ

Plus encore que Mère, Jeanne est « Docteur », c’est-à-dire qu’elle ne nous laisse pas seulement une spiritualité éducative (ce qui est le propre du père et de la mère), elle est véritablement enseignante par la doctrine ecclésiale qu’elle nous livre au cours de sa courte mais intense « vie publique ».

Docteur ? N’est-ce pas exagéré pour celle qu’on dit analphabète et sachant à peine écrire son nom ? Sa science ne procède pas de son instruction, certes, mais elle est chez elle directement infuse par Dieu, en application de la parole du psaume : « C’est moi qui enseigne aux hommes la vraie science » (Ps. 113, 10). En développement de ce verset biblique, l’Imitation fait dire à Jésus-Christ :

« Celui à qui je parle deviendra vite sage et fera de grands progrès spirituels. (…) C’est moi qui élève l’âme humble en un clin d’œil et lui donne plus de rayons de l’éternelle vérité que si elle avait étudié dix ans dans les écoles. Moi, j’enseigne sans bruit de paroles. »[40]

En déclarant sainte Thérèse de Lisieux Docteur de l’Église universelle, le Pape Jean-Paul II précisait :

« La science de l’amour divin que répand le Père de toute miséricorde, par Jésus-Christ en l’Esprit Saint, est un don accordé aux petits et aux humbles afin qu’ils connaissent et qu’ils proclament les secrets du Royaume cachés aux sages et aux savants. »[41]

« La science de l’amour divin » : c’est parce que Jeanne l’a elle-même éminemment pratiquée et enseignée que l’évêque de Blois de l’époque, Mgr de Germiny, réclamait il y a une dizaine d’années le doctorat pour Jeanne à l’occasion des festivités orléanaises[42].

On pourrait en effet reconnaître dans la Sainte de Lorraine le charisme d’enseignement d’un Docteur de l’Église : cela tant, comme pour la « petite Thérèse », « à la fois à cause du don de l’Esprit Saint qu’elle a reçu pour vivre et exprimer son expérience de foi et à cause de son intelligence particulière du mystère du Christ »[43], que, à l’instar de sainte Catherine de Sienne, de sa sagesse infuse :

« Ce qui frappe plus que tout dans la sainte, c’est la sagesse infuse, c’est-à-dire l’assimilation brillante, profonde et exaltante des vérités divines et des mystères de la foi (…) due à un charisme de sagesse de l’Esprit Saint »[44].

Son enseignement rayonne d’ailleurs jusque dans le Catéchisme de l’Église catholique, qui la cite à quatre reprises : la réception ecclésiale de sa doctrine manifeste bien l’autorité qu’elle a acquise dans l’explicitation de notre foi.

Chaque Docteur de l’Église a en quelque sorte sa spécialité : chacun s’est plu à mettre en lumière l’un des mystères divins en particulier. Pour Jeanne, c’est la doctrine du Christ-Roi : « Tout dans son existence, écrivait l’un de ses biographes jésuite, est pour faire resplendir le dogme de la royauté de Jésus-Christ »[46]. Cinq siècles avant que ne soit instituée la fête du Christ-Roi[47], la « Messagère du Roi du Ciel » se fait le héraut de ce titre royal de Jésus, universel dans son étendue sur les individus, les familles et les nations[48], en application de sa propre parole : « Toute puissance m’a été donnée au Ciel et sur la terre » (Mt 28, 18).

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Coupole de la basilique de Domremy : Jeanne offrant la couronne et le sceptre du royaume de France au Christ-Roi

De cette soumission de l’homme à Dieu dépend son bonheur ici-bas, selon ce qu’affirmait Pie XI : « Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables – une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix – se répandraient infailliblement sur la société tout entière »[49]. Ce principe, Jeanne y croyait de toutes ses forces, et l’on peut dire qu’elle en est véritablement l’apôtre pour l’avoir appliqué, et fait appliquer en son propre royaume. Sa sainteté ne fut-elle pas de se laisser gouverner entièrement par le Christ ?

