L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

« Voici l'heure de la puissance des ténèbres »

« Voici l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b)

 

Lettre mensuelle aux membres et amis de la Confrérie Royale

- 25 octobre 2019 -

 

 

Chers Messieurs les Chanoines,

Mes Révérends et chers Pères,

Chers Messieurs les Abbés,

Chers Frères et Sœurs en notre Confrérie Royale,

Bien chers Amis,

 

Notre Sainte Eglise catholique romaine se trouve en ces jours-ci dans une période des plus difficiles et des plus critiques de sa longue histoire, cela est une évidence qui ne peut échapper à aucun observateur possédant un minimum d'intelligence, un minimum de capacité d'analyse objective, un minimum de foi...

Lorsque je parle de foi, je ne parle pas d'une croyance subjective aux contours plus ou moins flous, mais bien de l'adhésion, par une volonté libre et résolue, aux Vérités révélées par Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, et transmises par Sa Sainte Eglise, dans les enseignements authentiques que nous avons reçus par le canal des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des saints Docteurs, de la liturgie multiséculaire (« lex orandi, lex credendi »), et de tout le Magistère vraiment catholique...

En matière de foi, tout ce qui s'écarte de la Règle contenue dans la Tradition, tout ce qui introduit la plus minime remise en question de l'enseignement pérenne, tout ce qui suscite le moindre écart de la doctrine professée de façon continue pendant les siècles qui nous ont précédés, est à rejeter avec la plus vive énergie, à condamner avec la plus extrême rigueur.

 

Ce que j'énonce ici, vous le savez déjà bien sûr, et cependant il n'est jamais inutile de le redire avec force lorsque tout semble vaciller et lorsque certains pasteurs eux-mêmes, lors même qu'ils se trouvent aux postes les plus hauts de la hiérarchie ecclésiastique, semblent s'éloigner d'une manière impressionnante de la façon dont les vénérables prophètes au temps de l'ancienne Alliance, les Saints Apôtres de Notre-Seigneur, les saints évangélisateurs des nations, les valeureux martyrs et les saints Pontifes ont toujours agi, en combattant sans pitié et sans nul égard aux considérations humaines, les faux cultes, les idoles, les superstitions païennes, et ont toujours refusé la moindre compromission avec les prétendues religions non-chrétiennes.

 

Peut-on imaginer le saint prophète Elie invitant les prophètes de Baal à apporter dans l'enceinte du Temple de Jérusalem les grossières figures autour desquelles s'articulaient leurs indécents cultes de la fécondité et de la virilité ? Point du tout ! Après les avoir couverts de ridicule sur le mont Carmel, il en égorgea lui-même quatre-cent-cinquante. Cela lui valut certes la haine de l'impie Jézabel, mais lui mérita une élévation plus haute dans l'intimité du Dieu unique.

Peut-on imaginer les Saints Apôtres Pierre et Paul établissant, à Rome où ils fondaient l'Eglise, des espèces de « conseils œcuméniques » où ils auraient élaboré une charte du « vivre ensemble » avec les faux prêtres des idoles, acceptant toutes les débauches et les libidineuses pratiques contre-nature dans lesquelles se vautre habituellement le paganisme ? Point du tout ! Ils furent des plus énergiques pour enseigner que les chrétiens ne doivent pas « former d'attelage disparate avec les infidèles, parce qu'il n'y a rien de commun entre la justice et l'iniquité, entre la lumière et les ténèbres, et qu'il ne peut y avoir d'accord entre le Christ et Bélial, ni de commerce entre le fidèle et l'infidèle» (cf. 2 Cor. VI, 14-15). Ils ont prêché l'Evangile sans concession et ont inauguré la longue période des martyrs, qui aboutira à la victoire de Saint Constantin et à la conversion de tout l'Empire : « In hoc signo vinces ! ».

Peut-on imaginer Saint Martin, l'apôtre des Gaules, tolérant le culte des « arbres sacrés » et des sources vouées aux fausses divinités ? Point du tout ! Il fit triompher la Croix de Notre-Seigneur, unique Rédempteur des hommes, en portant énergiquement la cognée contre les arbres idolâtrés au risque d'y laisser sa propre vie. Et c'est ainsi que les campagnes de la Gaule romaine furent débarrassées des abominables superstitions païennes et embrassèrent la seule véritable religion du salut.

