L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle.

Lettre mensuelle aux membres et sympathisants
de la Confrérie Royale

25 avril 2019

                                                                                              

Chrishall (Essex) église de la Ste Trinité.jpg

                                      

« C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle. » 

                                                                   

En ces jours où nous fêtons avec allégresse la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, je vous invite à remonter le temps pour se retrouver un peu moins de 2000 ans en arrière. Nous sommes sur le Golgotha, ou encore appelé « Lieu du Crâne ». C’est la neuvième heure, selon la façon de compter des juifs de cette époque, soit quinze heures pour nos horloges actuelles. Trois hommes pendent à des croix, selon le supplice terrible et déshonorant en vigueur dans l’Empire pour les criminels n’étant pas citoyens romains. Les suppliciés sont déjà morts. Au pied de la croix centrale se trouve un petit groupe de personnes qui pleurent, trois femmes et un jeune homme. Cette croix, c’est bien celle de Jésus de Nazareth, Celui qui avait fait tant de miracles, qui était considéré comme un prophète et même comme le Messie pour beaucoup de juifs. Quelques jours auparavant, une grande foule l’avait acclamé alors qu’Il entrait dans Jérusalem monté sur un âne, accomplissant parfaitement les Ecritures :

                                                            

Tressaille d'une grande joie, fille de Sion ! Pousse des cris d'allégresse, fille de Jérusalem ! Voici que ton Roi vient à toi; Il est juste, lui, et protégé de Dieu ; il est humble; monté sur un âne, et sur un poulain, petit d'une ânesse. (Zacharie 9, 9)

                                                      

Les juifs étaient dans l’admiration de ce Jésus au charisme tel qu’Il pouvait, simplement en le demandant, faire qu’un pêcheur laisse sa barque, son filet, et avec cela toute sa vie passée, pour le suivre et devenir son disciple. Ce Jésus qui parlait avec une autorité jamais connue auparavant, qui connaissait le sens profond des Ecritures, chassait les démons, rendait la vue aux aveugles ou encore guérissait les lépreux. Sa puissance était telle qu’Il était allé jusqu’à ressusciter un mort en la personne de son ami Lazare, en criant devant le tombeau où ce dernier était déjà depuis quatre jours : « Lazare, sors! » (Jean 11, 44). C’est d’ailleurs ce dernier miracle extraordinaire qui avait définitivement déterminé le Sanhédrin à mettre Jésus à mort. Car il faut le dire, Notre Seigneur gênait certaines personnes et était déroutant pour beaucoup. Bien sûr, ces principaux ennemis étaient les scribes et les pharisiens dont Il avait plusieurs fois dénoncé l’hypocrisie. Ceux-là avaient été scandalisés par certaines de Ses paroles, comme ce fameux passage de l’Evangile où Jésus donne une nouvelle interprétation à certains préceptes de la loi de Moïse. « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens […] Et moi, je vous dis » (Matthieu 5, 21-22). Comment cet homme osait parler ainsi ? Comment osait-Il se dire Fils de Dieu ? Ces juifs si attachés à la Loi et la transcendance absolue du Dieu unique ne pouvaient accepter que quelqu’un parle de la sorte.

                                                                

Même ses disciples avaient du mal à comprendre ce qu’était et voulait vraiment Jésus. Alors qu’Il était au sommet de sa gloire au moment de l’entrée à Jérusalem, voilà qu’Il avait des propos étranges :

                                                           

En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; Mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie, la perdra; et celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle. (Jean 12, 24-25)

                                                               

Pour les disciples et les juifs qui acclamaient notre Seigneur, tout était prêt pour restaurer le royaume de David avec Jésus comme roi. Mais ce n’était pas du tout ce chemin qu’allait emprunter notre Divin Maître. Et nous nous retrouvons donc quelques jours plus tard au pied de cette croix. Jésus est mort. Pour les disciples, tout est perdu. Ils sont déçus, abattus et dans la peur, cette peur qui a poussé Pierre à renier trois fois Celui qu’il aimait tant. Cette peur qui obligea les apôtres à rester enfermés durant trois jours.