Les régimes politiques passent, le règne de Dieu demeure. Au-dessus des régimes pour le moins fluctuants, il existe une constitution supérieure qui « ne passera jamais » (1 Cor. 12, 31) : la loi divine promulguée par l’Homme-Dieu. C’est à cela qu’on reconnaissait la Chrétienté : Jésus-Christ, Roi commun des peuples, et la loi de l’Évangile : leur loi première.

Pour Jeanne, le Salut de la France et des Français n’est pas ailleurs que dans la fidélité à sa vocation chrétienne. Née sous trois Papes[50], Dieu ne l’envoie pourtant pas désigner le « bon » Pape, mais placer le « bon » roi sur le trône de France ; elle n’a pas pour mission de mettre un terme au grand Schisme d’Occident mais à la Guerre de Cent ans.

Jeanne rayonne sur toute la sainte Église et sur le monde entier pour y faire éclater la vérité signifiée dans le mystère de l’Épiphanie : la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Dieu fit naître la Pucelle en la fête de l’Épiphanie, au jour de la manifestation des droits de l’Emmanuel sur les rois et sur les nations qu’elle avait mission de rappeler aux chrétiens oublieux et ingrats. »[51]

La mission de Jeanne dépasse toutefois le domaine du politique, même s’il est essentiel : elle personnifie le surnaturel chrétien faisant irruption dans l’histoire, l’action du surnaturel dans le temporel. « Jamais, sauf peut-être dans l’Ancien Testament, jamais n’était descendu du Ciel un pareil message politique. Scène admirable en vérité, où la leçon de droit public le dispute à la sublimité de l’exemple chevaleresque. »[52]

 

IV)             Jeanne : Mère de la Confrérie royale !

Chers amis et amants de la France, Jeanne est votre mère parce qu’elle a aimé son pays et son roi « jusqu’à la fin » (Jn 13, 1). Il est du rôle d’une mère d’apprendre à ses enfants à aimer, par l’exemple de son cœur maternel : mettons-nous donc à son école pour aimer et servir Dieu, l’Église, notre pays et notre Roi du même amour inconditionnel et du même zèle ardent que notre Sainte nationale ! Défendons et gardons « comme un trésor » (Pv 2, 4) les Lois fondamentales du Royaume que sainte Jeanne d’Arc a si bien honorées.

Chers amis Confrères et sympathisants de la Confrérie royale, pour cela vous vous êtes obligés à un engagement bien léger et pourtant tout-puissant sur le Cœur de Dieu parce qu’il honore sa sainte Mère : la triple récitation quotidienne de l’angélus, auquel est ajoutée l’oraison pour le Roi. Pour réveiller votre ardeur et encourager votre fidélité, rappelons ici que c’est un noble usage français, dû à la piété du roi Louis XI (1472), qui ordonna qu’on sonnât les cloches de toutes les paroisses du royaume le matin, le midi et le soir afin d’imprégner dans son peuple cette belle dévotion mariale.

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‘‘L’angélus’’ par Jean-François Millet (1859)

Au temps fixé des miséricordes de Dieu sur la France, d’ailleurs, c’est à l’heure où sonnait l’angélus de midi qu’un archange descendit sur Domremy, comme un autre été descendu sur Nazareth pour saluer la Vierge immaculée. S. Michel répéta les mots de S. Gabriel : « Ne crains pas, fille de Dieu, va ! ». Il lui fera part de l’extraordinaire mission que Dieu veut confier à sa faiblesse. Un fiat, écho de celui de Marie, répondra, dans le cœur de cette humble fille, aux propositions divines. Quand Jeanne s’avancera plus tard à la tête des armées, avec la scène de l’Annonciation brodée sur le pennon de sa lance, on pourra reconnaître à ce signe qu’elle ne marche que par ordre de cet angélus, qu’il est l’instant décisif de son existence, qu’il marque le point de départ de sa mission, de son avenir, de sa gloire.

