L'Ami de la Religion et du Roi

L'Ami de la Religion et du Roi

Pèlerinage au Puy (Sermon du dimanche 5 juin)

SERMON DE LA MESSE DU DIMANCHE 5 JUIN 

en l'église de Ceyssac

 

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                   Mes bien chers Frères,

        

         En cette solennité du Sacré-Cœur de Jésus, je m’en voudrais de ne pas rappeler les paroles de notre Dieu et Roi à une humble fille de saint François de Sales du couvent de Paray au sujet du grand Louis XIV : 

« Fais savoir au Fils aîné de Mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de Ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par la consécration à mon Cœur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Eglise ».

Cette histoire d’amour, si je puis dire, avait commencé 1000 ans plus tôt. En effet, dès notre premier roi, au prologue de la loi salique, l’amour de Jésus était honoré : « Vive le Christ Qui aime les Francs ! ». 

« Personnification des prédilections de Jésus-Christ pour la France, la Pucelle nous explique pourquoi Jésus-Christ nous a révélé la dévotion à Son Cœur : elle nous montre encore le Dieu Qui aime la France, invitant la pauvre égarée à venir se réfugier dans Ses bras et dans Ses tendresses » (R.P. Ayroles).

         Et voici ce que disait saint Pie X en 1904, 

« aux chers pèlerins de France […] venus à Rome à l'occasion du cinquantième anniversaire de la définition du dogme de l'Immaculée Conception pour affirmer solennellement que LA FRANCE EST LE ROYAUME DE MARIE et que, par conséquent, comme l'a proclamé la vénérable Pucelle d'Orléans, Jeanne d'Arc, LA FRANCE EST LE ROYAUME DE JÉSUS-CHRIST.
   Aussi ne pourriez-vous, chers fils, Nous donner une plus douce consolation dans ces moments où Nous sommes profondément affligé par tout ce qui se trame au détriment de la religion dans votre patrie. Votre présence, en effet, Nous confirme dans Notre conviction que DIEU AIME LA FRANCE parce qu'Il aime l'Église, et que, puisqu'Il protège Son épouse, Il veut aussi le salut de Sa fille bien-aimée.
   Oui, DIEU AIME LA FRANCE à cause des œuvres si nombreuses qu'elle a fondées pour le salut des âmes ; œuvres qui, comme les eaux d'un fleuve majestueux, répandent de tous côtés leur action bienfaisante.
   DIEU AIME LA FRANCE à cause des conquêtes pacifiques de ses missionnaires intrépides, qui courent porter la lumière de la foi aux extrémités les moins connues de la terre et au milieu des ténèbres de l'idolâtrie.
   DIEU AIME LA FRANCE parce que, si elle n'a pas toujours correspondu à la mission qu'Il lui a confiée et aux privilèges qu'Il lui accordait pour remplir cette mission, Il n'a pas laissé sans punition son ingratitude, et Il l'a relevée par cette même main qui la châtiait.
   DIEU AIME LA FRANCE parce qu'en ces temps même de proscription et d'angoisses Il appelle Ses fils auprès des sanctuaires de Montmartre, de Paray-le-Monial et de la grotte de Lourdes à prier, à pleurer, et à admirer les merveilles de Sa Toute-Puissance. Dieu n'accorde des grâces pareilles qu'aux nations qu'Il veut sauver.
   DIEU AIME LA FRANCE parce qu'Il excite ses fils à manifester leur foi par le dévouement à l'Église, par l'attachement au Siège apostolique et par l'amour envers le Vicaire du Christ, en les amenant, même au prix de sacrifices, auprès de la chaire de Pierre pour entendre la parole de vérité, pour recevoir une direction dans leurs œuvres, pour se ranimer dans les luttes qu'ils ont à soutenir : une nation qui a de tels fils ne doit pas périr.
   Voilà, très Chers fils, une consolation que Nous partageons avec vous. A votre retour en France, emportez avec vous, non pas seulement L’ESPÉRANCE, mais LA CERTITUDE que Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans l'infinie bonté de Son Cœur miséricordieux, SAUVERA VOTRE PATRIE en la maintenant toujours unie à l'Église, et que par l'intermédiaire de la Vierge Immaculée, Il fera se lever l'aurore de jours meilleurs… » (Allocution Si nous n’avions, 23 septembre 1904).
« C'est par ce divin Cœur, écrivait encore sainte Marguerite-Marie, que [Jésus] veut départir [à Louis] les trésors de Ses grâces de sanctification et de salut, en répandant Ses bénédictions sur toutes ses entreprises, en donnant un heureux succès à ses armes, et en le faisant triompher de la malice de ses ennemis » (28 août 1689).

         Traditionnellement Fils aîné de l’Église, le roi de France se voyait ainsi appelé à une plus grande intimité : Fils aîné du Sacré-Cœur, dignité inouïe, que même les papes n’ont jamais reçue. Fils aîné de Son amour, de Sa dilection et prédilection. Son lieutenant sur terre, pour représenter et comme incarner le Christ-Roi.