                                                        

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Il faut se figurer cet état des apôtres, fait de tristesse et d’espérances évanouies. Ne nous rappelle-t-il pas le notre face à l’état actuel de l’Eglise ou de la France ? Tout nous semble perdu, le monde a oublié Dieu, a oublié même ce qu’est l’homme au plus profond de lui-même. L’homme moderne court après des chimères que sont les divertissements et les plaisirs faciles. Il ne tient plus compte de l’héritage que lui ont légué ses ancêtres et pense qu’il peut lui-même définir tout ce qu’il est : sa religion, sa patrie, son sexe, etc. L’Eglise semble aller à sa perte, que ce soit par le nombre de ses fidèles en Occident ou par la décrépitude morale, doctrinale et liturgique dans laquelle elle semble plongée. Selon les mots de Benoît XVI « le navire a tant pris l’eau qu’il est sur le point de chavirer. » La France s’éloigne de jour en jour de ce qu’elle est ontologiquement, l’alliance entre les Francs et l’Eglise, continuée dans l’œuvre admirable des Capétiens qui ont construit patiemment un pays chrétien, puissant et heureux. Aujourd’hui, elle est plus que jamais déchirée dans les querelles partisanes, s’enfonce dans l’insécurité et la dépression, tandis que ses « élites » politiques continuent inlassablement de la vendre en pièces détachées, s’obstinant à renoncer à son essence chrétienne et royale en s’acharnant à alimenter la machine révolutionnaire mise en route en 1789.

                                                            

Le tableau est bien noir, en effet. L’espoir d’un relèvement prochain est plus que timide. Si beaucoup de Français voient qu’il y a de gros problèmes dans notre pays, peu en connaissent les raisons profondes. Et cela restera le cas, tant qu’ils ne se tourneront pas vers l’Espoir de tout relèvement : Jésus-Christ. Car, comme vous le savez, l’événement auquel nous avons assisté dans notre voyage dans le temps au début de cette lettre ne se termine pas ainsi. Trois jours après ce drame de la croix, au petit matin, sans trompette, sans grande manifestation, dans le silence, un linceul avait été déposé, une pierre avait été roulée, un tombeau s’était vidé. Jésus apparaissait à quelques femmes puis à ses apôtres, à quelques personnes choisies pour assister à l’événement central de l’histoire du monde. Qui de nous aurait procédé de la sorte ? C’est bien cela le problème de nos désespérances. « Tu n'as pas le sens des choses de Dieu, mais celui des choses des hommes » (Matthieu 16, 23) disait Jésus à saint Pierre. Combien de fois notre Divin Maître pourrait-il nous faire ce reproche ? Combien de fois réduisons-nous Dieu à notre façon de penser et à nos petits schémas ? « O profondeur inépuisable et de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! » dit saint Paul (Romains 11, 33). Pour sauver l’homme pécheur, condamné à la mort éternelle, Dieu choisit la croix et une résurrection silencieuse. Or, les hommes, et d’autant plus ceux d’aujourd’hui, ne veulent pas de la croix. Elle était un scandale pour les juifs, une folie pour les païens, elle est aujourd’hui à oublier, telle nombre des calvaires érigés par nos ancêtres devant lesquels tant de personnes passent dans l’indifférence la plus grande. Et les chrétiens n’en veulent plus non plus. Ils ne veulent plus de sacrifices, plus du Sacrifice. Ils n’ont pas compris que c’est sur ce Bois que naissent les bourgeons qui deviendront les fleurs de la résurrection. Il n’y a pas d’autre chemin :

                                               

« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera. »

(Matthieu 16, 24-25)

                                                     

Comme le grain de blé, nous devrons mourir pour porter du fruit : mourir à notre volonté propre, à la chair, au monde. C’est en passant par la croix que nous pourrons connaître la résurrection pour l’Eglise, pour la France, et pour nous-mêmes dans la vie éternelle. Et cette résurrection, contrairement à la parousie, ne sera pas forcément teintée d’une gloire visible et spectaculaire. Elle se fera peut-être dans le silence d’un pâle matin de printemps, au moment où personne ne l’attendait et n’y était préparé. Car Ses pensées ne sont pas nos pensées, et nos voies ne sont pas Ses voies (Isaïe 55, 8).

                                             

Abbé F. Sauvigny

                                                          

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24/04/2019
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