Beaucoup parmi vous étiez présents à l’inoubliable Jubilé du Puy-en-Velay il y a deux ans. Le commencement de la « vie publique » de sainte Jeanne d’Arc coïncide avec le Grand Pardon de Notre-Dame du Puy de l’an 1429. Si Christine de Pisan a pu chanter : « L’an mil quatre cent vingt et neuf, Reprit à luire le soleil… », c’est que cette année-là, à la prière d’Isabelle Romée, mère de Jeanne, et des hommes que la Pucelle avait envoyés de Chinon, Notre-Dame du Puy, qui est Notre-Dame de France, bénissait les gestes de son envoyée. Jeanne n’avait voulu marcher que sous cette bénédiction.

Dès le mois de mai 1428, Jeanne d’Arc priait Baudricourt « qu’il mandât au Dauphin de se bien tenir et qu’il n’engageât pas la bataille contre ses ennemis, parce que son Seigneur Dieu lui enverrait du secours avant la Mi-Carême ». Pourquoi ? Parce que cette date, à laquelle elle subordonnait le succès de sa mission, c’était celle où sa mère partirait en pèlerinage au Puy, dont le jubilé allait se célébrer le 25 mars. Et le capitaine de Vaucouleurs y envoyait plusieurs de ses compagnons d’armes. C’est de ces prières à Notre-Dame de France que Jeanne attendait la victoire.

C’est au retour des pèlerins du Puy qu’elle fait peindre ses drapeaux : une bannière, un étendard, un fanion, qui figuraient le mystère de l’Annonciation avec l’ange offrant à la Vierge la fleur de lys, « fleur de pureté et fleur de France ». Comme l’a écrit l’un de ses talentueux biographes : « L’image de l’Annonciation, c’est la commémoration constante, auprès d’elle, de cette fête de Notre-Dame du Puy qui lui a été assignée comme point de départ de sa mission »[53]. Aussi le même historien ne fait-il pas difficulté à le reconnaître :

« La Vierge du Puy fut une Notre-Dame des Victoires… Au Puy se sont réfugiés en quelque sorte l’espoir suprême de la France et le culte spécial de la Vierge annoncée, de la Vierge angélique, celle à qui l’ange incliné apporte la couronne, emblème de la pureté. Le sanctuaire du Puy est en même temps le sanctuaire palladium de la royauté française. La Vierge au lys et la royauté des lys, ces deux images sont unies dans l’enthousiasme des foules ».

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Jeanne d’Arc, sculpture du R.P. André Besqueut s.j. dans la cathédrale du Puy

Aussi, quelle heureuse et providentielle coïncidence d’avoir à associer la Sainte Vierge et la Sainte Pucelle, toutes deux, dans notre piété de mai ! Le mois de Marie est également celui de Jeanne. En effet, l’histoire de Jeanne d’Arc, c’est le miracle du mois de mai : « C’est en mai que la jeune fille entend ses Voix, étincelantes et inflexibles comme des épées. C’est en mai qu’elle délivre Orléans, cœur de lys et cœur de France. C’est en mai qu’elle est surprise à Compiègne, devant les barrières fermées… Et c’est en mai qu’elle gravira la montagne de feu »[54]. Ajoutons que c’est au mois de mai que sa glorification sera consommée par sa canonisation.

 

Conclusion

Une vie humaine est-elle moins utile parce qu’elle a été plus courte ? L’intensité avec laquelle la Pucelle a vécu, comme le Christ, sa « vie cachée » dans la prière et l’anonymat, puis sa « vie publique » dans la vertu et le dévouement, explique à juste titre le rayonnement qu’elle a mérité, non seulement en France mais dans le monde entier, dans l’Église universelle.

Le fabuleux destin de Jeanne, qui a consisté à « vivre de manière extraordinaire les choses ordinaires, et de manière ordinaire les choses extraordinaires » selon la définition de la sainteté donnée par Jean-Paul II[55], fait éclater en elle les titres suivants qui l’honorent :

       elle est pleinement femme, vivant la maternité spirituelle et la virginité consacrée qui sont, selon Jean-Paul II, « les deux dimensions de la vocation de la femme »[56]. « Dans ce ‘‘sexe faible’’ impropre aux grandes entreprises éclate l’une des plus foudroyantes réussites de l’histoire, le plus profond et le plus heureux retournement de nos destinées nationales »[57] ;