 

Pour reprendre à ce sujet de la Royauté sociale du Christ la belle citation de Mgr de Ségur, récemment mise à l’honneur par vos cercles et que je n’ai hélas le temps de citer intégralement : 

« Régner de « droit divin », c’est tout simplement régner légitimement, en vertu de droits légitimes ; c’est être le représentant légitime de Dieu pour le gouvernement d’une société, d’un peuple. De là cette formule célèbre, qui fait tant crier les impies et les ignorants : régner par la grâce de Dieu.
Donc, quand nous disons, poursuivait-il, qu’Henri V – et de nos jours : S.M. Louis XX – est « de droit divin » le Roi de France, nous voulons dire :
- que, d’après la loi de Dieu, et d’après les plus vénérables traditions de la France, le droit de ce Prince à la Couronne repose sur des titres légitimes, inattaquables, et sur une prescription huit fois séculaire,
- qu’il est le dépositaire de l’autorité souveraine de Dieu, Lequel est le Maître suprême du peuple français comme de tous les peuples ;
- qu’il est ainsi le Roi légitime à qui la France doit obéir, si elle veut faire la volonté de Dieu, si elle ne veut point se révolter contre le droit de Dieu » (Mgr de Ségur (1820-1881), Vive le roi !).

Ainsi s’exprimait Mgr de Ségur, l’ami de prédilection du bienheureux pape Pie IX, le dernier souverain des États pontificaux.

 

C’est par ce même Sacré-Cœur que nous invoquons sur l’aîné des descendants de Clovis et de Louis XIV les grâces de sanctification et de salut.

 

Certains d’entre nous le font par une consécration à la Couronne de France et à son salut, au sein de la Confrérie royale. Le Roi Très-Chrétien a plus que jamais besoin de nos prières, pour demeurer fidèle à sa mission. En effet, c’est bien parce que la royauté capétienne restait indéfectiblement fidèle au Christianisme que les prétendues Lumières la renversèrent.

 

Qu’il ne s’enfuie pas par crainte devant les loups – ses admirables déclarations de cette année, toujours opportunes, ont su rappeler et défendre les principes fondamentaux – ; qu’il défende intégralement la royauté de droit divin, sans céder aux sirènes libérales de la compromission avec l’esprit du siècle, l’esprit du monde, puisque nous savons qui en est, en fait, le prince. « La royauté, en effet, n’est pas une république couronnée ».

 

Qu’il nous aide à renouer avec notre riche Histoire, afin que se poursuivent résolument les « Gesta Dei per Francos ».

 

La vertu propre du Sacré-Cœur est évidemment la charité, comme organe de l’amour du Dieu fait Homme. Et l’arme la plus efficace du diable et de ses démons, sa stratégie géniale, sa meilleure méthode, le signe le plus avéré de sa présence, consistent en la zizanie qu’il met parmi les bons, ce qui est l’un des pires péchés au dire de saint Thomas d’Aquin puisqu’il attente à la charité et surtout à la concorde, le fait de n’avoir qu’un seul cœur, « d’une seule âme », ce qui était le propre des premiers Chrétiens.

 

Au sein de la Tradition catholique, au sein de la Légitimité, nous avons le devoir moral d’exercer la charité et avoir l’intelligence d’être « un, afin que le monde croie » ; un, non pas au prix de compromissions, mais dans la droite application des bons principes, en bons disciples du Comte de Chambord. Prions donc les uns pour les autres, afin que nous soyons maintenus fidèles : il est si aisé de se laisser aller et, quand viendra l’heure du grand témoignage que le Seigneur attend de nous, de devenir des Judas ou des Simon Pierre reniant le Christ. Le remède que nous apprennent saint Michel, Notre-Dame et Notre-Seigneur Lui-même est l’humilité. « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur ». Ce sont là les deux seules vertus que notre Sauveur met en avant, Lui Qui excella en toutes. Le saint Curé d’Ars ne donnait pas d’autre solution pour acquérir la sainteté : « Premièrement, l’humilité. Ensuite, l’humilité. Enfin, l’humilité ». Par humilité, soyons donc doux et charitables entre nous ainsi qu’avec les autres : c’est par sa charité débonnaire que saint François de Sales renversa complètement la situation du Chablais : de quelques dizaines de Catholiques à son arrivée, il ne restait plus que quelques centaines d’hérétiques à sa mort. La porte de sa charité avait ouvert les cœurs et les esprits à la plénitude de la vérité, et notez-le, particulièrement par la sainte Liturgie. A peine le put-il qu’il organisa de fastueuses processions de la Fête-Dieu.