               

Le prophète St Elie - huile sur toile Italie XIXe s.jpg
               

Le saint prophète Elie

                     

Ces trois exemples sont plus que suffisants pour nous indiquer quelle conduite est celle qui est véritablement chrétienne, quelle est celle que les véritables chrétiens doivent faire leur en face du renouveau païen de notre époque, en face de cette recrudescence de l'idolâtrie des forces de la nature et de la « terre mère », en face de l'offensive des fausses religions, en face de la trahison et des scandaleuses compromissions de ceux qui abandonnent l'étendard de la sainte et glorieuse Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour se mettre à la remorque des idéologies et des modes du nouveau paganisme, et qui prônent l'abandon des saintes traditions catholiques et de la discipline ecclésiastique qui a fait la force et la sainteté de notre Eglise pendant des siècles.

Ceux qui prêchent l'accommodation du catholicisme et de ses authentiques et saintes traditions bi-millénaires à la « modernité », faite de néo-rousseauisme, de néo-paganisme, de néo-libéralisme des mœurs, bref ! d'affranchissement de tout ce qui nous est impérativement prescrit par le Décalogue, sont des faux prophètes, et lors même qu'ils portent une mitre sur la tête et couvrent leur trahison d'un vernis de bons sentiments humanitaires, ils ne sont rien moins que des apostats et des suppôts de Satan qui, à la suite de l'ange déchu déguisé en ange de lumière, entraînent les âmes vers l'enfer éternel.

 

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez la Royauté du Christ - « Opportet illum regnare ! »(1 Cor. XV, 25a) -, et vous voulez le retour du Roi légitime, lieu-tenant du Roi du Ciel, sur le trône des Lys. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale : vous voulez que cesse l'abomination de l'apostasie qui ravage notre Sainte Eglise. Et vous avez raison !

Chers, très chers membres et amis de la Confrérie Royale, nous sommes aujourd'hui à « l'heure de la puissance des ténèbres » (cf. Luc XXII, 53b) : puissance des ténèbres qui menace de tout ensevelir dans son écœurante noirceur. Et vous avez souvent l'impression d'un raz-de-marée contre lequel nous ne pouvons pas faire grand chose.

 

Mais c'est bien justement parce que nous sommes à « l'heure de la puissance des ténèbres » qu'il nous faut, nous, plus que jamais, être témoins de l'indéfectible et invincible Lumière du Christ : « Qu'ainsi donc brille votre lumière devant les hommes » (Matth. V, 16a), quoi qu'il doive nous en coûter, sans quoi nous serons nous aussi les complices de l'apostasie générale.

Les chrétiens n'ont jamais été appelés à être les hommes de la demi-mesure et de la compromission, et aujourd'hui moins que jamais !

 

Point d'acceptation des fausses croyances, du paganisme, des pseudo religions non-chrétiennes : il n'y en a qu'une seule vraie ! Le premier précepte du décalogue nous l'impose.

Point de compromission avec l'esprit mondain et le respect humain : il faut défendre l'honneur de Dieu ! Le deuxième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de relâchement dans l'observance de nos devoirs religieux et de la sanctification du dimanche ! Le troisième précepte du décalogue nous l'impose.

Point de tolérance envers tout ce qui porte atteinte à la vertu de chasteté : guerre sans pitié à toute forme d'impureté ! Les sixième et neuvième préceptes du décalogue nous l'imposent.

Point d'abandon d'une observance stricte, consciencieuse et énergique, de tous les commandements de Dieu et des préceptes traditionnels de la Sainte Eglise. On ne peut pas être un vrai chrétien autrement que dans une obéissance intégrale à la sainte loi de Dieu.

En dehors de cette obéissance, et quelles que soient nos protestations de fidélité au Christ-Roi et nos déclarations d'allégeance au Roi Très Chrétien, nous serons les complices de l'apostasie, les complices de la révolution, les complices de la puissance des ténèbres.

 

Que chacun s'examine donc avec toujours plus de vérité sur sa pratique des commandements de Dieu et de l'Eglise, et que chacun prenne en conséquence les résolutions qui s'imposent pour être chaque jour plus fidèle.

L'établissement du Règne de Dieu sur cette terre et le rétablissement du règne du Roi Très Chrétien, lieu-tenant du Roi du Ciel, dans le Royaume des Lys ne peut passer par d'autres voies.

A « l'heure de la puissance des ténèbres », opposons fermement par notre combat personnel et quotidien, le rayonnement de la Sainte Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ : cela ne peut se faire sans efforts, sans souffrances, sans renoncements, sans pénitence ni sacrifice, mais c'est la voie glorieuse, et l'unique voie du Salut !

 

Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur,
Prieur.

Frère Maximilien Marie - Chapitre St Michel - solennelles - Copi - Copie.png



24/10/2019
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