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Plaque commémorative des fiançailles rompues de Jeanne (Toul)

       elle est pleinement apôtre, servante de Dieu dont l’apostolat se résume en une formule lapidaire : « Messire Dieu premier servi ! »[58] pour nous élever en toutes circonstances dans le monde surnaturel ;

       elle est pleinement modèle de sainteté :

« Avec son témoignage lumineux, dit Benoît XVI, sainte Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées ; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit ; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l’amour de Jésus un profond amour pour l’Église »[59] ;

       elle est pleinement martyre, unissant ses souffrances à la mort rédemptrice du Sauveur ;

       elle est pleinement maîtresse de vie spirituelle : « La pureté de son idéal, la charité de ses motifs, sa piété parfaitement à la portée de tous, conviennent tout-à-fait à l’instruction spirituelle de notre époque », estime le cardinal américain Wright[60].

Au vu de cette liste de titres de noblesse de l’âme, comment ne pas penser à celle qui l’admirait tant, sainte Thérèse de Lisieux, qui s’exclamait :

« Je sens en moi d’autres vocations, je me sens la vocation de guerrier, de prêtre, d’apôtre, de docteur, de martyr ; enfin, je sens le besoin, le désir d’accomplir pour toi Jésus, toutes les œuvres les plus héroïques... Je sens en mon âme le courage d’un Croisé, d’un Zouave Pontifical, je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense de l’Église... »[61] ?

Pour toutes ces raisons, nous voyons pleinement en Jeanne une Mère dans l’Église, figure de « femme forte » qui porta « sans peur la grande lumière de l’Évangile dans les complexes événements de l’histoire ». Voilà pourquoi, ajoutait Benoît XVI, nous pourrions la « rapprocher des saintes femmes qui restèrent sur le Calvaire, à côté de Jésus crucifié et de Marie sa Mère, tandis que les Apôtres avaient fui et que Pierre lui-même l’avait renié trois fois »[62].

« Quand je suis faible, c’est alors que je suis forte » aurait pu dire sainte Jeanne d’Arc à la suite de l’Apôtre (2 Cor. 12, 20), car « ce quil y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort » (1 Cor. 1, 27). L’évêque du Puy commentait l’an dernier cette parole de saint Paul ainsi : « Quand il s’agit de transformer notre monde en un monde plus juste et plus beau, Dieu a toujours des projets audacieux, et il les réalise souvent avec les petits et les faibles »[63].

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Signature de la Sainte

Jeanne, tout comme Marie, incarne puissamment le choix de Dieu. À la suite de la Sainte Vierge, la Pucelle devient « l’expression du ‘‘génie féminin’’ »[64], se faisant de manière éclatante « la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Et se mettre au service de Dieu, c’est toujours se mettre au service des hommes, tandis que l’inverse n’est pas vrai.

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La Pentecôte, par El Greco (1600), musée du Prado à Madrid

En cette Octave de la Pentecôte, laissons-nous enfanter par le Christ dans l’Esprit Saint afin de Le faire renaître en notre terre de France : oui, que le Saint-Esprit couvre de son ombre le Royaume de Marie, comme Il avait jadis recouvert le corps immaculé de Notre-Dame, pour une renaissance du noble Royaume de France !

Notre-Dame de Pentecôte, priez pour la France ! Faites refleurir le Royaume des lys !

Sainte Jeanne d’Arc, Patronne secondaire de la France, priez pour votre patrie terrestre !

R.P. Clément de Sainte-Thérèse +

 



[1] Cette fête liturgique existait déjà en Pologne ce même lundi de Pentecôte.

[2] Sont appelés Pères de l’Église les auteurs ecclésiastiques remplissant, selon S. Vincent de Lérins (que l’on fête ce 24 mai), quatre critères distinctifs : l’orthodoxie de leur doctrine, la sainteté de leur vie, l’approbation de l’Église et l’ancienneté.

[3] Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire encyclopédique de Jeanne d’Arc, Desclée de Brouwer, 2017.

[4] La « femme forte » est décrite dans le livre des Proverbes : « Cette femme forte, qui la trouvera ? Sa valeur surpasse de beaucoup celle du corail… » (Pv 31, 10 sv).