 

L’humilité – à ne pas confondre avec la fausse humilité si mise en avant à notre époque – consiste tout d’abord à adorer Dieu, à reconnaître que sans Lui, nous ne sommes rien et que nous ne pouvons rien faire de bon. Elle nous fait nous agenouiller (au moins en esprit pour ceux qui ont de l’arthrose…), selon le beau mot de Pascal : « L’homme n’est grand qu’à genoux ». Nos rois, et Louis XIII notamment dans son Vœu à la Vierge, reconnaissaient, reconnaissent ce primat de Dieu, de l’ordre divin (le droit divin), du surnaturel, de la Sainte Église. La royauté capétienne est bien le gouvernement le plus humble en soi qui existe, bien que des rois aient pu se montrer orgueilleux. D’aucuns penseront à Louis XIV : mais quel chef d’État, quel ministre, voire quel particulier, se met chaque jour à genoux devant l’élévation du Corps et du Sang du Christ lors du Saint-Sacrifice de l’Autel. Louis XIV, Fils aîné du Sacré-Cœur, donnait quotidiennement cette leçon à tous les Grands de la terre, n’en déplaise à nos hommes politiques qui, contrairement à il y a cinquante ans, sont incapables de mettre un genou à terre pour recevoir même la bénédiction du Souverain Pontife.

 

« Oportet illum regnare » : il faut qu’Il règne, titre d’un fameux ouvrage, lancé à la face de l’impie : « Nous ne voulons pas qu’Il règne » et du perfide : « Nous n’avons pas d’autre roi que César », c’est-à-dire un pur naturalisme et opportunisme.

 

Quant à vous, chers fidèles, vous n’aurez pas d’autres lois que les principes éternels et sacrés, réunis et condensés dans ce que l’on appelle la Doctrine sociale de l’Église, et de manière particulière en France : dans les Lois fondamentales du Royaume. Le Christ Jésus doit régner sur les personnes comme sur les sociétés : rien n’échappe à Sa douce emprise, rien n’est sauvé que par Son Nom, rien n’est libéré que par Lui, « car sans Lui rien n’a été fait ». Par son étendard, sainte Jehanne portait « haut et fier » les Noms bénis de Jhesus Maria. Et depuis 1661, ajoutons : Jésus Marie Joseph. Voilà où se fonde notre espérance, où se portent nos affections, où s’incarnent nos principes.

 

Joseph, Lieutenant de Dieu le Père, Chef de la Sainte Famille et héritier légitime de la Maison de Juda, la famille royale de David.

 

Marie, reine du Ciel et de la terre, Mère de Dieu et notre mère.

 

Jésus, vrai Dieu et vrai homme, roi des anges et des hommes.

 

L’interrogation que s’entendit poser Notre Seigneur par Pilate, l’autorité civile : « Tu es donc Roi ? », c’est celle-là même qu’adressent peu à peu nos compatriotes au Prince, Roi de France, en le découvrant peu à peu. Assuré de son bon droit, Louis peut répondre par la même affirmation catégorique et profonde du Verbe incarné : « Tu dis bien, Je le suis ».

 

Et en relisant la conclusion du message de notre Roi, nous pouvons à juste titre nous réjouir de la majestueuse et naturelle autorité avec laquelle il nous parle : 

« Vous prierez durant [votre pèlerinage] pour qu’un monde renaissant aux valeurs de la tradition de nos pères puisse redonner à la France : et le sens de sa grandeur, et l’esprit de sa mission civilisatrice pour l’ensemble des nations, et la puissance des grâces de son baptême. Pour tout cela soyez remerciés. Et que la ferveur de vos prières contribue à protéger la France ». 

Quand les princes, les pères de familles, les chefs exercent pleinement leur autorité, alors les choses sont dans l’ordre. Ce fut le malheur de Louis XVI : il voulut être un roi bon, et il ne fut pas un bon roi (même si bien sûr son martyre l’a puissamment réparé ; et nous lirons tout à l'heure son Voeu au Sacré-Coeur). Il se donna comme première vertu la bonté ; mais la bonté n’est pas la vertu propre des rois : leur vertu fondamentale doit auparavant être la justice, qui rend à chacun selon son dû. Si Louis XVI avait châtié les méchants au début de la Révolution, aurait ensuite été évité le massacre des bons.

 

De la reconnaissance des principes doit découler leur juste et pleine élicitation, application. Le Clergé catholique, chargé par mandat divin de régir la société surnaturelle qu’est l’Église, a déjà maintes fois, depuis notre grand Apôtre Remi, rappelé et confirmé le Droit ; aux fidèles de s’en imprégner, d’en vivre et d’en faire vivre la société temporelle, pour le bien commun de notre cher pays ainsi que du monde entier, réalisant ainsi la prophétie de Jeanne aux Anglais : « les Français feront le plus bel fait qui oncques fut fait pour la Chrétienté ». Ainsi soit-il.



11/06/2016
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