[5] Le respect dû à ses parents sera évoqué lors de son procès car elle partit à Chinon contre la volonté paternelle. Mais Jeanne répondra qu’« il vaut mieux obéir à Dieu qu’à ses parents » (Procès de condamnation), et rappellera qu’elle avait écrit à son père pour lui demander pardon.

[6] « Être surnaturel en qui la beauté prend sa source dans l’innocence, la gloire dans la vertu », dira d’elle le futur cardinal Pie dans son éloge du 8 mai 1844, prononcé dans la cathédrale d’Orléans. Il poursuit ainsi : « Par l’esprit et par le cœur, je ne connais rien de plus chrétien et de plus français que Jeanne d’Arc, rien de plus mystique et de plus naïf ; en elle la nature et la grâce se sont embrassées comme sœurs ; l’inspiration divine a laissé toute sa part au génie national, tout son libre développement au caractère français ; c’est une extatique chevaleresque, une contemplative guerrière ; elle est du ciel et de la terre ».

[7] Examen de virginité à Domremy et à Vaucouleurs.

[8] Cf. Procès de réhabilitation.

[9] Cf. Procès de condamnation, 8ème séance (21 février 1431), premier interrogatoire après le serment.

[10] Benoît XVI, audience générale du mercredi 26 janvier 2011.

[11] Nous le savons par l’auteur du Breviarium historiale, un clerc français qui vivait à Rome, attaché peut-être à la personne du Pape Martin V. « Un jour, écrit-il, la Pucelle demanda au roi de lui faire un présent. La prière fut agréée. Elle demanda alors que le royaume de France fût le présent sollicité : le roi étonné le lui donna après quelque hésitation, et la jeune fille l’accepta ; elle voulut même que l’acte en fût dressé et lu par les quatre secrétaires du roi. La charte rédigée et lue à haute voix, le roi resta un peu ébahi, lorsque la Pucelle le montrant à l’assistance dit : ‘‘Voilà le plus pauvre chevalier du royaume !’’ ; et après un peu de temps, en présence des mêmes notaires, disposant en maîtresse du royaume de France, elle le remit entre les mains de Dieu tout-puissant. Puis au bout de quelques autres moments, elle investit le roi Charles du royaume de France. De tout cela elle voulut qu’un acte solennel fût dressé par écrit » (R.P. Jean-Baptiste Ayroles s.j., La vraie Jeanne d’Arc, E. Vitte, 1894).

[12] C’est du reste ainsi qu’elle est invoquée dans les Litanies à sainte Jeanne d’Arc approuvées par l’évêque de Blois en 1960 : « Sainte Jeanne d’Arc, docile à l’appel de Dieu et exemple de fidélité à la vocation, priez pour nous ! ».

[13] Me Jacques Trémolet de Villers, Jeanne d’Arc – Le procès de Rouen, Les Belles Lettres, 2016.

[14] Mgr Luigi Ventura, Nonce apostolique en France, préface au Dictionnaire encyclopédique de Jeanne d’Arc précité (4ème de couverture).

[15] Ibid., 17 mars 1431.

[16] Ibid., 31 mars 1431.

[17] Ibid., 24 mai 1431.

[18] Benoît XVI, loc. cit.

[19] Benoît XVI, loc. cit.

[20] Il est l’auteur d’un célèbre drame médiéval intitulé : « Le Mystère de la Charité de Jeanne d’Arc » (1897).

[21] Benoît XVI, loc. cit.

[22] Pie XI, lettre apostolique Galliam Ecclesiæ filiam primogenitam (1922) § 2.

[23] « Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : ‘‘Femme, voilà ton fils’’. Puis il dit au disciple : ‘‘Voilà ta mère’’. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jn 19, 26-27).

[24] « Alors les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple se réunirent (…) et ils délibérèrent sur les moyens d’arrêter Jésus par ruse et de le faire mourir » (Mt 26, 3-4).

[25] Constitution dogmatique sur l’Église Lumen gentium (1964) § 8.

[26] Benoît XVI, loc. cit.

[27] Procès de condamnation, 14 mars 1431.

[28] Procès de réhabilitation, déposition de Jean Massieu, huissier.

[29] André Malraux, discours prononcé à Rouen le 31 mai 1964 à l’occasion des fêtes johanniques.

[30] Trois miracles seront plus tard retenus lors de son procès en béatification, et encore trois autres pour sa canonisation.

[31] Bref Rem tu amptam de Léon XIII adressé au R.P. Ayroles pour son ouvrage : Jésus-Christ Roi : point culminant de la mission de Jeanne d’Arc (1894).

[32] La sentence de nullité sera rendue le 7 juillet 1456.

[33] Serviteur ou Servante de Dieu qui a pratiqué les vertus chrétiennes de manière héroïque.

[34] La loi de séparation des Églises et de l’État en France date de 1905.

[35] C’est l’expression du cardinal Touchet (1848-1926), l’évêque d’Orléans surnommé « l’évêque de Jeanne d’Arc » parce qu’il fut l’artisan de son procès en canonisation.

[36] Cf. au Journal officiel la loi du 10 juillet 1920.

 

[37] Pascal-Raphaël Ambrogi, loc. cit.

[38] Discours à la Chambre des Députés en 1919 présentant le projet de loi visant à instituer une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc.

[39] Message de Jeanne aux Anglais du 29 avril 1429, lors du siège d’Orléans.

[40] Imitation de Jésus-Christ, livre III, chap. 43 : « La science vaine et profane », § 3.

[41] Jean-Paul II, lettre Divini amoris scientia du 19 octobre 1997 (§ 1), proclamant sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l’Église universelle.

[42] Cf. Mgr Maurice de Germiny, homélie prononcée lors des fêtes johanniques à Orléans le vendredi 8 mai 2009 : « Il semblerait juste et bon que Jeanne d’Arc soit déclarée Docteur de l’Église universelle, rejoignant ainsi Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux ».

[43] Jean-Paul II, op. cit., § 7.

[44] Paul VI, discours du 4 octobre 1970 pour le doctorat de sainte Catherine de Sienne.

[46] Ayroles, Jésus-Christ Roi, op. cit., p. 42.

[47] Cf. Pie XI, encyclique Quas primas du 11 décembre 1925 instituant la « fête de Notre-Seigneur Jésus-Christ Roi » et ordonnant qu’on récite ce jour-là la consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus (§ 19), pour rappeler que le règne du Christ est d’abord un règne d’amour. On s’étonne toutefois qu’une encyclique consacrée à la royauté du Christ ne fasse aucune mention de sainte Jeanne d’Arc !

[48] Cf. Ibid., § 13 : « Les hommes ne sont pas moins soumis à l’autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée ».

[49] Ibid., § 14.

[50] En 1412 régnait le Pape Grégoire XII (1406-1415), auquel s’opposaient deux antipapes : Benoît XIII, à Avignon, et Jean XXIII, à Pise.

[51] Mgr Henri Delassus, La mission posthume de sainte Jeanne d’Arc et le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Desclée de Brouwer, 1913.

[52] Pierre Virion, Le mystère de Jeanne d’Arc & la politique des Nations, Téqui, 1972.

[53] Gabriel Hanotaux, Jeanne d’Arc, P. Hachette & Cie, 1911.

[54] Jean-Jacques Brousson, Les fioretti de Jeanne d’Arc, Flammarion, 1931.

[55] Jean-Paul II, audience du 26 novembre 2001.

[56] Jean-Paul II, lettre aux Femmes Mulieris dignitatem (1988) § 17.

[57] Dom Gaston Aubourg, Entretiens sur les choses de Dieu, Nouvelles Éditions Latines, 1965.

[58] Procès de condamnation, op. cit., p. 228.

[59] Benoît XVI, loc. cit.

[60] Citation rapportée par Pascal-Raphaël Ambrogi, loc. cit.

[61] Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte-Face, Histoire d’une âme, Ms B, fol. 2 v°.

[62] Benoît XVI, loc. cit.

[63] Mgr Luc Crépy, évêque du Puy, sermon du 14 mai 2017 prononcé dans la cathédrale d’Orléans à l’occasion des fêtes johanniques.

[64] Jean-Paul II, Lettre aux Femmes du 29 juin 1995.


24/05/2018
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